Exposition « Architektur und Städtebau »

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Affiche de l’exposition reprise ici comme couverture du catalogue de l’exposition

Une exposition sur l’architecture et l’urbanisme est organisée par le Haut-commissariat français du 10 au 30 mai 1948 au Musée des arts appliqués (MAK), le Kunstgewerbemuseum. En abordant les enjeux de la reconstruction, de l’architecture moderne et de l’urbanisme, l’exposition participe à diffuser les doctrines françaises et les travaux d’architectes comme Le Corbusier, André Lurçat et Marcel Lods[1]. Rencontrant un grand succès, l’exposition est prolongée jusqu’au 5 juin 1948, de 10h à 18h, l’entrée est gratuite.

Le contenu de l’exposition

Portée par le bureau de l’Expansion artistique, l’exposition est composée de treize blocs thématiques traitant des enjeux d’architecture et d’urbanisme dans leur ensemble :

Plan de l’agencement de l’exposition
  1. les monuments historiques
  2. les ruines
  3. la construction
  4. l’architecture : fonction, structure, forme
  5. la technique
  6. l’urbanisme : le développement des villes
  7. la charte d’Athènes
  8. le ministère de la Reconstruction et de l’urbanisme
  9. le CIAM
  10. l’urbanisme : réalité et plans
  11. Adolf Loos
  12. l’aménagement intérieur
  13. synthèse des beaux-arts

Chaque thème est abordé par la mise en exposition de plans, modèles, photographies. Au-dessus de l’entrée vers la salle centrale de l’exposition est inscrite la phrase « Die vollständigste aller Taten ist Bauen. » [la plus aboutie de toutes les actions est la construction] L’exposition propose une réflexion sur la manière d’aborder la reconstruction des villes détruites, les enjeux de l’urbanisme moderne, mais elle est aussi l’occasion de questionner l’implication de la population et des autorités locales dans ces processus d’aménagement de l’espace, de la reconstruction du bâti ancien, notamment pour les nouveaux programmes de logement. Parmi les plans et maquettes exposés se trouvent les plans d’André Lurçat pour Maubeuge et les plans non réalisés du Corbusier pour Saint-Dié (1944-1946) et La Rochelle-La Pallice (1945).

Cette exposition s’inscrit dans un contexte d’intérêt prononcé en Autriche pour les doctrines et chantiers architecturaux en France. En avril 1948, un numéro de Der Aufbau¸ magazine édité par les services municipaux d’urbanisme de Vienne (Stadtbauamt), est consacré à la France[2]. Le journal propose la traduction de textes d’historiens de l’art et de l’architecture, tels qu’André Chastel[3] et Simone Gille-Delafon[4], mais aussi des comptes rendus de rencontres du CIAM.

Inauguration et programme culturel

L’inauguration se fait en présence du général Béthouart et du Corbusier, ainsi que de plusieurs hauts dignitaires autrichiens dont le maire de Vienne, Theodor Körner[5], le ministre de l’Énergie Alfred Migsch[6], le conseiller municipal Viktor Matejka[7], le directeur du service d’urbanisme de Vienne Johann Gundacker[8], le représentant de l’association des architectes autrichiens, Karl Holey[9], et le directeur de la Kunstgewerbeschule, l’architecte et professeur Max Fellerer[10].

Dans le cadre de cet événement, plusieurs architectes sont invités à donner des conférences. D’abord, Le Corbusier prononce le 11 mai 1948 dans la salle Mozart de la Konzerthaus[11] de Vienne une conférence inaugurale : « Synthese der höheren Kunstformen ». Ensuite, le 20 mai 1948, c’est André Lurçat qui est invité à donner une conférence liée à ses travaux exposés au Kunstgewerbemuseum. Enfin, le 26 mai 1948, c’est au tour de Marcel Lods de prononcer une conférence intitulée « Die Zukunft der Technik ». Ces conférences sont tenues en français, et traduites simultanément en allemand pour le public autrichien.

Réception dans la presse

Encart promouvant l’exposition à la une du journal Welt am Abend du 10 mai 1948

La presse autrichienne salue l’organisation d’une exposition, tout en se félicitant que l’Autriche soit le haut-lieu de l’architecture moderniste : une section de l’exposition est consacrée au précurseur Adolf Loos. L’exposition montre le lien franco-autrichien dans le rôle du développement des théories de l’architecture moderne, en mettant à l’honneur la connexion entre Adolf Loos et Le Corbusier.

L’exposition propose une présentation de la charte d’Athènes de 1933, où étaient présents des architectes liés à l’Autriche, comme Gabriel Guévrékian. Par ailleurs, la même année, les conclusions de la charte d’Athènes sont traduites en allemand dans le journal autrichien Europäische Rundschau, publication culturelle éditée par les services de presse français. Ce numéro sert aussi d’extension du catalogue de l’exposition de 1948.

En 1956, une exposition sur des thématiques similaires est accueillie au musée pédagogique de la rue d’Ulm à Paris. Elle présente les efforts en matière de reconstruction des bâtiments autrichiens, en particulier celle du patrimoine détruit, sous la période d’occupation alliée de 1945 à 1954.

Références et liens externes

Bibliographie

  • Gerabek, Karl : Der Wiederaufbau in Frankreich. Zur französischen Ausstellung: „Architektur und Städtebau“. In: Allgemeine Bau-Zeitung. Fachblatt für die gesamte Bauwirtschaft. No 92, 19 mai 1948, p. 1-2. URL: https://alex.onb.ac.at/cgi-content/anno?aid=alg&datum=19480519&seite=1
  • Kunstgewerbemuseum (éd.): Französische Ausstellung Architektur und Städtebau, catalogue d’exposition, 1948. URL: https://hauspublikationen.mak.at/viewer/toc/AC03591774/10/-/
  • Platzer, Monika (éd): Kalter Krieg und Architektur. Beiträge zur Demokratisierung Österreichs nach 1945, édité par le Architekturzentrum Wien (Az W), Park Books 2019.
  • Rathkolb, Oliver, Museen der Stadt Wien (éd) : Kontrollierte Freiheit: die Alliierten in Wien - Kulturpolitik 1945-1955. Vienne : Residenz Verlag 2025.
  • Weyr, Siegfried : „Wie moderne französische Städte erstehen. Die französische Ausstellung für Architektur und Städtebau im Wiener Kunstgewerbemuseum“. In: Wiener Kurier, 21 mai 1948, p. 6. URL: https://anno.onb.ac.at/cgi-content/anno?aid=wku&datum=19480521&seite=6

Auteur

Solène Scherer

Mise en ligne : 09/02/2026