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==Bibliographie==
==Bibliographie==
===Sources===
===Sources===
*Im Trott. Gedichte. Wien: Europäischer Verlag 1933.
*Im Trott. Gedichte. Wien : Europäischer Verlag 1933.
*Zeitstrophen. Neue Gedichte. Wien: Europäischer Verlag 1934.
*Zeitstrophen. Neue Gedichte. Wien : Europäischer Verlag 1934.
*Die Linie. Neue Gedichte. Wien: Selbstverlag 1937.
*Die Linie. Neue Gedichte. Wien : Selbstverlag 1937.
*Gedichte von Adolf Unger 194-42. Basel: Max Unger o.J.
*Gedichte von Adolf Unger 1941–42. Hg. von Max Unger, Basel : Selbstverlag (s. d.).
*Kaiser, Konstantin et al. (dir.) : In welcher Sprache träumen Sie? Österreichische Exillyrik. Anthologie. Wien: Verlag der Theodor Kramer Gesellschaft 2007.
*Poèmes. Par Adolf Unger, 1941–1942. Traduit par Helga et Pierre Fischel. Wien : Dokumentationsarchiv des österreichischen Widerstandes (12836–13) (s. d.).
*Kaiser, Konstantin et al. (dir.) : In welcher Sprache träumen Sie? Österreichische Exillyrik. Anthologie. Wien : Verlag der Theodor Kramer Gesellschaft 2007.


===Littérature critique===
===Littérature critique===
*Bolbecher, Siglinde et Kaiser, Konstantin : Lexikon der österreichischen Exilliteratur. Vienne, München: Deuticke 2000.  
*Bolbecher, Siglinde et Kaiser, Konstantin : Lexikon der österreichischen Exilliteratur. Vienne, München: Deuticke 2000.  
*Czeike, Felix : Historisches Lexikon Wien. Wien: Kremayr & Scheriau 1992.
*Czeike, Felix : Historisches Lexikon Wien. Wien: Kremayr & Scheriau 1992.
*Dokumentationsarchiv des österreichischen Widerstandes: Österreicher im Exil: Belgien 1938-1945. Eine Dokumentation. Dir. par Ulrich Weinzierl. Wien: Österreichischer Bundesverlag 1987.
*Dokumentationsarchiv des österreichischen Widerstandes: Österreicher im Exil: Belgien 1938–1945. Eine Dokumentation. Dir. par Ulrich Weinzierl. Wien: Österreichischer Bundesverlag 1987.
*Exenberger, Herbert : Adolf Unger (1904-1942), ein jüdischer Arbeiterschriftsteller aus Wien. In : Jahrbuch des Vereins für Geschichte der Arbeiterbewegung, 1. Wien : Verein für Geschichte der Arbeiterbewegung (1985), p. 54–65.
*Exenberger, Herbert : Adolf Unger (1904–1942), ein jüdischer Arbeiterschriftsteller aus Wien. In : Jahrbuch des Vereins für Geschichte der Arbeiterbewegung, 1. Wien : Verein für Geschichte der Arbeiterbewegung (1985), p. 54–65.
*Exenberger, Herbert : Eine Gedenktafel für Adolf Unger. In : Ziehharmonika. Literatur – Widerstand – Exil 13, 4. Wien : Theodor Kramer Gesellschaft, 1996, p. 3–4.<br>https://tkg.nainuwa.com/node/114?fulltext-query=&preview=5213%2F1%2Fsimple%2F0</br>
*Exenberger, Herbert : Eine Gedenktafel für Adolf Unger. In : Ziehharmonika. Literatur – Widerstand – Exil 13, 4. Wien : Theodor Kramer Gesellschaft, 1996, p. 3–4.<br>https://tkg.nainuwa.com/node/114?fulltext-query=&preview=5213%2F1%2Fsimple%2F0</br>
*Exenberger, Herbert (dir.) : Als stünd’ die Welt in Flammen. Eine Anthologie ermordeter sozialistischer SchriftstellerInnen. Wien: Mandelbaum Verlag 2000.
*Exenberger, Herbert (dir.) : Als stünd’ die Welt in Flammen. Eine Anthologie ermordeter sozialistischer SchriftstellerInnen. Wien: Mandelbaum Verlag 2000.

Dernière version du 16 février 2026 à 11:13

Surtout connu comme « auteur prolétarien » (Arbeiterschriftsteller), Adolf Unger (Vienne, 11 juin 1904 – Auschwitz, 13 septembre 1942) a également produit une part importante de son œuvre poétique dans les camps d’internement de Rivesaltes et Gurs où il fut envoyé en raison de sa judéité en 1938 et avant sa déportation vers Auschwitz où il trouva la mort.

Biographie

Né à Vienne le 11 juin 1904 dans le quartier de la Leopoldstadt, c’est pourtant à Sieniawa en Galicie qu’Adolf Unger grandit jusqu’à l’âge de 10 ans, avec ses deux frères aînés (Max et Bernhard), son père cordonnier, Samuel Unger (né en 1872), et sa mère Mindel Kress (née en 1871). Le début de la Première Guerre mondiale contraint la famille Unger à s’installer à Vienne où Adolf poursuit une scolarité difficile, avant de commencer, au sortir de la guerre, une formation de cordonnier qu’il achèvera trois ans plus tard. S’ensuivent alors, dans le contexte économique de l’inflation grandissante, quatre ans et demi de chômage pendant lesquels il vit d’expédients, travaillant aussi bien comme commis commercial que comme colporteur de journaux. C’est à cette période qu’il commence à suivre des cours à l’université populaire du deuxième arrondissement de Vienne où il découvre l’écriture poétique, qui devient très vite une source de consolation salutaire autant qu’une obsession. À l’issue de ces quatre années de chômage, il décide de partir en Italie où il travaille aussi bien comme journalier que comme docker à Trieste[1].

Son retour à Vienne en 1929 marque un tournant dans sa vie personnelle et artistique. Le 2 avril 1930, il épouse Sobel Leifer avec qui il a une fille (Hanna) cinq ans plus tard. Adolf Unger s’intègre progressivement aux cercles littéraires viennois, notamment grâce à la rencontre d’Ernst Schönwiese[2]. Il participe activement au Literarisches Zentrum Zirkusgasse, se fait connaître par des lectures publiques et bénéficie d’une reconnaissance croissante qui aboutit à la publication de son premier recueil, Im Trott, en 1933, couronné par le prix Julius-Reich. Parallèlement, il s’engage dans les réseaux littéraires sociaux-démocrates, fonde la revue à visée satirique Da stimmt was nicht et publie ses poèmes dans la presse ouvrière (« Bettlerhand » dans l’Arbeiterzeitung, « Trommellied » dans le Sozialistische akademische Zeitung ou bien encore « Nußaufschläger » dans Die Brücke de Jean Améry). Après la dissolution de la Vereinigung sozialistischer Schriftsteller en 1934, il rejoint la Vereinigung Junge Kunst la même année puis, deux ans plus tard, l’Österreichischer Arbeiter-Schriftstellerverband.

Exil en Belgique

La situation pour les Juifs, les communistes et les socialistes étant devenue très précaire tout de suite après l’annexion, Adolf Unger quitte l’Autriche en mars 1938. Alors que son frère Max se réfugie en Suisse et que ses parents accompagnés de son deuxième frère Bernhard partent en Palestine, il décide pour sa part de fuir avec sa femme et sa fille en Belgique et s’installe à Bruxelles. À son arrivée en Belgique en mars 1939 – ils passent la frontière le 27 février –, Adolf Unger bénéficie également du soutien du Comité Juif. Il rentre très rapidement en contact avec les milieux artistiques, comme en témoigne sa participation aux événements culturels organisés par le Cercle Culturel Autrichien, dont le spectacle de revue In Ewigkeit Amen auquel il prit part le 29 mars 1939 à Bruxelles, en compagnie de la chanteuse Paula Beck, du chanteur Karl Weissenstein et du chef d’orchestre du Wiener Volksoper, Fritz Brunner.

Déportation et mort

Cet exil belge fut cependant de courte durée. Adolf Unger et sa famille sont arrêtés le 10 mai 1940, le jour de l’invasion de la Belgique par l’Allemagne. Ils sont envoyés en France un an plus tard où la famille est séparée avant d’être réunie, pour quelques jours seulement, dans le camp de Rivesaltes. Hannah est ensuite envoyée dans un camp d’internement pour enfants, tandis que ses parents rejoignent Drancy pour être déportés, dès le lendemain, à Auschwitz-Birkenau où ils trouvent la mort à leur arrivée. Leur fille survécut et s’exila en Palestine après la guerre. Ses frères, sa fille et différentes associations de préservation de la mémoire s’efforcent de maintenir vivant le souvenir de cet auteur. Depuis le 21 octobre 1969, une rue du dixième arrondissement de Vienne porte son nom (Adolf Unger-Gasse)[3]. Le 9 mars 1997, une plaque commémorative fut inaugurée, sous l’impulsion de la Theodor Kramer Gesellschaft[4] et en présence de sa fille et de ses nièces, au numéro 4 de la Springergasse, l’immeuble natal du poète[5].

Œuvre

Malgré l’internement, Adolf Unger trouva les ressources matérielles, physiques et intellectuelles pour continuer à écrire et à correspondre avec ses proches à qui il envoie quelques-uns de ses poèmes. Juste avant de partir pour Drancy, il parvient à transmettre à son frère Max, du train en marche, une lettre accompagnée de son dernier poème : « Gurs ». Après la guerre, celui-ci envoie en 1945 les poèmes « Gurs » et « Zorniges Lied » à la revue Lettres installée à Genève, puis il rassemble les poèmes qu’Adolf lui a fait parvenir entre 1940 et 1942 et les publie, avec l’aide de son autre frère, en autoédition en Suisse. Ce sont là les seuls témoignages littéraires d’Adolf Unger en France. Fidèle à ses engagements poétiques, il y décrit la réalité brute et sans fard de cette réalité concentrationnaire. Plutôt que de pleurer la perte (des êtres chers, du pays natal) et de dire la douleur de l’adieu, il s’emploie à décrire avec authenticité les conditions de vie dans les camps d’internement, décrivant longuement les corps (« Gurs », « Gefangene Frauen »), en même temps que le voyage dans le train (« Kurzer Urlaub »).

Adolf Unger reste en cela fidèle à sa poésie qui s’est toujours attachée, même dans ses textes plus politiques, aux détails matériels et corporels qui constituent la réalité de ces vies réduites au plus élémentaire.

Références et liens externes

  1. Adolf Unger revient sur cette partie de sa vie dans l’article « Vier Dichter der Gegenwart » publié dans le Neues Wiener Tagblatt le 31 décembre 1933 à l’occasion du prix littéraire Julius-Reich.
    https://anno.onb.ac.at/cgi-content/anno?aid=nwg&datum=19331231&seite=8&zoom=33
  2. https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Ernst_Sch%C3%B6nwiese
  3. https://cityabc.at/index.php/Adolf-Unger-Gasse
  4. https://theodorkramer.at
  5. http://www.viennatouristguide.at/Gedenktafeln/pers/U/unger_2.htm

Bibliographie

Sources

  • Im Trott. Gedichte. Wien : Europäischer Verlag 1933.
  • Zeitstrophen. Neue Gedichte. Wien : Europäischer Verlag 1934.
  • Die Linie. Neue Gedichte. Wien : Selbstverlag 1937.
  • Gedichte von Adolf Unger 1941–42. Hg. von Max Unger, Basel : Selbstverlag (s. d.).
  • Poèmes. Par Adolf Unger, 1941–1942. Traduit par Helga et Pierre Fischel. Wien : Dokumentationsarchiv des österreichischen Widerstandes (12836–13) (s. d.).
  • Kaiser, Konstantin et al. (dir.) : In welcher Sprache träumen Sie? Österreichische Exillyrik. Anthologie. Wien : Verlag der Theodor Kramer Gesellschaft 2007.

Littérature critique

  • Bolbecher, Siglinde et Kaiser, Konstantin : Lexikon der österreichischen Exilliteratur. Vienne, München: Deuticke 2000.
  • Czeike, Felix : Historisches Lexikon Wien. Wien: Kremayr & Scheriau 1992.
  • Dokumentationsarchiv des österreichischen Widerstandes: Österreicher im Exil: Belgien 1938–1945. Eine Dokumentation. Dir. par Ulrich Weinzierl. Wien: Österreichischer Bundesverlag 1987.
  • Exenberger, Herbert : Adolf Unger (1904–1942), ein jüdischer Arbeiterschriftsteller aus Wien. In : Jahrbuch des Vereins für Geschichte der Arbeiterbewegung, 1. Wien : Verein für Geschichte der Arbeiterbewegung (1985), p. 54–65.
  • Exenberger, Herbert : Eine Gedenktafel für Adolf Unger. In : Ziehharmonika. Literatur – Widerstand – Exil 13, 4. Wien : Theodor Kramer Gesellschaft, 1996, p. 3–4.
    https://tkg.nainuwa.com/node/114?fulltext-query=&preview=5213%2F1%2Fsimple%2F0
  • Exenberger, Herbert (dir.) : Als stünd’ die Welt in Flammen. Eine Anthologie ermordeter sozialistischer SchriftstellerInnen. Wien: Mandelbaum Verlag 2000.

Sources en ligne

Auteur

Gauthier Labarthe

Mise en ligne : 09/02/2026