Robert Musil

De decaf-fr
Robert Musil, 1930

Robert Musil (1880–1942) pensait que ses ouvrages seraient mieux accueillis en France qu’en Allemagne où il ne se sentait pas reconnu à sa juste valeur. Après plusieurs tentatives infructueuses dans les années 1920 et 1930, ses ouvrages commencèrent à être diffusés à partir de la fin des années 1950 grâce au travail de traduction monumental de Philippe Jaccottet[1], et donnèrent lieu à une riche réception parmi les germanistes, les philosophes, les écrivains et les artistes, sans jamais perdre leur aura d’œuvre complexe et difficile[2].

Les premières traductions

En 1924, Rainer Maria Rilke proposa à Musil de lui trouver un traducteur pour son premier roman Les Désarrois de l’élève Törless, initiative que celui-ci accueillit avec enthousiasme. Rilke avait songé à Pierre Klossowski, alors âgé de dix-neuf ans et fils de sa compagne Baladine Klossowska. Le projet n’aboutit pas, suite au refus de Klossowski. Dans les années trente, Sarita Halpern, compagne de Sybille Blei[3] – fille de l’ami de Musil, Franz Blei –, songea à traduire L’Homme sans qualités, projet qui avorta lui aussi. Les premières traductions furent publiées en 1935 et 1936 dans la revue Mesures grâce à l’entremise de Bernard Groethuysen[4], penseur allemand qui avait soutenu, comme Musil, une thèse avec Carl Stumpf[5] à Berlin, et qui s’était installé en France. Proche de Jean Paulhan[6], il était devenu une éminence grise au sein de la Nouvelle Revue française et contribua à faire connaître la littérature et la pensée germaniques en France. Entre 1935 et 1937, trois textes de Musil furent traduits : deux chapitres de L’Homme sans qualités (« Amis de jeunesse » et « Comment un homme sans caractères agit sur un homme à caractères ») traduits par Barbara Church, co-fondatrice de la revue Mesures, et une prose brève, « Le Papier tue-mouches », traduite par Germain Landier (alias Groethuysen). Barbara Church relate qu’en réalité ces textes furent traduits avec l’apport de Jean Paulhan, Henri Michaux et Germaine Paulhan.

Comme la correspondance avec Groethuysen de la fin 1938 à mars 1939 le signale, le projet initial était de publier une traduction de L’Homme sans qualités sous forme de volumes de 150 à 200 pages. Musil songea ensuite à sélectionner un échantillon représentatif de chapitres. Groethuysen, pour sa part, souhaitait se focaliser sur les chapitres consacrés à Moosbrugger, ce qui paraissait trop réducteur à Musil, ce principe de sélection revenant à donner une image déformée du roman, comme à travers « un petit miroir de poche brisé ». La guerre mit un terme à cette initiative. L’immédiat après-guerre et le ressentiment généré par le conflit ne furent guère favorables à la diffusion d’auteurs allemands. Quelques traductions de textes musiliens parurent dans des revues littéraires suisses, dont une traduction par Jean Rousset du chapitre « Trop de gaîté » dans la revue Lettres en 1945.

Le rôle clé de Philippe Jaccottet

La véritable percée ne vint pas de France, mais de Suisse, grâce à un « lecteur miraculeux »[7] de 22 ans qui allait se révéler un traducteur exceptionnel et un poète de renom : Philippe Jaccottet. Celui-ci découvrit en 1946 le troisième volume de L’Homme sans qualités – consacré pour l’essentiel à l’histoire d’amour entre Ulrich et sa sœur Agathe –, que Martha Musil avait publié à titre posthume en 1943. Profondément touché par le lyrisme du texte, il proposa à Martha Musil de traduire l’œuvre de son époux en soulignant qu’il y mettrait « beaucoup plus qu’un simple souci de traducteur : le respect de son œuvre, le respect et la compréhension de toute parole de poète »[8]. Martha admirait la qualité des traductions de Jaccottet et la rapidité avec laquelle il travaillait. Seuls quelques extraits des Œuvres pré-posthumes parurent de son vivant – elle décéda en 1949 –, dont la célèbre nouvelle Le Merle, publiée en 1948 dans la revue La Licorne. Cette traduction impressionna Pierre Leyris au point que celui-ci recommanda Jaccottet auprès des éditions du Seuil, lesquelles lui proposèrent en 1954 de traduire L’Homme sans qualités dans son intégralité, ce dont il s’acquitta en un temps record de trois ans. En 1958, le Prix du meilleur livre étranger fut décerné aux troisième et quatrième tomes du roman. Jaccottet poursuivit ses traductions de l’œuvre musilienne jusqu’en 1987. Une édition augmentée de L’Homme sans qualités parut en 2004 avec des inédits traduits par Marianne Charrière-Jacquin et Jean-Pierre Cometti. Depuis, des retraductions de textes isolés ont paru, notamment celle du célèbre essai de 1937 De la bêtise.

Les effets de l’« offensive Musil »

Cette « offensive Musil » – pour reprendre une expression de Philippe Jaccottet – permit d’asseoir l’œuvre musilienne dans le paysage intellectuel et littéraire français. Elle s’accompagna de numéros de revue – L’Arc (1978), Sud (1982) et un prestigieux Cahier de l’Herne (1982) –, de numéros spéciaux dans la presse – dont un numéro spécial de Libération en 1981 –, d’émissions de radio (Olivier Biegelmann en 1981, Jean Daive en 1989, Christine Lecerf en 2022), sans jamais toutefois permettre à Musil d’atteindre la notoriété grand public d’un Thomas Mann ou d’un Stefan Zweig.

Les germanistes ne prêtèrent initialement qu’une attention limitée au corpus musilien. Il est frappant que Félix Bertaux, l’un des pères de la germanistique française, consacra huit pages au roman de Joseph Roth La Marche de Radetzky et seulement quelques paragraphes à L’Homme sans qualités dans un compte rendu de 1931 pour la NRF. Bien que Musil ait été rarement proposé aux concours de l’agrégation en raison de sa complexité, des thèses consacrées à son œuvre parurent en continu à partir des années 1970, souvent dans une perspective comparatiste ou interdisciplinaire. Marie-Louise Roth[9], fondatrice du Centre de recherche Robert Musil à l’Université de Sarrebruck, contribua institutionnellement à faire connaître cet auteur.

Musil fut également une source d’inspiration pour de nombreux essayistes, de Maurice Blanchot[10] à Pierre Pachet[11]. Outre son inlassable activité de traducteur, Philippe Jaccottet consacra des pages splendides à l’œuvre musilienne dans son ouvrage Élément d’un songe (1961).

La réception de Musil par la philosophie française : Bouveresse, Cometti

L’une des particularités les plus saisissantes de la réception française de l’œuvre musilienne est l’intérêt qu’elle suscita auprès des philosophes, dont, au premier chef, Jean-Pierre Cometti[12] et Jacques Bouveresse[13] qui consacrèrent chacun plusieurs ouvrages et de nombreux essais à cet écrivain. Pour ces deux penseurs, le rapport à Musil n’était pas de simple exégèse, mais se fondait sur un lien d’affinité mêlé d’admiration. Jean-Pierre Cometti – auteur de quatre livres sur Musil et organisateur d’un important colloque à Royaumont en 1986 – s’intéressa beaucoup à l’essayisme de Musil et à la manière dont le roman musilien offrait un mode de connaissance alternatif, en marge des systèmes philosophiques et de la pensée argumentative. Sensible à la quête de précision et d’exactitude de Musil, il explora également la fécondité d’une réflexion visant à dépasser la dichotomie entre raison et sentiment et à problématiser les notions de moi et de sujet. L’une des forces de la réflexion musilienne, souligne-t-il, était de déceler dans l’absence de qualités non pas un signe de décadence, mais un potentiel inexploré. Il existait selon lui une parenté entre l’accent que Musil mettait sur l’indéterminé, l’indéfinissable, l’ouverture et le vide et les courants esthétiques modernes.

Bouveresse, pour sa part, considérait Musil comme un « authentique philosophe » et qualifia les Essais de « véritable livre de chevet ». L’œuvre du romancier ne cessa de l’accompagner. Outre de nombreux articles et deux ouvrages, Robert Musil. L’homme probable, le hasard, la moyenne et l’escargot de l’histoire (1993) et le recueil d’essais La Voix de l’âme et les chemins de l’esprit (2001), les références à Musil figurent dans presque tous ses textes. Bouveresse admirait l’intégrité intellectuelle du romancier ainsi que son maniement virtuose de l’ironie dans sa dénonciation des travers de son époque. Il était attiré par un auteur dont il appréciait la lucidité, les qualités d’écriture, la rigueur intellectuelle et le sens de la nuance. Le regard décalé et critique que Musil portait sur la discipline philosophique l’incita à développer une conception de la philosophie en marge des contraintes disciplinaires et des modes du moment. Musil lui permit par ailleurs de mener ses propres combats contre ce qu’il percevait comme des impostures intellectuelles, notamment l’essayisme en vogue dans la mouvance postmoderne, alliance suspecte, à ses yeux, entre littérature et philosophie, les prestiges de la rhétorique l’emportant sur la rigueur de l’analyse.

Ces deux philosophes célébraient l’aptitude de Musil à étendre le registre de l’exploration intellectuelle à des domaines tenus jusque-là pour réfractaires à une approche rationnelle et à opérer ce faisant une nouvelle alliance de l’intellect et du sentiment.

La réception de Musil par le théâtre et la littérature française

Dans le registre artistique, l’œuvre musilienne fut également une source d’inspiration. La pièce de Musil Les Exaltés fut monté en 1961 au Théâtre moderne par Sacha Pitoëff avec Delphine Seyrig dans le personnage de Régine, puis en 1986 au Festival du Marais, avec une mise en scène de Christian Colin et en 1996 au théâtre de Gennevilliers dans une mise en scène de Patrick Haggiag. La comédie Vincent et l’amie des personnalités fut montée par Marie-José Weber en 1969 et 1974. Des pièces inspirées de L’Homme sans qualités furent jouées en 1987 au théâtre de Gennevilliers (Une belle journée d’août 1913, mis en scène par Dominique Ducos), en 2018 à Lausanne (L’H.S.Q. (j’ai le sentiment qu’il en suivra de terribles excès d’étrangeté) dans une mise en scène de Robert Cantarella), et en 2025, Julien Vella créa Prélude à L’Homme sans qualités. En 2003, le chorégraphe et danseur François Verret monta Chantier Musil, présenté au festival d’Avignon. Parmi les acteurs, Mathieu Amalric et Jean-Pierre Bacri se déclarèrent des lecteurs passionnés de l’œuvre musilienne. Dans le domaine littéraire, L’Homme sans qualités informe en filigrane La Salle de bain (1985), premier roman de Jean-Philippe Toussaint. Hervé Guibert donna à Michel Foucault le surnom de Muzil dans À un ami qui ne m’a pas sauvé la vie (1990). Marguerite Duras[14], quant à elle, fut profondément marquée par sa découverte de Musil. Elle se plongea dans la lecture de L’Homme sans qualités en 1980, après une grave dépression, et déclara dans une interview à La Quinzaine littéraire qu’il s’agissait de l’« une des plus grandes lectures » qu’elle ait « jamais faites » : il s’élève de ce « livre obscur, illisible et irrésistible […] un incomparable enchantement ». Marguerite Duras fut bouleversée par l’histoire d’amour entre Ulrich et sa sœur Agathe, histoire qui entrait en résonance avec les liens passionnés qui l’unissaient à son frère Paul, mort à Saïgon à l’âge de 31 ans. C’était aussi l’époque où commença sa liaison avec Yann Andréa, âgé alors de 28 ans. Des allusions feutrées à cette lecture décisive se trouvent dans L’Été 80, série d’articles que Duras rédigea pour le journal Libération. Il y est question d’« une lecture récente, encore brûlante », de la « brûlure de la lecture du livre ». Cette lecture bouleversante, aux fortes résonances biographiques, donna lieu à Agatha (1981), dialogue pour le théâtre mis en scène à plusieurs reprises, et au film Agatha ou les lectures illimitées (1981), adapté de la pièce, tourné aux Roches Noires, à Trouville, avec de longs plans sur l’océan, et interprété par Bulle Ogier, Yann Andréa et la voix off de Duras. Dans ce dialogue, un frère et une sœur, oscillant entre douleur et douceur, évoquent la perspective insoutenable d’un départ comme perpétuation d’un amour impossible, tout en faisant retour vers leur enfance et leur adolescence.

Auteur réputé cérébral, Musil sut ainsi toucher un vaste éventail de lecteurs par la ferveur et la justesse de son exploration des émotions. Si son œuvre reste encore méconnue en France en raison de son abord difficile, elle n’en a pas moins profondément marqué celles et ceux qui se sont mis à son écoute.

Références et liens externes

Bibliographie

Publications de Robert Musil en langue française

  • L’Homme sans qualités, 4. vol., trad. Philippe Jaccottet. Paris : Éditions du Seuil 1957-58.
    Nouvelle édition avec des traductions de Jean-Pierre Cometti et Marianne Rocher-Jacquin pour les textes inédits. Paris : Seuil 2004.
  • Les Exaltés, suivi de : Vincent et l’Amie des personnalités, trad. Philippe Jaccottet. Paris : Éditions du Seuil 1961.
  • Trois femmes, suivi de Noces, trad. Philippe Jaccottet. Paris : Éditions du Seuil 1963.
  • Œuvres pré-posthumes, trad. Philippe Jaccottet. Paris : Éditions du Seuil 1965.
  • Les Désarrois de l’élève Törless, trad. Philippe Jaccottet. Paris : Éditions du Seuil : 1967.
  • Journaux, 2. vol., trad. Philippe Jaccottet. Paris : Éditions du Seuil 1981.
  • L’Homme sans qualités, 2. vol., trad. Philippe Jaccottet. Paris : Éditions du Seuil 1982.
  • Proses éparses, trad. Philippe Jaccottet. Paris : Éditions du Seuil : 1982.
  • Essais. Conférences, critique, aphorismes, réflexions, trad. Philippe Jaccottet. Paris : Éditions du Seuil : 1984.
  • Pour une évaluation des doctrines de Mach, trad. Michel-François Demet, édition critique établie par Paul Laurent Assoun avec une étude-préface : « Musil, lecteur de Mach », et une étude-postface : « De Mach à la philosophie-sans-qualités ». Paris : PUF 1985.
  • Lettres, trad. Philippe Jaccottet. Paris : Éditions du Seuil 1987.

Publications et émissions sur Robert Musil

  • Blanchot, Maurice : « Musil », in Le Livre à venir. Paris : Nrf Gallimard 1959, p. 165–184.
  • Bouveresse, Jacques : Robert Musil, le hasard, la moyenne et l'escargot de l’histoire. Combas : Éditions de l’Éclat 1993.
    La Voix de l’âme et les chemins de l’esprit. Paris : Seuil 2001.
  • Chardin, Philippe : L’Amour dans la haine ou la jalousie dans la littérature moderne. Dostoievski, James, Svevo, Proust, Musil. Genève : Librairie Droz 1990.
    Musil et la littérature européenne. Paris : PUF 1998.
    Robert Musil. La lecture littéraire. Revue du centre de recherches sur la lecture littéraire de l’Université de Reims, 2000.
    Musil et la littérature : amours lointaines et fureurs intempestives. Dijon : Éditions universitaires de Dijon 2011.
  • Cometti, Jean-Pierre : Robert Musil ou l’alternative romanesque. Paris : PUF 1985.
    (éd.), Robert Musil. Colloque de Royaumont. Royaumont : Éditions Royaumont 1986.
    L’Homme exact. Essai sur Robert Musil. Paris : Seuil 1997.
    Musil philosophe. L’utopie de l’essayisme. Paris : Seuil 2001.
  • Dahan-Gaida, Laurence : Musil, Savoir et Fiction. Saint-Denis : Presses Universitaires de Vincennes 1994.
  • Daive, Jean, Robert Musil (1880-1942), comme dans un labyrinthe. France culture, 30 novembre 1989.
  • Djigo, Sophie : La Raison vivante. Paris : L’Improviste 2013.
  • Dugast, Jacques : Robert Musil : L’Homme sans qualités. Paris : PUF 1992.
  • Duras, Marguerite : « Une des plus grandes lectures que j’aie jamais faites ». La Quinzaine littéraire, Paris, 363, 16–31 janvier 1982, p. 15.
  • Europe, Robert Musil / Hermann Broch, n. 741–742, janvier–février 1991.
  • Godeau, Florence : Les Désarrois du moi. « À la recherche du temps perdu » de M. Proust et « Der Mann ohne Eigenschaften » de R. Musil. Tübingen : Max Niemeyer Verlag 1995.
  • Gödicke, Stéphane : Désordres et trangressions chez Robert Musil. Paris : Presses Sorbonne nouvelle 2006.
  • Hirt, André : Musil, le feu et l’extase. Paris : Éditions Kimé 2003.
  • Jaccottet, Philippe : Éléments d’un songe. Paris : NRF Gallimard 1961.
  • Joly, Frédéric : Robert Musil. Tout réinventer. Paris : Seuil 2015.
  • L’Arc, n. 74, Robert Musil, Jacques Bonnet (éd.). Aix-en-provence 1978.
  • Lecerf, Christine : Robert Musil 101 fragments passionnés et Robert Musil dix tentatives pour aimer un monstre, France Culture, août–septembre 2002.
  • Longuet-Marx, Anne : Musil, Proust : partage d’écritures. Paris : PUF 1986.
  • Magnou, Jacqueline : De Törless à Noces ou Le vertige du moi. Berne : Peter Lang 1995.
  • Moser, Walter : Robert Musil. La mise à l’essai du roman. Montréal : Presses de l’Université de Montréal 2018.
  • Olmi, Roberto et Roth, Marie-Louise (dir.) : Robert Musil, Cahier de l’Herne. Paris : Éditions de l’Herne 1981.
  • Poitevin, Jean-Louis : La Cuisson de l’homme : essai sur l’œuvre de Robert Musil. Paris : Corti 1996.
  • Roth, Marie-Louise et Zeller, Rosmarie : Robert Musil : l’Homme au double regard. Paris : Balland 1987.
  • Saemmer, Alexandra : Duras et Musil. Drôle de couple ? drôle d’inceste ? New York : Brill 2002.
  • Sud, n° hors série Robert Musil, Jean-Pierre Cometti (dir.). Marseille 1982.
  • Vatan, Florence : Robert Musil et la question anthropologique. Paris : PUF 2000.
    Robert Musil chez les philosophes. Austriaca n° 63 (2006), p. 53–70.
    Robert Musil. Le « virtuose de la distance ». Paris : Belin 2013.
    Unterwegs mit dem Fliegenpapier: Robert Musil in Frankreich. In : Norbert Christian Wolf / Rosmarie Zeller (dir.) : Musil-Forum. Studien zur Literatur der klassischen Moderne, vol. 37. Berlin, Boston : De Gruyter 2023, p. 45–84.

Auteure

Florence Vatan

Mise en ligne : 22/09/2026