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[[File:Gustav Klimt 1912.jpg|thumb|Gustav Klimt en manteau de peinture avec un chat, 1912]] | [[File:Gustav Klimt 1912.jpg|thumb|Gustav Klimt en manteau de peinture avec un chat, 1912]]Le peintre Gustav Klimt, né le 14 juillet 1862 à Baumgarten près de Vienne et décédé le 6 février 1918 à Vienne, n’a cessé, au cours de sa carrière, de subir l’influence de l’art français d’une manière décisive, et ce à plusieurs reprises. Vers 1894, certaines ruptures stylistiques particulièrement fortes le poussèrent à se confronter à l’impressionnisme et à entreprendre un voyage de plusieurs semaines à Paris en 1909. | ||
Le peintre Gustav Klimt, né le 14 juillet 1862 à Baumgarten près de Vienne et décédé le 6 février 1918 à Vienne, n’a cessé, au cours de sa carrière, de subir l’influence de l’art français d’une manière décisive, et ce à plusieurs reprises. Vers 1894, certaines ruptures stylistiques particulièrement fortes le poussèrent à se confronter à l’impressionnisme et à entreprendre un voyage de plusieurs semaines à Paris en 1909. | |||
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Version du 23 septembre 2026 à 10:35

Le peintre Gustav Klimt, né le 14 juillet 1862 à Baumgarten près de Vienne et décédé le 6 février 1918 à Vienne, n’a cessé, au cours de sa carrière, de subir l’influence de l’art français d’une manière décisive, et ce à plusieurs reprises. Vers 1894, certaines ruptures stylistiques particulièrement fortes le poussèrent à se confronter à l’impressionnisme et à entreprendre un voyage de plusieurs semaines à Paris en 1909.
Biographie
Fils aîné du graveur Ernst Klimt[1] et de son épouse Anna, née Finster, il a grandi à l’orée de Vienne dans des conditions modestes. Une fois ses études primaires achevées, il étudie, à partir de 1876, à la Wiener Kunstgewerbeschule[2] d’abord le dessin, puis, de 1878 à 1783, la peinture auprès de Ferdinand Laufberger[3] et Julius Victor Berger[4]. Pendant ses études, déjà, il fonde avec son plus jeune frère Ernst[5] et l’ami Franz Matsch[6] une communauté de travail qui se spécialise, avec succès, dans l’exécution de gros contrats pour la décoration de murs et de plafonds dans le style historiciste. Après la mort de son frère Ernst fin 1892, la communauté est dissoute et Klimt s’intéresse de plus en plus à la peinture moderne. Avec Klimt comme Président-Fondateur de la Wiener Secession en 1897, Vienne devient, sous sa direction, un centre artistique international de premier plan. À partir de 1900, il est au cœur des controverses à écho international suscitées par ses « Fakultätsbilder » pour l’Université de Vienne. Travaillant en étroite collaboration avec des architectes et des designers, il développe le style de sa « Goldene Periode » caractérisé par l’utilisation de feuilles de métal et de formes ornementales dans le tableau, ce qui pose la question des frontières entre la peinture et l’art appliqué. En 1905, il quitte la Secession avec son groupe de disciples. En 1912, il est élu Président du « Bund Österreichischer Künstler » nouvellement fondé. Il décède le 6 février 1918 à la suite de complications après une congestion cérébrale subie le 11 janvier 1918.
Klimt et l’art français
Pendant sa formation à la Wiener Kunstgewerbeschule, Klimt s’était en premier lieu inspiré du style de ses professeurs Ferdinand Laufberger et Julius Victor Berger ainsi que de celui de l’artiste le plus marquant de l’époque : Hans Makart[7]. Ses premiers contrats importants conduits en toute indépendance avec ses compagnons Franz Matsch et son jeune frère Ernst sont en revanche fortement influencés par des modèles étrangers. On ne peut exclure l’influence du grand peintre français Alexandre Cabanel[8], reconnu internationalement à l’époque, sur les fresques de plafond peintes par Gustav Klimt et Franz Matsch pour les nouveaux théâtres de Liberec/Reichenberg (1883) et Rijeka/Fiume (1885) ; les jeunes peintres avaient pu connaître ses œuvres grâce à des expositions internationales d’Art à Vienne et à Munich, ou même grâce à des reproductions.
Dans les années qui ont suivi la mort soudaine de son frère Ernst, qui était aussi son collaborateur, Klimt s’est détourné de la peinture décorative historiciste ; à nouveau, il prête principalement attention à la peinture française. Lors des expositions universelles au Glaspalast de Munich, qu’apparemment Klimt visitait tous les ans, on exposa en l’occurrence, à partir de 1891, de plus en plus d’œuvres représentatives des impressionnistes français : en 1891, par exemple, on pouvait y voir quatre toiles de Monet, trois de Sisley[9] et sept de Manet[10]. Et la Münchner Secession fondée en 1892 montra également dès ses débuts des œuvres des Impressionnistes. On peut déjà supposer l’influence de Manet chez Klimt dans le Porträt des Schauspielers Josef Lewinsky als Carlos in Clavigo pour lequel Rouvière dans le rôle d’Hamlet de Manet lui sert manifestement d’exemple. Après l’exposition universelle de 1873 à Vienne, où Courbet exposa un choix de toiles représentatives et Manet un portrait relativement conservateur (Le Liseur), l’art français était à peine représenté. En 1894, on peut voir au Künstlerhaus un paysage de Sisley, jusqu’à présent non identifié, et, au printemps 1898, deux toiles de Monet. Un an auparavant, Klimt avait pu voir aussi, à Munich, deux paysages de Monet. Il semble bien que ces rencontres avec Monet eurent une réelle influence sur Klimt, puisque celui-ci, pendant son séjour estival à St. Agatha am Hallstätter See en 1898, renoue, pour la première fois depuis ses études, avec la peinture de paysage. Il commence alors à pratiquer immédiatement une technique qui rappelle celle de Monet, cherchant à saisir rapidement les effets de lumière.

Début 1897, la création de la Secession que Klimt a dirigée comme premier président avait marqué un tournant décisif pour Vienne. Les expositions qui s’y succédèrent à partir de mars 1898 firent venir pour la première fois de France et de toute l’Europe des œuvres modernes en grand nombre ; elles furent, par leur variété, des sources nouvelles d’inspiration pour Klimt et ses compagnons de route. Dans les premières expositions, on trouva surtout des représentants du Symbolisme et du Naturalisme, par exemple Pierre Puvis de Chavannes[11], Henri Martin[12] ou Auguste Rodin. Et les figures de Rodin donnèrent une impulsion importante à Klimt pour ses Figuren dans les Fakultätsbilder. C’est en 1902 que Klimt fit la connaissance de Rodin, lorsque celui-ci visita l’exposition Beethovende la Wiener Secession.
Klimt lui-même se fit connaître du public français pour la première fois lors de l’exposition universelle de 1900 à Paris, ce qui devait en même temps être son unique participation à une exposition en France de son vivant. Il envoya les toiles Sonja Krips, Pallas Athene et la Fakultätsbild Die Philosophie à laquelle le jury décerna une médaille d’or. Faute de temps, Klimt renonça à effectuer le voyage prévu pour l’exposition.

Au printemps 1900, la Secession exposa cinq peintures néo-impressionnistes de Paul Signac[13] et sept de ses aquarelles. Et la Secession, lors de sa seizième exposition au début de l’année 1903, exposa une vue d’ensemble de la peinture impressionniste qui réunissait des œuvres majeures de tous les artistes faisant autorité et qui intégrait les développements ultérieurs du néo- et du postimpressionnisme. L’influence de Seurat[14], présent par trois œuvres importantes, contribua à un changement de style dans la peinture de paysage de Klimt car ses paysages, dès lors, furent exécutés dans un style clairement néo-impressionniste. De grandes expositions d’œuvres de Vincent van Gogh et Paul Gauguin à la Galerie Miethke à Vienne permirent à Klimt vers 1906/1907 de se familiariser avec leurs œuvres et, à l’été 1909, celui-ci fit venir à Vienne, avec ses amis, pour l’Internationale Kunstschau, des œuvres françaises très récentes, parmi lesquelles des toiles de Henri Matisse et des Fauves.
À l’automne 1909, Klimt entreprend un voyage assez long vers la France en compagnie de Carl Moll ; pendant un séjour à Paris d’une dizaine de jours (du 17 au 24 octobre et du 31 octobre au 3 novembre), il visite, d’après ses propres indications, une série de collections publiques et privées, parmi lesquelles celles du Louvre, du Musée du Luxembourg, du Musée Guimet, du Musée des Arts décoratifs et le Salon d’Automne[15]. Dans une lettre à Emilie Flöge, il déclare, après avoir vu une collection privée, trouver les œuvres de Manet et de Cézanne « très belles »[16]. On n’a pu jusqu’à présent établir si Klimt a rencontré à Paris aussi des artistes français ; il n’est fait mention que des rencontres avec Hugo von Tschudi, le Directeur des Bayerische Staatsgemäldesammlungen, qui disposait de réseaux importants, et avec le peintre Eugen Spiro qui enseignait à l’Académie Matisse[17].

Le séjour à Paris semble avoir été l’événement marquant qui conduisit Klimt, vers 1910, à changer drastiquement de style : il renonce presque totalement à utiliser les feuilles de métal, développant un style ouvertement pittoresque aux couleurs intenses. En cela, ses références les plus importantes ont été Van Gogh, Gauguin, Cézanne, Matisse ainsi que d’autres peintres fauves. Le déclenchement de la Première Guerre mondiale empêcha, à partir de 1914, un échange direct entre la France et les puissances de l’axe, mais ne modifia en rien l’orientation de Klimt vers la modernité française.
Klimt lui-même eut une influence relativement limitée sur la peinture française. On raconte que Rodin, à la suite de sa visite à Vienne en 1902, s’exprima très positivement sur la Beethovenfries de Klimt. De même, le couturier le plus célèbre du monde à l’époque, Paul Poiret, exprima son enthousiasme lors d’un séjour à Vienne en novembre 1911, après avoir vu des peintures de Klimt à l’exposition internationale d’art à Rome. Et ce sont les œuvres de Klimt qui intégraient des feuilles de métal qui ont été, pour les artistes des arts décoratifs, une véritable inspiration.
La première grande exposition consacrée à l’œuvre de Klimt en France eut lieu en 1937 avec onze tableaux et dix-neuf dessins dans le cadre de « l’Exposition d’Art Autrichien » au Musée du Jeu de Paume à Paris. Par la suite, les très grandes expositions consacrées à l’Art à Vienne aux environs de 1900, qui ont eu lieu à Paris en 1986 et 2005/2006, contribuèrent par la présentation d’un nombre non négligeable d’œuvres de Klimt à la popularité actuelle de l’artiste. Cependant, il n’y a jamais eu en France d’exposition consacrée uniquement à Klimt.
Références et liens externes
- ↑ https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Ernst_Klimt_der_%C3%84ltere
- ↑ https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Kunstgewerbeschule
- ↑ https://www.klimt-database.com/de/netzwerk-wien-1900/foerdererinnen/ferdinand-laufberger/
- ↑ https://www.klimt-database.com/de/netzwerk-wien-1900/foerdererinnen/julius-victor-berger/
- ↑ https://www.biographien.ac.at/oebl/oebl_K/Klimt_Ernst_1864_1892.xml
- ↑ https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Franz_Matsch
- ↑ https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Hans_Makart
- ↑ https://cths.fr/an/savant.php?id=105710
- ↑ https://austria-forum.org/af/AustriaWiki/Alfred_Sisley
- ↑ https://austria-forum.org/af/AustriaWiki/%C3%89douard_Manet
- ↑ https://cths.fr/an/savant.php?id=101870
- ↑ https://academieroyale.be/fr/who-who-detail/relations/henri-jean-guillaume-martin
- ↑ https://www.paul-signac.org/
- ↑ https://data.bnf.fr/ark:/12148/cb119245567
- ↑ Voir les cartes postales numérisées dans la base de données Gustav Klimt :
https://gkdb.link/9369-4069
https://gkdb.link/3651-9154
https://gkdb.link/5553-5028
https://gkdb.link/3453-8211
https://gkdb.link/6180-8292 - ↑ https://gkdb.link/5268-9302
- ↑ https://gkdb.link/5268-9302
https://gkdb.link/1428-9710
https://gkdb.link/3434-1017
https://gkdb.link/3631-0299
Bibliographie
- Hollein, Max et Natter, Tobias G. (dir.) : Klimt & Rodin. An Artistic Encounter (Ausst. Kat., Fine Arts Museums of San Francisco). Munich/Londres/New York : DelMonico/Prestel 2017.
- Husslein-Arco, Agnes (dir.) : Wien – Paris. Van Gogh, Cézanne und Österreichs Moderne 1880–1960 (Ausst.-Kat. Belvedere, Wien). Vienne : Belvedere 2007.
- Koja, Stephan et Husslein-Arco, Agnes (dir.) : Rodin und Wien (Ausst.-Kat., Belvedere, Wien). Vienne : Hirmer 2010.
- Koja, Stephan et Husslein-Arco, Agnes (dir.) : Im Lichte Monets. Österreichische Künstler und das Werk des großen Impressionisten (Ausst.-Kat., Belvedere, Wien). Munich : Hirmer 2014.
- Rollig, Stella, Fellinger, Markus, Gordenker, Emilie S. et Becker, Edwin (dir.) : Klimt. Inspired by Van Gogh, Rodin, Matisse (Ausst.-Kat. Van Gogh Museum, Amsterdam; Belvedere, Wien). Munich : Hirmer 2022.
Auteur
Markus Fellinger
Traduction française : Martine Baspeyras
Mise en ligne : 23/09/2026
