Elfriede Jelinek
Elfriede Jelinek (née en 1946) est une des voix les plus importantes de l’Autriche contemporaine. Son œuvre connaît une réception internationale, notamment depuis l’obtention du Prix Nobel de littérature en 2004. Son œuvre en prose a été traduite très tôt en français tandis que la réception de l’œuvre scénique est plus hésitante. En France, Jelinek est souvent comparée à Thomas Bernhard et perçue comme un « scandaleuse Autrichienne », mais elle est surtout connue depuis le film La Pianiste de Michael Haneke avec Isabelle Huppert et Benoît Magimel dans les rôles-titres.
Présentation de l’auteure et de son œuvre
Elfriede Jelinek est née en 1946 à Mürzzuschlag, en Styrie. Elle grandit cependant dans une famille bourgeoise et catholique de Vienne, elle est scolarisée dans l’établissement catholique Notre Dame de Sion à Vienne et apprend alors très tôt le français. Après avoir suivi plusieurs formations musicales au Conservatoire de Vienne et entamé un cursus d’études théâtrales et d’histoire de l’art, elle se tourne finalement vers la littérature. Son entrée dans le champ littéraire autrichien se fait véritablement lors du festival des Innsbrucker Jugendkulturwochen en 1969 lors duquel elle reçoit deux prix, pour ses poèmes et ses textes en prose. Fortement influencée par le Groupe de Vienne, par Ernst Jandl et Friederike Mayröcker, Jelinek place les expérimentations avec le « matériau langagier » au centre de son œuvre. Dès les années 1960, Jelinek s’engage politiquement à gauche, même si elle ne restera pas longtemps affiliée au KPÖ, le parti communiste autrichien. Le féminisme, une forte conscience anticapitaliste et une critique acerbe du passé autrichien fasciste et nazi vont structurer toute son œuvre.
Elfriede Jelinek est une auteure prolifique qui mobilise plusieurs genres littéraires et artistiques : la poésie au début de sa carrière littéraire (le recueil Lisas Schatten), la prose, dont les romans les plus connus (Die Liebhaberinnen, Die Ausgesperrten, Die Klavierspielerin, Lust, Die Kinder der Toten, Gier…), mais aussi, à partir de la fin des années 1970, le théâtre (Was geschah, nachdem Nora ihren Mann verlassen hatte oder Stützen der Gesellschaften ; Krankheit oder Moderne Frauen ; Wolkenheim ; Burgtheater ; Ein Sportstück ; Das Werk, et plus récemment Die Schutzbefohlenen et Am Königsweg).
À partir de Krankheit oder Moderne Frauen, ses textes de théâtre adoptent une forme hybride, oscillant entre prose, incantations et monologues dialogiques car hautement intertextuels. Ce sont des constructions polyphoniques souvent appelées « Sprachflächen » (« surfaces langagières »).
Jelinek écrit aussi des pièces radiophoniques, des libretti en collaboration avec la compositrice Olga Neuwirth, des scénarios de films et elle investit les technologies modernes, notamment les possibilités offertes par l’ordinateur et internet. À partir de 1996, elle publie sur son site web[1] différentes sortes de textes et notamment des textes courts sous forme d’essais (Notizen). Le roman Neid de 2007 n’a été publié que sur internet. Jelinek est également traductrice, notamment de Pynchon, de Wilde mais aussi de Feydeau et de Labiche.
Ses romans connurent de nombreuses adaptations filmiques dont la plus célèbre est certainement La Pianiste par Michael Haneke, primée au festival de Cannes en 2001.
Son œuvre théâtrale est d’abord mise en scène par des théâtres allemands et surtout par le Schauspiel de Bonn. Les metteurs en scène les plus en vue vont s’emparer des pièces de Jelinek : Schleef, Stemann, Schlingensief, Castorf, Richter, Peymann… Leurs mises en scène sont souvent accompagnées d’une réception houleuse.
Jelinek polarise comme nul autre auteur le champ culturel autrichien. Très présente sur la scène médiatique dans les années 1980 et 1990, notamment par ses prises de position contre l’élection de Waldheim à la présidence de l’Autriche puis contre le FPÖ et son leader de l’époque, Jörg Haider, Jelinek va être attaquée personnellement comme « Nestbeschmutzerin » (« souilleuse de nid »). Elle finira par interdire ses pièces sur les scènes autrichiennes entre 1995 et 1997, puis entre 2000 et 2003, et par se retirer progressivement de la scène publique.
Son œuvre a été récompensée par de nombreux prix prestigieux en Autriche et en Allemagne, comme le prix Georg-Büchner en 1998, le plus prestigieux prix littéraire de langue allemande. L’attribution du prix Nobel de littérature en 2004 à Jelinek est commentée de manière ambivalente en Autriche[2]. En 2024, la France lui remet les insignes de Commandeur dans l’ordre des Arts et des Lettres à l’ambassade française de Vienne.
Elfriede Jelinek en dialogue avec la littérature française
L’utilisation productive d’autres textes fait partie du principe poétologique de l’auteure. Ainsi, elle intègre de nombreux textes, souvent repérables, en les soumettant à des procédés d’écriture très différents, allant de la citation et de l’allusion à une réécriture et transformation radicale, voire à une réécriture des textes. Jelinek puise dans la littérature triviale, la publicité, les médias de masse, les auteurs classiques, la philosophie tout comme dans le théâtre antique.
Tout au long de son œuvre, Jelinek fait de multiples allusions à Jean Baudrillard, mais se réfère surtout aux écrits du sémiologue Roland Barthes. À partir des Mythologies (1957) / Mythen des Alltags (1964), elle développe sa propre réflexion sur la destruction des mythes théorisée dans Die endlose Unschuldigkeit. Jelinek reprend les idées de Barthes qui comprend les mythes comme des images figées, construites et véhiculées par des médias de masse, mais décorrélées de leur contexte historique et social. La destruction des mythes permet justement de faire ressortir les mécanismes de construction et de domination. Ainsi, Jelinek s’attelle à démasquer des vérités présentées comme immuables ou « naturelles » par tout un éventail de procédés formels. Elle intègre les réflexions de Barthes sur l’illusion de la représentation théorisées dans L’empire des signes / Das Reich der Zeichen (1981) dans ses essais poétologiques Ich möchte seicht sein (1983) et Sinn egal. Körper zwecklos (1997). Dans Le plaisir du texte / Die Lust am Text (1974), Barthes développe l’idée d’un texte comme tissu ou toile, une image que Jelinek réutilise dans de nombreux textes[3].
En tant que musicienne, Jelinek signe en 1966 une composition non-publiée : Die Ballade von Villon und seiner dicken Margot. Jelinek a certainement connu Villon à travers les traductions de H.C. Artmann lues par Helmut Qualtinger. Dans ses premiers poèmes, Jelinek fait référence à Rimbaud dans an rimbaud et à Verlaine dans dansons la gigue ! (verlaine) et mourez parmi la voix terrible de l’amour ! (verlaine), présentés au festival d’Innsbruck en 1969 et pour lesquels elle reçut le premier prix.
L’existentialisme est mobilisé dès le titre dans Die Ausgesperrten (un retournement des Séquestrés d’Altona de Sartre / Die Eingeschlossenen von Altona), un texte contenant de nombreuses allusions et références à Sartre et Camus. Dans ce roman qui se déroule dans les années 1950, une des protagonistes lit aussi Sade et Bataille, garants d’une attitude transgressive[4].
À plusieurs reprises, Jelinek cite Histoire d’O de Pauline Réage alias Dominique Aury comme « le plus grand texte pornographique qu’ait écrit à ce jour une femme »[5]. Le roman Lust a souvent été comparé à Justine ou les Malheurs de la vertu du Marquis de Sade. Avec ce roman, délibérément inspiré de « l’affaire Grégory », Jelinek avait pourtant l’intention de créer une contre-proposition à L’histoire de l’œil de Georges Bataille avant d’admettre l’échec de son entreprise, un constat contredit par Françoise Rétif [6].
De très longs passages de l’historien Jules Michelet en traduction allemande sont intégrés dans Krankheit oder Moderne Frauen, et l’on peut tout à fait rapprocher le théâtre de Jelinek de celui d’Artaud comme le fait Susanne Böhmisch[7]. Le concept de l’abject, théorisé par Julia Kristeva, peut aussi être mobilisé à profit dans les analyses de son théâtre[8].
Dans les textes les plus récents (Déclaration de la personne et Unter Tieren (non-traduit)), qui dénoncent les ravages du capitalisme débridé, Jelinek cite abondamment l’économiste Thomas Piketty.
Jelinek, traductrice de Feydeau et Labiche
Entre 1983 et 1990, Jelinek traduit quatre pièces de Feydeau : Monsieur chasse !, Le Dindon, La Puce à l’oreille et La Dame de chez Maxim. Les retraductions étaient des commandes de la maison d’édition Theaterverlag Ute Nyssen&Jürgen Bansemer, d’abord pour des raisons économiques. La traduction de L’affaire de la Rue de Lourcine de Labiche a été demandée par la Schaubühne de Berlin, La poudre aux yeux par Nyssen&Bansemer.
Elfriede Jelinek considère ces textes comme des précurseurs des comédies à gags et met, dans ses traductions, l’accent sur le rythme[9].
Comme dans ses propres textes, elle intègre de nombreux jeux de mots, use de tournures figées en jouant sur différents registres de langue. Pour Jelinek, Feydeau et Labiche sont des « maîtres de la scène », et elle ne manque pas de souligner la modernité de ces textes, qui sont par ailleurs toujours joués sur des scènes allemandes et autrichiennes.
La réception de l’œuvre de Jelinek en France
Bien avant les premières traductions, Jelinek figure dans les médias français comme une écrivaine engagée. Dans le sillage de Thomas Bernhard, elle est appelée « l’imprécatrice d’Autriche » et souvent qualifiée de « féroce ». Jusqu’au prix Nobel de 2004, la presse française insiste sur l’image d’une auteure critique envers son pays, provocatrice, même si elle est aussi considérée comme une des voix les plus importantes des pays germanophones – sans que cela soit toutefois toujours en lien avec la réception de son œuvre.
Jelinek fait son entrée dans le champ éditorial français en 1988 avec la traduction de La Pianiste par Yasmin Hoffmann et Maryvonne Litaize. Jacqueline Chambon, une petite maison d’édition, défend véritablement l’auteure autrichienne par une politique éditoriale ambitieuse. Entre 1988 et 1995, la plupart des romans et essais de Jelinek ont été traduits en français par Yasmin Hoffmann et Maryvonne Litaize et édités par J. Chambon ou L’Arche pour les essais, les Éditions du Seuil reprenant les éditions en poche. L’adaptation filmique de La Pianiste, primée à Cannes, va ancrer l’image d’une auteure scandaleuse. Toute la réception ultérieure se référera au film, et le Seuil réédite les textes de Jelinek avec des couvertures univoques, voire presque racoleuses, mais publie aussi pour la première fois un texte en grand format, Avidité, dans une traduction de Claire de Oliveira.
Le Prix Nobel de littérature marque bien sûr un tournant dans la réception de Jelinek en France. Les commentaires reprennent certes les mêmes stéréotypes mais soulignent aussi l’engagement politique de l’auteure. Le prix Nobel est aussi l’occasion de mettre au centre le travail d’écriture de Jelinek, comme dans la série À voix nue sur France Culture.
Après le Prix Nobel et la réédition des romans déjà publiés, la traduction aux Éditions du Seuil de l’opus magnum (« le point final du développement de mon travail sur la langue »[10], le roman Enfants des morts traduit par Olivier Le Lay, marque un tournant dans la réception française. Il est unanimement salué par la critique. Dans tous les articles tirés de la presse française, le travail sur la langue de Jelinek est mis en avant.
En même temps paraît le livre d’entretiens réalisé par Christine Lecerf (L’Entretien. Paris : Seuil 2007), tout comme trois biographies consacrées à Jelinek. En 2012, Le Seuil édite Winterreise, dans une traduction de Sophie Herr. Un recueil de poésie bilingue, traduit par Magali Jourdan et Mathilde Sobottke, paraît en 2014. La poésie de Jelinek, qu’elle-même considère comme secondaire, reste peu traduite (en 2010 et 2012 paraissent des recueils en polonais et en suédois).
En revanche, la réception scénique en France s’avère, dans un premier temps du moins, plus complexe. Certes, on trouve la première trace d’une pièce de Jelinek en France dès les années 1980 : Clara S. est invitée à Avignon en 1983, mais le spectacle est en allemand surtitré en français. Plusieurs pièces sont traduites ou adaptées pour la radio, mais pas éditées ni jouées. Heinz Schwarzinger est l’un des premiers à proposer des textes de Jelinek en lecture scénique au cours de ses Semaines du théâtre autrichien.
La première représentation dans un grand théâtre eut lieu à la Colline en 1994 – Nora, dans une mise en scène signée Claudia Stavisky avec Valérie Dréville dans le rôle-titre, mais à partir d’une traduction tronquée[11]. L’adaptation que fait Joël Jouanneau du texte en prose Les Amantes au Théâtre Ouvert à Paris est en revanche très remarquée. En 2006, Jackie est représentée au Théâtre du Rond-Point à Paris dans une mise en scène de Marcel Bozonnet, qui avait pourtant ouvertement critiqué Jelinek pour son soutien à Peter Handke lors de l’annulation de sa pièce à la Comédie-Française.
Dans les années 2010-2020, plusieurs scènes à Saint-Étienne, Lyon et Marseille s’emparent des textes de Jelinek et surtout des Drames de Princesses – Jackie reste l’un des textes les plus joués[12].
À côté de ces représentations, des productions ou co-productions allemandes surtitrées sont montrées en France : Die Kontrakte des Kaufmanns par Nicolas Stemann en 2012 en Avignon ; Nathan !? au MC93 Bobigny en 2017 ; la co-création de Philippe Manoury et Nicolas Stemann à partir de Kein Licht à l’Opéra-Comique de Paris la même année ; Schatten/Eurydike sagt par Katie Mitchell à la Colline en 2018, puis la monumentale mise en scène de Am Königsweg par Falk Richter au Théâtre de l’Odéon en 2019.
D’autres scènes continuent à explorer des textes de Jelinek, souvent par des femmes et hommes de théâtre engagés : en Suisse francophone, il faut signaler les mises en scène audacieuses de Maya Bösch, ainsi que celles de Ludovic Lagarde à la Comédie de Reims en 2018 (Les Suppliants) et au théâtre 14 à Paris en 2022 (Sur la voie royale).
Depuis les années 2000 et surtout après 2017, L’Arche poursuit un important travail d’édition des textes de Jelinek, renforçant aussi son activité d’agence théâtrale[13]
Plusieurs textes de théâtre sont traduits, édités ou réédités (dont Ce qui arriva après le départ de Nora), souvent dans les traductions de Magali Jourdan et Mathilde Sobottke, ou encore Sophie Herr. Ces éditions ou rééditions ont aussi des effets positifs sur la réception scénique. Ainsi, Ombre/Eurydice parle connaît une deuxième mise en scène, en français cette fois, aux Plateaux sauvages. La mise en scène de Marie Fortuit a été récompensée par le prix de la révélation théâtrale en 2023. Des textes plus anciens comme Maladie ou Femmes modernes sont repris[14], la mise en scène d’Animaux est prévue pour 2027 à la Cartoucherie de Vincennes, et des textes plus récents sont également travaillés dans de grandes écoles de théâtre comme le projet autour de FaustIn par Ivan Marquez au TNS en 2022. En 2026, des extraits des Suppliants ont été proposés en lecture scénique en Avignon et enregistrés sur France Culture.[15]
Dernièrement, des formats plus grand public ont été consacrées à Jelinek, notamment le film Die Sprache von der Leine lassen. Jelinek. Ein Porträt[16], diffusé sur ARTE et distribué dans plusieurs cinémas en France. France Culture a produit plusieurs podcasts sur l’auteure[17] et suit aussi l’actualité éditoriale[18]. En mars 2026, outre une critique de Déclaration de la personne traduit par Sophie Fusek, Le Monde consacre un long portrait à l’auteure dans lequel celle-ci revient sur son engagement féministe depuis toujours en citant Gisèle Pelicot – même si Jelinek considère que le combat est perdu d’avance.[19]
Références et liens externes
- ↑ https://www.elfriedejelinek.com/
- ↑ cf. Jelinek Handbuch 2024
- ↑ voir Naqvi, Jelinek Handbuch 2024, 155
- ↑ cf. Sonnleitner 2008
- ↑ Lecerf 2007, 65
- ↑ Rétif 2008
- ↑ Böhmisch 2008
- ↑ Böhmisch 2010
- ↑ Kargl 2013
- ↑ cf. Elfriede Jelinek : Aller jusqu’à la frontière de ce qui est possible, Le Monde, 19 janvier 2007
- ↑ Kargl 2010
- ↑ https://www.theatreonline.com/Artiste/Elfriede-Jelinek/16926#archives
- ↑ https://www.arche-editeur.com/auteur/jelinek-elfriede-65
- ↑ http://theatredublog.unblog.fr/2019/06/13/maladie-ou-femmes-modernes-dapres-elfriede-jelinek-mise-en-scene-de-mathilde-delahaye/
- ↑ https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/fictions-theatre-et-cie/les-suppliants-de-elfriede-jelinek-5018743
- ↑ https://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/65722_0
- ↑ https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-elfriede-jelinek
- ↑ https://www.radiofrance.fr/franceculture/elfriede-jelinek-la-scandaleuse-prix-nobel-de-litterature-8492592
- ↑ https://www.lemonde.fr/livres/article/2026/03/11/entretien-exclusif-avec-la-prix-nobel-de-litterature-elfriede-jelinek-la-destruction-du-feminin-a-toujours-ete-l-un-de-mes-grands-themes_6670426_3260.html
Bibliographie
Œuvres traduites
Éditions Jacqueline Chambon
- La pianiste, traduit de l’allemand par Yasmin Hoffmann et Maryvonne Litaize. Nîmes : J. Chambon 1988.
- Les exclus, traduit de l’allemand par Y. Hoffmann et M. Litaize. Nîmes : J. Chambon 1989.
- Lust, traduit de l’allemand par Y. Hoffmann et M. Litaize ; suivi d’un entretien avec Elfriede Jelinek. Nîmes : J. Chambon 1991.
- Les amantes, traduit de l’allemand par Y. Hoffmann et M. Litaize. Nîmes : J. Chambon 1992.
- Méfions-nous de la nature sauvage, traduit de l’allemand par Y. Hoffmann et M. Litaize. Nîmes : J. Chambon 1995.
Éditions du Seuil
- Enfants des morts, traduit par Olivier Le Lay. Paris : Éditions du Seuil 2007.
- Winterreise, traduit par Sophie Andrée Herr. Paris : Éditions du Seuil 2012.
- Angabe der Person/Déclaration de la personne, traduit par Sophie Andrée Fusek. Paris : Éditions du Seuil 2026.
L’Arche
- Désir & permis de conduire : recueil, traduit par Yasmin Hoffmann, Maryvonne Litaize et Louis-Charles Sirjacq. Paris : L’Arche 1999.
- Maladie ou Femmes modernes : comme une pièce, traduit par Patrick Démerin et Dieter Hornig. Paris : L’Arche 2001.
- Drames de princesses. La Jeune Fille et la Mort I – V, traduit par Magali Jourdan et Mathilde Sobottke. Paris : L’Arche 2006.
- Les Suppliants, traduit par Magali Jourdan et Mathilde Sobottke. Paris : L’Arche 2016.
- Sur la voie royale, traduit par Magali Jourdan et Mathilde Sobottke. Paris : L’Arche 2019.
- Ombres (Eurydice parle), traduit par Sophie Andrée Herr. Paris : L’Arche 2018.
- Ce qui arriva après le départ de Nora / Après Nora, traduit par Magali Jourdan et Mathilde Sobottke. Paris : L’Arche 2020.
Verdier
- Restoroute. Animaux, traduit par Patrick Démerin et Dieter Hornig. Paris : Verdier 2012.
Publications scientifiques (sélection)
- Jelinek Handbuch, 2., aktualisierte und erweiterte Ausgabe, Pia Janke (dir.). Stuttgart : Metzler 2024.
- Dossier Elfriede Jelinek, Europe 933–934, janvier–février 2007.
- Elfriede Jelinek, études réunies par Jacques Lajarrige, Austriaca 59, 2004.
- Bancaud, Florence : Elfriede Jelinek. Paris : Belin 2010.
- Böhmisch, Susanne : Le jeu de l’abjection. Paris : L’Harmattan, coll. « Les mondes germaniques » 2010.
- « Comme des suppliciés que l’on brûle et qui font des signes sur leurs bûchers ». Jelinek/A. Artaud: Grausamkeit, Komik, Katharsis. Dans : Inge Arteel, Heidy Margrit Müller (dir.) : Elfriede Jelinek – Stücke für oder gegen das Theater?. Bruxelles : Koninklije Vlaamse Academie van Belgie voor Weltenschappen en Kunsten 2008, p. 71–80.
- Chamayou-Kuhn, Cécile : Le féminisme selon Elfriede Jelinek : un modèle de contre-culture ? Étude à l’exemple du roman Neid (2007/2008). Dans : Achim Geisenhanslüke, Yves Iehl, Nadia Lapchine, Françoise Lartillot (dir.) : Contre-cultures et littératures de langue allemande depuis 1960. Entre utopies et subversions. Berne : Peter Lang 2017, p. 421–440.
- Chamayou-Kuhn, Cécile : Elfriede Jelineks Parodien auf niedere Literatur im Spiegel der französischen Rezeption. Dans : Annie Bourguignon Annie, Konrad Harrer, Franz Hintereder-Emde (dir.) : Zwischen Kanon und Unterhaltung / Between Canon and Entertainment. Berlin : Frank & Timme 2016, p. 159–181.
- Colin-Otto, Nicole : Österreich, Österreicher, am Österreichsten ? La réception d’un ‘auteur provincial’ : le théâtre de Jelinek en France. Austriaca n° 59, 2004, p. 29–38.
- Colin, Nicole : Deutsche Dramatik im französischen Theater nach 1945. Künstlerisches Selbstverständnis im Kulturtransfer. Bielefeld : transcript Verlag, coll. « Theater », vol. 27, 2011.
- Costa, Béatrice : Elfriede Jelinek und das französische Vaudeville. Tübingen : Narr 2014.
- Guillon, Bénédicte : Les amantes d’Elfriede Jelinek : lecture d’un roman controversé. Paris : L’Harmattan 2011.
- Hofmann, Yasmin : Die französischen Jelinek-Übersetzungen: ein Beitrag zur Abschaffung der cartesianischen Logik. Dans : D. Bartens, P. Pechmann (dir.) : Elfriede Jelinek: Die internationale Rezeption. Grasse/Vienne : Literaturverlag Droschl, coll. « Dossier extra », 1997, p. 120–136.
- Hoffmann, Yasmin : Elfriede Jelinek, une biographie. Paris : Jacqueline Chambon 2005.
- Jourdan, Magali / Sobottke, Mathilde : Qui a peur d’Elfriede Jelinek ?. Paris : Danger Public 2006.
- Kargl, Elisabeth : Santé ! Sporté ! Clarté ! Traduire Elfriede Jelinek. Paris : l’unebévue éditeur 2008.
- Kargl, Elisabeth / Quintin, Hervé : Übersetzungsgeschichte als Rezeptionsgeschichte: Zu Elfriede Jelineks ‚Prinzessinnendramen‘ und ‚Bambiland‘ in Frankreich. Dans : Peter Clar, Christian Schenkermayr (dir.) : Theatrale Grenzgänge. Jelineks Theatertexte in Europa. Vienne : Praesens Verlag 2008, p. 275–303.
- Kargl, Elisabeth : Das Theater Elfriede Jelineks in Frankreich oder: wie Jelinek übersetzen?. Dans : Françoise Rétif / Johann Sonnleitner (dir.) : Sprache, Geschlecht und Herrschaft. Würzburg : Königshausen & Neumann 2008, p. 47–71.
- Kargl, Elisabeth: Le théâtre d’Elfriede Jelinek en France : passages à l’acte altérés. In : Corona Schmiele (dir.) : Passages à l’acte : interprétation, traduction, (ré-) écriture. Paris : INDIGO & côté femmes 2010, p. 49–64.
- Kargl, Elisabeth : Elfriede Jelinek, traductrice de Feydeau. Dans : Andrée Lerousseau (dir.) : Des femmes traductrices. Entre altérité et affirmation de soi. Paris : L’Harmattan 2013, p. 121–149.
- Kargl Elisabeth / Quintin, Hervé : « Permis de traduire ». Elfriede Jelinek, dramaturge du langage dans Über Tiere/Animaux. Germanica n° 54, 2014, p. 53–67.
- Kargl, Elisabeth : La réception de l’œuvre d’Elfriede Jelinek en France après le Prix Nobel. Dans : Delphine Klein / Aline Vennemann (dir.) : « Machen Sie was Sie wollen! » Autorität durchsetzen, absetzen und umsetzen. Vienne : Praesens 2017, p. 57–72.
- Kargl, Elisabeth : Übersetzungen: Dramen. Dans : Jelinek Handbuch, 2., aktualisierte und erweiterte Ausgabe, Pia Janke (dir.). Stuttgart : Metzler 2024, p. 327–331.
- Klein, Delphine / Vennemann, Aline : « Machen Sie was Sie wollen ! » Autorität durchsetzen, absetzen und umsetzen. Vienne : Praesens 2017.
- Koberg, Roland / Mayer, Verena : Elfriede Jelinek, un portrait. Paris : Le Seuil 2009.
- Lecerf, Christine : Elfriede Jelinek, l’entretien. Paris : Seuil 2007.
- Neelsen, Sarah : Les essais d’Elfriede Jelinek. Genre, relation, singularité. Paris : Honoré Champion 2016.
- Rétif, Françoise / Sonnleitner, Johann (dir.) : Sprache, Geschlecht und Herrschaft. Würzburg : Königshausen & Neumann 2008.
- Rétif, Françoise : Die Lust am Obszönen bei Georges Bataille und Elfriede Jelinek ». In : Françoise Rétif / Johann Sonnleitner (dir.) : Sprache, Geschlecht und Herrschaft. Würzburg : Königshausen & Neumann 2008, p. 107– 118.
- Sonnleitner, Johann : Existentialismus im Nachkriegsösterreich. Zu Jelineks Roman Die Ausgesperrten. In : Françoise Rétif / Johann Sonnleitner (dir.) : Sprache, Geschlecht und Herrschaft. Würzburg : Königshausen & Neumann 2008, 79–88
- Thiériot, Gérard (dir.) : Elfriede Jelinek et le devenir du drame. Toulouse : Presses universitaires du Mirail 2006.
Thèses sur Jelinek soutenues en France
- Chamayou-Kuhn, Cécile : Les écritures du corps dans les œuvres d’Evelyn Schlag et Elfriede Jelinek. Étude des genres sexuels et des genres littéraires. Université Sorbonne nouvelle 2010.
- Kargl, Elisabeth : Traduire le théâtre d’Elfriede Jelinek. Enjeux et réalisation. Université Sorbonne nouvelle / Université de Vienne 2006.
- Klein, Delphine : La récriture des classiques : Goethe et Schiller dans le théâtre d’Elfriede Jelinek (Ulrike Maria Stuart, FaustIn and out). Université Lumière – Lyon 2 2015.
- Vennemann, Aline : Architectures de la mémoire : le théâtre d’Elfriede Jelinek et de Peter Wagner (1991-2011). Université Rennes 2 2013.
- Wind, Priscilla : La notion de mise en scène dans les pièces de théâtre d’Elfriede Jelinek. Université de Rouen 2008.
Auteure
Elisabeth Kargl
Mise en ligne : 23/09/2026
