Claude David

De decaf-fr

Germaniste français, né le 8 juillet 1913 à Reims, mort le 26 novembre 1999 à Paris, spécialiste de littérature du XIXe et du XXe siècle, en particulier de Kafka et Rilke. Après des classes préparatoires à Paris au lycée Henri IV, il est admis à l’École Normale Supérieure de la rue d’Ulm en 1933. Il fait des séjours aux universités de Berlin (1934, où il suit notamment les cours du théologien italien Romano Guardini, qui lui conseille de s’intéresser à Kafka) et de Vienne (1935) avant d’être reçu premier à l’agrégation d’allemand en 1937 et de commencer à enseigner en lycée à Reims. Il est mobilisé en 1939, puis est victime des discriminations du régime de Vichy et doit échapper à l’occupant allemand.

Biographie

Juste après la fin de la guerre, il fait un séjour de recherche à Tübingen en 1946 et soutient sa thèse d’État en 1951 à Paris avec L’Œuvre poétique de Stefan George (publiée en 1952). Il devient maître de conférences à l’université de Lille, puis professeur en 1954, avant d’être élu en 1957 à la Sorbonne, où il sera directeur de l’Institut d’études germaniques, et où il restera jusqu’à la fin de sa carrière en 1981.

Claude David a été dès 1950, et jusqu’à sa mort, membre des instances de la revue Études Germaniques (comité de lecture, bureau de la Société des Études Germaniques, directeur de la publication), où il a écrit un grand nombre d’articles. Depuis 1977, il était membre de la Deutsche Akademie für Sprache und Dichtung et avait reçu en 1978 le prix Friedrich Gundolf récompensant son action en faveur de la culture et de la littérature de langue allemande à l’étranger. Depuis 1978, il était aussi membre de l’Österreichische Akademie der Wissenschaften.

Claude David a été un germaniste polyvalent, publiant principalement sur les « formes littéraires »[1] et sur les « classiques » Goethe, Schiller ou Hölderlin, mais il a aussi fait œuvre de vulgarisation dans le domaine de la civilisation, avec en 1954 L’Allemagne de Hitler dans la collection « Que Sais-je ? », réédité à partir de 1967 sous le titre Hitler et le nazisme.

La majeure part de ses recherches a porté sur deux auteurs issus de l’espace habsbourgeois : Franz Kafka, qu’il a également abondamment traduit et dont il a édité les œuvres complètes en 4 volumes dans la Pléiade entre 1976 et 1988, suivies d’une biographie en 1988 chez Fayard ; Rainer Maria Rilke, dont il a co-édité les œuvres, également dans la Pléiade, en 2 volumes, entre 1993 et 1997. Un troisième auteur du même espace joue un rôle important, sur un plan moins académique : Paul Celan, dont il était personnellement proche et à qui il a consacré un numéro spécial d’hommage d’Études Germaniques juste après sa mort en 1970.

Même s’il n’a pas été à proprement parler un « austriaciste », Claude David a contribué par ses orientations personnelles de recherche et son rayonnement à faire une place plus importante dans la germanistique française aux auteurs autrichiens et à leur spécificité, notamment dans les chapitres qu’il a rédigés pour la nouvelle édition de 1970 de l’Histoire de la littérature allemande (dirigée par Fernand Mossé, première édition en 1959)[2]. À travers son influence sur la revue 'Études Germaniques, il a nourri et renforcé en France un intérêt continu pour la sphère littéraire autrichienne, avec des numéros thématiques sur Grillparzer (1972) ou Hofmannsthal (1974). Il a enfin donné de nouvelles impulsions à la recherche dans le domaine autrichien en tant que directeur de thèse, encadrant des thèses d’État sur le Jugendstil (Claude Quiguer, 1971) et sur Ferdinand von Saar (Jean Charue, 1976), ainsi que des thèses de 3e cycle sur la dramaturgie de Grillparzer (1979) et sur Kafka et Walser (1983).

Références et liens externes

  1. Espagne et Werner 1994, p. 12
  2. Le Rider 1994, p. 398

Bibliographie

  • Bandet, Jean-Louis (dir.) : Mélanges offerts à Claude David pour son 70e anniversaire. Bern : Peter Lang 1986, s.p.
  • David, Claude [1978] : Dankrede https://www.deutscheakademie.de/de/auszeichnungen/friedrich-gundolf-preis/claude-david/dankrede
  • Espagne, Michel; Werner, Michael : Introduction, dans M. Espagne, M. Werner (dir.) : Les études germaniques en France (1900-1970). Paris : CNRS Éditions 1994.
  • König, Christoph (dir.) : David, Claude Arthur. In : Internationales Germanistenlexikon 1800-1950, vol. 1 : A – G. Berlin : Walter de Gruyter 2003, p. 364–365 [Red. mit freundlicher Unterstützung von Claude David].
  • Le Rider, Jacques : La France et l’identité culturelle autrichienne, dans Espagne, M. Werner (dir.) : Les études germaniques en France (1900-1970). Paris : CNRS Éditions 1994.
  • Lortholary, Bernard; Schulte, Hansgerd : Claude David. In : Le Monde, 7 décembre 1999 https://www.lemonde.fr/archives/article/1999/12/07/claude-david_3601865_1819218.html
  • Valentin, Jean-Marie : Avant-propos. In : Études Germaniques 53,2 (De Goethe à Celan. Hommages à Claude David), 1998, p. 275–276.
  • Valentin, Jean-Marie : Claude David (1913–1999). In : Études Germaniques 55,1/2000, p. 4–6.

Auteur

Éric Chevrel

Mise en ligne : 01/09/2026