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		<title>Friedensreich Hundertwasser</title>
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		<updated>2026-06-11T12:08:54Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Hannah : /* Biographie */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[File:HundertwasserFachetti.jpeg||thumb|Hundertwasser avant l’ouverture de son exposition au Studio Facchetti, Paris, 1954 (Photo d’Augustin Dumage) © 2024 Hundertwasser Archiv, Wien]]&lt;br /&gt;
L’œuvre de Friedensreich Hundertwasser Regentag Dunkelbunt (15 décembre 1928 à Vienne, † mort le 19 février 2000 à bord du &#039;&#039;Queen Elizabeth 2&#039;&#039;), nom d’artiste de Friedrich Stowasser, est multiforme. Artiste emblématique de l’Autriche du XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, peintre au style unique fondé sur les couleurs vibrantes et la spirale, il milite pour la protection de la nature et la défense de l’environnement. Développant des concepts visionnaires, il les met en œuvre dans son architecture humaniste. Ses nombreux écrits (poésie, prose, écrits théoriques, pamphlets, manifestes, etc.) accompagnent ses réalisations. Sa dynamique créative s’enracine dans ses liens avec des artistes et avant-gardistes français, ainsi que dans ses séjours réguliers en France, notamment dans sa fermette de la Picaudière, près de Nogent-le-Rotrou (Perche).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Biographie==&lt;br /&gt;
[[File:HundertwasserDumage.png|left|thumb|Hundertwasser avec ses œuvres avant l’ouverture de son exposition au Studio Facchetti, Paris, 1954 (Photo d’Augustin Dumage) © 2024 Hundertwasser Archiv, Wien]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1948, étudiant aux Beaux-Arts de Vienne, Hundertwasser déclare à son condisciple Ernst Fuchs&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Ernst_Fuchs_(Maler)&amp;lt;/ref&amp;gt; (1930-2015) : « [...] Oui, oui, il faut absolument que nous allions à Paris, tu sais, là-bas, on nous comprendra&amp;lt;ref&amp;gt;Koschatzky et al., 1974, 23-24&amp;lt;/ref&amp;gt; ». Interrompant sa formation, il entreprend un voyage en Italie, fondateur à plus d’un titre, car au-delà̀ des découvertes artistiques se produit en 1949 une rencontre cruciale : « Je n’étais qu’un petit Autrichien insignifiant lorsque je rencontrai Brô, Micheline et Bernard en Toscane&amp;lt;ref&amp;gt;Hundertwasser 1996&amp;lt;/ref&amp;gt; ». L’artiste observe qu’ils « étaient absolument différents de tous les autres mortels […] ». Leur apparence « n’avait en soi rien du pittoresque bohème, mais avait le sérieux du pionnier d’un monde meilleur, infiniment plus beau et plus juste&amp;lt;ref&amp;gt;Fürst 2002, 165&amp;lt;/ref&amp;gt; ». Une amitié très forte lie aussitôt Hundertwasser et René Brault, dit Brô&amp;lt;ref&amp;gt;https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb13194189f&amp;lt;/ref&amp;gt; (1930-1986). Ce peintre français à la « richesse d’imagination performante, vestimentaire, picturale, philosophique et littéraire, et [aux] performances humaines&amp;lt;ref&amp;gt;ibid.&amp;lt;/ref&amp;gt; » exerce une influence considérable sur la philosophie de vie de Hundertwasser. Cela se manifeste notamment dans l’économie des matériaux utilisés et sa revendication d’un mode de vie précaire. Cette influence s’étend également à son art : « Car à ce moment, ma vie a vraiment commencé́. Je leur dois ma naissance comme peintre&amp;lt;ref&amp;gt;Hundertwasser 1996&amp;lt;/ref&amp;gt; ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hundertwasser opte alors pour son nom d’artiste et suit son nouvel ami à Paris. Pendant sept ans, la famille Dumage, amie de Brô, héberge gratuitement Hundertwasser dans sa propriété à Saint-Mandé-sur-Seine. Sous l’influence des fresques admirées en Toscane, les deux amis y réalisent ensemble deux grandes peintures murales. En 1955, Hundertwasser y produit son œuvre emblématique &#039;&#039;Le grand chemin – Der große Weg&#039;&#039; (Österreichische Galerie, [[Belvedere]], Vienne). Il travaille également dans l’atelier de Brô, impasse des Sureaux, à Saint-Maurice. Afin de rejoindre les galeries de peinture, Hundertwasser emprunte une bicyclette aux Dumage : « J’aime les bicyclettes, parce qu’à Paris, durant quatre ans, j’ai circulé partout en vélo&amp;lt;ref&amp;gt;Hundertwasser 1983, 103&amp;lt;/ref&amp;gt; ». Ce moyen de transport va nourrir sa réflexion esthético-philosophique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À cette période, Hundertwasser crée une véritable sensation dans les avant-gardes de Saint-Germain-des-Prés et remporte un succès incontestable dans les grandes galeries. Pour le catalogue de son exposition au Studio Facchetti&amp;lt;ref&amp;gt;https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb12493448t&amp;lt;/ref&amp;gt; (1954), filant la métaphore de la bicyclette, il rédige un manifeste dont la thématique peut être considérée comme la pierre angulaire de son œuvre : La ligne droite mène à l’effondrement&amp;lt;ref&amp;gt;Hundertwasser 1983, 64-65&amp;lt;/ref&amp;gt;. En 1954, avec Brô et Yves Klein&amp;lt;ref&amp;gt;https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb120471634&amp;lt;/ref&amp;gt; (1928-1962), il fait la connaissance de Pierre Restany&amp;lt;ref&amp;gt;https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb11921608x&amp;lt;/ref&amp;gt; (1930-2003), critique et théoricien du « Nouveau Réalisme ». En 1957, celui-ci dirige son catalogue d’exposition à la Galerie Kamer, avant de publier plus tard plusieurs ouvrages de référence sur Hundertwasser. Les relations de l’artiste avec son « cher Restany&amp;lt;ref&amp;gt;Lettre de Hundertwasser à Pierre Restany, 1990&amp;lt;/ref&amp;gt; » perdurent au-delà des années 1990.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Picaudiere1.jpeg||thumb|La Picaudière © Photographie de Marie-Hélène Hérault Bibault, 31 juillet 2012]]&lt;br /&gt;
[[File:Picaudiere2.jpeg||thumb|La Picaudière © Photographie de Marie-Hélène Hérault Bibault, 31 juillet 2012]]&lt;br /&gt;
Au printemps 1957, enrichi de ses premiers succès, notamment à la Galerie Kamer, Hundertwasser achète avec Brô La Picaudière, située à Saint-Jean-de-la-Forêt (Orne). Il est bientôt l’unique propriétaire de cette fermette en pierres isolée et sans confort que, selon ses convictions, il ne rénove pas. Ne s’en séparant jamais, il y revient régulièrement, puisqu’elle entre en résonance avec sa philosophie de vie : « Après des années, j’ai à nouveau passé plusieurs mois à La Picaudière, dans les murs épais de la vieille ferme, près du poêle à bois et de la cheminée. Un chemin creux au milieu des marronniers, des chênes et des charmes mène de chez mon voisin Goudet à la maison. En traversant les champs on peut aller jusqu’au village de Saint-Jean-de-la-Forêt chercher du lait frais, aujourd’hui encore dans un pot à lait. C’est une France comme il n’y en a peut-être plus ailleurs&amp;lt;ref&amp;gt;Pessey-Lux 2001, 5&amp;lt;/ref&amp;gt; ». La Picaudière est intimement liée à sa créativité : Hundertwasser y peint 114 œuvres, y met en forme des manifestes et actions pour la défense de l’environnement. Il y teste, si ce n’est les « arbres-locataires », du moins les toits végétalisés. En son absence, ses voisins Goudet, sa « famille française », veillent sur les 10 000 arbres qu’il y a plantés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1957 encore, Yves Klein et Hundertwasser rédigent ensemble le manifeste &#039;&#039;Contre le style&#039;&#039;. Ils mènent simultanément des recherches de coloristes. Yves Klein découvre en 1960 son fameux &#039;&#039;International Klein Blue (IKB)&#039;&#039; en travaillant avec Brô et Hundertwasser. Ce dernier est l’élément moteur car il lui a transmis les leçons de son « livre de chevet », &#039;&#039;Le matériel de peinture et son utilisation en image&#039;&#039; du peintre allemand Max Doerner&amp;lt;ref&amp;gt;https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb12396741s&amp;lt;/ref&amp;gt; (1870-1939)&amp;lt;ref&amp;gt;Biographie de Brô [s.d.]&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ainsi, les artistes se livrent au broyage des pigments purs qu’ils achètent dans la boutique d&#039;un droguiste industriel, Carbonel, situé en face de Notre-Dame&amp;lt;ref&amp;gt;Fleck 2005, 53, 76, 99&amp;lt;/ref&amp;gt;. Les principaux écrivains de la &#039;&#039;Beat Generation&#039;&#039; s’installent bientôt à Paris et en 1958, avec le poète, écrivain et peintre Henri Michaux&amp;lt;ref&amp;gt; https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb119159582&amp;lt;/ref&amp;gt; (1899-1984), ils débattent des effets de la mescaline sur le psychisme. Parallèlement, des neuropsychiatres de l’hôpital Sainte-Anne cherchent à approfondir les processus de création en expérimentant sur des peintres la psilocybine, nouvelle substance thérapeutique. Hundertwasser n’est pas officiellement convié, mais Alain Jouffroy&amp;lt;ref&amp;gt;https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb119090706&amp;lt;/ref&amp;gt; (1928-2015), poète et écrivain de l’avant-garde, lui propose de peindre sous l’influence du produit. L’expérience doit se dérouler dans l’hôpital où le psychiatre, réalisateur et scénariste Enrico Fulchignoni&amp;lt;ref&amp;gt;https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb119037235&amp;lt;/ref&amp;gt; (1913-1988) tourne en 1950 &#039;&#039;Images de la folie&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.canal-u.tv/chaines/cerimes/images-de-la-folie&amp;lt;/ref&amp;gt;. Fin 1952, à l’Université de Vienne, l’artiste connaît l’épiphanie de la spirale en voyant ce documentaire qui le renvoie à lui-même, à l’univers. C’est sans doute la raison pour laquelle il se prête au jeu : « Il organiserait ensuite une exposition avec les tableaux de peintres célèbres, qui seraient élaborés sous l’influence de cette drogue nouvelle, entre autres Michaux, Picasso et moi. J’acceptais, car cela devait avoir lieu sous contrôle médical, et il m’emmena tout de suite à l’Hôpital Sainte Anne (là où Fulchignoni avait tourné le film de la spirale, qui m’a tant influencé).&amp;lt;ref&amp;gt;Fürst, 2002, 371&amp;lt;/ref&amp;gt; ». L’artiste crée deux aquarelles durant cette expérimentation qui lui laisse un mauvais souvenir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1960, le plasticien et écrivain Jean-Jacques Lebel&amp;lt;ref&amp;gt;https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb119118564&amp;lt;/ref&amp;gt; (1936-) et Jouffroy, dans le cadre de l’&#039;&#039;Antiprocès&#039;&#039;, invitent Hundertwasser à manifester contre la guerre d’Algérie et la torture. À la galerie des Quatre Saisons, parmi une cinquantaine de peintres et d’écrivains, l’artiste se livre à un &#039;&#039;happening&#039;&#039; où il expose ses théories tout en distribuant sa célèbre &#039;&#039;soupe aux orties&#039;&#039;. Georges Pompidou&amp;lt;ref&amp;gt;https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb11920221s&amp;lt;/ref&amp;gt; (1911-1974), grand amateur d’art contemporain, s’intéresse à son travail : « Raymond Cordier, mon marchand parisien, avait vendu deux tableaux à Georges Pompidou, avant qu’il ne soit Premier ministre. […] Avec la somme de la revente d’une œuvre, [les Pompidou achètent] un domaine à la campagne dans le département du Lot, où je fus invité.&amp;lt;ref&amp;gt;Fürst 2002, 420&amp;lt;/ref&amp;gt; ». Pompidou le reçoit plus tard « au Palais présidentiel, [où] à la présence des œuvres d’art s’ajoutaient celles des artistes comme Hundertwasser qui, avec ses allures très ‘artiste écologique’ effrayait un peu les huissiers de l’Élysée.&amp;lt;ref&amp;gt;Autour d’une collection 1994, 25&amp;lt;/ref&amp;gt; ». S’il entreprend ensuite de nombreux voyages autour du monde, c’est sur l’île de Porquerolles que Hundertwasser passe l’été 1980 à peindre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Révélé à lui-même par un peintre français, Hundertwasser se réjouit de voir son art reconnu sur la scène artistique parisienne. Son attachement à la France se manifeste dans ses retours réguliers et dans ses amitiés fidèles. Il se traduit encore par sa maîtrise du français : textes, titres d’œuvres, entretiens. L’intérêt est réciproque : en 1975, le Musée d’art moderne de la Ville de Paris est la première étape de son exposition itinérante mondiale &#039;&#039;L’Autriche présente Hundertwasser aux continents&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Références et liens externes==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Bibliographie==&lt;br /&gt;
===Littérature primaire===&lt;br /&gt;
*Fürst, Andrea Christa : &#039;&#039;Hundertwasser - Werkverzeichnis - Catalogue Raisonné&#039;&#039;, Vol. II, Cologne, Londres, Madrid, New York, Paris, Tokyo : Taschen Verlag 2002.&lt;br /&gt;
*Hundertwasser, Brô, 1996, consulté le 11/03/2018. Disponible sur http://hundertwasser.com/de/haeute/identitaet/55-kuenstler-freunde-und-weggefaehrten/128-bro&lt;br /&gt;
*Hundertwasser, Friedensreich : &#039;&#039;Hundertwasser - Schöne Wege. Gedanken über Kunst und Leben, 35 Tage Schweden&#039;&#039; (1964), Walter Schurian (dir.), Munich : dtv-kunst 1983.&lt;br /&gt;
*Lettre de Hundertwasser à Pierre Restany au sujet de l’exposition de Séoul, 1990, Archives de la critique d’art (ACA, Rennes), Fonds RESTANY XVII-2.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Littérature secondaire===&lt;br /&gt;
*«  Autour d’une collection » - Le Président et Madame Georges Pompidou - à l’occasion de la commémoration du XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; anniversaire de la mort du Président Georges Pompidou, Maison des arts Georges Pompidou, Cajarc/Lot, juillet-août 1994.&lt;br /&gt;
*Biographie de Brô, [s.d.], consulté le 10/06/2024, disponible sur http://bro.chez-alice.fr/Biographie.htm.&lt;br /&gt;
*Fleck, Robert : Hundertwassers malerische Aktualität. In : Ingeborg Flagge (dir.) : &#039;&#039;Friedensreich Hundertwasser : ein Sonntagsarchitekt : gebaute Träume und Sehnsüchte&#039;&#039;. Frankfurt am Main : Die Galerie, Deutsches Architekturmuseum 2005, p. 98-99.&lt;br /&gt;
*Koschatzky, Walter, Fuchs, Ernst, Brauer, Erich : &#039;&#039;Friedrich Stowasser&#039;&#039;, 1943-1949. Wien, Stuttgart, Albertina : Cicero 1974.&lt;br /&gt;
*Pessey-Lux, Audrey : Hommage à Hundertwasser 1928-2000, Joram Harel (dir.). Alençon : Éditions du Musée des beaux-arts et de la dentelle d’Alençon 2001.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Auteur==&lt;br /&gt;
Marie-Hélène Hérault Bibault &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mise en ligne : 18/06/2024&lt;br /&gt;
{{otherWiki|Friedensreich_Hundertwasser}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Hannah</name></author>
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		<id>https://decaf-fr.literaturtirol.at/index.php?title=Marlen_Haushofer&amp;diff=1391</id>
		<title>Marlen Haushofer</title>
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		<updated>2026-06-10T11:13:16Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Hannah : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Maria Helene Frauendorfer est née le 11 avril 1920 à Frauenstein, en Haute-Autriche, dans une famille catholique. Son père étant garde forestier, Marlen Haushofer passe son enfance au sein de la nature, avant son entrée à l’internat des Ursulines à Linz en 1930, qui marque une rupture difficile à surmonter pour l’enfant. L’éducation catholique très stricte qu’elle y reçoit la conduit à prendre ses distances vis-à-vis du catholicisme à l’âge adulte. En 1933, Haushofer contracte la tuberculose, elle quitte l’école pendant un an et reste sa vie durant de santé fragile. Après l’&#039;&#039;Anschluss&#039;&#039;, Haushofer est envoyée en Prusse orientale dans le cadre du « service du travail du &#039;&#039;Reich&#039;&#039; » (&#039;&#039;Reichsarbeitsdienst RAD&#039;&#039;). En 1940, elle revient en Autriche et commence des études de germanistique et d’histoire de l’art à Vienne, qu’elle interrompt cependant à la naissance de son premier enfant, dont le père est un jeune homme qu’elle a rencontré lors de son affectation en Prusse orientale. Mère célibataire, elle épouse le dentiste Manfred Haushofer, avec lequel elle a un fils en 1943. Le couple s’installe à Steyr en Haute-Autriche en 1947. Haushofer remplit alors la fonction de femme au foyer, dévolue à la plupart des femmes en Autriche dans les années 1950 et 1960, tout en assistant bénévolement au cabinet dentaire son mari, d’avec lequel elle divorce en 1950, avant de l’épouser à nouveau en 1958. C’est pendant les quelques heures de temps libre qu’elle a principalement le soir qu’elle se consacre à l’écriture. Sa première publication est un récit, &#039;&#039;Die blutigen Tränen&#039;&#039; (&#039;&#039;Les larmes de sang&#039;&#039;), paru dans le &#039;&#039;Linzer Volksblatt&#039;&#039; en 1946. En 1952 est édité son premier récit de grande envergure : &#039;&#039;Das fünfte Jahr&#039;&#039; (&#039;&#039;La cinquième année&#039;&#039;). Elle entre en contact avec deux figures importantes de la scène littéraire viennoise de l’époque, Hermann Hakel&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.onb.ac.at/sammlungen/literaturarchiv/bestaende/personen/hakel-hermann-1911-1987&amp;lt;/ref&amp;gt; et surtout Hans Weigel&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Hans_Weigel&amp;lt;/ref&amp;gt;, même si elle ne fera jamais partie de ce milieu. Entre 1954 et 1962, Haushofer publie de nombreux récits et romans, notamment &#039;&#039;Eine Handvoll Leben&#039;&#039; (&#039;&#039;Une poignée de vies&#039;&#039;), &#039;&#039;Die Tapetentür&#039;&#039; (&#039;&#039;La porte dérobée&#039;&#039;) et &#039;&#039;Wir töten Stella&#039;&#039; (&#039;&#039;Nous avons tué Stella&#039;&#039;), ainsi que des pièces radiophoniques. En 1963 paraît son roman le plus connu, &#039;&#039;Die Wand&#039;&#039; (&#039;&#039;Le Mur invisible&#039;&#039;), et en 1969 son dernier roman, &#039;&#039;Die Mansarde&#039;&#039; (&#039;&#039;Dans la mansarde&#039;&#039;). Marlen Haushofer meurt d’un cancer des os en 1970. Ses livres pour enfants (&#039;&#039;Müssen Tiere draußen bleiben&#039;&#039;, &#039;&#039;Bartls Abenteuer&#039;&#039;, &#039;&#039;Brav sein ist schwer…&#039;&#039;), dont certains paraissent à titre posthume, sont devenus des classiques de la littérature de jeunesse en Autriche. Après sa mort, son œuvre tombe dans l’oubli avant d’être redécouverte dans les années 1980 par les mouvements féministes. C’est d’ailleurs la question de la place de la femme dans la société qui apparaît comme un opérateur important de l’influence de la littérature française sur l’œuvre de l’écrivaine autrichienne. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Marlen Haushofer et la littérature française==&lt;br /&gt;
L’œuvre de Marlen Haushofer est traversée par des rapports difficiles entre homme et femme et par la dénonciation de la société patriarcale. Si les thèses de Simone de Beauvoir&amp;lt;ref&amp;gt;https://maitron.fr/spip.php?article16053&amp;lt;/ref&amp;gt; ne sont pas sa seule source d’inspiration (on pense également aux travaux de [[Rosa Mayreder]] comme autre source importante), la biographe de Haushofer, Daniela Strigl&amp;lt;ref&amp;gt;https://explore.gnd.network/gnd/121902811&amp;lt;/ref&amp;gt;, citant l’écrivain et ami de Haushofer, Oskar Jan Tauschinski&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Oskar_Jan_Tauschinski&amp;lt;/ref&amp;gt;, indique que l’autrice connaissait bien &#039;&#039;Le Deuxième Sexe&#039;&#039;, traduit en allemand sous le titre &#039;&#039;Das andere Geschlecht&#039;&#039; en 1951&amp;lt;ref&amp;gt;Strigl 2016, 193&amp;lt;/ref&amp;gt;. Comme de Beauvoir, Haushofer critique la société qui a érigé l’homme comme norme et façonné une certaine conception de la femme : mère, dépendante d’un père, conjoint, frère, pour ne pas dire soumise, cantonnée à des tâches subalternes, souvent domestiques, qui ne favorisent pas l’estime de soi. Cependant, Strigl précise aussi que le rapport de Haushofer aux écrits théoriques en général, et à l’œuvre de Simone de Beauvoir en particulier, n’est pas dogmatique. Si Haushofer critique la société dominée par les hommes, elle ne considère pas qu’un monde dominé par les femmes serait meilleur, son œuvre étant avant tout marquée par un grand pessimisme. Ainsi Haushofer se distingue-t-elle aussi de l’[[Existentialisme en Autriche|existentialisme]] de [[Albert Camus|Camus]] ou de Sartre&amp;lt;ref&amp;gt;https://expositions.bnf.fr/sartre/arret/ind_vie.htm&amp;lt;/ref&amp;gt;, qu’elle a selon Strigl vraisemblablement lu&amp;lt;ref&amp;gt;Strigl 2016, 216&amp;lt;/ref&amp;gt;. Daniela Strigl rapproche le destin des protagonistes haushoferiennes du Sisyphe de Camus, tout en soulignant que l’on ne peut imaginer celles-ci heureuses, à la différence de ce qu’écrit Camus à propos de Sisyphe&amp;lt;ref&amp;gt;Strigl 2016, 269&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dans sa biographie de l’autrice, Daniela Strigl rappelle par ailleurs que Hermann Hakel conseillait la lecture de Valéry aux jeunes écrivains&amp;lt;ref&amp;gt;Strigl 2016, 167&amp;lt;/ref&amp;gt;. Hans Weigel était aussi un connaisseur de la littérature française, notamment du théâtre de [[Molière]]. On peut imaginer que Haushofer, qui était une grande lectrice, a découvert certains écrivains de langue française sous l’impulsion de ces deux mentors, mais rien n’est prouvé. Enfin, Strigl indique que le grand-père de Marlen Haushofer aurait raconté à ses enfants des histoires de Jules Verne&amp;lt;ref&amp;gt;Strigl 2016, 59&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il est vrai que l’apparition d’un mur invisible dans le roman éponyme et la vie de la protagoniste isolée dans les montagnes ne sont pas sans évoquer certains romans d’aventures teintés de science-fiction de Verne. Le roman &#039;&#039;Die Wand&#039;&#039; est du reste le texte par lequel l’œuvre de Haushofer s’est fait connaître en France, comme dans bien d’autres pays.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==La réception de l’œuvre de Marlen Haushofer en France==&lt;br /&gt;
Marlen Haushofer fait son entrée dans le champ éditorial français en 1985 avec la traduction de &#039;&#039;Die Wand&#039;&#039; / &#039;&#039;Le Mur invisible&#039;&#039; par Liselotte Bodo et Jacqueline Chambon. Actes Sud, une maison d’édition dont le catalogue est presque entièrement fondé sur des traductions, défend véritablement l’autrice autrichienne par une politique éditoriale ambitieuse. Entre 1985 et 1992, la plupart des textes de Haushofer ont été traduits en français, par des traductrices reconnues comme Jacqueline Chambon et Liselotte Bodo ou Yasmin Hoffmann et Maryvonne Litaize. Le roman &#039;&#039;Le Mur invisible&#039;&#039; reste cependant le titre le plus connu de Haushofer : la maison d’édition évoque une présence constante du roman dans les librairies, entre 200 et 400 exemplaires sont vendus par mois depuis l’édition de poche en 1992&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.huffingtonpost.fr/culture/article/instagram-fait-remonter-le-livre-le-mur-invisible-en-tete-des-ventes-amazon_139413.html&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La réception du roman est relancée par l’adaptation filmique de Julian Roman Pölsler : le film sort en France en 2013, sans pour autant toucher un large public&amp;lt;ref&amp;gt;voir l’article du &#039;&#039;Monde&#039;&#039; https://www.lemonde.fr/culture/article/2013/03/12/le-mur-invisible-robinsonnade-a-l-autrichienne_1846701_3246.html, consulté le 12/11/2025&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant, la réception du &#039;&#039;Mur invisible&#039;&#039; va connaître un véritable essor grâce au post de Diglee (alias Maureen Wingrove), dessinatrice et blogueuse, sur Instagram qui qualifie ce roman de « coup de cœur ». Ce soutien inattendu par les réseaux sociaux déclenche une réception grand public&amp;lt;ref&amp;gt;voir l’article du Nouvel Obs https://www.nouvelobs.com/actualites/20190213.OBS0132/comment-le-mur-invisible-est-devenu-la-nouvelle-bible-ecofeministe.html, consulté le 12/11/2025&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Le Mur invisible&#039;&#039; devient un véritable livre culte, notamment pendant les périodes de confinement liées au Covid. Actes Sud procède à des réimpressions du titre et publie dans la foulée une traduction inédite, &#039;&#039;Une poignée de vie&#039;&#039; (&#039;&#039;Eine Handvoll Leben&#039;&#039;), réalisée par Jacqueline Chambon.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Recherche==&lt;br /&gt;
Peu de travaux de recherche sont consacrés à l’œuvre de Haushofer avant que &#039;&#039;Die Wand&#039;&#039; et &#039;&#039;Die Mansarde&#039;&#039; ainsi que l’adaptation filmique de Pölsler ne soient au programme du concours de l’agrégation externe d’allemand en 2018. Avant cette date, citons les contributions de Patrick Charbonneau, Miguel Couffon, Régine Battiston ainsi que notre article sur l’adaptation filmique publié dans &#039;&#039;Germanica&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le cadre de la préparation au concours de l’agrégation d’allemand en 2018–2020, une journée d’étude a été organisée à la Maison Heinrich Heine de Paris, suivie par la publication d’un ouvrage collectif, dirigé par Sylvie Arlaud, Marc Lacheny, [[Jacques Lajarrige]] et Éric Leroy du Cardonnoy : &#039;&#039;Dekonstruktion der symbolischen Ordnung bei Marlen Haushofer&#039;&#039; (Berlin : Frank &amp;amp; Timme 2019). Plusieurs articles consacrés à Haushofer seront publiés par la suite&amp;lt;ref&amp;gt;Camet 2021, Kargl/Le Née à paraître in Austriaca&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 2025–2026, le texte de Haushofer fait partie du programme des concours des classes préparatoires scientifiques. Plusieurs maisons d’édition proposent des ouvrages sur le roman de Haushofer (&#039;&#039;Expériences de la nature – Prépas scientifiques 2026 Verne – Canguilhem – Haushofer&#039;&#039;, chez Garnier Flammarion et aux PUF notamment). Trois thèses sur l’œuvre de Haushofer sont actuellement en cours de préparation (Rosanna Gangemi, « La fenêtre de la Tour. Poétique et esthétique du regard chez Marlen Haushofer », sous la direction de Florence Baillet et Thierry Lenain ; Camille Thion, « Écrire pour survivre – les femmes en résistance dans l’œuvre de Marlen Haushofer », sous la direction de Régine Battiston ; Patricia Wesquet, « L’écriture fragmentaire de Marlen Haushofer, miroir de crises identitaires », sous la direction de Marc Lacheny et Cécile Chamayou-Kuhn).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De manière générale, la recherche en France sur l’œuvre de Marlen Haushofer reprend des thématiques centrales chez cette écrivaine (dimension féministe, rapport à la nature).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Références et liens externes==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Bibliographie==&lt;br /&gt;
===Œuvres de Marlen Haushofer===&lt;br /&gt;
*Das fünfte Jahr. Novelle. Vienne : Verlag Jungbrunnen 1952.&lt;br /&gt;
*Eine Handvoll Leben. Roman. Vienne : Zsolnay 1955.&lt;br /&gt;
*Die Tapetentür. Roman. Vienne : Zsolnay 1957.&lt;br /&gt;
*Wir töten Stella. Erzählung. Vienne : Bergland 1958.&lt;br /&gt;
*Die Wand. Roman. Gütersloh et Vienne : Sigbert Mohn 1963.&lt;br /&gt;
*Himmel, der nirgendwo endet. Roman. Gütersloh : Mohn 1966.&lt;br /&gt;
*Lebenslänglich. Erzählungen. Graz : Stiasny 1966.&lt;br /&gt;
*Schreckliche Treue. Erzählungen. Düsseldorf : Claassen 1968.&lt;br /&gt;
*Die Mansarde. Roman. Düsseldorf : Claassen 1969.&lt;br /&gt;
*Die Frau mit den interessanten Träumen. Erzählungen. Munich : dtv 1990.&lt;br /&gt;
*Marlen Haushofer: Die Überlebenden. Unveröffentlichte Texte aus dem Nachlaß. Aufsätze zum Werk, éd. par Christine Schmidjell. Linz : Landesverlag 1991 [comprend notamment les Hörspiele Die Überlebenden, Ein Mitternachtsspiel, Der Wassermann et le Fernsehspiel Der Knabe im Dschungel].&lt;br /&gt;
===Traductions en français===&lt;br /&gt;
*Le Mur invisible (trad. Jaqueline Chambon/Liselotte Bodo). Arles : Actes Sud 1985.&lt;br /&gt;
*Nous avons tué Stella (trad. Yasmin Hoffmann/Maryvonne Litaize). Arles : Actes Sud 1986.&lt;br /&gt;
*Dans la mansarde (trad. Miguel Couffon). Arles : Actes Sud 1987.&lt;br /&gt;
*La porte dérobée (trad. Jaqueline Chambon/Liselotte Bodo). Arles : Actes Sud 1988.&lt;br /&gt;
*Sous un ciel infini (trad. Miguel Couffon). Arles : Actes Sud 1989.&lt;br /&gt;
*La cinquième année (trad. Miguel Couffon). Arles : Actes Sud 1992.&lt;br /&gt;
*La nuit (trad. Miguel Couffon). Arles : Actes Sud 1994.&lt;br /&gt;
*Une poignée de vie (trad. Jacqueline Chambon). Arles : Actes Sud 2020.&lt;br /&gt;
===Adaptation cinématographique===&lt;br /&gt;
*Julian Roman Pölsler : Die Wand. Arthaus/Reclam 2012.&lt;br /&gt;
*Julian Roman Pölsler : Wir töten Stella. Epo-Film 2017.&lt;br /&gt;
===Littérature critique===&lt;br /&gt;
*Arlaud, Sylvie, Lacheny, Marc, Lajarrige, Jacques et Leroy du Cardonnoy, Éric (dir.) : Dekonstruktion der symbolischen Ordnung bei Marlen Haushofer. Berlin : Frank &amp;amp; Timme 2019.&lt;br /&gt;
*Battiston, Régine : Lectures de l’identité narrative : Max Frisch, Ingeborg Bachmann, Marlen Haushofer, W. G. Sebald. Paris : Orizons 2009. &lt;br /&gt;
*Battiston, Régine : Marlen Haushofer : écrire pour transcender sa condition de femme. In : Germanica n° 46 (2010), p. 61–72.&lt;br /&gt;
*Bosse, Anke/Ruthner, Clemens : „Eine geheime Schrift aus diesem Splitterwerk enträtseln...“ Marlen Haushofers Werk im Kontext. Tübingen/Bâle : Francke 2000.&lt;br /&gt;
*Brandtner, Andreas/Kaukoreit, Volker : Marlen Haushofer. Die Wand. Stuttgart : Reclam 2012.&lt;br /&gt;
*Camet, Sylvie : Mur invisible et visibilité des murs : la claustration féminine chez Marlen Haushofer. In : TraHs n° 9 | 2021 : Cum finis. Femmes aux confins d’elles-mêmes.&lt;br /&gt;
*Charbonneau, Patrick : Portrait de femme en céleste dragon. Les images de Marlen Haushofer dans ses récits et romans. In : Germanica n° 5 (1989), p. 55–81. &lt;br /&gt;
*Couffon, Miguel : Marlen Haushofer (1920-1970). Écrire pour ne pas perdre la raison. Paris : L’Harmattan 2010.&lt;br /&gt;
*Duden, Anne [e.a.] : „Oder war da manchmal noch etwas anderes?“. Texte zu Marlen Haushofer. Francfort-sur-le-Main : Neue Kritik 1986. &lt;br /&gt;
*Fliedl, Konstanze : Die melancholische Insel. Zum Werk Marlen Haushofers. In : Vierteljahresschrift des Adalbert-Stifter-Instituts n° 35 (1986), H 1/2, p. 35–51.&lt;br /&gt;
*Frei Gerlach, Franziska : Schrift und Geschlecht. Feministische Entwürfe und Lektüre von Marlen Haushofer, Ingeborg Bachmann und Anne Duden. Berlin : Schmidt 1998. &lt;br /&gt;
*Gürtler, Christa (dir.) : Marlen Haushofer 1920-1970. Ich möchte wissen, wo ich hingekommen bin!. Linz : Stifterhaus 2010. &lt;br /&gt;
*Kargl, Elisabeth/Le Née, Aurélie : L’adaptation filmique de Die Wand de Marlen Haushofer. In : Germanica n° 53 (2013), p. 139–162.&lt;br /&gt;
*Kargl, Elisabeth/Le Née, Aurélie : L’enfermement dans l’œuvre de Marlen Haushofer. In : Karine Cardini, Iris Chionne, Georges Letissier : Le cercle étroit, à paraître. &lt;br /&gt;
*Kargl, Elisabeth/Le Née, Aurélie : La dénonciation de la violence dans Die Wand et Die Mansarde de Marlen Haushofer. In : Austriaca, à paraître. &lt;br /&gt;
*Schmidjell, Christine : Marlen Haushofer 1920–1970. Katalog einer Ausstellung, Zirkular Sondernummer 22, Juni 1990, zugleich Vierteljahresschrift des Adalbert-Stifter-Instituts, Jg. 39, Sonderheft 1990. &lt;br /&gt;
*Schmidjell, Christine/Bosse, Anke : Marlen Haushofer 1920–1970 (zweisprachiger Katalog), o. O., o. V., 1998. &lt;br /&gt;
*Seidel, Sabine : Reduziertes Leben. Untersuchungen zum erzählerischen Werk Marlen Haushofers. Passau : Univ. de Passau, thèse de doctorat 2005.&lt;br /&gt;
*Stuhlfauth, Mara : Moderne Robinsonaden: eine gattungstypologische Untersuchung am Beispiel von Marlen Haushofers Die Wand und Thomas Glavinics Die Arbeit der Nacht. Würzburg : Ergon Verlag 2011.&lt;br /&gt;
*Strigl, Daniela : Die Natur ist ein ernster Gegenstand. Stifter. Haushofer. Bernhard. Literatur im Stifter Haus, Band 24, 2011.&lt;br /&gt;
*Strigl, Daniela : „Wahrscheinlich bin ich verrückt...“ Marlen Haushofer. Die Biographie. Berlin : Ullstein/List 2016 (12007).&lt;br /&gt;
*Venske, Regula : Mannsbilder – Männerbilder. Konstruktion und Kritik des Männlichen in zeitgenössischer deutschsprachiger Literatur von Frauen. Hildesheim/Zürich/New York : Olms 1988. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Auteures==&lt;br /&gt;
Elisabeth Kargl&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aurélie Le Née&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mise en ligne : 10/06/2026&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{otherWiki|Marlen_Haushofer}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Hannah</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://decaf-fr.literaturtirol.at/index.php?title=Marlen_Haushofer&amp;diff=1390</id>
		<title>Marlen Haushofer</title>
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		<updated>2026-06-10T11:04:41Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Hannah : /* Marlen Haushofer et la littérature française */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Maria Helene Frauendorfer est née le 11 avril 1920 à Frauenstein, en Haute-Autriche, dans une famille catholique. Son père étant garde forestier, Marlen Haushofer passe son enfance au sein de la nature, avant son entrée à l’internat des Ursulines à Linz en 1930, qui marque une rupture difficile à surmonter pour l’enfant. L’éducation catholique très stricte qu’elle y reçoit la conduit à prendre ses distances vis-à-vis du catholicisme à l’âge adulte. En 1933, Haushofer contracte la tuberculose, elle quitte l’école pendant un an et reste sa vie durant de santé fragile. Après l’&#039;&#039;Anschluss&#039;&#039;, Haushofer est envoyée en Prusse orientale dans le cadre du « service du travail du &#039;&#039;Reich&#039;&#039; » (&#039;&#039;Reichsarbeitsdienst RAD&#039;&#039;). En 1940, elle revient en Autriche et commence des études de germanistique et d’histoire de l’art à Vienne, qu’elle interrompt cependant à la naissance de son premier enfant, dont le père est un jeune homme qu’elle a rencontré lors de son affectation en Prusse orientale. Mère célibataire, elle épouse le dentiste Manfred Haushofer, avec lequel elle a un fils en 1943. Le couple s’installe à Steyr en Haute-Autriche en 1947. Haushofer remplit alors la fonction de femme au foyer, dévolue à la plupart des femmes en Autriche dans les années 1950 et 1960, tout en assistant bénévolement au cabinet dentaire son mari, d’avec lequel elle divorce en 1950, avant de l’épouser à nouveau en 1958. C’est pendant les quelques heures de temps libre qu’elle a principalement le soir qu’elle se consacre à l’écriture. Sa première publication est un récit, &#039;&#039;Die blutigen Tränen&#039;&#039; (&#039;&#039;Les larmes de sang&#039;&#039;), paru dans le &#039;&#039;Linzer Volksblatt&#039;&#039; en 1946. En 1952 est édité son premier récit de grande envergure : &#039;&#039;Das fünfte Jahr&#039;&#039; (&#039;&#039;La cinquième année&#039;&#039;). Elle entre en contact avec deux figures importantes de la scène littéraire viennoise de l’époque, Hermann Hakel&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.onb.ac.at/sammlungen/literaturarchiv/bestaende/personen/hakel-hermann-1911-1987&amp;lt;/ref&amp;gt; et surtout Hans Weigel&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Hans_Weigel&amp;lt;/ref&amp;gt;, même si elle ne fera jamais partie de ce milieu. Entre 1954 et 1962, Haushofer publie de nombreux récits et romans, notamment &#039;&#039;Eine Handvoll Leben&#039;&#039; (&#039;&#039;Une poignée de vies&#039;&#039;), &#039;&#039;Die Tapetentür&#039;&#039; (&#039;&#039;La porte dérobée&#039;&#039;) et &#039;&#039;Wir töten Stella&#039;&#039; (&#039;&#039;Nous avons tué Stella&#039;&#039;), ainsi que des pièces radiophoniques. En 1963 paraît son roman le plus connu, &#039;&#039;Die Wand&#039;&#039; (&#039;&#039;Le Mur invisible&#039;&#039;), et en 1969 son dernier roman, &#039;&#039;Die Mansarde&#039;&#039; (&#039;&#039;Dans la mansarde&#039;&#039;). Marlen Haushofer meurt d’un cancer des os en 1970. Ses livres pour enfants (&#039;&#039;Müssen Tiere draußen bleiben&#039;&#039;, &#039;&#039;Bartls Abenteuer&#039;&#039;, &#039;&#039;Brav sein ist schwer…&#039;&#039;), dont certains paraissent à titre posthume, sont devenus des classiques de la littérature de jeunesse en Autriche. Après sa mort, son œuvre tombe dans l’oubli avant d’être redécouverte dans les années 1980 par les mouvements féministes. C’est d’ailleurs la question de la place de la femme dans la société qui apparaît comme un opérateur important de l’influence de la littérature française sur l’œuvre de l’écrivaine autrichienne. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Marlen Haushofer et la littérature française==&lt;br /&gt;
L’œuvre de Marlen Haushofer est traversée par des rapports difficiles entre homme et femme et par la dénonciation de la société patriarcale. Si les thèses de Simone de Beauvoir&amp;lt;ref&amp;gt;https://maitron.fr/spip.php?article16053&amp;lt;/ref&amp;gt; ne sont pas sa seule source d’inspiration (on pense également aux travaux de [[Rosa Mayreder]] comme autre source importante), la biographe de Haushofer, Daniela Strigl&amp;lt;ref&amp;gt;https://explore.gnd.network/gnd/121902811&amp;lt;/ref&amp;gt;, citant l’écrivain et ami de Haushofer, Oskar Jan Tauschinski&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Oskar_Jan_Tauschinski&amp;lt;/ref&amp;gt;, indique que l’autrice connaissait bien &#039;&#039;Le Deuxième Sexe&#039;&#039;, traduit en allemand sous le titre &#039;&#039;Das andere Geschlecht&#039;&#039; en 1951&amp;lt;ref&amp;gt;Strigl 2016, 193&amp;lt;/ref&amp;gt;. Comme de Beauvoir, Haushofer critique la société qui a érigé l’homme comme norme et façonné une certaine conception de la femme : mère, dépendante d’un père, conjoint, frère, pour ne pas dire soumise, cantonnée à des tâches subalternes, souvent domestiques, qui ne favorisent pas l’estime de soi. Cependant, Strigl précise aussi que le rapport de Haushofer aux écrits théoriques en général, et à l’œuvre de Simone de Beauvoir en particulier, n’est pas dogmatique. Si Haushofer critique la société dominée par les hommes, elle ne considère pas qu’un monde dominé par les femmes serait meilleur, son œuvre étant avant tout marquée par un grand pessimisme. Ainsi Haushofer se distingue-t-elle aussi de l’[[Existentialisme en Autriche|existentialisme]] de [[Albert Camus|Camus]] ou de Sartre&amp;lt;ref&amp;gt;https://expositions.bnf.fr/sartre/arret/ind_vie.htm&amp;lt;/ref&amp;gt;, qu’elle a selon Strigl vraisemblablement lu&amp;lt;ref&amp;gt;Strigl 2016, 216&amp;lt;/ref&amp;gt;. Daniela Strigl rapproche le destin des protagonistes haushoferiennes du Sisyphe de Camus, tout en soulignant que l’on ne peut imaginer celles-ci heureuses, à la différence de ce qu’écrit Camus à propos de Sisyphe&amp;lt;ref&amp;gt;Strigl 2016, 269&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dans sa biographie de l’autrice, Daniela Strigl rappelle par ailleurs que Hermann Hakel conseillait la lecture de Valéry aux jeunes écrivains&amp;lt;ref&amp;gt;Strigl 2016, 167&amp;lt;/ref&amp;gt;. Hans Weigel était aussi un connaisseur de la littérature française, notamment du théâtre de [[Molière]]. On peut imaginer que Haushofer, qui était une grande lectrice, a découvert certains écrivains de langue française sous l’impulsion de ces deux mentors, mais rien n’est prouvé. Enfin, Strigl indique que le grand-père de Marlen Haushofer aurait raconté à ses enfants des histoires de Jules Verne&amp;lt;ref&amp;gt;Strigl 2016, 59&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il est vrai que l’apparition d’un mur invisible dans le roman éponyme et la vie de la protagoniste isolée dans les montagnes ne sont pas sans évoquer certains romans d’aventures teintés de science-fiction de Verne. Le roman &#039;&#039;Die Wand&#039;&#039; est du reste le texte par lequel l’œuvre de Haushofer s’est fait connaître en France, comme dans bien d’autres pays.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==La réception de l’œuvre de Marlen Haushofer en France==&lt;br /&gt;
Marlen Haushofer fait son entrée dans le champ éditorial français en 1985 avec la traduction de &#039;&#039;Die Wand&#039;&#039; / &#039;&#039;Le Mur invisible&#039;&#039; par Liselotte Bodo et Jacqueline Chambon. Actes Sud, une maison d’édition dont le catalogue est presque entièrement fondé sur des traductions, défend véritablement l’autrice autrichienne par une politique éditoriale ambitieuse. Entre 1985 et 1992, la plupart des textes de Haushofer ont été traduits en français, par des traductrices reconnues comme Jacqueline Chambon et Liselotte Bodo ou Yasmin Hoffmann et Maryvonne Litaize. Le roman &#039;&#039;Le Mur invisible&#039;&#039; reste cependant le titre le plus connu de Haushofer : la maison d’édition évoque une présence constante du roman dans les librairies, entre 200 et 400 exemplaires sont vendus par mois depuis l’édition de poche en 1992&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.huffingtonpost.fr/culture/article/instagram-fait-remonter-le-livre-le-mur-invisible-en-tete-des-ventes-amazon_139413.html&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La réception du roman est relancée par l’adaptation filmique de Julian Roman Pölsler : le film sort en France en 2013, sans pour autant toucher un large public&amp;lt;ref&amp;gt;voir l’article du &#039;&#039;Monde&#039;&#039; https://www.lemonde.fr/culture/article/2013/03/12/le-mur-invisible-robinsonnade-a-l-autrichienne_1846701_3246.html, consulté le 12/11/2025&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant, la réception du &#039;&#039;Mur invisible&#039;&#039; va connaître un véritable essor grâce au post de Diglee (alias Maureen Wingrove), dessinatrice et blogueuse, sur Instagram qui qualifie ce roman de « coup de cœur ». Ce soutien inattendu par les réseaux sociaux déclenche une réception grand public&amp;lt;ref&amp;gt;voir l’article du Nouvel Obs https://www.nouvelobs.com/actualites/20190213.OBS0132/comment-le-mur-invisible-est-devenu-la-nouvelle-bible-ecofeministe.html, consulté le 12/11/2025&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Le Mur invisible&#039;&#039; devient un véritable livre culte, notamment pendant les périodes de confinement liées au Covid. Actes Sud procède à des réimpressions du titre et publie dans la foulée une traduction inédite, &#039;&#039;Une poignée de vie&#039;&#039; (&#039;&#039;Eine Handvoll Leben&#039;&#039;), réalisée par Jacqueline Chambon.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Recherche==&lt;br /&gt;
Peu de travaux de recherche sont consacrés à l’œuvre de Haushofer avant que &#039;&#039;Die Wand&#039;&#039; et &#039;&#039;Die Mansarde&#039;&#039; ainsi que l’adaptation filmique de Pölsler ne soient au programme du concours de l’agrégation externe d’allemand en 2018. Avant cette date, citons les contributions de Patrick Charbonneau, Miguel Couffon, Régine Battiston ainsi que notre article sur l’adaptation filmique publié dans &#039;&#039;Germanica&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le cadre de la préparation au concours de l’agrégation d’allemand en 2018-2020, une journée d’étude a été organisée à la Maison Heinrich Heine de Paris, suivie par la publication d’un ouvrage collectif, dirigé par Sylvie Arlaud, Marc Lacheny, [[Jacques Lajarrige]] et Éric Leroy du Cardonnoy : &#039;&#039;Dekonstruktion der symbolischen Ordnung bei Marlen Haushofer&#039;&#039; (Berlin : Frank &amp;amp; Timme 2019). Plusieurs articles consacrés à Haushofer seront publiés par la suite&amp;lt;ref&amp;gt;Camet 2021, Kargl/Le Née à paraître in Austriaca&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 2025-2026, le texte de Haushofer fait partie du programme des concours des classes préparatoires scientifiques. Plusieurs maisons d’édition proposent des ouvrages sur le roman de Haushofer (&#039;&#039;Expériences de la nature – Prépas scientifiques 2026 Verne – Canguilhem – Haushofer&#039;&#039;, chez Garnier Flammarion et aux PUF notamment). Trois thèses sur l’œuvre de Haushofer sont actuellement en cours de préparation (Rosanna Gangemi, « La fenêtre de la Tour. Poétique et esthétique du regard chez Marlen Haushofer », sous la direction de Florence Baillet et Thierry Lenain ; Camille Thion, « Écrire pour survivre – les femmes en résistance dans l’œuvre de Marlen Haushofer », sous la direction de Régine Battiston ; Patricia Wesquet, « L’écriture fragmentaire de Marlen Haushofer, miroir de crises identitaires », sous la direction de Marc Lacheny et Cécile Chamayou-Kuhn).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De manière générale, la recherche en France sur l’œuvre de Marlen Haushofer reprend des thématiques centrales chez cette écrivaine (dimension féministe, rapport à la nature).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Références et liens externes==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Bibliographie==&lt;br /&gt;
===Œuvres de Marlen Haushofer===&lt;br /&gt;
*Das fünfte Jahr. Novelle. Vienne : Verlag Jungbrunnen 1952.&lt;br /&gt;
*Eine Handvoll Leben. Roman. Vienne : Zsolnay 1955.&lt;br /&gt;
*Die Tapetentür. Roman. Vienne : Zsolnay 1957.&lt;br /&gt;
*Wir töten Stella. Erzählung. Vienne : Bergland 1958.&lt;br /&gt;
*Die Wand. Roman. Gütersloh et Vienne : Sigbert Mohn 1963.&lt;br /&gt;
*Himmel, der nirgendwo endet. Roman. Gütersloh : Mohn 1966.&lt;br /&gt;
*Lebenslänglich. Erzählungen. Graz : Stiasny 1966.&lt;br /&gt;
*Schreckliche Treue. Erzählungen. Düsseldorf : Claassen 1968.&lt;br /&gt;
*Die Mansarde. Roman. Düsseldorf : Claassen 1969.&lt;br /&gt;
*Die Frau mit den interessanten Träumen. Erzählungen. Munich : dtv 1990.&lt;br /&gt;
*Marlen Haushofer: Die Überlebenden. Unveröffentlichte Texte aus dem Nachlaß. Aufsätze zum Werk, éd. par Christine Schmidjell. Linz : Landesverlag 1991 [comprend notamment les Hörspiele Die Überlebenden, Ein Mitternachtsspiel, Der Wassermann et le Fernsehspiel Der Knabe im Dschungel].&lt;br /&gt;
===Traductions en français===&lt;br /&gt;
*Le Mur invisible (trad. Jaqueline Chambon/Liselotte Bodo). Arles : Actes Sud 1985.&lt;br /&gt;
*Nous avons tué Stella (trad. Yasmin Hoffmann/Maryvonne Litaize). Arles : Actes Sud 1986.&lt;br /&gt;
*Dans la mansarde (trad. Miguel Couffon). Arles : Actes Sud 1987.&lt;br /&gt;
*La porte dérobée (trad. Jaqueline Chambon/Liselotte Bodo). Arles : Actes Sud 1988.&lt;br /&gt;
*Sous un ciel infini (trad. Miguel Couffon). Arles : Actes Sud 1989.&lt;br /&gt;
*La cinquième année (trad. Miguel Couffon). Arles : Actes Sud 1992.&lt;br /&gt;
*La nuit (trad. Miguel Couffon). Arles : Actes Sud 1994.&lt;br /&gt;
*Une poignée de vie (trad. Jacqueline Chambon). Arles : Actes Sud 2020.&lt;br /&gt;
===Adaptation cinématographique===&lt;br /&gt;
*Julian Roman Pölsler : Die Wand. Arthaus/Reclam 2012.&lt;br /&gt;
*Julian Roman Pölsler : Wir töten Stella. Epo-Film 2017.&lt;br /&gt;
===Littérature critique===&lt;br /&gt;
*Arlaud, Sylvie, Lacheny, Marc, Lajarrige, Jacques et Leroy du Cardonnoy, Éric (dir.) : Dekonstruktion der symbolischen Ordnung bei Marlen Haushofer. Berlin : Frank &amp;amp; Timme 2019.&lt;br /&gt;
*Battiston, Régine : Lectures de l’identité narrative : Max Frisch, Ingeborg Bachmann, Marlen Haushofer, W. G. Sebald. Paris : Orizons 2009. &lt;br /&gt;
*Battiston, Régine : Marlen Haushofer : écrire pour transcender sa condition de femme. In : Germanica n° 46 (2010), p. 61–72.&lt;br /&gt;
*Bosse, Anke/Ruthner, Clemens : „Eine geheime Schrift aus diesem Splitterwerk enträtseln...“ Marlen Haushofers Werk im Kontext. Tübingen/Bâle : Francke 2000.&lt;br /&gt;
*Brandtner, Andreas/Kaukoreit, Volker : Marlen Haushofer. Die Wand. Stuttgart : Reclam 2012.&lt;br /&gt;
*Camet, Sylvie : Mur invisible et visibilité des murs : la claustration féminine chez Marlen Haushofer. In : TraHs n° 9 | 2021 : Cum finis. Femmes aux confins d’elles-mêmes.&lt;br /&gt;
*Charbonneau, Patrick : Portrait de femme en céleste dragon. Les images de Marlen Haushofer dans ses récits et romans. In : Germanica n° 5 (1989), p. 55–81. &lt;br /&gt;
*Couffon, Miguel : Marlen Haushofer (1920-1970). Écrire pour ne pas perdre la raison. Paris : L’Harmattan 2010.&lt;br /&gt;
*Duden, Anne [e.a.] : „Oder war da manchmal noch etwas anderes?“. Texte zu Marlen Haushofer. Francfort-sur-le-Main : Neue Kritik 1986. &lt;br /&gt;
*Fliedl, Konstanze : Die melancholische Insel. Zum Werk Marlen Haushofers. In : Vierteljahresschrift des Adalbert-Stifter-Instituts n° 35 (1986), H 1/2, p. 35–51.&lt;br /&gt;
*Frei Gerlach, Franziska : Schrift und Geschlecht. Feministische Entwürfe und Lektüre von Marlen Haushofer, Ingeborg Bachmann und Anne Duden. Berlin : Schmidt 1998. &lt;br /&gt;
*Gürtler, Christa (dir.) : Marlen Haushofer 1920-1970. Ich möchte wissen, wo ich hingekommen bin!. Linz : Stifterhaus 2010. &lt;br /&gt;
*Kargl, Elisabeth/Le Née, Aurélie : L’adaptation filmique de Die Wand de Marlen Haushofer. In : Germanica n° 53 (2013), p. 139–162.&lt;br /&gt;
*Kargl, Elisabeth/Le Née, Aurélie : L’enfermement dans l’œuvre de Marlen Haushofer. In : Karine Cardini, Iris Chionne, Georges Letissier : Le cercle étroit, à paraître. &lt;br /&gt;
*Kargl, Elisabeth/Le Née, Aurélie : La dénonciation de la violence dans Die Wand et Die Mansarde de Marlen Haushofer. In : Austriaca, à paraître. &lt;br /&gt;
*Schmidjell, Christine : Marlen Haushofer 1920-1970. Katalog einer Ausstellung, Zirkular Sondernummer 22, Juni 1990, zugleich Vierteljahresschrift des Adalbert-Stifter-Instituts, Jg. 39, Sonderheft 1990. &lt;br /&gt;
*Schmidjell, Christine/Bosse, Anke : Marlen Haushofer 1920-1970 (zweisprachiger Katalog), o. O., o. V., 1998. &lt;br /&gt;
*Seidel, Sabine : Reduziertes Leben. Untersuchungen zum erzählerischen Werk Marlen Haushofers. Passau : Univ. de Passau, thèse de doctorat 2005.&lt;br /&gt;
*Stuhlfauth, Mara : Moderne Robinsonaden: eine gattungstypologische Untersuchung am Beispiel von Marlen Haushofers Die Wand und Thomas Glavinics Die Arbeit der Nacht. Würzburg : Ergon Verlag 2011.&lt;br /&gt;
*Strigl, Daniela : Die Natur ist ein ernster Gegenstand. Stifter. Haushofer. Bernhard. Literatur im Stifter Haus, Band 24, 2011.&lt;br /&gt;
*Strigl, Daniela : „Wahrscheinlich bin ich verrückt...“ Marlen Haushofer. Die Biographie. Berlin : Ullstein/List 2016 (12007).&lt;br /&gt;
*Venske, Regula : Mannsbilder – Männerbilder. Konstruktion und Kritik des Männlichen in zeitgenössischer deutschsprachiger Literatur von Frauen. Hildesheim/Zürich/New York : Olms 1988. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Auteures==&lt;br /&gt;
Elisabeth Kargl&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aurélie Le Née&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mise en ligne : 10/06/2026&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{otherWiki|Marlen_Haushofer}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Hannah</name></author>
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		<title>Marlen Haushofer</title>
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		<updated>2026-06-10T10:54:34Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Hannah : /* Auteures */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Maria Helene Frauendorfer est née le 11 avril 1920 à Frauenstein, en Haute-Autriche, dans une famille catholique. Son père étant garde forestier, Marlen Haushofer passe son enfance au sein de la nature, avant son entrée à l’internat des Ursulines à Linz en 1930, qui marque une rupture difficile à surmonter pour l’enfant. L’éducation catholique très stricte qu’elle y reçoit la conduit à prendre ses distances vis-à-vis du catholicisme à l’âge adulte. En 1933, Haushofer contracte la tuberculose, elle quitte l’école pendant un an et reste sa vie durant de santé fragile. Après l’&#039;&#039;Anschluss&#039;&#039;, Haushofer est envoyée en Prusse orientale dans le cadre du « service du travail du &#039;&#039;Reich&#039;&#039; » (&#039;&#039;Reichsarbeitsdienst RAD&#039;&#039;). En 1940, elle revient en Autriche et commence des études de germanistique et d’histoire de l’art à Vienne, qu’elle interrompt cependant à la naissance de son premier enfant, dont le père est un jeune homme qu’elle a rencontré lors de son affectation en Prusse orientale. Mère célibataire, elle épouse le dentiste Manfred Haushofer, avec lequel elle a un fils en 1943. Le couple s’installe à Steyr en Haute-Autriche en 1947. Haushofer remplit alors la fonction de femme au foyer, dévolue à la plupart des femmes en Autriche dans les années 1950 et 1960, tout en assistant bénévolement au cabinet dentaire son mari, d’avec lequel elle divorce en 1950, avant de l’épouser à nouveau en 1958. C’est pendant les quelques heures de temps libre qu’elle a principalement le soir qu’elle se consacre à l’écriture. Sa première publication est un récit, &#039;&#039;Die blutigen Tränen&#039;&#039; (&#039;&#039;Les larmes de sang&#039;&#039;), paru dans le &#039;&#039;Linzer Volksblatt&#039;&#039; en 1946. En 1952 est édité son premier récit de grande envergure : &#039;&#039;Das fünfte Jahr&#039;&#039; (&#039;&#039;La cinquième année&#039;&#039;). Elle entre en contact avec deux figures importantes de la scène littéraire viennoise de l’époque, Hermann Hakel&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.onb.ac.at/sammlungen/literaturarchiv/bestaende/personen/hakel-hermann-1911-1987&amp;lt;/ref&amp;gt; et surtout Hans Weigel&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Hans_Weigel&amp;lt;/ref&amp;gt;, même si elle ne fera jamais partie de ce milieu. Entre 1954 et 1962, Haushofer publie de nombreux récits et romans, notamment &#039;&#039;Eine Handvoll Leben&#039;&#039; (&#039;&#039;Une poignée de vies&#039;&#039;), &#039;&#039;Die Tapetentür&#039;&#039; (&#039;&#039;La porte dérobée&#039;&#039;) et &#039;&#039;Wir töten Stella&#039;&#039; (&#039;&#039;Nous avons tué Stella&#039;&#039;), ainsi que des pièces radiophoniques. En 1963 paraît son roman le plus connu, &#039;&#039;Die Wand&#039;&#039; (&#039;&#039;Le Mur invisible&#039;&#039;), et en 1969 son dernier roman, &#039;&#039;Die Mansarde&#039;&#039; (&#039;&#039;Dans la mansarde&#039;&#039;). Marlen Haushofer meurt d’un cancer des os en 1970. Ses livres pour enfants (&#039;&#039;Müssen Tiere draußen bleiben&#039;&#039;, &#039;&#039;Bartls Abenteuer&#039;&#039;, &#039;&#039;Brav sein ist schwer…&#039;&#039;), dont certains paraissent à titre posthume, sont devenus des classiques de la littérature de jeunesse en Autriche. Après sa mort, son œuvre tombe dans l’oubli avant d’être redécouverte dans les années 1980 par les mouvements féministes. C’est d’ailleurs la question de la place de la femme dans la société qui apparaît comme un opérateur important de l’influence de la littérature française sur l’œuvre de l’écrivaine autrichienne. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Marlen Haushofer et la littérature française==&lt;br /&gt;
L’œuvre de Marlen Haushofer est traversée par des rapports difficiles entre homme et femme et par la dénonciation de la société patriarcale. Si les thèses de Simone de Beauvoir&amp;lt;ref&amp;gt;https://maitron.fr/spip.php?article16053&amp;lt;/ref&amp;gt; ne sont pas sa seule source d’inspiration (on pense également aux travaux de [[Rosa Mayreder]] comme autre source importante), la biographe de Haushofer, Daniela Strigl&amp;lt;ref&amp;gt;https://explore.gnd.network/gnd/121902811&amp;lt;/ref&amp;gt;, citant l’écrivain et ami de Haushofer, Oskar Jan Tauschinski&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Oskar_Jan_Tauschinski&amp;lt;/ref&amp;gt;, indique que l’autrice connaissait bien &#039;&#039;Le Deuxième Sexe&#039;&#039;, traduit en allemand sous le titre &#039;&#039;Das andere Geschlecht&#039;&#039; en 1951&amp;lt;ref&amp;gt;Strigl 2016, 193&amp;lt;/ref&amp;gt;. Comme de Beauvoir, Haushofer critique la société qui a érigé l’homme comme norme et façonné une certaine conception de la femme : mère, dépendante d’un père, conjoint, frère, pour ne pas dire soumise, cantonnée à des tâches subalternes, souvent domestiques, qui ne favorisent pas l’estime de soi. Cependant, Strigl précise aussi que le rapport de Haushofer aux écrits théoriques en général, et à l’œuvre de Simone de Beauvoir en particulier, n’est pas dogmatique. Si Haushofer critique la société dominée par les hommes, elle ne considère pas qu’un monde dominé par les femmes serait meilleur, son œuvre étant avant tout marquée par un grand pessimisme. Ainsi Haushofer se distingue-t-elle aussi de l’[[Existentialisme en Autriche|existentialisme]] de [[Albert Camus|Camus]] ou de Sartre&amp;lt;ref&amp;gt;https://expositions.bnf.fr/sartre/arret/ind_vie.htm&amp;lt;/ref&amp;gt;, qu’elle a selon Strigl vraisemblablement lu&amp;lt;ref&amp;gt;Strigl 2016, 216&amp;lt;/ref&amp;gt;. Daniela Strigl rapproche le destin des protagonistes haushoferiennes du Sisyphe de Camus, tout en soulignant que l’on ne peut imaginer celles-ci heureuses, à la différence de ce qu’écrit Camus à propos de Sisyphe&amp;lt;ref&amp;gt;Strigl 2016, 269&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dans sa biographie de l’autrice, Daniela Strigl rappelle par ailleurs que Hermann Hakel conseillait la lecture de Valéry aux jeunes écrivains (Strigl 2016, 167). Hans Weigel était aussi un connaisseur de la littérature française, notamment du théâtre de [[Molière]]. On peut imaginer que Haushofer, qui était une grande lectrice, a découvert certains écrivains de langue française sous l’impulsion de ces deux mentors, mais rien n’est prouvé. Enfin, Strigl indique que le grand-père de Marlen Haushofer aurait raconté à ses enfants des histoires de Jules Verne&amp;lt;ref&amp;gt;Strigl 2016, 59&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il est vrai que l’apparition d’un mur invisible dans le roman éponyme et la vie de la protagoniste isolée dans les montagnes ne sont pas sans évoquer certains romans d’aventures teintés de science-fiction de Verne. Le roman &#039;&#039;Die Wand&#039;&#039; est du reste le texte par lequel l’œuvre de Haushofer s’est fait connaître en France, comme dans bien d’autres pays.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==La réception de l’œuvre de Marlen Haushofer en France==&lt;br /&gt;
Marlen Haushofer fait son entrée dans le champ éditorial français en 1985 avec la traduction de &#039;&#039;Die Wand&#039;&#039; / &#039;&#039;Le Mur invisible&#039;&#039; par Liselotte Bodo et Jacqueline Chambon. Actes Sud, une maison d’édition dont le catalogue est presque entièrement fondé sur des traductions, défend véritablement l’autrice autrichienne par une politique éditoriale ambitieuse. Entre 1985 et 1992, la plupart des textes de Haushofer ont été traduits en français, par des traductrices reconnues comme Jacqueline Chambon et Liselotte Bodo ou Yasmin Hoffmann et Maryvonne Litaize. Le roman &#039;&#039;Le Mur invisible&#039;&#039; reste cependant le titre le plus connu de Haushofer : la maison d’édition évoque une présence constante du roman dans les librairies, entre 200 et 400 exemplaires sont vendus par mois depuis l’édition de poche en 1992&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.huffingtonpost.fr/culture/article/instagram-fait-remonter-le-livre-le-mur-invisible-en-tete-des-ventes-amazon_139413.html&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La réception du roman est relancée par l’adaptation filmique de Julian Roman Pölsler : le film sort en France en 2013, sans pour autant toucher un large public&amp;lt;ref&amp;gt;voir l’article du &#039;&#039;Monde&#039;&#039; https://www.lemonde.fr/culture/article/2013/03/12/le-mur-invisible-robinsonnade-a-l-autrichienne_1846701_3246.html, consulté le 12/11/2025&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant, la réception du &#039;&#039;Mur invisible&#039;&#039; va connaître un véritable essor grâce au post de Diglee (alias Maureen Wingrove), dessinatrice et blogueuse, sur Instagram qui qualifie ce roman de « coup de cœur ». Ce soutien inattendu par les réseaux sociaux déclenche une réception grand public&amp;lt;ref&amp;gt;voir l’article du Nouvel Obs https://www.nouvelobs.com/actualites/20190213.OBS0132/comment-le-mur-invisible-est-devenu-la-nouvelle-bible-ecofeministe.html, consulté le 12/11/2025&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Le Mur invisible&#039;&#039; devient un véritable livre culte, notamment pendant les périodes de confinement liées au Covid. Actes Sud procède à des réimpressions du titre et publie dans la foulée une traduction inédite, &#039;&#039;Une poignée de vie&#039;&#039; (&#039;&#039;Eine Handvoll Leben&#039;&#039;), réalisée par Jacqueline Chambon.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Recherche==&lt;br /&gt;
Peu de travaux de recherche sont consacrés à l’œuvre de Haushofer avant que &#039;&#039;Die Wand&#039;&#039; et &#039;&#039;Die Mansarde&#039;&#039; ainsi que l’adaptation filmique de Pölsler ne soient au programme du concours de l’agrégation externe d’allemand en 2018. Avant cette date, citons les contributions de Patrick Charbonneau, Miguel Couffon, Régine Battiston ainsi que notre article sur l’adaptation filmique publié dans &#039;&#039;Germanica&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le cadre de la préparation au concours de l’agrégation d’allemand en 2018-2020, une journée d’étude a été organisée à la Maison Heinrich Heine de Paris, suivie par la publication d’un ouvrage collectif, dirigé par Sylvie Arlaud, Marc Lacheny, [[Jacques Lajarrige]] et Éric Leroy du Cardonnoy : &#039;&#039;Dekonstruktion der symbolischen Ordnung bei Marlen Haushofer&#039;&#039; (Berlin : Frank &amp;amp; Timme 2019). Plusieurs articles consacrés à Haushofer seront publiés par la suite&amp;lt;ref&amp;gt;Camet 2021, Kargl/Le Née à paraître in Austriaca&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 2025-2026, le texte de Haushofer fait partie du programme des concours des classes préparatoires scientifiques. Plusieurs maisons d’édition proposent des ouvrages sur le roman de Haushofer (&#039;&#039;Expériences de la nature – Prépas scientifiques 2026 Verne – Canguilhem – Haushofer&#039;&#039;, chez Garnier Flammarion et aux PUF notamment). Trois thèses sur l’œuvre de Haushofer sont actuellement en cours de préparation (Rosanna Gangemi, « La fenêtre de la Tour. Poétique et esthétique du regard chez Marlen Haushofer », sous la direction de Florence Baillet et Thierry Lenain ; Camille Thion, « Écrire pour survivre – les femmes en résistance dans l’œuvre de Marlen Haushofer », sous la direction de Régine Battiston ; Patricia Wesquet, « L’écriture fragmentaire de Marlen Haushofer, miroir de crises identitaires », sous la direction de Marc Lacheny et Cécile Chamayou-Kuhn).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De manière générale, la recherche en France sur l’œuvre de Marlen Haushofer reprend des thématiques centrales chez cette écrivaine (dimension féministe, rapport à la nature).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Références et liens externes==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Bibliographie==&lt;br /&gt;
===Œuvres de Marlen Haushofer===&lt;br /&gt;
*Das fünfte Jahr. Novelle. Vienne : Verlag Jungbrunnen 1952.&lt;br /&gt;
*Eine Handvoll Leben. Roman. Vienne : Zsolnay 1955.&lt;br /&gt;
*Die Tapetentür. Roman. Vienne : Zsolnay 1957.&lt;br /&gt;
*Wir töten Stella. Erzählung. Vienne : Bergland 1958.&lt;br /&gt;
*Die Wand. Roman. Gütersloh et Vienne : Sigbert Mohn 1963.&lt;br /&gt;
*Himmel, der nirgendwo endet. Roman. Gütersloh : Mohn 1966.&lt;br /&gt;
*Lebenslänglich. Erzählungen. Graz : Stiasny 1966.&lt;br /&gt;
*Schreckliche Treue. Erzählungen. Düsseldorf : Claassen 1968.&lt;br /&gt;
*Die Mansarde. Roman. Düsseldorf : Claassen 1969.&lt;br /&gt;
*Die Frau mit den interessanten Träumen. Erzählungen. Munich : dtv 1990.&lt;br /&gt;
*Marlen Haushofer: Die Überlebenden. Unveröffentlichte Texte aus dem Nachlaß. Aufsätze zum Werk, éd. par Christine Schmidjell. Linz : Landesverlag 1991 [comprend notamment les Hörspiele Die Überlebenden, Ein Mitternachtsspiel, Der Wassermann et le Fernsehspiel Der Knabe im Dschungel].&lt;br /&gt;
===Traductions en français===&lt;br /&gt;
*Le Mur invisible (trad. Jaqueline Chambon/Liselotte Bodo). Arles : Actes Sud 1985.&lt;br /&gt;
*Nous avons tué Stella (trad. Yasmin Hoffmann/Maryvonne Litaize). Arles : Actes Sud 1986.&lt;br /&gt;
*Dans la mansarde (trad. Miguel Couffon). Arles : Actes Sud 1987.&lt;br /&gt;
*La porte dérobée (trad. Jaqueline Chambon/Liselotte Bodo). Arles : Actes Sud 1988.&lt;br /&gt;
*Sous un ciel infini (trad. Miguel Couffon). Arles : Actes Sud 1989.&lt;br /&gt;
*La cinquième année (trad. Miguel Couffon). Arles : Actes Sud 1992.&lt;br /&gt;
*La nuit (trad. Miguel Couffon). Arles : Actes Sud 1994.&lt;br /&gt;
*Une poignée de vie (trad. Jacqueline Chambon). Arles : Actes Sud 2020.&lt;br /&gt;
===Adaptation cinématographique===&lt;br /&gt;
*Julian Roman Pölsler : Die Wand. Arthaus/Reclam 2012.&lt;br /&gt;
*Julian Roman Pölsler : Wir töten Stella. Epo-Film 2017.&lt;br /&gt;
===Littérature critique===&lt;br /&gt;
*Arlaud, Sylvie, Lacheny, Marc, Lajarrige, Jacques et Leroy du Cardonnoy, Éric (dir.) : Dekonstruktion der symbolischen Ordnung bei Marlen Haushofer. Berlin : Frank &amp;amp; Timme 2019.&lt;br /&gt;
*Battiston, Régine : Lectures de l’identité narrative : Max Frisch, Ingeborg Bachmann, Marlen Haushofer, W. G. Sebald. Paris : Orizons 2009. &lt;br /&gt;
*Battiston, Régine : Marlen Haushofer : écrire pour transcender sa condition de femme. In : Germanica n° 46 (2010), p. 61–72.&lt;br /&gt;
*Bosse, Anke/Ruthner, Clemens : „Eine geheime Schrift aus diesem Splitterwerk enträtseln...“ Marlen Haushofers Werk im Kontext. Tübingen/Bâle : Francke 2000.&lt;br /&gt;
*Brandtner, Andreas/Kaukoreit, Volker : Marlen Haushofer. Die Wand. Stuttgart : Reclam 2012.&lt;br /&gt;
*Camet, Sylvie : Mur invisible et visibilité des murs : la claustration féminine chez Marlen Haushofer. In : TraHs n° 9 | 2021 : Cum finis. Femmes aux confins d’elles-mêmes.&lt;br /&gt;
*Charbonneau, Patrick : Portrait de femme en céleste dragon. Les images de Marlen Haushofer dans ses récits et romans. In : Germanica n° 5 (1989), p. 55–81. &lt;br /&gt;
*Couffon, Miguel : Marlen Haushofer (1920-1970). Écrire pour ne pas perdre la raison. Paris : L’Harmattan 2010.&lt;br /&gt;
*Duden, Anne [e.a.] : „Oder war da manchmal noch etwas anderes?“. Texte zu Marlen Haushofer. Francfort-sur-le-Main : Neue Kritik 1986. &lt;br /&gt;
*Fliedl, Konstanze : Die melancholische Insel. Zum Werk Marlen Haushofers. In : Vierteljahresschrift des Adalbert-Stifter-Instituts n° 35 (1986), H 1/2, p. 35–51.&lt;br /&gt;
*Frei Gerlach, Franziska : Schrift und Geschlecht. Feministische Entwürfe und Lektüre von Marlen Haushofer, Ingeborg Bachmann und Anne Duden. Berlin : Schmidt 1998. &lt;br /&gt;
*Gürtler, Christa (dir.) : Marlen Haushofer 1920-1970. Ich möchte wissen, wo ich hingekommen bin!. Linz : Stifterhaus 2010. &lt;br /&gt;
*Kargl, Elisabeth/Le Née, Aurélie : L’adaptation filmique de Die Wand de Marlen Haushofer. In : Germanica n° 53 (2013), p. 139–162.&lt;br /&gt;
*Kargl, Elisabeth/Le Née, Aurélie : L’enfermement dans l’œuvre de Marlen Haushofer. In : Karine Cardini, Iris Chionne, Georges Letissier : Le cercle étroit, à paraître. &lt;br /&gt;
*Kargl, Elisabeth/Le Née, Aurélie : La dénonciation de la violence dans Die Wand et Die Mansarde de Marlen Haushofer. In : Austriaca, à paraître. &lt;br /&gt;
*Schmidjell, Christine : Marlen Haushofer 1920-1970. Katalog einer Ausstellung, Zirkular Sondernummer 22, Juni 1990, zugleich Vierteljahresschrift des Adalbert-Stifter-Instituts, Jg. 39, Sonderheft 1990. &lt;br /&gt;
*Schmidjell, Christine/Bosse, Anke : Marlen Haushofer 1920-1970 (zweisprachiger Katalog), o. O., o. V., 1998. &lt;br /&gt;
*Seidel, Sabine : Reduziertes Leben. Untersuchungen zum erzählerischen Werk Marlen Haushofers. Passau : Univ. de Passau, thèse de doctorat 2005.&lt;br /&gt;
*Stuhlfauth, Mara : Moderne Robinsonaden: eine gattungstypologische Untersuchung am Beispiel von Marlen Haushofers Die Wand und Thomas Glavinics Die Arbeit der Nacht. Würzburg : Ergon Verlag 2011.&lt;br /&gt;
*Strigl, Daniela : Die Natur ist ein ernster Gegenstand. Stifter. Haushofer. Bernhard. Literatur im Stifter Haus, Band 24, 2011.&lt;br /&gt;
*Strigl, Daniela : „Wahrscheinlich bin ich verrückt...“ Marlen Haushofer. Die Biographie. Berlin : Ullstein/List 2016 (12007).&lt;br /&gt;
*Venske, Regula : Mannsbilder – Männerbilder. Konstruktion und Kritik des Männlichen in zeitgenössischer deutschsprachiger Literatur von Frauen. Hildesheim/Zürich/New York : Olms 1988. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Auteures==&lt;br /&gt;
Elisabeth Kargl&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aurélie Le Née&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mise en ligne : 10/06/2026&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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		<author><name>Hannah</name></author>
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		<title>Marlen Haushofer</title>
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		<updated>2026-06-10T10:53:50Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Hannah : Page créée avec « Maria Helene Frauendorfer est née le 11 avril 1920 à Frauenstein, en Haute-Autriche, dans une famille catholique. Son père étant garde forestier, Marlen Haushofer passe son enfance au sein de la nature, avant son entrée à l’internat des Ursulines à Linz en 1930, qui marque une rupture difficile à surmonter pour l’enfant. L’éducation catholique très stricte qu’elle y reçoit la conduit à prendre ses distances vis-à-vis du catholicisme à l’â... »&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Maria Helene Frauendorfer est née le 11 avril 1920 à Frauenstein, en Haute-Autriche, dans une famille catholique. Son père étant garde forestier, Marlen Haushofer passe son enfance au sein de la nature, avant son entrée à l’internat des Ursulines à Linz en 1930, qui marque une rupture difficile à surmonter pour l’enfant. L’éducation catholique très stricte qu’elle y reçoit la conduit à prendre ses distances vis-à-vis du catholicisme à l’âge adulte. En 1933, Haushofer contracte la tuberculose, elle quitte l’école pendant un an et reste sa vie durant de santé fragile. Après l’&#039;&#039;Anschluss&#039;&#039;, Haushofer est envoyée en Prusse orientale dans le cadre du « service du travail du &#039;&#039;Reich&#039;&#039; » (&#039;&#039;Reichsarbeitsdienst RAD&#039;&#039;). En 1940, elle revient en Autriche et commence des études de germanistique et d’histoire de l’art à Vienne, qu’elle interrompt cependant à la naissance de son premier enfant, dont le père est un jeune homme qu’elle a rencontré lors de son affectation en Prusse orientale. Mère célibataire, elle épouse le dentiste Manfred Haushofer, avec lequel elle a un fils en 1943. Le couple s’installe à Steyr en Haute-Autriche en 1947. Haushofer remplit alors la fonction de femme au foyer, dévolue à la plupart des femmes en Autriche dans les années 1950 et 1960, tout en assistant bénévolement au cabinet dentaire son mari, d’avec lequel elle divorce en 1950, avant de l’épouser à nouveau en 1958. C’est pendant les quelques heures de temps libre qu’elle a principalement le soir qu’elle se consacre à l’écriture. Sa première publication est un récit, &#039;&#039;Die blutigen Tränen&#039;&#039; (&#039;&#039;Les larmes de sang&#039;&#039;), paru dans le &#039;&#039;Linzer Volksblatt&#039;&#039; en 1946. En 1952 est édité son premier récit de grande envergure : &#039;&#039;Das fünfte Jahr&#039;&#039; (&#039;&#039;La cinquième année&#039;&#039;). Elle entre en contact avec deux figures importantes de la scène littéraire viennoise de l’époque, Hermann Hakel&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.onb.ac.at/sammlungen/literaturarchiv/bestaende/personen/hakel-hermann-1911-1987&amp;lt;/ref&amp;gt; et surtout Hans Weigel&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Hans_Weigel&amp;lt;/ref&amp;gt;, même si elle ne fera jamais partie de ce milieu. Entre 1954 et 1962, Haushofer publie de nombreux récits et romans, notamment &#039;&#039;Eine Handvoll Leben&#039;&#039; (&#039;&#039;Une poignée de vies&#039;&#039;), &#039;&#039;Die Tapetentür&#039;&#039; (&#039;&#039;La porte dérobée&#039;&#039;) et &#039;&#039;Wir töten Stella&#039;&#039; (&#039;&#039;Nous avons tué Stella&#039;&#039;), ainsi que des pièces radiophoniques. En 1963 paraît son roman le plus connu, &#039;&#039;Die Wand&#039;&#039; (&#039;&#039;Le Mur invisible&#039;&#039;), et en 1969 son dernier roman, &#039;&#039;Die Mansarde&#039;&#039; (&#039;&#039;Dans la mansarde&#039;&#039;). Marlen Haushofer meurt d’un cancer des os en 1970. Ses livres pour enfants (&#039;&#039;Müssen Tiere draußen bleiben&#039;&#039;, &#039;&#039;Bartls Abenteuer&#039;&#039;, &#039;&#039;Brav sein ist schwer…&#039;&#039;), dont certains paraissent à titre posthume, sont devenus des classiques de la littérature de jeunesse en Autriche. Après sa mort, son œuvre tombe dans l’oubli avant d’être redécouverte dans les années 1980 par les mouvements féministes. C’est d’ailleurs la question de la place de la femme dans la société qui apparaît comme un opérateur important de l’influence de la littérature française sur l’œuvre de l’écrivaine autrichienne. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Marlen Haushofer et la littérature française==&lt;br /&gt;
L’œuvre de Marlen Haushofer est traversée par des rapports difficiles entre homme et femme et par la dénonciation de la société patriarcale. Si les thèses de Simone de Beauvoir&amp;lt;ref&amp;gt;https://maitron.fr/spip.php?article16053&amp;lt;/ref&amp;gt; ne sont pas sa seule source d’inspiration (on pense également aux travaux de [[Rosa Mayreder]] comme autre source importante), la biographe de Haushofer, Daniela Strigl&amp;lt;ref&amp;gt;https://explore.gnd.network/gnd/121902811&amp;lt;/ref&amp;gt;, citant l’écrivain et ami de Haushofer, Oskar Jan Tauschinski&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Oskar_Jan_Tauschinski&amp;lt;/ref&amp;gt;, indique que l’autrice connaissait bien &#039;&#039;Le Deuxième Sexe&#039;&#039;, traduit en allemand sous le titre &#039;&#039;Das andere Geschlecht&#039;&#039; en 1951&amp;lt;ref&amp;gt;Strigl 2016, 193&amp;lt;/ref&amp;gt;. Comme de Beauvoir, Haushofer critique la société qui a érigé l’homme comme norme et façonné une certaine conception de la femme : mère, dépendante d’un père, conjoint, frère, pour ne pas dire soumise, cantonnée à des tâches subalternes, souvent domestiques, qui ne favorisent pas l’estime de soi. Cependant, Strigl précise aussi que le rapport de Haushofer aux écrits théoriques en général, et à l’œuvre de Simone de Beauvoir en particulier, n’est pas dogmatique. Si Haushofer critique la société dominée par les hommes, elle ne considère pas qu’un monde dominé par les femmes serait meilleur, son œuvre étant avant tout marquée par un grand pessimisme. Ainsi Haushofer se distingue-t-elle aussi de l’[[Existentialisme en Autriche|existentialisme]] de [[Albert Camus|Camus]] ou de Sartre&amp;lt;ref&amp;gt;https://expositions.bnf.fr/sartre/arret/ind_vie.htm&amp;lt;/ref&amp;gt;, qu’elle a selon Strigl vraisemblablement lu&amp;lt;ref&amp;gt;Strigl 2016, 216&amp;lt;/ref&amp;gt;. Daniela Strigl rapproche le destin des protagonistes haushoferiennes du Sisyphe de Camus, tout en soulignant que l’on ne peut imaginer celles-ci heureuses, à la différence de ce qu’écrit Camus à propos de Sisyphe&amp;lt;ref&amp;gt;Strigl 2016, 269&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dans sa biographie de l’autrice, Daniela Strigl rappelle par ailleurs que Hermann Hakel conseillait la lecture de Valéry aux jeunes écrivains (Strigl 2016, 167). Hans Weigel était aussi un connaisseur de la littérature française, notamment du théâtre de [[Molière]]. On peut imaginer que Haushofer, qui était une grande lectrice, a découvert certains écrivains de langue française sous l’impulsion de ces deux mentors, mais rien n’est prouvé. Enfin, Strigl indique que le grand-père de Marlen Haushofer aurait raconté à ses enfants des histoires de Jules Verne&amp;lt;ref&amp;gt;Strigl 2016, 59&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il est vrai que l’apparition d’un mur invisible dans le roman éponyme et la vie de la protagoniste isolée dans les montagnes ne sont pas sans évoquer certains romans d’aventures teintés de science-fiction de Verne. Le roman &#039;&#039;Die Wand&#039;&#039; est du reste le texte par lequel l’œuvre de Haushofer s’est fait connaître en France, comme dans bien d’autres pays.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==La réception de l’œuvre de Marlen Haushofer en France==&lt;br /&gt;
Marlen Haushofer fait son entrée dans le champ éditorial français en 1985 avec la traduction de &#039;&#039;Die Wand&#039;&#039; / &#039;&#039;Le Mur invisible&#039;&#039; par Liselotte Bodo et Jacqueline Chambon. Actes Sud, une maison d’édition dont le catalogue est presque entièrement fondé sur des traductions, défend véritablement l’autrice autrichienne par une politique éditoriale ambitieuse. Entre 1985 et 1992, la plupart des textes de Haushofer ont été traduits en français, par des traductrices reconnues comme Jacqueline Chambon et Liselotte Bodo ou Yasmin Hoffmann et Maryvonne Litaize. Le roman &#039;&#039;Le Mur invisible&#039;&#039; reste cependant le titre le plus connu de Haushofer : la maison d’édition évoque une présence constante du roman dans les librairies, entre 200 et 400 exemplaires sont vendus par mois depuis l’édition de poche en 1992&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.huffingtonpost.fr/culture/article/instagram-fait-remonter-le-livre-le-mur-invisible-en-tete-des-ventes-amazon_139413.html&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La réception du roman est relancée par l’adaptation filmique de Julian Roman Pölsler : le film sort en France en 2013, sans pour autant toucher un large public&amp;lt;ref&amp;gt;voir l’article du &#039;&#039;Monde&#039;&#039; https://www.lemonde.fr/culture/article/2013/03/12/le-mur-invisible-robinsonnade-a-l-autrichienne_1846701_3246.html, consulté le 12/11/2025&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant, la réception du &#039;&#039;Mur invisible&#039;&#039; va connaître un véritable essor grâce au post de Diglee (alias Maureen Wingrove), dessinatrice et blogueuse, sur Instagram qui qualifie ce roman de « coup de cœur ». Ce soutien inattendu par les réseaux sociaux déclenche une réception grand public&amp;lt;ref&amp;gt;voir l’article du Nouvel Obs https://www.nouvelobs.com/actualites/20190213.OBS0132/comment-le-mur-invisible-est-devenu-la-nouvelle-bible-ecofeministe.html, consulté le 12/11/2025&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Le Mur invisible&#039;&#039; devient un véritable livre culte, notamment pendant les périodes de confinement liées au Covid. Actes Sud procède à des réimpressions du titre et publie dans la foulée une traduction inédite, &#039;&#039;Une poignée de vie&#039;&#039; (&#039;&#039;Eine Handvoll Leben&#039;&#039;), réalisée par Jacqueline Chambon.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Recherche==&lt;br /&gt;
Peu de travaux de recherche sont consacrés à l’œuvre de Haushofer avant que &#039;&#039;Die Wand&#039;&#039; et &#039;&#039;Die Mansarde&#039;&#039; ainsi que l’adaptation filmique de Pölsler ne soient au programme du concours de l’agrégation externe d’allemand en 2018. Avant cette date, citons les contributions de Patrick Charbonneau, Miguel Couffon, Régine Battiston ainsi que notre article sur l’adaptation filmique publié dans &#039;&#039;Germanica&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le cadre de la préparation au concours de l’agrégation d’allemand en 2018-2020, une journée d’étude a été organisée à la Maison Heinrich Heine de Paris, suivie par la publication d’un ouvrage collectif, dirigé par Sylvie Arlaud, Marc Lacheny, [[Jacques Lajarrige]] et Éric Leroy du Cardonnoy : &#039;&#039;Dekonstruktion der symbolischen Ordnung bei Marlen Haushofer&#039;&#039; (Berlin : Frank &amp;amp; Timme 2019). Plusieurs articles consacrés à Haushofer seront publiés par la suite&amp;lt;ref&amp;gt;Camet 2021, Kargl/Le Née à paraître in Austriaca&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 2025-2026, le texte de Haushofer fait partie du programme des concours des classes préparatoires scientifiques. Plusieurs maisons d’édition proposent des ouvrages sur le roman de Haushofer (&#039;&#039;Expériences de la nature – Prépas scientifiques 2026 Verne – Canguilhem – Haushofer&#039;&#039;, chez Garnier Flammarion et aux PUF notamment). Trois thèses sur l’œuvre de Haushofer sont actuellement en cours de préparation (Rosanna Gangemi, « La fenêtre de la Tour. Poétique et esthétique du regard chez Marlen Haushofer », sous la direction de Florence Baillet et Thierry Lenain ; Camille Thion, « Écrire pour survivre – les femmes en résistance dans l’œuvre de Marlen Haushofer », sous la direction de Régine Battiston ; Patricia Wesquet, « L’écriture fragmentaire de Marlen Haushofer, miroir de crises identitaires », sous la direction de Marc Lacheny et Cécile Chamayou-Kuhn).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De manière générale, la recherche en France sur l’œuvre de Marlen Haushofer reprend des thématiques centrales chez cette écrivaine (dimension féministe, rapport à la nature).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Références et liens externes==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Bibliographie==&lt;br /&gt;
===Œuvres de Marlen Haushofer===&lt;br /&gt;
*Das fünfte Jahr. Novelle. Vienne : Verlag Jungbrunnen 1952.&lt;br /&gt;
*Eine Handvoll Leben. Roman. Vienne : Zsolnay 1955.&lt;br /&gt;
*Die Tapetentür. Roman. Vienne : Zsolnay 1957.&lt;br /&gt;
*Wir töten Stella. Erzählung. Vienne : Bergland 1958.&lt;br /&gt;
*Die Wand. Roman. Gütersloh et Vienne : Sigbert Mohn 1963.&lt;br /&gt;
*Himmel, der nirgendwo endet. Roman. Gütersloh : Mohn 1966.&lt;br /&gt;
*Lebenslänglich. Erzählungen. Graz : Stiasny 1966.&lt;br /&gt;
*Schreckliche Treue. Erzählungen. Düsseldorf : Claassen 1968.&lt;br /&gt;
*Die Mansarde. Roman. Düsseldorf : Claassen 1969.&lt;br /&gt;
*Die Frau mit den interessanten Träumen. Erzählungen. Munich : dtv 1990.&lt;br /&gt;
*Marlen Haushofer: Die Überlebenden. Unveröffentlichte Texte aus dem Nachlaß. Aufsätze zum Werk, éd. par Christine Schmidjell. Linz : Landesverlag 1991 [comprend notamment les Hörspiele Die Überlebenden, Ein Mitternachtsspiel, Der Wassermann et le Fernsehspiel Der Knabe im Dschungel].&lt;br /&gt;
===Traductions en français===&lt;br /&gt;
*Le Mur invisible (trad. Jaqueline Chambon/Liselotte Bodo). Arles : Actes Sud 1985.&lt;br /&gt;
*Nous avons tué Stella (trad. Yasmin Hoffmann/Maryvonne Litaize). Arles : Actes Sud 1986.&lt;br /&gt;
*Dans la mansarde (trad. Miguel Couffon). Arles : Actes Sud 1987.&lt;br /&gt;
*La porte dérobée (trad. Jaqueline Chambon/Liselotte Bodo). Arles : Actes Sud 1988.&lt;br /&gt;
*Sous un ciel infini (trad. Miguel Couffon). Arles : Actes Sud 1989.&lt;br /&gt;
*La cinquième année (trad. Miguel Couffon). Arles : Actes Sud 1992.&lt;br /&gt;
*La nuit (trad. Miguel Couffon). Arles : Actes Sud 1994.&lt;br /&gt;
*Une poignée de vie (trad. Jacqueline Chambon). Arles : Actes Sud 2020.&lt;br /&gt;
===Adaptation cinématographique===&lt;br /&gt;
*Julian Roman Pölsler : Die Wand. Arthaus/Reclam 2012.&lt;br /&gt;
*Julian Roman Pölsler : Wir töten Stella. Epo-Film 2017.&lt;br /&gt;
===Littérature critique===&lt;br /&gt;
*Arlaud, Sylvie, Lacheny, Marc, Lajarrige, Jacques et Leroy du Cardonnoy, Éric (dir.) : Dekonstruktion der symbolischen Ordnung bei Marlen Haushofer. Berlin : Frank &amp;amp; Timme 2019.&lt;br /&gt;
*Battiston, Régine : Lectures de l’identité narrative : Max Frisch, Ingeborg Bachmann, Marlen Haushofer, W. G. Sebald. Paris : Orizons 2009. &lt;br /&gt;
*Battiston, Régine : Marlen Haushofer : écrire pour transcender sa condition de femme. In : Germanica n° 46 (2010), p. 61–72.&lt;br /&gt;
*Bosse, Anke/Ruthner, Clemens : „Eine geheime Schrift aus diesem Splitterwerk enträtseln...“ Marlen Haushofers Werk im Kontext. Tübingen/Bâle : Francke 2000.&lt;br /&gt;
*Brandtner, Andreas/Kaukoreit, Volker : Marlen Haushofer. Die Wand. Stuttgart : Reclam 2012.&lt;br /&gt;
*Camet, Sylvie : Mur invisible et visibilité des murs : la claustration féminine chez Marlen Haushofer. In : TraHs n° 9 | 2021 : Cum finis. Femmes aux confins d’elles-mêmes.&lt;br /&gt;
*Charbonneau, Patrick : Portrait de femme en céleste dragon. Les images de Marlen Haushofer dans ses récits et romans. In : Germanica n° 5 (1989), p. 55–81. &lt;br /&gt;
*Couffon, Miguel : Marlen Haushofer (1920-1970). Écrire pour ne pas perdre la raison. Paris : L’Harmattan 2010.&lt;br /&gt;
*Duden, Anne [e.a.] : „Oder war da manchmal noch etwas anderes?“. Texte zu Marlen Haushofer. Francfort-sur-le-Main : Neue Kritik 1986. &lt;br /&gt;
*Fliedl, Konstanze : Die melancholische Insel. Zum Werk Marlen Haushofers. In : Vierteljahresschrift des Adalbert-Stifter-Instituts n° 35 (1986), H 1/2, p. 35–51.&lt;br /&gt;
*Frei Gerlach, Franziska : Schrift und Geschlecht. Feministische Entwürfe und Lektüre von Marlen Haushofer, Ingeborg Bachmann und Anne Duden. Berlin : Schmidt 1998. &lt;br /&gt;
*Gürtler, Christa (dir.) : Marlen Haushofer 1920-1970. Ich möchte wissen, wo ich hingekommen bin!. Linz : Stifterhaus 2010. &lt;br /&gt;
*Kargl, Elisabeth/Le Née, Aurélie : L’adaptation filmique de Die Wand de Marlen Haushofer. In : Germanica n° 53 (2013), p. 139–162.&lt;br /&gt;
*Kargl, Elisabeth/Le Née, Aurélie : L’enfermement dans l’œuvre de Marlen Haushofer. In : Karine Cardini, Iris Chionne, Georges Letissier : Le cercle étroit, à paraître. &lt;br /&gt;
*Kargl, Elisabeth/Le Née, Aurélie : La dénonciation de la violence dans Die Wand et Die Mansarde de Marlen Haushofer. In : Austriaca, à paraître. &lt;br /&gt;
*Schmidjell, Christine : Marlen Haushofer 1920-1970. Katalog einer Ausstellung, Zirkular Sondernummer 22, Juni 1990, zugleich Vierteljahresschrift des Adalbert-Stifter-Instituts, Jg. 39, Sonderheft 1990. &lt;br /&gt;
*Schmidjell, Christine/Bosse, Anke : Marlen Haushofer 1920-1970 (zweisprachiger Katalog), o. O., o. V., 1998. &lt;br /&gt;
*Seidel, Sabine : Reduziertes Leben. Untersuchungen zum erzählerischen Werk Marlen Haushofers. Passau : Univ. de Passau, thèse de doctorat 2005.&lt;br /&gt;
*Stuhlfauth, Mara : Moderne Robinsonaden: eine gattungstypologische Untersuchung am Beispiel von Marlen Haushofers Die Wand und Thomas Glavinics Die Arbeit der Nacht. Würzburg : Ergon Verlag 2011.&lt;br /&gt;
*Strigl, Daniela : Die Natur ist ein ernster Gegenstand. Stifter. Haushofer. Bernhard. Literatur im Stifter Haus, Band 24, 2011.&lt;br /&gt;
*Strigl, Daniela : „Wahrscheinlich bin ich verrückt...“ Marlen Haushofer. Die Biographie. Berlin : Ullstein/List 2016 (12007).&lt;br /&gt;
*Venske, Regula : Mannsbilder – Männerbilder. Konstruktion und Kritik des Männlichen in zeitgenössischer deutschsprachiger Literatur von Frauen. Hildesheim/Zürich/New York : Olms 1988. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Auteures==&lt;br /&gt;
Elisabeth Kargl&lt;br /&gt;
Aurélie Le Née&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mise en ligne : 10/06/2026&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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		<author><name>Hannah</name></author>
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		<title>Jacques Lajarrige</title>
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		<updated>2026-06-10T09:15:04Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Hannah : /* Activité scientifique et direction de recherche */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[Fichier:PXL_20240508_171613860_(002)_photo_Jacques_Lajarrige.jpg|thumb|210px|Jacques Lajarrige (2024)]]Né en 1960 à Angers, le germaniste français Jacques Lajarrige joue un rôle de premier plan dans la promotion et la diffusion de la littérature et de la culture autrichiennes en France par son activité scientifique et de direction de recherche, son travail éditorial comme directeur et rédacteur en chef de la revue &#039;&#039;[[Austriaca]]&#039;&#039;, ainsi que son activité de traducteur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Éléments de biographie==&lt;br /&gt;
Après un cursus d’études germaniques aux Universités de Nantes, Paris IV-Sorbonne et Lille, Jacques Lajarrige obtient le CAPES externe d’allemand en 1982 et l’agrégation externe d’allemand en 1984. Quatre ans plus tard, en 1988, il soutient à l’Université de Lille, sous la direction d’Erika Tunner, une thèse nouveau régime consacrée à un auteur autrichien dont il allait devenir l’un des meilleurs spécialistes, [[Hans Carl Artmann]] : &#039;&#039;Hans Carl Artmann. Tradition littéraire et exercices de style&#039;&#039; (un travail publié sous le même titre aux éditions Hans-Dieter Heinz à Stuttgart en 1992). En 1994, J. Lajarrige soutient à l’Université de Paris 12 son habilitation à diriger des recherches en études germaniques (garante : Erika Tunner) avec une étude intitulée : &#039;&#039;Entre mythe et réalité sociale. Exercices de style dans les littératures allemande et autrichienne contemporaines&#039;&#039;. Pour ce qui est de ses établissements d’exercice, J. Lajarrige a été maître de conférences à l’Université Blaise Pascal – Clermont 2 (1989-1994), puis professeur de littérature de langue allemande à l’Université d’Orléans (1994-1997), à l’Université Blaise Pascal – Clermont 2 (1997-2001), à l’Université Paris 3 (2001-2011) et, enfin, à l’Université Toulouse 2 – Jean Jaurès (depuis 2011). Dans cette dernière université, il a en particulier dirigé le Centre de recherches et d’études germaniques (CREG) de 2012 à 2022 et été responsable du master recherche en études germaniques de 2012 à 2020. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Activité scientifique et direction de recherche==&lt;br /&gt;
Les grands domaines scientifiques de Jacques Lajarrige sont la littérature, l’histoire des idées et des représentations en Autriche du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; au XXI&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle ; les écritures poétiques modernes et contemporaines (cf. notamment Lajarrige 2000) ; l’histoire des discours et des représentations de la Mitteleuropa dans l’espace germanique ; les littératures de langue allemande dans l’espace mitteleuropéen. &lt;br /&gt;
Pour ce qui est de ses études sur la littérature autrichienne, les publications de J. Lajarrige couvrent un vaste empan allant du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle ([[Franz Grillparzer]], [[Eduard von Bauernfeld]]) à nos jours (notamment le groupe de Vienne&amp;lt;ref&amp;gt;cf. Lajarrige 1996&amp;lt;/ref&amp;gt; : [[Hans Carl Artmann]], Gerhard Rühm&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.deutsche-biographie.de/118603930.html&amp;lt;/ref&amp;gt; ; [[Ernst Jandl]] et [[Friederike Mayröcker]] ; l’actionnisme viennois avec Günter Brus&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.universalis.fr/encyclopedie/gunter-brus/&amp;lt;/ref&amp;gt; ; [[Ilse Aichinger]], [[Ingeborg Bachmann]], Milo Dor&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.deutsche-biographie.de/104594896.html?language=en&amp;lt;/ref&amp;gt;, [[Marlen Haushofer]]&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.deutsche-biographie.de/118811134.html&amp;lt;/ref&amp;gt;, [[Joseph Roth]], [[Elfriede Jelinek]], Evelyn Schlag&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.deutsche-biographie.de/119559099.html?language=en&amp;lt;/ref&amp;gt;, Christoph Ransmayr&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.universalis.fr/encyclopedie/christoph-ransmayr/&amp;lt;/ref&amp;gt;, [[Peter Handke]] ; [[Rose Ausländer]], Oskar Pastior&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.engeler.de/pastior.html&amp;lt;/ref&amp;gt;, Heimrad Bäcker&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.onb.ac.at/sammlungen/literaturarchiv/bestaende/personen/baecker-heimrad-1925-2003/&amp;lt;/ref&amp;gt;). On ne peut qu’être frappé par la diversité des auteurs comme des champs d’investigation, ainsi que par le foisonnement des publications de J. Lajarrige. Dans ses écrits, ce dernier explore avec une grande finesse les phénomènes de rupture et de continuité qui traversent la littérature autrichienne, notamment la question du travail de mémoire et de l’écriture de la Shoah&amp;lt;ref&amp;gt;Lajarrige 2001&amp;lt;/ref&amp;gt; ou la position des écrivains face au passé nazi de l’Autriche&amp;lt;ref&amp;gt;Lajarrige 2016&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ses études sur les expressions poétiques dans l’Autriche contemporaine&amp;lt;ref&amp;gt;Lajarrige 1997&amp;lt;/ref&amp;gt; montrent à quel point « elles entretiennent une longue tradition de réflexion critique à propos du langage, illustrée tant par Wittgenstein que par Karl Kraus&amp;lt;ref&amp;gt;Ibid. : 202&amp;lt;/ref&amp;gt; ». Mais si l’on remonte jusqu’à Grillparzer, la contribution de J. Lajarrige est tout aussi significative : auteur d’une présentation très fournie de Grillparzer pour le &#039;&#039;Patrimoine littéraire européen&#039;&#039; dirigé par Jean-Claude Polet&amp;lt;ref&amp;gt;Bruxelles : De Boeck 1999, t. XI, p. 860–869&amp;lt;/ref&amp;gt;, il a également analysé en détail les journaux de voyage de l’auteur, chez qui l’approche historique et la dimension réflexive de l’écriture viatique se révèlent étroitement liées&amp;lt;ref&amp;gt;Lajarrige 2006&amp;lt;/ref&amp;gt;, la position de Grillparzer sur la question des nationalités&amp;lt;ref&amp;gt;Lajarrige 2006–2007&amp;lt;/ref&amp;gt;, Grillparzer et l’historiographie littéraire en Autriche&amp;lt;ref&amp;gt;Lajarrige 2011&amp;lt;/ref&amp;gt;, sans négliger non plus les enjeux – notamment politiques – de la postérité littéraire de l’auteur&amp;lt;ref&amp;gt;Lajarrige 2021&amp;lt;/ref&amp;gt;. &lt;br /&gt;
  &lt;br /&gt;
En ce qui concerne les ouvrages collectifs récents, on citera ici à titre d’exemples &#039;&#039;Modernité du mythe et violence de l’altérité&#039;&#039; : La Toison d’or &#039;&#039;de Franz Grillparzer&#039;&#039; (dirigé avec Marc Lacheny et Éric Leroy du Cardonnoy), paru en 2016 aux Presses Universitaires de Rouen et du Havre dans la collection « Études autrichiennes » (vol. 15) et &#039;&#039;Dekonstruktion der symbolischen Ordnung bei Marlen Haushofer: Die Wand und Die Mansarde&#039;&#039; (dirigé avec Sylvie Arlaud, Marc Lacheny et Éric Leroy du Cardonnoy), paru en 2019 chez Frank &amp;amp; Timme dans la collection « Forum: Österreich » (vol. 9) dans le cadre de la préparation au CAPES et à l’agrégation d’allemand ; &#039;&#039;Irreführung der Dämonen. Acht Essays zu Gregor von Rezzori&#039;&#039; (rédigé avec Andrei Corbea-Hoisie), paru en 2015 aux éditions Parthenon à Kaiserslautern ; &#039;&#039;Gregor von Rezzoris « Tanz mit dem Jahrhundert »&#039;&#039; (dirigé avec Fred Nielsen), paru en 2018 chez Frank &amp;amp; Timme dans la collection « Forum: Österreich » (vol. 7) ; &#039;&#039;Literaturbeziehungen im Kalten Krieg – Österreich und die DDR&#039;&#039; (dirigé avec Alfred Prédhumeau), à paraître en 2025 chez Frank &amp;amp; Timme dans la collection « Forum: Österreich » (vol. 21).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jacques Lajarrige a, par ailleurs, dirigé de nombreuses thèses en lien avec l’Autriche. Pour donner une idée du spectre des recherches de ses doctorantes et doctorants, quelques exemples des sujets traités suffiront : les écritures du corps dans les œuvres d’Evelyn Schlag et d’[[Elfriede Jelinek]] ; les écritures de soi dans l’œuvre de [[Gregor von Rezzori]] ; &#039;&#039;Hylé I&#039;&#039; et &#039;&#039;Hylé II&#039;&#039; de [[Raoul Hausmann]] ; les pratiques citationnelles dans &#039;&#039;Les derniers jours de l’humanité de Karl Kraus&#039;&#039; ; l’écriture extime dans les œuvres de fiction de [[Peter Handke]] (2002-2011) ; l’analyse du scepticisme et de ses formes visuelles dans trois récits d’[[Arthur Schnitzler]] ; la poésie de [[Rainer Maria Rilke|Rilke]] dans le contexte de ses traductions du français et du danois ; Das Haus am Ring : construction et reconstruction de l’[[Opéra de Vienne]] ; [[Joseph Roth]] et [[Stefan Zweig]] face aux bouleversements de l’entre-deux-guerres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Activité éditoriale : &#039;&#039;Austriaca&#039;&#039;, la collection « Études autrichiennes » et Frank &amp;amp; Timme (« Forum : Österreich »)==&lt;br /&gt;
Depuis 2004, Jacques Lajarrige est directeur et rédacteur en chef de la revue &#039;&#039;[[Austriaca]]&#039;&#039;. Cahiers universitaires d’information sur l’Autriche. Dans cette fonction, succédant à [[Félix Kreissler]], [[Gilbert Ravy]] et [[Gerald Stieg]], il a continué à ouvrir la revue à de jeunes chercheuses et chercheurs, à des collègues issus d’horizons différents ainsi qu’à ceux des États d’Europe centrale et orientale que leur passé lie à l’Autriche. De nouvelles sections ont été créées (« Publications récentes sur l’Autriche », titres réunis par J. Lajarrige), d’autres rétablies comme « Des idées et des faits », et le comité de rédaction a été en grande partie renouvelé. Dans une logique de modernisation, la revue a également accédé au portail en ligne &#039;&#039;Open Edition Journals&#039;&#039; en 2018 et, depuis août 2024, les numéros 1 à 84-85 sont disponibles sur la plateforme &#039;&#039;Persée&#039;&#039;.   &lt;br /&gt;
  &lt;br /&gt;
Outre son activité de rédacteur en chef, J. Lajarrige a coordonné, seul ou à plusieurs, bon nombre de numéros d’&#039;&#039;[[Austriaca]]&#039;&#039; en lien avec ses grands axes de recherche, comme &#039;&#039;La poésie autrichienne depuis 1945&#039;&#039; (n° 45), &#039;&#039;Gregor von Rezzori&#039;&#039; (n° 54), &#039;&#039;Elfriede Jelinek&#039;&#039; (n° 59), &#039;&#039;Littérature de voyage. Regards autrichiens sur le monde&#039;&#039; (n° 62) ; &#039;&#039;L’Empire austro-hongrois : les enjeux de la présence allemande en Europe centrale&#039;&#039; (1867-1918) (n° 73) ; &#039;&#039;Peter Handke et l’autonomie de la littérature&#039;&#039; (n° 92). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J. Lajarrige est également co-responsable, avec Jean-Numa Ducange, de la collection « Études autrichiennes » aux Presses universitaires de Rouen et du Havre, une collection ayant pour vocation de valoriser et de diffuser les résultats les plus récents de la recherche sur l’Autriche. Seize numéros, relevant à la fois de l’histoire, de la littérature, des arts et des questions sociétales, ont paru jusqu’ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, J. Lajarrige a créé et co-dirige avec Helga Mitterbauer, Professeure à l’Université libre de Bruxelles, la collection « Forum: Österreich » aux éditions Frank &amp;amp; Timme à Berlin. Cette collection, qui a déjà accueilli une vingtaine de titres depuis son lancement en 2014, a vocation à accueillir des monographies et des ouvrages collectifs consacrés à l’Autriche au sens large et relevant de la littérature et de l’histoire culturelle et politique. On y trouve ainsi des ouvrages inédits portant sur Andreas Latzko&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.deutsche-biographie.de/pnd120739755.html&amp;lt;/ref&amp;gt;, [[Richard Beer-Hofmann]], [[Vicky Baum]], Marlen Haushofer, Gregor von Rezzori, [[Raoul Schrott]], [[Franz Blei]], [[Joseph Roth]], Soma Morgenstern&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.deutsche-biographie.de/sfz65444.html&amp;lt;/ref&amp;gt; ou encore [[Franz Kafka]], ainsi que sur le rôle des traducteurs (&#039;&#039;Les traducteurs, passeurs culturels entre la France et l’Autriche&#039;&#039;) ou l’imagologie réciproque franco-autrichienne (&#039;&#039;Französische Österreichbilder – Österreichische Frankreichbilder&#039;&#039;).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Activité de traduction==&lt;br /&gt;
La riche activité scientifique et éditoriale de Jacques Lajarrige ne saurait par ailleurs occulter son activité de traducteur au service des auteurs et des œuvres qui lui sont chers. Il faut ici citer sa traduction de la célèbre nouvelle de Grillparzer, &#039;&#039;Der arme Spielmann&#039;&#039;, parue sous le titre Le pauvre musicien aux éditions Jacqueline Chambon (Nîmes) en 1991. J. Lajarrige a également traduit Hans Carl Artmann (un choix de poèmes paru dans le numéro 27, p. 153–161, d’&#039;&#039;[[Austriaca]]&#039;&#039;,&#039;&#039; Le message viride. 90 rêves&#039;&#039;, 1991, aux éditions Jacqueline Chambon, ainsi que &#039;&#039;Le Soleil était un œuf vert&#039;&#039; aux éditions Grèges : Montpellier 2011), Friederike Mayröcker (&#039;&#039;ziemlich Gedichtkopfkissen / presque oreiller-poème&#039;&#039;. Paris/Mayence : Despalles 1994), Milo Dor (&#039;&#039;Mitteleuropa. Mythe ou réalité ?&#039;&#039; Paris : Fayard 1999) – cf. aussi Lajarrige 2004 –, le récit &#039;&#039;Vienne et moi&#039;&#039; de Günter Brus, peintre autrichien et figure majeure de l’actionnisme viennois (Nancy : Absalon 2009), Evelyn Schlag (&#039;&#039;L’Ordre divin des désirs&#039;&#039;. Paris : Métailié 2002) et surtout Gregor von Rezzori : &#039;&#039;Le cygne et Murmures d’un vieillard&#039;&#039; (Paris-Monaco : Éditions du Rocher 2006 et 2008), &#039;&#039;Les morts à leur place. Journal d’un tournage&#039;&#039; (Paris : Le serpent à plumes 2009), &#039;&#039;Une hermine à Tchernopol&#039;&#039;, avec Catherine Mazellier-Lajarrige (Paris : éditions de l’Olivier 2011). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette pratique de la traduction littéraire a, par ailleurs, trouvé son prolongement pédagogique dans l’ouvrage &#039;&#039;Pratique de la version allemande&#039;&#039;, publié également avec Catherine Mazellier-Lajarrige aux Presses universitaires du Midi (Toulouse) en 2015.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par l’ensemble de ses activités – scientifiques, éditoriales, traductives –, Jacques Lajarrige apparaît comme un médiateur culturel majeur entre la France et l’Autriche et comme un infatigable promoteur de la littérature autrichienne en France.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Références et liens externes==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Bibliographie==&lt;br /&gt;
*Benay, Jeanne et Lajarrige, Jacques : « Littérature de voyage. Regards autrichiens sur le monde » = Austriaca 62 (2006).&lt;br /&gt;
*Lajarrige, Jacques : « Des héritiers de la tradition aux héritiers de l’avant-garde. La poésie autrichienne depuis 1945 ». In : Dieter Hornig, Georg Jankovic et Klaus Zeyringer (dir.) : Continuités et ruptures dans la littérature autrichienne. Nîmes : Annales de l’Institut Cuturel Autrichien, vol. I / Éditions Jacqueline Chambon 1996, p. 199–230. &lt;br /&gt;
*Lajarrige, Jacques (dir) : « La poésie autrichienne depuis 1945 » = Austriaca 45 (1997).&lt;br /&gt;
*Lajarrige, Jacques : « Routes et déroutes exotiques dans la poésie de Hans Carl Artmann ». In : Austriaca 45 (1997), p. 119–136.&lt;br /&gt;
*Lajarrige, Jacques (dir.) : Vom Gedicht zum Zyklus. Vom Zyklus zum Werk. Strategien der Kontinuität in der modernen und zeitgenössischen deutschsprachigen Lyrik. Innsbruck et al. : Studienverlag 2000.&lt;br /&gt;
*Lecerf, Christine / Lajarrige, Jacques / Masson, Jean-Yves (dir.) : « Littérature d’Autriche ». In : Europe 866–867 (juin-juillet 2001).&lt;br /&gt;
*Lajarrige, Jacques : « La citation au service de la mémoire. Nachschrift de Heimrad Bäcker » et « Exiger du sens. Où va la poésie autrichienne ? ». In : « Littérature d’Autriche », op. cit., p. 134–146 et 187–202.  &lt;br /&gt;
*Lajarrige, Jacques (dir.) : Milo Dor – Budapest – Belgrad – Wien: Wege eines österreichischen Schriftstellers. Salzbourg : Otto Müller 2004. &lt;br /&gt;
*Lajarrige, Jacques : « Grillparzer, voyageur malgré lui ». In : Austriaca 62 (2006), p. 85–111.&lt;br /&gt;
*Lajarrige, Jacques : « Franz Grillparzer et la question des nationalités ». In : Chroniques allemandes 11 (2006–2007), p. 127–145. &lt;br /&gt;
*Lajarrige, Jacques : « Worin unterscheiden sich die österreichischen Dichter von den übrigen? Franz Grillparzer et l’historiographie littéraire en Autriche ». In : Le texte et l’idée 25 (2011), p. 93–117.&lt;br /&gt;
*Lajarrige, Jacques : « Die Leiche im Keller. Les écrivains face au passé nazi de l’Autriche ». In : Austriaca 82 (2016), p. 29–50.&lt;br /&gt;
*Lajarrige, Jacques : « Trois portraits de Grillparzer : Hofmannsthal, Musil, Roth. Les enjeux politiques d’une postérité féconde ». In : Anne Feler, Raymond Heitz et Roland Krebs (dir.) : Études sur le monde germanique. Littérature, civilisation, arts. Choix de conférences (2005–2020) organisées par la Société Goethe de France (vol. II). Würzburg : Königshausen &amp;amp; Neumann 2021, p. 171–191.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Auteur==&lt;br /&gt;
Marc Lacheny&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mise en ligne : 20/01/2025&lt;br /&gt;
{{otherWiki|Jacques_Lajarrige}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Hannah</name></author>
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		<title>Heinrich Börnstein</title>
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		<updated>2026-06-09T15:09:17Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Hannah : /* Börnstein, traducteur de comédies populaires et de vaudevilles */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[File:HeinrichBoernstein.jpg|160px|thumb|Heinrich Börnstein, 1873]]Heinrich Börnstein (1805–1892) s’illustra dans le monde germanophone comme passeur des pièces de théâtre populaires françaises des années 1840. Il naquit dans une famille de comédiens à Hambourg et grandit à Lemberg. Il servit quelques années dans l’armée autrichienne et s’installa à Vienne en 1826 pour étudier la médecine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Börnstein, metteur en scène==&lt;br /&gt;
Börnstein prit rapidement pied sur les scènes de théâtre viennoises. Il travailla pour le &#039;&#039;Allgemeine Theater-Zeitung&#039;&#039; d’Adolf Bäuerle&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Adolf_B%C3%A4uerle&amp;lt;/ref&amp;gt;, devint secrétaire des théâtres réunis : « [[Theater an der Wien]] » et « Theater in der Josefstadt », évaluait les textes de pièces de théâtre et se chargeait des décors, des accessoires, des costumes et de la musique. En 1828, il débuta sa carrière de comédien : il se produisit dans les théâtres de Ofen (devenu une partie de Budapest), Temeswar (Timișoara), Laibach (Ljubljana), Sankt Pölten, Venise, Linz, Agram (Zagreb), Trieste, Mannheim et Mayence. Suite à cela, il atterrit à Paris où il occupa, entre autres, la fonction de metteur en scène à l’Opéra italien. Il fonda le « Bureau central de commission et de publicité pour l’Allemagne » (Central-Bureau für Commission und Publizität, commerziellen und geselligen Verkehr zwischen Frankreich und Deutschland) qui, à partir de 1842, se consacra à la traduction et à la diffusion de textes de théâtre.&amp;lt;ref&amp;gt;Cf. Börnstein 1881&amp;lt;/ref&amp;gt; Ses bons contacts parisiens lui permirent d’être parmi les premiers à acquérir des manuscrits : il les traduisait dès leur réception, donnait des conseils sur les costumes, les décors et la mise en scène, puis les envoyait aux théâtres germanophones intéressés. Grâce à ce processus, les pièces pouvaient être jouées sur les scènes germanophones seulement deux mois après leur création à Paris.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Börnstein, traducteur de comédies populaires et de vaudevilles==&lt;br /&gt;
Börnstein avait déjà appris le français à Hambourg durant l’occupation par l’armée napoléonienne. Lors de son service militaire, il travailla en qualité d’interprète, puis donna des cours de français à Vienne. La totalité de ses traductions parisiennes étaient des comédies populaires et des vaudevilles. Parmi les auteurs qu’il a traduits et adaptés figurent [[Eugène Scribe]], Alexandre Dumas (père)&amp;lt;ref&amp;gt;https://data.bnf.fr/ark:/12148/cb119010630&amp;lt;/ref&amp;gt;, Théophile Gautier&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.inha.fr/dictionnaire-critique-des-historiens-de-lart-actifs-en-france-de-la-revolution-a-la-premiere-guerre-mondiale/gautier-theophile-inha/&amp;lt;/ref&amp;gt; et Félix Pyat&amp;lt;ref&amp;gt;https://data.bnf.fr/ark:/12148/cb121671046&amp;lt;/ref&amp;gt;. Börnstein prétend avoir réalisé la traduction de cinquante pièces&amp;lt;ref&amp;gt;1881, p. 326&amp;lt;/ref&amp;gt;, mais seulement une bonne trentaine ont pu être identifiées, les autres n’ayant jamais été publiées.&amp;lt;ref&amp;gt;Répertorié dans Bachleitner 2008, p. 43-45&amp;lt;/ref&amp;gt; Les œuvres sont adaptées librement et, ce qui est habituel dans ce genre, remaniées afin de correspondre aux publics allemand et principalement autrichien. Ainsi, l’action de la comédie &#039;&#039;Riche d’amour&#039;&#039; (1845) de Xavier (Saintine)&amp;lt;ref&amp;gt;https://data.bnf.fr/ark:/12148/cb121396540&amp;lt;/ref&amp;gt;, Duvert&amp;lt;ref&amp;gt;https://data.bnf.fr/ark:/12148/cb11901485d&amp;lt;/ref&amp;gt; et Lauzanne&amp;lt;ref&amp;gt;https://data.bnf.fr/ark:/12148/cb10724165m&amp;lt;/ref&amp;gt;, basée sur un malentendu concernant un adultère présumé, ne se déroulait plus à « Paris chez un restaurateur », mais à Vienne : Nanterre était remplacée par Wiener Neustadt et les eaux de Cauterets par la station thermale de Bad Ischl. Les personnages ont dû être renommés en conséquence, c’est pourquoi Pingouin, le protagoniste, devint Rohrhuhn ; Vergaville, l’Officier et l’époux, devint Donnersdorf, etc. Il arrivait à Börnstein d’ajouter des références locales dans les dialogues. Lorsque, au détour d’une conversation, le personnage principal féminin Léonie/Leontine fait des compliments à Pingouin/Rohrhuhn : « Décidément, vous êtes très amusant ce soir »&amp;lt;ref&amp;gt;Duvert 1845a, p. 1&amp;lt;/ref&amp;gt;, le traducteur embellit le dialogue :&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| valign=&amp;quot;top&amp;quot; style=&amp;quot;padding-left: 30px;&amp;quot;|&lt;br /&gt;
&amp;lt;span style=&amp;quot;font-size:88%&amp;quot;&amp;gt;Leont. Sie werden ja zum Dichter heute Abend.&amp;lt;br&amp;gt;Rohrh. Zum Naturdichter, – zum Liebesdichter – ich mache Sonette, Stanzen, Madrigale, Lieder&amp;lt;br&amp;gt;–&amp;lt;br&amp;gt;Leont. Doch keine politischen?&amp;lt;br&amp;gt;Rohrh. Nein, – die sind mir als Beamter verboten.&amp;lt;ref&amp;gt;Duvert 1845b, p. 6&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/span&amp;gt;&lt;br /&gt;
|&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
D’un point de vue linguistique, Börnstein créait des effets comiques efficaces grâce aux jeux de mots et aux expressions plus ou moins équivalentes, trahissant ainsi sa familiarité avec la comédie populaire viennoise traditionnelle. Lorsque l’époux Vergaville/Donnersdorf demande à un domestique : « Qu’est-ce que vous dites là ? » (16) et que Börnstein ajoute : « Was sagst Du da, – elendes Subject? » (39), ou quand Rohrhuhn l’apostrophe d’un « Edler Oberkellner. Humanes Bedienungs-Individuum » (29) au lieu de « brave garçon » (11), ces formulations rappellent clairement le style de Johann Nestroy.&amp;lt;ref&amp;gt;d’informations dans Bachleitner 2008, p. 37-43&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Références et liens externes==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Bibliographie==&lt;br /&gt;
*Bachleitner, Norbert : Heinrich Börnstein als Übersetzer und Vermittler französischer Lustspiele. In : Übersetzen im Vormärz. Éd. par Bernd Kortländer et Hans T. Siepe. Bielefeld : Aisthesis 2008, p. 27-45.&lt;br /&gt;
*Börnstein, Heinrich : Fünfundsiebzig Jahre in der Alten und Neuen Welt. Memoiren eines Unbedeutenden. Vol. 2. Leipzig : O. Wigand 1881.&lt;br /&gt;
*Duvert, Félix-Auguste, Xavier-Boniface Saintine et Augustin Théodore de Lauzanne de Vauroussel : Riche d’amour, comédie-vaudeville en un acte. Paris : Beck 1845a.&lt;br /&gt;
*Duvert, Félix-Auguste, Xavier-Boniface Saintine et Augustin Théodore de Lauzanne de Vauroussel : Reich an Liebe oder Nur fünf Gulden. Leipzig : Sturm und Koppe 1845b.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Auteur==&lt;br /&gt;
Norbert Bachleitner&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Traduction française : Romane Kuntz&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mise en ligne : 09/06/2026&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{otherWiki|Heinrich_Börnstein}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Hannah</name></author>
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		<title>Heinrich Börnstein</title>
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		<updated>2026-06-09T15:08:47Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Hannah : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[File:HeinrichBoernstein.jpg|160px|thumb|Heinrich Börnstein, 1873]]Heinrich Börnstein (1805–1892) s’illustra dans le monde germanophone comme passeur des pièces de théâtre populaires françaises des années 1840. Il naquit dans une famille de comédiens à Hambourg et grandit à Lemberg. Il servit quelques années dans l’armée autrichienne et s’installa à Vienne en 1826 pour étudier la médecine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Börnstein, metteur en scène==&lt;br /&gt;
Börnstein prit rapidement pied sur les scènes de théâtre viennoises. Il travailla pour le &#039;&#039;Allgemeine Theater-Zeitung&#039;&#039; d’Adolf Bäuerle&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Adolf_B%C3%A4uerle&amp;lt;/ref&amp;gt;, devint secrétaire des théâtres réunis : « [[Theater an der Wien]] » et « Theater in der Josefstadt », évaluait les textes de pièces de théâtre et se chargeait des décors, des accessoires, des costumes et de la musique. En 1828, il débuta sa carrière de comédien : il se produisit dans les théâtres de Ofen (devenu une partie de Budapest), Temeswar (Timișoara), Laibach (Ljubljana), Sankt Pölten, Venise, Linz, Agram (Zagreb), Trieste, Mannheim et Mayence. Suite à cela, il atterrit à Paris où il occupa, entre autres, la fonction de metteur en scène à l’Opéra italien. Il fonda le « Bureau central de commission et de publicité pour l’Allemagne » (Central-Bureau für Commission und Publizität, commerziellen und geselligen Verkehr zwischen Frankreich und Deutschland) qui, à partir de 1842, se consacra à la traduction et à la diffusion de textes de théâtre.&amp;lt;ref&amp;gt;Cf. Börnstein 1881&amp;lt;/ref&amp;gt; Ses bons contacts parisiens lui permirent d’être parmi les premiers à acquérir des manuscrits : il les traduisait dès leur réception, donnait des conseils sur les costumes, les décors et la mise en scène, puis les envoyait aux théâtres germanophones intéressés. Grâce à ce processus, les pièces pouvaient être jouées sur les scènes germanophones seulement deux mois après leur création à Paris.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Börnstein, traducteur de comédies populaires et de vaudevilles==&lt;br /&gt;
Börnstein avait déjà appris le français à Hambourg durant l’occupation par l’armée napoléonienne. Lors de son service militaire, il travailla en qualité d’interprète, puis donna des cours de français à Vienne. La totalité de ses traductions parisiennes étaient des comédies populaires et des vaudevilles. Parmi les auteurs qu’il a traduits et adaptés figurent [[Eugène Scribe]], Alexandre Dumas (père)&amp;lt;ref&amp;gt;https://data.bnf.fr/ark:/12148/cb119010630&amp;lt;/ref&amp;gt;, Théophile Gautier&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.inha.fr/dictionnaire-critique-des-historiens-de-lart-actifs-en-france-de-la-revolution-a-la-premiere-guerre-mondiale/gautier-theophile-inha/&amp;lt;/ref&amp;gt;et Félix Pyat&amp;lt;ref&amp;gt;https://data.bnf.fr/ark:/12148/cb121671046&amp;lt;/ref&amp;gt;. Börnstein prétend avoir réalisé la traduction de cinquante pièces&amp;lt;ref&amp;gt;1881, p. 326&amp;lt;/ref&amp;gt;, mais seulement une bonne trentaine ont pu être identifiées, les autres n’ayant jamais été publiées.&amp;lt;ref&amp;gt;Répertorié dans Bachleitner 2008, p. 43-45&amp;lt;/ref&amp;gt; Les œuvres sont adaptées librement et, ce qui est habituel dans ce genre, remaniées afin de correspondre aux publics allemand et principalement autrichien. Ainsi, l’action de la comédie &#039;&#039;Riche d’amour&#039;&#039; (1845) de Xavier (Saintine)&amp;lt;ref&amp;gt;https://data.bnf.fr/ark:/12148/cb121396540&amp;lt;/ref&amp;gt;, Duvert&amp;lt;ref&amp;gt;https://data.bnf.fr/ark:/12148/cb11901485d&amp;lt;/ref&amp;gt; et Lauzanne&amp;lt;ref&amp;gt;https://data.bnf.fr/ark:/12148/cb10724165m&amp;lt;/ref&amp;gt;, basée sur un malentendu concernant un adultère présumé, ne se déroulait plus à « Paris chez un restaurateur », mais à Vienne : Nanterre était remplacée par Wiener Neustadt et les eaux de Cauterets par la station thermale de Bad Ischl. Les personnages ont dû être renommés en conséquence, c’est pourquoi Pingouin, le protagoniste, devint Rohrhuhn ; Vergaville, l’Officier et l’époux, devint Donnersdorf, etc. Il arrivait à Börnstein d’ajouter des références locales dans les dialogues. Lorsque, au détour d’une conversation, le personnage principal féminin Léonie/Leontine fait des compliments à Pingouin/Rohrhuhn : « Décidément, vous êtes très amusant ce soir »&amp;lt;ref&amp;gt;Duvert 1845a, p. 1&amp;lt;/ref&amp;gt;, le traducteur embellit le dialogue :&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| valign=&amp;quot;top&amp;quot; style=&amp;quot;padding-left: 30px;&amp;quot;|&lt;br /&gt;
&amp;lt;span style=&amp;quot;font-size:88%&amp;quot;&amp;gt;Leont. Sie werden ja zum Dichter heute Abend.&amp;lt;br&amp;gt;Rohrh. Zum Naturdichter, – zum Liebesdichter – ich mache Sonette, Stanzen, Madrigale, Lieder&amp;lt;br&amp;gt;–&amp;lt;br&amp;gt;Leont. Doch keine politischen?&amp;lt;br&amp;gt;Rohrh. Nein, – die sind mir als Beamter verboten.&amp;lt;ref&amp;gt;Duvert 1845b, p. 6&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/span&amp;gt;&lt;br /&gt;
|&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
D’un point de vue linguistique, Börnstein créait des effets comiques efficaces grâce aux jeux de mots et aux expressions plus ou moins équivalentes, trahissant ainsi sa familiarité avec la comédie populaire viennoise traditionnelle. Lorsque l’époux Vergaville/Donnersdorf demande à un domestique : « Qu’est-ce que vous dites là ? » (16) et que Börnstein ajoute : « Was sagst Du da, – elendes Subject? » (39), ou quand Rohrhuhn l’apostrophe d’un « Edler Oberkellner. Humanes Bedienungs-Individuum » (29) au lieu de « brave garçon » (11), ces formulations rappellent clairement le style de Johann Nestroy.&amp;lt;ref&amp;gt;d’informations dans Bachleitner 2008, p. 37-43&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Références et liens externes==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Bibliographie==&lt;br /&gt;
*Bachleitner, Norbert : Heinrich Börnstein als Übersetzer und Vermittler französischer Lustspiele. In : Übersetzen im Vormärz. Éd. par Bernd Kortländer et Hans T. Siepe. Bielefeld : Aisthesis 2008, p. 27-45.&lt;br /&gt;
*Börnstein, Heinrich : Fünfundsiebzig Jahre in der Alten und Neuen Welt. Memoiren eines Unbedeutenden. Vol. 2. Leipzig : O. Wigand 1881.&lt;br /&gt;
*Duvert, Félix-Auguste, Xavier-Boniface Saintine et Augustin Théodore de Lauzanne de Vauroussel : Riche d’amour, comédie-vaudeville en un acte. Paris : Beck 1845a.&lt;br /&gt;
*Duvert, Félix-Auguste, Xavier-Boniface Saintine et Augustin Théodore de Lauzanne de Vauroussel : Reich an Liebe oder Nur fünf Gulden. Leipzig : Sturm und Koppe 1845b.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Auteur==&lt;br /&gt;
Norbert Bachleitner&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Traduction française : Romane Kuntz&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mise en ligne : 09/06/2026&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{otherWiki|Heinrich_Börnstein}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Hannah</name></author>
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		<summary type="html">&lt;p&gt;Hannah : Heinrich Börnstein, Portrait von Jean Baptiste Feilner, 1873, Public Domain, Missouri History Museum&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Description ==&lt;br /&gt;
Heinrich Börnstein, Portrait von Jean Baptiste Feilner, 1873, Public Domain, Missouri History Museum&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Hannah</name></author>
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		<title>150 ans de la mort de Mozart (Vienne, 1941)</title>
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		<updated>2026-06-08T10:27:41Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Hannah : Page créée avec « À la fin de l’année 1941, une nombreuse et prestigieuse délégation française est invitée à Vienne pour la Semaine Mozart du Reich allemand, qui célèbre en grande pompe le cent-cinquantième anniversaire du décès du compositeur. Dans le cadre de ce festival d’une ampleur exceptionnelle, les nazis font du ‘divin Mozart’ un outil de propagande tous azimuts, notamment à destination des Français qui apportent une contribution importante à la réc... »&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;À la fin de l’année 1941, une nombreuse et prestigieuse délégation française est invitée à Vienne pour la Semaine Mozart du Reich allemand, qui célèbre en grande pompe le cent-cinquantième anniversaire du décès du compositeur. Dans le cadre de ce festival d’une ampleur exceptionnelle, les nazis font du ‘divin Mozart’ un outil de propagande tous azimuts, notamment à destination des Français qui apportent une contribution importante à la réception de l’événement dans la presse internationale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Un anniversaire hautement politique==&lt;br /&gt;
Le 150&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; anniversaire du décès de [[Mozart]] (1756–1791), en 1941, fournit au parti national-socialiste allemand – qui a annexé l’Autriche trois ans auparavant – une occasion rêvée de se célébrer lui-même. Partout à travers le Reich et les territoires occupés, concerts, festivals et représentations d’opéra sont organisés tout au long de l’année pour mettre en valeur le compositeur – et surtout, à travers lui, l’Allemagne d’Hitler, qui atteint son point d’expansion maximal vers le milieu de l’année 1941. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le sommet de cette vaste « année Mozart » (&#039;&#039;Mozart-Jahr&#039;&#039;) est sans contredit la Semaine Mozart du Reich allemand (&#039;&#039;Mozart-Woche des Deutschen Reiches&#039;&#039;), qui se tient à Vienne – où a vécu et s’est éteint le compositeur salzbourgeois 150 ans auparavant – du 28 novembre au 5 décembre 1941. Placé sous le double patronage du ministre de l’Éducation du peuple et de la propagande Joseph Goebbels&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.deutsche-biographie.de/gnd118540041.html#ndbcontent&amp;lt;/ref&amp;gt; (1897–1945) et du &#039;&#039;Gauleiter&#039;&#039; et &#039;&#039;Reichsstatthalter&#039;&#039; de Vienne Baldur von Schirach&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Baldur_von_Schirach&amp;lt;/ref&amp;gt; (1907–1974), ce  festival monumental (plus de 65 événements répartis en deux volets distincts) rassemble les meilleurs interprètes de la grande Allemagne au sein d’un programme musical étourdissant, ponctué de discours et de cérémonies destinées à un très large public : militaires, officiels et citoyens du Reich, mais aussi ressortissants d’une vingtaine de pays neutres, alliés ou occupés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’enjeu est bien sûr politique : il s’agit pour l’Allemagne nazie non seulement de confirmer l’annexion de l’Autriche en utilisant l’image et la musique d’un de ses compositeurs les plus célèbres&amp;lt;ref&amp;gt;Benoit-Otis et Delisle 2020&amp;lt;/ref&amp;gt;, mais aussi d’affirmer sa domination culturelle sur l’Europe, notamment auprès des Français. Formant la délégation étrangère la plus nombreuse et la plus prestigieuse, 22 journalistes et personnalités du milieu musical français invités à Vienne pour l’occasion font ainsi l’objet d’une véritable opération de séduction&amp;lt;ref&amp;gt;Benoit-Otis et Quesney 2016, 2019, 2020&amp;lt;/ref&amp;gt;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Les invités français du Reich==&lt;br /&gt;
Ce séjour musical des Français à Vienne s’inscrit dans la série des voyages de collaboration « à sens unique »&amp;lt;ref&amp;gt;Azéma 2012, 94&amp;lt;/ref&amp;gt; organisés par le Reich pour les écrivains, plasticiens et acteurs français à partir de l’automne 1941. Contactés sur la base de listes établies avec soin par les autorités allemandes, les 22 membres de la délégation française forment un tableau plutôt hétérogène. On peut tout d’abord distinguer les hommes politiques, directeurs d’institutions ou d’entreprises culturelles largement favorables à Vichy comme Jean Bérard&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/individus/b%C3%A9rard-6/&amp;lt;/ref&amp;gt; (1899–?, directeur de Pathé-Marconi), René Dommange&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/individus/dommange/&amp;lt;/ref&amp;gt; (1888–1977, directeur du Comité d’organisation des industries et commerces de la musique), Louis Hautecœur&amp;lt;ref&amp;gt;https://arthistorians.info/hautecoeurl&amp;lt;/ref&amp;gt; (1884–1973, directeur général des Beaux-Arts), Jean Marietti&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/individus/marietti/&amp;lt;/ref&amp;gt; (1900–1977, directeur des éditions Eschig) et Jacques Rouché&amp;lt;ref&amp;gt;https://cths.fr/an/savant.php?id=125470&amp;lt;/ref&amp;gt; (1862–1957, administrateur de la Réunion des théâtres lyriques nationaux). La délégation comprend par ailleurs Georges Labey&amp;lt;ref&amp;gt;https://data.bnf.fr/de/ark:/12148/cb10474864q&amp;lt;/ref&amp;gt; (1873–1952, médecin influent et proche ami de Rouché) et son épouse Suzanne Labey, née Lebas (1878–1969). Une deuxième catégorie d’invités comprend les musiciens. La soprano belge Vina Bovy&amp;lt;ref&amp;gt;https://data.bnf.fr/ark:/12148/cb139490035&amp;lt;/ref&amp;gt; (1900–1983) est l’unique interprète, tous les autres étant des compositeurs reconnus : Alfred Bachelet&amp;lt;ref&amp;gt;https://cths.fr/an/savant.php?id=125138&amp;lt;/ref&amp;gt; (1864–1944) et Florent Schmitt&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.academiedesbeauxarts.fr/florent-schmitt&amp;lt;/ref&amp;gt; (1870–1958), tous deux membres de l’Institut et présidents d’honneur de la section Musique du groupe Collaboration ; Marcel Delannoy&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/individus/delannoy/&amp;lt;/ref&amp;gt; (1898–1962) et Arthur Honegger&amp;lt;ref&amp;gt;https://hls-dhs-dss.ch/fr/articles/009493/2008-01-15/&amp;lt;/ref&amp;gt; (1892–1955), qui font partie des compositeurs les plus joués de leur génération. Honegger, qui connaît un important succès, est aussi critique à &#039;&#039;Comœdia&#039;&#039; depuis la reprise de la revue par René Delange en juin 1941 ; Delannoy, pour sa part, est critique musical du journal collaborationniste &#039;&#039;Les Nouveaux Temps&#039;&#039; et membre de la section musicale de Collaboration. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Outre deux musicologues spécialistes de Mozart, Adolphe Boschot&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/individus/boschot/&amp;lt;/ref&amp;gt; (1871–1955) et Paul-Marie Masson&amp;lt;ref&amp;gt;https://data.bnf.fr/ark:/12148/cb14841281j&amp;lt;/ref&amp;gt; (1882–1954), le groupe comprend des critiques musicaux et journalistes davantage marqués politiquement. Ainsi, Robert Bernard&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/individus/bernard-10/&amp;lt;/ref&amp;gt; (1900–1971, fondateur de &#039;&#039;L’Information musicale&#039;&#039; à l’automne 1940) accueille favorablement le principe de la collaboration artistique entre la France et l’Allemagne. C’est également le cas de René Delange&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/individus/delange-3/&amp;lt;/ref&amp;gt; (1889–1964, directeur de &#039;&#039;Comœdia&#039;&#039;), et plus clairement encore de Louise Humbert, (?–?) l’une des rares femmes critiques à cette époque. Eugène Gerber&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.alsace-histoire.org/netdba/gerber-eugene/&amp;lt;/ref&amp;gt; (1895–1952, directeur de &#039;&#039;Paris-Soir&#039;&#039; contrôlé par les Allemands) et surtout Lucien Rebatet&amp;lt;ref&amp;gt;https://data.bnf.fr/ark:/12148/cb11921312b&amp;lt;/ref&amp;gt; (1903–1972, ancien de &#039;&#039;L’Action française&#039;&#039;, fasciste notoire) sont cependant bien plus engagés que ces journalistes. Ensemble, ces 22 Français constituent la délégation étrangère la plus médiatisée à la Semaine Mozart du Reich allemand ; ils font par ailleurs l’objet de soins tout particuliers de la part des organisateurs, qui les incluent dans plusieurs manifestations musicales et politiques, rencontres prestigieuses et réceptions. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La concentration des lieux du festival au cœur de la cité permet aux invités de se déplacer à pied dans une ville paisible qui ne connaît pas de couvre-feu. Ceux-ci évoluent donc librement dans la « ville de la musique », ses monuments et ses palais construits depuis le règne des Habsbourg. Émus par la découverte (ou la redécouverte) de ces lieux chargés d’histoire musicale, les Français sont également très touchés par cet accueil privilégié qui les rassure et leur laisse croire que de véritables échanges musicaux seront bientôt possibles entre la France et le grand Reich&amp;lt;ref&amp;gt;Benoit-Otis et Quesney 2016, 2019&amp;lt;/ref&amp;gt;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Mozart sous la botte nazie, de Vienne à Paris==&lt;br /&gt;
Ce traitement privilégié contribue à rendre les Français plus réceptifs au discours de propagande entourant Mozart, qui, par le biais de nombreuses manipulations, se trouve transformé en symbole de l’Allemagne nazie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mozart est en premier lieu présenté comme explicitement aryen, malgré sa collaboration avec un librettiste d’origine juive (Lorenzo Da Ponte&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.biographien.ac.at/oebl/oebl_C/Conegliano_Emanuele_1749_1838.xml&amp;lt;/ref&amp;gt;, 1749–1838) et son engagement dans la franc-maçonnerie (perceptible notamment dans son opéra &#039;&#039;La Flûte enchantée&#039;&#039;). Retraduits spécialement pour la Semaine Mozart sur une commande du ministère de la Propagande&amp;lt;ref&amp;gt;Levi 2010&amp;lt;/ref&amp;gt;, les opéras de Mozart et Da Ponte sont ainsi présentés en allemand, publicisés par des affiches où le librettiste est à peine mentionné ; quant à la &#039;&#039;Flûte&#039;&#039;, elle est réinterprétée comme une sorte de conte enfantin dénué de tout contenu spirituel. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ensemble du programme de la Semaine Mozart est d’ailleurs conçu pour faire de Mozart un compositeur proche du peuple. La programmation inclut de nombreux événements axés sur un répertoire léger. Au sein du &#039;&#039;Wiener Programm&#039;&#039; (volet plus local de la Semaine Mozart, qui comporte également un &#039;&#039;Reichsprogramm&#039;&#039; plus officiel) figurent même deux concerts explicitement intitulés « Le Mozart joyeux » (« &#039;&#039;Der heitere Mozart&#039;&#039; »).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Malgré cette légèreté soigneusement accentuée, le Mozart du Troisième Reich n’en est pas moins présenté comme un farouche guerrier. Dans leurs discours officiels qui constituent deux moments clés de la Semaine Mozart, Goebbels et surtout Schirach exaltent ainsi en Mozart un compositeur « [den] unsere Soldaten gegen den wilden Ansturm des östlichen Barbarentums verteidigen » [« que nos soldats défendent contre l’attaque sauvage des barbares de l’est »]&amp;lt;ref&amp;gt;Goebbels 1943, 107&amp;lt;/ref&amp;gt; ; pour sa part, Schirach insiste sur le fait que « im Kriege […] bedeutet die Beschwörung [Mozarts] Geistes eine Handlung im Sinne der kämpfenden Soldaten » [« en ce contexte de guerre, invoquer l’esprit [de Mozart], c’est agir comme les soldats qui combattent »]&amp;lt;ref&amp;gt;Schirach 1943, 8&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si Mozart peut être ainsi associé aux soldats allemands, c’est qu’il est lui-même présenté comme la quintessence même de l’artiste allemand, un compositeur dont la vocation profonde était de créer une musique véritablement allemande. Dans la rhétorique nazie (qui efface complètement les racines autrichiennes de Mozart), cette germanité idéale fait de lui un créateur qui touche le monde entier, car l’art allemand est d’une telle profondeur qu’il permet, ultimement, de rejoindre l’âme humaine dans son essence la plus universelle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces &#039;&#039;topoï&#039;&#039; de la propagande nazie qui font de Mozart un compositeur aryen, guerrier, musicien du peuple et allemand, donc universel, se retrouvent en partie dans les articles publiés à leur retour par les invités français, lesquels mettent l’accent sur la grandeur du festival et sur le pouvoir d’universalité de la musique du ‘divin Mozart’. Les 26 comptes rendus publiés dans la presse française à la suite de la Semaine Mozart sont tous très louangeurs. Plusieurs d’entre eux insistent sur l’exemplarité de l’Allemagne musicale (Delange, Honegger), mais aussi politique (Rebatet). Dans ses articles, Rebatet déverse sa haine obsessionnelle à l’égard des Juifs, mais aussi de la démocratie, et se réjouit de décrire une Vienne régénérée par l’Anschluss&amp;lt;ref&amp;gt;Rebatet 1941 ; voir aussi Ory 2015&amp;lt;/ref&amp;gt;. Mozart est selon lui un génie fondamentalement allemand, dont l’œuvre n’a subi que très superficiellement l’influence de la musique italienne&amp;lt;ref&amp;gt;Rebatet 1942&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour Bernard, Mozart a su « fondre au creuset de sa personnalité et de son génie essentiellement germanique [d]es apports hétérogènes », ce qui rend le compositeur à la fois allemand et universel&amp;lt;ref&amp;gt;Bernard 1941, 477&amp;lt;/ref&amp;gt;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est précisément en raison de son « universalité » que Mozart est considéré par la majorité des auteurs comme une figure de réconciliation. « Dans cet enthousiasme collectif, il n’y avait […] ni vaincus, ni humiliés, mais seulement des hommes tournés vers un avenir de paix », écrit Genin à propos de la cérémonie officielle qui marque l’anniversaire exact du décès de Mozart, le 5 décembre 1941&amp;lt;ref&amp;gt;Genin 1941, 3&amp;lt;/ref&amp;gt;. Organisée sur le flanc nord de la cathédrale Saint-Stéphane – qui a accueilli en 1791 les derniers sacrements du compositeur –, cette cérémonie réunit tous les représentants des nations invitées dans le cadre d’une grand-messe nazie en mémoire de Mozart. Elle est suivie d’une monumentale exécution du &#039;&#039;Requiem&#039;&#039; sous la direction de Wilhelm Furtwängler&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.deutsche-biographie.de/118536931.html#ndbcontent&amp;lt;/ref&amp;gt; dans la grande salle du Musikverein ; le tout est conçu – et perçu – comme l’apothéose d’une semaine exceptionnelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Semaine Mozart du Reich allemand apparaît donc comme un gage de réconciliation de la part d’une grande Allemagne triomphante, mais aussi accueillante, qui délivre un message de paix et de communion aux nations qu’elle a vaincues. Ces idées correspondent de fait à l’un des principaux objectifs de la propagande culturelle nazie en  France : donner l’illusion d’une paix retrouvée et d’une réelle collaboration entre les deux pays alors qu’il s’agit en réalité d’écraser toute influence française.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==« Un pèlerinage encore plus nazi que mozartien »==&lt;br /&gt;
Ainsi les invités français ont-ils volontiers relayé dans leurs comptes rendus de presse le discours de propagande déployé au cours de la Semaine Mozart, remplissant quelquefois avec zèle le rôle de médiateurs qui leur avait été attribué. De ce fait, la Semaine Mozart du Reich allemand, qui constitue sans doute le plus important festival musical européen des années de guerre, a – en France du moins – très efficacement rempli sa mission propagandiste. Le fasciste Rebatet est cependant l’un des seuls Français à assumer pleinement sa participation à ce « pèlerinage encore plus nazi que mozartien »&amp;lt;ref&amp;gt;Rebatet 1976, 40&amp;lt;/ref&amp;gt;. Souvent peu politisés, les musiciens de la délégation s’abritent majoritairement derrière l’idée – solidement ancrée dans le milieu musical – que l’art ne pourrait être mêlé aux conflits temporels. Figure universellement admirée, le Mozart qui leur a été présenté à Vienne est pourtant bel et bien un porte-étendard du Reich, dont la manipulation a permis à l’Allemagne nazie de renforcer son rayonnement culturel de part et d’autre de ses frontières, de l’Autriche annexée jusqu’à la France occupée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Références et liens externes==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Bibliographie== &lt;br /&gt;
===Sources primaires=== &lt;br /&gt;
*Bernard, Robert : Le festival Mozart à Vienne. In : L’Information musicale, vol. 2, 50, 19 décembre 1941, p. 476–477. &lt;br /&gt;
*Delannoy, Marcel : Huit jours à Vienne avec Mozart. In : Les Nouveaux Temps, 15 décembre 1941, p. 2. &lt;br /&gt;
*Genin, Raphaël-Edgar : Vienne a glorifié le divin Mozart, pur génie de la musique. In : Paris-Soir, 12 décembre 1941, p. 1 et 3. &lt;br /&gt;
*Goebbels, Joseph : Im Herzen seines Volkes. Rede zum 150. Todestag Wolfgang Amadeus Mozarts. In: Das eherne Herz. Reden und Aufsätze aus den *Jahren 1941/42. Munich : Zentralverlag der NSDAP / Franz Eher Nachf 1943, p. 104-110. &lt;br /&gt;
*Rebatet, Lucien : À travers Vienne en guerre. In : Je suis partout, 20 décembre 1941, p. 3.&lt;br /&gt;
*Rebatet, Lucien : Mozart et le génie allemand. In : Deutschland-Frankreich. Vierteljahresschrift des Deutschen Instituts Paris, vol. 1, 2, 1942, p. 141–145. &lt;br /&gt;
*Rebatet, Lucien : Les mémoires d’un fasciste, vol. 2. 1941–1947. Paris : Jean-Jacques Pauvert 1976. &lt;br /&gt;
*Schirach, Baldur von : Rede zur Eröffnung der Mozartwoche. Gehalten in Wien am 28. November 1941, Weimar : Gesellschaft der Bibliophilen 1943.&lt;br /&gt;
===Littérature secondaire=== &lt;br /&gt;
*Azéma, Jean-Pierre : Vichy-Paris, les collaborations. Histoire et mémoires. Bruxelles : A. Versaille 2012.&lt;br /&gt;
*Benoit-Otis, Marie-Hélène et Julie Delisle : Mozart au service du Grand Reich. Instrumentalisations politiques et mises en scène nazies en Autriche annexée, 1938-1945. In : Cahiers de la Société québécoise de recherche en musique 21,1, 2020 (paru en mars 2022), p. 11–32.&lt;br /&gt;
*Benoit-Otis, Marie-Hélène et Cécile Quesney : A Nazi Pilgrimage to Vienna? The French Delegation at the 1941 “Mozart Week of the German Reich”. In : The Musical Quarterly, 99, 1, 2016, p. 6–59.&lt;br /&gt;
*Benoit-Otis, Marie-Hélène et Cécile Quesney : Mozart 1941. La Semaine Mozart du Reich allemand et ses invités français. Rennes : Presses universitaires de Rennes, 2019. &lt;br /&gt;
*Benoit-Otis, Marie-Hélène et Cécile Quesney : 1941. Des musiciens français à Vienne pour les fêtes Mozart du Reich allemand. In : Nouvelle histoire de la musique en France (1870-1950), sous la direction de l’équipe « Musique en France aux XIXe et XXe siècles : discours et idéologies », mis en ligne le 23 juillet 2020.&lt;br /&gt;
*Corcy, Stéphanie : La vie culturelle sous l’Occupation. Paris : Perrin 2005.&lt;br /&gt;
*Gribenski, Jean : Mozart, « musicien européen » ou créateur d’une musique « d’essence germanique » ? Les célébrations à Paris en 1941 ». In : Myriam Chimènes et Yannick Simon (dir.) : La musique à Paris sous l’Occupation. Paris : Fayard 2013, p. 97–105. &lt;br /&gt;
*Iglesias, Sara : Musicologie et Occupation. Science, musique et politique dans la France des « années noires ». Paris : Éditions de la Maison des sciences de l’homme 2014. &lt;br /&gt;
*Le Bail, Karine : La musique au pas. Être musicien sous l’Occupation. Paris : CNRS éditions 2016. &lt;br /&gt;
*Levi, Erik : Mozart and the Nazis. How the Third Reich Abused a Cultural Icon. New Haven : Yale University Press 2010.&lt;br /&gt;
*Ory, Pascal : Préface. In : Bénédicte Vergez-Chaignon (dir.), Le dossier Rebatet : Les décombres, L’inédit de Clairvaux. Paris : Robert Laffont 2015, p. 7–37. &lt;br /&gt;
*Simon, Yannick : Composer sous Vichy. Lyon : Symétrie 2009. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Autrices==&lt;br /&gt;
Marie-Hélène Benoit-Otis et Cécile Quesney&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mise en ligne : 08/06/2026&lt;br /&gt;
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		<author><name>Hannah</name></author>
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		<title>Elisabeth Freundlich</title>
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		<updated>2026-06-08T09:34:24Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Hannah : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Écrivaine, journaliste, traductrice et bibliothécaire, Elisabeth Freundlich (pseudonyme Elisabeth Lanzer, 21.7.1906 à Vienne – 25.1.2001 à Vienne) a joué un rôle déterminant dans l’organisation de la résistance autrichienne au national-socialisme en France, notamment à Paris et dans le Sud-Ouest de la France&amp;lt;ref&amp;gt;Lajarrige 2018&amp;lt;/ref&amp;gt;, puis, à partir de 1940, aux États-Unis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Biographie==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elisabeth Freundlich est née dans une famille de la grande bourgeoisie juive. Elle grandit à Vienne dans un environnement protégé, qui contribue doublement à sa formation politique et artistique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Les années de formation viennoises==&lt;br /&gt;
Son père, Jacques (Jakob) Freundlich, est un militant social-démocrate de premier plan, proche de Viktor Adler. Avocat, puis membre de la Cour constitutionnelle, il compte parmi les fondateurs de l’&#039;&#039;Arbeiter-Zentralbank&#039;&#039; [Banque centrale des travailleurs], dont il prendra ensuite la direction. Sa mère, Olga, dont la famille est originaire de Moravie, reçoit une formation de musicienne et de cantatrice.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parallèlement à ses études de germanistique, d’art dramatique et d’histoire de l’art, Elisabeth Freundlich travaille comme dramaturge et metteuse en scène au &#039;&#039;Neues Wiener Schauspielhaus&#039;&#039;, sous le pseudonyme d’Elisabeth Lanzer, le nom de jeune fille de sa mère. Première manifestation concrète d’un intérêt pour la politique, elle adhère à la Fédération des étudiants socialistes d’Autriche (&#039;&#039;Verband Sozialistischer Studenten Österreichs&#039;&#039;).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 1932-1933, elle collabore à la revue &#039;&#039;Die Wiener Weltbühne&#039;&#039;, fait ensuite plusieurs séjours à Paris, où elle assiste à des cours à la Sorbonne et à une lecture d’Egon Erwin Kisch au profit des républicains espagnols. Cette expérience répétée de la langue et de la culture politique françaises sera déterminante pour la période de l’exil. L’arrestation de son père en 1934, accusé sans preuve ni fondement de détournement de fonds et, de ce fait, interdit de travail puis assigné à résidence, met fin à une période d’insouciance et d’harmonie. Elle aiguise son intérêt pour l’actualité politique et lui fait ressentir concrètement le climat antisémite qui gangrène l’État corporatiste autrichien. C’est aussi de ce moment qu’elle date, dans son autobiographie &#039;&#039;Die fahrenden Jahre&#039;&#039; (1992), le début de sa propre politisation et de ses activités antifascistes&amp;lt;ref&amp;gt;Freundlich 1992 : 69&amp;lt;/ref&amp;gt;, qui relèguent pour un temps son intérêt pour la littérature au second plan.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès 1937, Elisabeth Freundlich s’engage dans les comités de soutien aux républicains espagnols, dont le sort peu enviable, aggravé par la politique de non-intervention de la France, la bouleverse&amp;lt;ref&amp;gt;Alge 1983 : 33&amp;lt;/ref&amp;gt;. C’est là une expérience qu’elle présentera comme décisive pour la suite de son parcours et ses engagements futurs, et qui la convainc que la vie n’a de sens que si elle est guidée par des actions concrètes de solidarité&amp;lt;ref&amp;gt;Freundlich 1984 : 40&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette empathie, qui se traduit par des actions concrètes, caractérisera plus tard également les personnages de ses œuvres de fiction qui cherchent à mettre en accord leurs idées et leurs actes. À cette époque déjà, elle entretient des contacts avec le &#039;&#039;Schutzverband deutscher Schriftsteller im Ausland&#039;&#039;, l’Association de défense des écrivains allemands à l’étranger, qui avait été refondée à Paris par des écrivains ayant émigré en France après la mise au pas en 1933 du &#039;&#039;Schutzverband deutscher Schriftsteller&#039;&#039;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==L’exil en France==&lt;br /&gt;
Les événements de mars 1938 à Vienne marquent une nouvelle césure aussi bien pour elle que pour ses parents. La conscience aiguë du danger les conduit sans attendre sur le chemin de l’exil. Dès le 11 mars 1938, ils parviennent à fuir Vienne et gagnent Paris via la Suisse. La crainte que la Suisse, bien que neutre, ne soit pas totalement à l’abri de la menace nazie et l’espoir de trouver en France auprès des camarades socialistes un appui bienveillant expliquent ce choix. Le titre du chapitre consacré dans son autobiographie à l’exil français, « Rettung und Hoffnung » (Sauvetage et Espoir), résume son état d’esprit d’alors. La première démarche qu’elle entreprend avec ses parents auprès des autorités françaises est de se déclarer comme Ex-Autrichiens, en guise de protestation contre la suppression du terme Autriche, remplacé selon la volonté des nazis après l’&#039;&#039;Anschluss&#039;&#039; par celui de « Ostmark », Marche de l’Est&amp;lt;ref&amp;gt;Freundlich 1992 : 82&amp;lt;/ref&amp;gt;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À Paris, Elisabeth Freundlich noue rapidement contact avec d’autres intellectuels autrichiens exilés, soucieux comme elle d’alerter l’opinion publique française sur la situation de l’Autriche. Tous sont conscients que cela ne peut se faire sans l’aide d’écrivains de renom, déjà bien connus du public français. C’est ainsi qu’elle participe à la fondation de la &#039;&#039;Fédération des émigrés autrichiens&#039;&#039;, puis de &#039;&#039;La ligue de l’Autriche vivante&#039;&#039; avec Conrad H. Lester, Arpad Haas et Emil Alphons Reinhardt, écrivain autrichien établi sur la Côte d’Azur depuis 1928 et auteur de biographies historiques sur Napoléon III, Joséphine de Beauharnais et Heinrich IV. Actif dans la résistance française, Reinhardt sera arrêté chez lui, au Lavandou, livré par les troupes italiennes d’occupation à la Gestapo, puis déporté à Dachau. À cette entreprise de structuration et de visibilisation de la résistance autrichienne en France s’associeront entre autres [[Joseph Roth]], [[Alfred Polgar]], [[Gina Kaus]] et [[Franz Werfel]], qui deviendra vice-président de la &#039;&#039;Ligue de l’Autriche vivante&#039;&#039;. L’acte de naissance inofficiel de la Ligue fut d’ailleurs une lecture publique de Franz Werfel, dont la notoriété en France semblait à Elisabeth Freundlich de nature à fédérer les énergies et à gagner à la cause autrichienne des personnalités françaises de premier plan. Dans son autobiographie, elle se souvient ainsi avec reconnaissance de la présence de Benjamin Crémieux, d’Albert Dauzat, de Paul Jules Perrin, président du comité consultatif pour les réfugiés allemands mis en place par le gouvernement de Léon Blum pour régler la question des réfugiés ayant fui l’Allemagne nazie depuis 1933 et, depuis 1935, secrétaire-général du Bureau international pour le respect du droit d’asile et l’aide aux réfugiés politiques. S’y ajoutent André Cotton, membre de l’Académie des Sciences, l’ex-ministre des Affaires étrangères Yves Delbos, ou encore l’écrivain Jean-Richard Bloch&amp;lt;ref&amp;gt;Freundlich 1992 : 85 et Kreissler 1983&amp;lt;/ref&amp;gt;. L’autobiographie retrace également la véritable séance inaugurale de la Ligue dans les salons de l’hôtel Lutétia, Boulevard Raspail, en présence de Joseph Roth, [[Siegfried Trebitsch]], Alfred Polgar, Walter Tritsch et E. A. Reinhardt et présente les obsèques de Roth, auxquelles assiste Elisabeth Freundlich en sa qualité de déléguée, comme étant sa dernière manifestation publique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après la déclaration de guerre, elle collabore brièvement à des émissions radiophoniques dans le cadre des programmes allemands de la radio française dirigés par Rudolf Leonhard&amp;lt;ref&amp;gt;Lajarrige, Mazellier-Lajarrige 2020 : 7&amp;lt;/ref&amp;gt;, pour lequel elle rédige plusieurs messages relatant la situation en Autriche. Proche du journaliste Otto Heller, ancien responsable du &#039;&#039;Berliner Welt am Abend&#039;&#039; et rédacteur en chef du mensuel &#039;&#039;Nouvelles d’Autriche&#039;&#039;, dont elle fit également la connaissance à Paris, elle en rejoint la rédaction jusqu’à la fin de sa parution, au moment de la déclaration de guerre&amp;lt;ref&amp;gt;Freundlich 1992 : 91&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’invasion de la Belgique et de la Hollande par l’armée allemande constitue une nouvelle menace, aggravée peu de temps après par la reddition de la France et la signature de l’armistice du 22 juin 1940 avec le Troisième Reich, à Rethondes, dont une clause prévoyait de livrer tous les activistes antifascistes. Devançant le danger, Elisabeth Freundlich rejoint Montauban avec ses parents le 10 mai 1940, passe la frontière espagnole à Port-Bou le 22 mai, puis gagne New York le 28 novembre 1940 depuis le Portugal. Le choix de Montauban ne doit rien au hasard, puisque grâce aux activités de la Représentation à l’étranger des socialistes autrichiens (&#039;&#039;Auslandsvertretung österreichischer Sozialisten&#039;&#039;) et à l&#039;aide de Léon Blum, la ville était connue pour être un centre important de l’exil autrichien, où près de 200 réfugiés et leurs familles avaient trouvé refuge et soutien. L’AVÖS, fondée fin mars 1938 par [[Otto Bauer]], Joseph Buttinger&amp;lt;ref&amp;gt;https://dasrotewien.at/seite/buttinger-joseph&amp;lt;/ref&amp;gt; et Friedrich Adler&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.deutsche-biographie.de/dbo001429.html?language=de#dbocontent&amp;lt;/ref&amp;gt;, était la seule représentation des intérêts de la social-démocratie autrichienne reconnue par la Deuxième Internationale. Initialement domicilié à Bruxelles (1938), puis à Paris (1939/1940), son siège avait été brièvement transféré à Montauban (Tarn-et-Garonne) face à l’avancée des troupes allemandes sur le territoire français, puis enfin à New York. Elisabeth Freundlich put ainsi échapper au sort de nombreux Autrichiens et Allemands qui furent livrés par les autorités françaises. Elle le doit également à l’intervention généreuse de Joseph Buttinger qui, sans connaître directement la famille Freundlich autrement que de réputation, fit placer l’écrivaine et ses parents sur la liste prioritaire des exilés à qui il fallait délivrer un visa d’urgence (&#039;&#039;Emergency Rescue Visa&#039;&#039;).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==L’exil américain==&lt;br /&gt;
Aux États-Unis, Elisabeth Freundlich doit rapidement chercher un moyen de subsistance. Elle y suit une formation de bibliothécaire à la &#039;&#039;Columbia University&#039;&#039;, travaille ensuite au &#039;&#039;Metropolitan Museum&#039;&#039;, enseigne un temps l’allemand à la &#039;&#039;Princeton University&#039;&#039; (New Jersey) et devient, sous le nom de jeune fille de sa mère, Lanzer, responsable du supplément littéraire de la revue new yorkaise &#039;&#039;Austro American Tribune&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;Hertling 1992 et Hertling 1997 : 107&amp;lt;/ref&amp;gt;, fondée en 1942 sous le nom de &#039;&#039;Freiheit für Österreich&#039;&#039;. L’idée de ce supplément était née des discussions entre Elisabeth Freundlich, Wilhelm Gründorfer, alors directeur de la publication, et Bertolt Brecht&amp;lt;ref&amp;gt;Alge 1983 : 36&amp;lt;/ref&amp;gt;. C’est dans ses colonnes que paraîtra après 1945 l’appel lancé par Viktor Matejka aux émigrés autrichiens de rentrer dans leur pays. Cette publication, pour laquelle elle sut gagner de précieuses collaborations d’auteurs autrichiens, comme Ferdinand Bruckner ou Berthold Viertel, constitua pour elle un moyen de poursuivre le travail entamé à Paris et trop vite avorté avec les &#039;&#039;Nouvelles d’Autriche&#039;&#039; et de constituer un point de ralliement de tous ceux qui luttaient pour l’indépendance de l’Autriche et voulaient s‘employer à en diffuser la culture.  Ernst Waldinger, Theodor Kramer, Alfred Polgar, Günther Anders, [[Raoul Auernheimer]], Ernst Lothar, Franz Theodor Csokor, [[Stefan Zweig]] font partie des auteurs qui répondirent aux sollicitations d’Elisabeth Freundlich.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un autre succès permet de faire le lien entre la période française et la période américaine de l’auteure. Dans ce contexte, il convient en effet, parmi les sensations littéraires qui lui sont imputables, de mentionner la publication en avant-première d’une scène de la pièce alors encore inédite de Franz Werfel, &#039;&#039;Jakobowsky und der Oberst&#039;&#039;, peu de temps après le succès de sa création en anglais à Boston deux mois auparavant&amp;lt;ref&amp;gt;Hertling 1997 : 109&amp;lt;/ref&amp;gt;. De cette manière, elle parvient à renouer les liens avec celui dont la lecture à Paris le 14 janvier 1939 avait annoncé la création de la Ligue pour l’Autriche vivante. La durée d’existence du &#039;&#039;Austro American Tribune&#039;&#039; (1942–1949), inhabituellement longue compte tenu des circonstances politiques, ainsi que l’engagement constant de Freundlich au service de la cause des exilés, contribuèrent à entretenir leur conscience de l’identité autrichienne sur le sol américain, mais également de tous ceux qui étaient restés en Autriche, puisque sa diffusion y fut autorisée à partir de 1947 par les forces d’occupation alliées. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Le traitement littéraire de l’exil sur fond de difficile retour à Vienne==&lt;br /&gt;
Mariée depuis 1945 au philosophe autrichien Günther Anders (d’avec qui elle divorcera en 1955), elle rentre avec lui à Vienne en 1950 sans parvenir à y faire publier ses œuvres littéraires. Comme nombre de ses compagnons d’infortune, elle éprouve le sentiment douloureux que le retour des exilés, dans une Autriche exsangue et profondément marquée, au plan idéologique, par les clivages de la guerre froide, n’est ni attendu ni véritablement souhaité&amp;lt;ref&amp;gt;Beckermann 1989&amp;lt;/ref&amp;gt; et que ses engagements politiques durant les années de la dictature sont un frein supplémentaire à sa réintégration parmi les nombreux obstacles auxquels furent confrontés tous ceux qui avaient dû fuir leur pays&amp;lt;ref&amp;gt;Fleck 2003&amp;lt;/ref&amp;gt;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Son œuvre littéraire, publiée en Autriche très tardivement, est entièrement marquée par son destin d’émigrée et de victime du national-socialisme. Une première tentative de donner une forme littéraire à son expérience de l’exil, publiée en Allemagne sous le nom d’Elisabeth Lanzer, remonte aux années américaines et porte ostensiblement un titre anglais, &#039;&#039;Invasion Day&#039;&#039; (1948). Elisabeth Freundlich y retrace le parcours de Leni, une photographe autrichienne qui fait défiler son errance entre Vienne, Bruxelles, Paris et New York. Marquée par la résistance au national-socialisme, elle décide pourtant de renoncer à écrire sur sa vie et de rentrer en Europe le jour où lui parvient la nouvelle du débarquement allié en Normandie. De manière symptomatique, le récit thématise la difficulté de la mise en récit d’une expérience traumatisante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le roman qui retrace l’histoire de sa famille juive, &#039;&#039;Der Seelenvogel&#039;&#039;, commencé lui aussi en 1948 aux États-Unis, fut quant à lui refusé par plusieurs éditeurs autrichiens et ne put paraître qu’en 1986. Il brosse le portrait des membres de sa famille et tente depuis l’exil américain d’arracher à l’oubli l’histoire de sa famille juive, son ascension sociale et ses engagements politiques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces difficultés persistantes à se faire accepter comme écrivaine dans son pays d’origine la conduisent à se tourner vers la traduction et le journalisme. C’est ainsi qu’elle traduit de la littérature américaine, ainsi que plusieurs pièces de théâtre du dramaturge irlandais Sean O’Casey, dont &#039;&#039;La Coupe d&#039;argent&#039;&#039; (&#039;&#039;The Silver Tassie&#039;&#039;, 1929), une œuvre pacifiste sur laquelle Brecht avait attiré son attention. En parallèle, elle collabore de 1953 à 1978 au quotidien &#039;&#039;Mannheimer Morgen&#039;&#039; et rend compte dans divers organes de presse et de radio autrichiens et allemands des procès contre les crimes nazis. Elle collabore également aux &#039;&#039;Frankfurter Hefte&#039;&#039; et au &#039;&#039;Vorwärts&#039;&#039;, édité à Bonn.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jamais pourtant, malgré l’adversité, elle ne renoncera à l’idée de se faire accepter comme écrivaine et témoin d’une expérience dont elle a pleinement conscience qu’elle dépasse son propre itinéraire de vie. L’hommage que lui rendra Erich Hackl montre du reste à quel point son engagement politique aura marqué la conscience historique des écrivains de la génération suivante . Ainsi, les nouvelles du recueil &#039;&#039;Finstere Zeiten&#039;&#039; (1986) rendent elles aussi compte, à partir de quatre destins d’émigrés, aussi bien de la résistance clandestine au nazisme en France que de l’exil. L’une de ces nouvelles, &#039;&#039;Statt einer Ehrensalve&#039;&#039;, dépeint le destin des émigrés en France, les difficultés croissantes auxquelles ils furent confrontés, leur implication dans les réseaux de résistance, aussi bien en zone occupée qu’en zone libre, sans oublier les ressentiments éprouvés à leur retour en Autriche après 1945.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avec &#039;&#039;Die Ermordung einer Stadt namens Stanislau. NS-Vernichtungspolitik in Polen 1939-1945&#039;&#039; (1986) [L’assassinat d’une ville nommée Stanislau], une somme documentaire impressionnante retraçant le sort des juifs de Galicie, c’est sur la politique d’extermination national-socialiste en Pologne dans la région d’Ivano-Frankivsk qu’elle attire l’attention.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Son autobiographie, qui ne parut qu’en 1992 sous le titre &#039;&#039;Die fahrenden Jahre&#039;&#039;, dépasse son propre parcours pour dresser avec modestie et empathie un tableau vivant et lucide des différents aspects que prit la résistance autrichienne en France, puis aux États-Unis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Références et liens externes==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Bibliographie==&lt;br /&gt;
===Œuvres===&lt;br /&gt;
*Invasion Day (pseudonyme Elisabeth Lanzer). Eine Erzählung. Überlingen am Bodensee : Werner Wulff Verlag 1948.&lt;br /&gt;
*Der eherne Reiter. Francfort-sur-le-Main : Insel 1982.&lt;br /&gt;
*Warnen und Warten. In : Franz Richard Reiter (dir.) : Unser Kampf : in Frankreich für Österreich. Interviews mit Widerstandskämpfern. Vienne : Böhlau 1984, p. 19–40.&lt;br /&gt;
*Die Ermordung einer Stadt namens Stanislau. NS-Vernichtungspolitik in Polen 1939–1945. Vienne : Österreichischer Bundesverlag 1986, réédition Vienne : Verlag der Theodor Kramer Gesellschaft 2016.&lt;br /&gt;
*Finstere Zeiten. Vier Erzählungen. Mannheim : Persona Verlag 1986.&lt;br /&gt;
*Die fahrenden Jahre. Erinnerungen. Salzbourg : Otto Müller Verlag 1992.&lt;br /&gt;
*Wir waren ja wahnsinnig, damals. Mit einem Vorwort von Andreas F. Kelletat. Mannheim : Persona Verlag 2022 (réédition de Invasion Day) &lt;br /&gt;
*Der Onkel aus Triest. Erzählungen und Betrachtungen. Vienne, St. Wolfgang : Edition Art Science 2009.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Études critiques===&lt;br /&gt;
*Alge, Susanne :  Elisabeth Freundlich: Die Vertrautheit des Fremdseins. In: Elisabeth Reichart (dir.) : Österreichische Dichterinnen. Salzbourg, Vienne : Otto Müller 1983, p. 31–49.&lt;br /&gt;
*Beckermann, Ruth : Unzugehörig: Österreicher und Juden nach 1945. Vienne : Löcker 1989.&lt;br /&gt;
*Fleck, Christian : Réflexions prosopographiques sur le retour d’exil en Autriche. In : Austriaca 56 (2003) = Exils et retours d’exil, p. 65–74.  &amp;lt;br&amp;gt;https://www.persee.fr/doc/austr_0396-4590_2003_num_56_1_4414&amp;lt;/br&amp;gt;&lt;br /&gt;
*Hackl, Erich : Die Namen der Dinge. Salut für Elisabeth Freundlich. In : Literatur und Kritik 301/302 (2001), p. 52–63.&lt;br /&gt;
*Hertling, Viktoria :  ,. . . irgendwie doch einen Erfolg gehabt.‘ Die Austro-American Tribune in New York (1942-1945). In : Dieter Sevin (dir.) : Die Resonanz des Exils. Gelungene und mißlungene Rezeption deutschsprachiger Exilautoren. Amsterdam : Rodopi 1992, p. 34–50.&lt;br /&gt;
*Hertling, Viktoria : Exil und Post-Exil: Elisabeth Freundlichs Erinnerungsbuch „Die fahrenden Jahre“. In : Modern Austrian Literature 30, n° 1 (1997), p. 102–116. &amp;lt;br&amp;gt;https://www.jstor.org/stable/24648544&amp;lt;/br&amp;gt;&lt;br /&gt;
*Kreissler, Felix : L’apport des exilés-résistants autrichiens à la prise de conscience nationale dans certains pays occupés et dans les camps de prisonniers de guerre en Union soviétique. In : Austriaca : Cahiers universitaires d’information sur l’Autriche 17 (1983) = La résistance autrichienne, p. 53–63. &amp;lt;br&amp;gt;https://www.persee.fr/doc/austr_0396-4590_1983_num_17_1_1986&amp;lt;/br&amp;gt;&lt;br /&gt;
*Lajarrige, Jacques :  Elisabeth Freundlich. In : Hélène Leclerc (dir.) : Le Sud-Ouest de la France et les Pyrénées dans la mémoire des pays de langue allemande au XXe siècle. Dictionnaire et anthologie. Toulouse : Le Pérégrinateur 2018, p. 64–65.&lt;br /&gt;
*Lajarrige, Jacques, Mazellier-Lajarrige, Catherine : Avant-propos. In : Rudolf Leonhard : Le Feu aux barbelés. Textes traduits, présentés et annotés par Catherine Mazellier-Lajarrige et Jacques Lajarrige. Toulouse : Le Pérégrinateur 2020, p. 7–14.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Auteur==&lt;br /&gt;
Jacques Lajarrige&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mise en ligne : 07/04/2026&lt;br /&gt;
{{otherWiki|Elisabeth_Freundlich}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Hannah</name></author>
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		<id>https://decaf-fr.literaturtirol.at/index.php?title=Maurice_Ravel&amp;diff=1381</id>
		<title>Maurice Ravel</title>
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		<updated>2026-06-03T15:14:08Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Hannah : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[File:1920px-Maurice Ravel 1925.jpg|thumb|Maurice Ravel, 1925]]Maurice Ravel (* 7 mars 1875 à Ciboure, † 28 décembre 1937 à Paris) est l’un des compositeurs français majeurs de la première moitié du XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle avec Claude Debussy&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.musicologie.org/Biographies/d/debussy_c.html &amp;lt;/ref&amp;gt;, Gabriel Fauré&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.musicologie.org/Biographies/f/faure_gabriel.html &amp;lt;/ref&amp;gt;, [[Darius Milhaud]], [[Francis Poulenc]], Albert Roussel&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.musicologie.org/Biographies/r/roussel_albert.html &amp;lt;/ref&amp;gt; et Florent Schmitt&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.academiedesbeauxarts.fr/florent-schmitt&amp;lt;/ref&amp;gt;. Vouant une admiration profonde à [[Mozart]], lié d’amitié avec deux mélomanes autrichiennes, les sœurs Sophie Clemenceau-Szeps et [[Berta Zuckerkandl-Szeps]], très curieux de la musique d’[[Arnold Schönberg]], Ravel s’est senti naturellement attiré par l’Autriche. &#039;&#039;La Valse&#039;&#039; (1920) de Ravel rend hommage aux valses viennoises de Johann Strauss. Après avoir protesté pendant la Grande Guerre contre l’interdiction d’exécution d’œuvres de compositeurs autrichiens en France, il est ravi de donner des concerts à Vienne en 1920, 1929 et 1932. Sa rencontre avec le pianiste autrichien manchot Paul Wittgenstein en 1929 a favorisé la commande d’un de ses derniers chefs-d’œuvre, le &#039;&#039;Concerto pour la main gauche&#039;&#039; (1929–1931).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Mozart, compositeur de prédilection==&lt;br /&gt;
Maurice Ravel, né d’une mère française basque et d’un père né en Suisse d’ascendance savoyarde, se découvre précocement une vocation de musicien, encouragée par ses parents. Après des cours de piano privés auprès de divers maîtres, il se perfectionne sur cet instrument au Conservatoire national de Paris, où il étudie l’harmonie et la composition auprès d’Émile Pessard&amp;lt;ref&amp;gt;https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb14817131j&amp;lt;/ref&amp;gt;, et surtout d’André Gedalge&amp;lt;ref&amp;gt;https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb148003107&amp;lt;/ref&amp;gt; et Gabriel Fauré. Très tôt, il voit en Mozart un modèle, « le musicien le plus génial de tous les temps »&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 2228&amp;lt;/ref&amp;gt;, s’enthousiasmant pour le 3e acte de l’opéra &#039;&#039;Idomeneo, re di Creta&#039;&#039; (1781)&amp;lt;ref&amp;gt;&#039;&#039;ibid&#039;&#039;., 2259&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ravel rêve de se rendre en Autriche, d’y marcher sur les pas du maître de Salzbourg et d’en entendre un opéra au Staatsoper de Vienne&amp;lt;ref&amp;gt;&#039;&#039;ibid&#039;&#039;., 2220&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Sophie Clemenceau-Szeps et Berta Zuckerkandl-Szeps==&lt;br /&gt;
Les années précédant la Première Guerre mondiale, Ravel se lie d’amitié avec une mélomane autrichienne fixée à Paris, Sophie Clemenceau-Szeps (1864–1937), fille de Moritz Szeps&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Moritz_Szeps&amp;lt;/ref&amp;gt; (1835–1902), rédacteur en chef du journal &#039;&#039;Neues Wiener Tagblatt&#039;&#039;, et belle-sœur de Georges Clemenceau&amp;lt;ref&amp;gt;https://d-nb.info/gnd/118676407&amp;lt;/ref&amp;gt;, qui avait marié les parents du compositeur à la mairie de Montmartre en 1873&amp;lt;ref&amp;gt;&#039;&#039;ibid&#039;&#039;., 2639–2640&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ravel fréquente le salon musical de Sophie Clemenceau, 84, rue de Longchamp puis 12, avenue d’Eylau&amp;lt;ref&amp;gt;Chimènes 2004, 263–266&amp;lt;/ref&amp;gt;, ainsi que le Cercle Carré créé en 1913 par Paul Clemenceau&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/86917&amp;lt;/ref&amp;gt; : il peut y entendre de la musique de compositeurs autrichiens, notamment des œuvres de [[Gustav Mahler]], Arnold Schönberg, d’« admirables mélodies de Schubert »&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 2143&amp;lt;/ref&amp;gt;, interprétées par la chanteuse polonaise [[Marya Freund]]. Il y fait connaissance en 1912 de Berta Zuckerkandl et leur amitié est grandissante, les sœurs Szeps surnommant le musicien affectueusement Ariel&amp;lt;ref&amp;gt;Zuckerkandl-Szeps 1945&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ravel passe le réveillon de Noël traditionnellement chez les Clemenceau&amp;lt;ref&amp;gt;Jourdan-Morhange 1945, 48–49&amp;lt;/ref&amp;gt;, y compris à la fin de sa vie quand il est atteint d’une maladie neurologique&amp;lt;ref&amp;gt;Zuckerkandl-Szeps 1945&amp;lt;/ref&amp;gt;, et il dédie &#039;&#039;Ronde&#039;&#039;, 3&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; des &#039;&#039;Trois Chansons&#039;&#039; pour chœur mixte a cappella (1914–1915), à Sophie Clemenceau.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Johann Strauss, Joseph Haydn et Franz Schubert==&lt;br /&gt;
La musique autrichienne des XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt;–XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle a été une source d’inspiration pour Ravel après son dernier échec au concours du Prix de Rome en 1905. Dès juillet 1906, il songe à un poème symphonique intitulé &#039;&#039;Wien&#039;&#039;, destiné à son amie Misia Edwards&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.musee-orsay.fr/fr/ressources/repertoire-artistes-personnalites/misia-sert-204943&amp;lt;/ref&amp;gt; née Godebska, mécène des Ballets russes de Serge de Diaghilev&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.deutsche-biographie.de/pnd119190907.html&amp;lt;/ref&amp;gt; et égérie de nombreux peintres notamment des Nabis&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 228&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cependant, Ravel doit renoncer provisoirement à son projet d’hommage aux valses viennoises de Johann Strauss en raison de la guerre et de la priorité donnée à l’achèvement de son &#039;&#039;Trio&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;&#039;&#039;ibid&#039;&#039;., 589&amp;lt;/ref&amp;gt;. En septembre 1909, Ravel compose une petite pièce de piano, &#039;&#039;Menuet sur le nom d’Haydn&#039;&#039;, commandée par Jules Écorcheville&amp;lt;ref&amp;gt;https://data.bnf.fr/ark:/12148/cb124431526&amp;lt;/ref&amp;gt; pour un hommage collectif de la &#039;&#039;Revue musicale SIM&#039;&#039; du 15 janvier 1910, à l’occasion du centenaire de la mort de [[Joseph Haydn]]. En 1911, il compose ses &#039;&#039;Valses nobles et sentimentales&#039;&#039;, chaîne de huit valses « dans l’esprit des valses de Schubert, les unes nobles, les autres sentimentales »&amp;lt;ref&amp;gt;&#039;&#039;ibid&#039;&#039;., 2151&amp;lt;/ref&amp;gt;. Elles ont été créées par Louis Aubert&amp;lt;ref&amp;gt;https://cths.fr/an/savant.php?id=121695&amp;lt;/ref&amp;gt; au concert sans noms d’auteurs de la SMI du 9 mai 1911&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/65764&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ravel les orchestre peu après pour le ballet &#039;&#039;Adélaïde ou le Langage des fleurs&#039;&#039; créé le 22 avril 1912 au Théâtre du Châtelet aux concerts de danses de Natacha Trouhanowa&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/60808&amp;lt;/ref&amp;gt;. La première de cette orchestration au concert est donnée au Casino de Paris sous la direction de Pierre Monteux&amp;lt;ref&amp;gt;https://data.bnf.fr/ark:/12148/cb138976454&amp;lt;/ref&amp;gt; le 15 février 1914.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Arnold Schönberg==&lt;br /&gt;
En 1909–1910, Ravel est à l’origine de la naissance de la Société musicale indépendante, avec un parti pris d’éclectisme et de promotion de « toutes les tentatives artistiques, sans distinction de genre, de nationalité, de style, ni d’école »&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/dossiers/id/466&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ainsi, avec son ami Alfredo Casella&amp;lt;ref&amp;gt;https://data.bnf.fr/ark:/12148/cb123331357&amp;lt;/ref&amp;gt;, lui aussi familier du salon de Sophie Clemenceau et porté sur la musique de Schönberg, Ravel coorganise un concert d’orchestre hors série de la SMI, en partenariat avec la Société des Grandes Auditions de France de la comtesse Greffuhle&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.musee-orsay.fr/fr/ressources/repertoire-artistes-personnalites/elisabeth-greffulhe-14012&amp;lt;/ref&amp;gt;, société dont Sophie Clemenceau est membre souscripteur. À ce concert du 22 juin 1913, au Théâtre du Châtelet, des extraits des &#039;&#039;Gurre-Lieder&#039;&#039; de Schönberg sont donnés en première audition parisienne par Marya Freund, sous la direction d’orchestre d’Oskar Fried&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/65738&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès novembre 1912, Igor Stravinsky&amp;lt;ref&amp;gt;https://hls-dhs-dss.ch/fr/articles/026975/2013-12-03/&amp;lt;/ref&amp;gt; attire la curiosité de Ravel sur le &#039;&#039;Pierrot lunaire op. 21&#039;&#039; de Schönberg, créé à Berlin le 16 octobre 1912&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 462–463&amp;lt;/ref&amp;gt;. Lors d’un séjour commun de Ravel avec Stravinsky à Clarens en Suisse au printemps 1913, il adresse à l’épouse d’Alfredo Casella, pour le comité de la SMI, un « projet mirifique d’un concert scandaleux » comprenant notamment &#039;&#039;Pierrot lunaire&#039;&#039; et les &#039;&#039;Trois Poèmes de Stéphane Mallarmé&#039;&#039; (1913) de Ravel, dont l’effectif instrumental s’inspire de celui de Schönberg&amp;lt;ref&amp;gt;&#039;&#039;ibid&#039;&#039;., 478–479&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ravel, qui ne parle pas allemand, demande à la SMI d’écrire à Schönberg pour solliciter son concours, mais le concert de la SMI du 14 janvier 1914 ne comporte pas &#039;&#039;Pierrot lunaire&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/71803&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pendant la Grande Guerre, Ravel est indigné par les &#039;&#039;Statuts&#039;&#039; de la Ligue nationale pour la défense de la musique française du 10 mars 1916, qui prône « l’interdiction d’exécuter publiquement en France des œuvres allemandes et autrichiennes &#039;&#039;contemporaines, non tombées dans le domaine public&#039;&#039; »&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 645&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il fait part de son refus d’adhérer à la ligue, dans une longue lettre à valeur de manifeste du 7 juin 1916 à son président-fondateur, Charles Tenroc&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/individus/id/25179&amp;lt;/ref&amp;gt;(1858–1946) : « Il m’importe peu que M. Schönberg, par exemple, soit de nationalité autrichienne. Il n’en est pas moins un musicien de haute valeur, dont les recherches pleines d’intérêt ont eu une influence heureuse sur certains compositeurs alliés, et jusque chez nous »&amp;lt;ref&amp;gt;&#039;&#039;ibid&#039;&#039;., 731&amp;lt;/ref&amp;gt;. En réponse, Ravel se voit menacé de non-programmation de ses œuvres&amp;lt;ref&amp;gt;&#039;&#039;ibid&#039;&#039;., 743&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1920, la SMI accueille Schönberg parmi les membres de son comité où siège Ravel&amp;lt;ref&amp;gt;Kerdiles 2022&amp;lt;/ref&amp;gt;. &#039;&#039;Pierrot lunaire&#039;&#039; est donné pour la première fois à la SMI, le 15 décembre 1927, Salle Pleyel, lors d’un Festival Arnold Schönberg, sous la direction du compositeur, avec Marya Freund au chant&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/72170&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Kerdiles 2022&amp;lt;/ref&amp;gt;. La première parisienne du &#039;&#039;Pierrot lunaire&#039;&#039;, dans la traduction française de Marya Freund, a eu lieu six ans plus tôt, lors de deux séances des Concerts Jean Wiéner avec Marya Freund au chant et sous la direction de Darius Milhaud : audition partielle le 15 décembre 1921, Salle des Agriculteurs&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/111857&amp;lt;/ref&amp;gt;, audition intégrale le 16 janvier 1922, Salle Gaveau&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/111593&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ravel, présent à ces auditions, juge l’« œuvre exceptionnelle »&amp;lt;ref&amp;gt;Jourdan-Morhange 1945, 103&amp;lt;/ref&amp;gt; et il reconnaît que, dans ses &#039;&#039;Trois Poèmes de Stéphane Mallarmé&#039;&#039; et ses trois &#039;&#039;Chansons madécasses&#039;&#039; (1925–1926), « il y a, comme dans le &#039;&#039;Pierrot lunaire&#039;&#039;, un contrepoint très strict », mais il y ajoute « l’élément charme, par lui [Schönberg] évité jusqu’à l’ascétisme, jusqu’au martyre »&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 2343&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Le voyage à Vienne de 1920==&lt;br /&gt;
Au printemps 1920, Sophie Clemenceau et Berta Zuckerkandl s’emploient avec énergie à organiser une série de trois concerts de Maurice Ravel en Autriche à l’automne suivant. L’impresario Hugo Knepler met sur pied deux Festivals Maurice Ravel qui obtiennent le soutien de l’État français et le patronage de l’ambassadeur de France en Autriche, Pierre Lefèvre-Pontalis, après des échanges entre Robert Brussel&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/individus/id/22825&amp;lt;/ref&amp;gt;, de la direction des beaux-arts rue de Valois, et [[Marcel Dunan]], de la Légation de France en Autriche : le 22 octobre 1920, au Konzerthaus, un concert d’orchestre dirigé par Oskar Fried&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/118197&amp;lt;/ref&amp;gt; ; le 25 octobre 1920, au Musikverein, un concert de musique de chambre avec le concours du compositeur au piano&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/118203&amp;lt;/ref&amp;gt;. Arnold Schönberg, président du &#039;&#039;Verein für musikalische Privataufführungen in Wien&#039;&#039;, organise un troisième concert en l’honneur de Ravel, le 23 octobre 1920 : ce concert de musique de chambre comprend des œuvres des compositeurs autrichiens [[Alban Berg]], Schönberg et [[Anton Webern]], ainsi que deux œuvres de Ravel, dont &#039;&#039;La Valse&#039;&#039; pour deux pianos donnée en création mondiale par Alfredo Casella et Ravel&amp;lt;ref&amp;gt;Casella 1920&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour ce premier séjour viennois, le compositeur loge successivement chez Berta Zuckerkandl et [[Alma Mahler]]. Dès son arrivée, Ravel assiste à deux représentations au Staatsoper : le 20 octobre 1920, &#039;&#039;Il Trittico&#039;&#039; de Puccini&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/118230&amp;lt;/ref&amp;gt; et le 21 octobre 1920, &#039;&#039;Die Frau ohne Schatten&#039;&#039; de Richard Strauss&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/118229&amp;lt;/ref&amp;gt;. Avant de quitter Vienne, ses hôtesses organisent un Heuriger (fête du vin nouveau) en l’honneur de Ravel dans une auberge à Döbling. Lors de cette fête, le compositeur demande à entendre des valses de Johann Strauss. Ravel dîne également chez [[Arthur Schnitzler]] et visite le château de Schönbrunn&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 2228&amp;lt;/ref&amp;gt;. Avant de rentrer en France avec Berta Zuckerkandl, il visite Salzbourg, la ville de Mozart, son compositeur préféré. Le voyage à Vienne enchante Ravel, tout comme l’exécution et la réception de ses œuvres&amp;lt;ref&amp;gt;&#039;&#039;ibid&#039;&#039;., 2225–2226&amp;lt;/ref&amp;gt;, et il est très ému par une anecdote : voulant acheter un article de maroquinerie, la vendeuse, en entendant le nom de Ravel, refuse de le faire payer, lui disant son admiration pour ses pièces de piano &#039;&#039;Jeux d’eau&#039;&#039; et &#039;&#039;Ondine&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;Zuckerkandl 1945&amp;lt;/ref&amp;gt;. Après ce voyage, Berta Zuckerkandl propose à Ravel de collaborer à une œuvre lyrique avec [[Hugo von Hofmannsthal]], mais ce projet reste lettre morte&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 1235–1236&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==La soirée franco-autrichienne au Claridge en l’honneur d’Ignaz Seipel==&lt;br /&gt;
Le 3 juin 1926, Ravel assiste à une soirée privée en l’honneur de l’ex-chancelier autrichien Ignaz Seipel&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.biographien.ac.at/oebl/oebl_S/Seipel_Ignaz_1876_1932.xml&amp;lt;/ref&amp;gt;, organisée à l’Hôtel Claridge à Paris par le ministre de la Guerre, Paul Painlevé&amp;lt;ref&amp;gt;https://cths.fr/an/savant.php?id=110961&amp;lt;/ref&amp;gt;, en présence de Sophie Clemenceau et Berta Zuckerkandl. Marya Freund chante des mélodies de Ravel, probablement accompagnées au piano par ce dernier&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/118194&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ravel a d’intéressantes conversations avec les présents et rappelle sa ferme intention que son ballet &#039;&#039;La Valse&#039;&#039;, « paraphrase des valses de Johann Strauss », soit d’abord donné à Vienne : « C’est l’endroit unique où devrait retentir cette musique franco-autrichienne »&amp;lt;ref&amp;gt;Zuckerkandl-Szeps 1939, 231–233&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Le voyage à Vienne de 1929==&lt;br /&gt;
[[File:MauriceRavelVienne1929 - Kopie.jpg|frame|Maurice Ravel lors de la première représentation du &#039;&#039;Bolero&#039;&#039; à Vienne sous sa direction le 22 février 1929, tournée européenne 1928–1929 des Ballets d&#039;Ida Rubinstein, décors d&#039;Alexandre Benois]]Ravel effectue un second voyage à Vienne en février–mars 1929, coupé par un bref aller-retour à Genève. Tout d’abord, Ravel dirige son &#039;&#039;Bolero&#039;&#039; le 22 février 1929&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/57663&amp;lt;/ref&amp;gt; et sa &#039;&#039;Valse&#039;&#039; le 24 février 1929&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/59136&amp;lt;/ref&amp;gt; au Staatsoper de Vienne, dans le cadre de la tournée européenne des Ballets Ida Rubinstein&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/individus/id/23749 &amp;lt;/ref&amp;gt;. En avril 1920, après le refus des Ballets russes de Serge de Diaghilev de monter &#039;&#039;La Valse&#039;&#039;, Ravel désire que son ballet soit représenté à Vienne. Son amie Berta Zuckerkandl tente d’intercéder auprès de Richard Strauss, mais sans succès&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 1248&amp;lt;/ref&amp;gt;. Par conséquent, la joie de Ravel doit être grande de donner enfin sa &#039;&#039;Valse&#039;&#039; à Vienne, neuf ans après sa composition et création en concert à Paris le 12 décembre 1920&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/61046&amp;lt;/ref&amp;gt;, et un mois après la première du ballet par les Ballets Ida Rubinstein à Monte-Carlo le 15 janvier 1929&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/58905&amp;lt;/ref&amp;gt; (une première version de ballet de &#039;&#039;La Valse&#039;&#039; par Sonia Korty fut donnée à Anvers le 2 octobre 1926 en l’absence de Ravel). Ce deuxième séjour viennois de Ravel a aussi pour but d’assister, le 14 mars 1929, à la première de &#039;&#039;Das Zauberwort&#039;&#039; [&#039;&#039;Le mot magique&#039;&#039;], version allemande de &#039;&#039;L’Enfant et les Sortilèges&#039;&#039;, traduit par Egon Bloch, dans des décors et costumes d’Eugen Steinhof&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.deutsche-biographie.de/sfz145716.html&amp;lt;/ref&amp;gt; et une mise en scène de Lothar Wallerstein&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.biographien.ac.at/oebl/oebl_W/Wallerstein_Lothar_1882_1949.xml&amp;lt;/ref&amp;gt;, sous la direction d’orchestre de Robert Heger&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.musiklexikon.ac.at/ml/musik_H/Heger_Robert.xml&amp;lt;/ref&amp;gt;, au Staatsoper de Vienne&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/118206&amp;lt;/ref&amp;gt;. Lors du banquet qui suit la représentation, le bourgmestre de Vienne, Karl Seitz&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Karl_Seitz&amp;lt;/ref&amp;gt;, félicite le compositeur&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 1797&amp;lt;/ref&amp;gt;. Enfin, le 15 mars 1929, Ravel prend part, comme pianiste, à un festival de ses œuvres de musique de chambre, organisé par l’impresario Paul Bechert&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/118209&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il a également l’occasion d’entendre le pianiste manchot autrichien Paul Wittgenstein jouer, le 11 mars 1929&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/71566&amp;lt;/ref&amp;gt;, &#039;&#039;Panathäenzug op. 74&#039;&#039; pour la main gauche de Richard Strauss, sous la direction d’orchestre de Rhené-Baton&amp;lt;ref&amp;gt;https://data.bnf.fr/ark:/12148/cb13927603x&amp;lt;/ref&amp;gt;. Les discussions entre Ravel et le pianiste lors du banquet organisé le même jour par l’ambassadeur de France en Autriche, Bertrand Clauzel&amp;lt;ref&amp;gt;https://www2.assemblee-nationale.fr/sycomore/fiche?num_dept=11368&amp;lt;/ref&amp;gt;, lequel héberge le compositeur, débouchent peu après sur la commande par Wittgenstein à Ravel du &#039;&#039;Concerto pour la main gauche&#039;&#039;. Lors de ce séjour, la section viennoise de la Société internationale de musique contemporaine organise un Heuriger chez la chanteuse Ruzena Herlinger&amp;lt;ref&amp;gt;https://explore.gnd.network/gnd/116737220&amp;lt;/ref&amp;gt;, fête au cours de laquelle Erich Wolfgang Korngold&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Erich_Wolfgang_Korngold&amp;lt;/ref&amp;gt; joue au piano des extraits de son opérette &#039;&#039;Rosen aus Florida&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;Szmolyan 1975, 101&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Le voyage à Vienne de 1932==&lt;br /&gt;
Ravel revient une troisième et dernière fois à Vienne en 1932, dans le cadre de sa vaste tournée européenne avec la pianiste Marguerite Long&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/individus/id/17696/&amp;lt;/ref&amp;gt; pour faire découvrir le &#039;&#039;Concerto pour piano et orchestre&#039;&#039; (dit &#039;&#039;en sol&#039;&#039;). Le 2 février 1932, il dirige son concerto au Musikverein, en présence, entre autres, du président fédéral d’Autriche, [[Wilhelm Miklas]], et de l’ambassadeur de France en Autriche, Bertrand Clauzel, qui héberge le compositeur pour la seconde fois&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/58078&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le même jour, un concert d’œuvres de musique de chambre de Ravel est organisé en son honneur à l’ambassade de France, au cours duquel il joue la partie de piano de ses &#039;&#039;Chansons madécasses&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/118223&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le Quatuor Galimir y joue le &#039;&#039;Quatuor à cordes&#039;&#039; et l’enregistre deux ans plus tard à Paris en présence du compositeur&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 2716&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le séjour de Ravel a mal commencé : le 30 janvier 1932, lors d’un concert privé chez Paul Wittgenstein, Ravel est scandalisé par l’interprétation trop infidèle de son &#039;&#039;Concerto pour la main gauche&#039;&#039;, dans la version pour deux pianos, par Wittgenstein et Walter Bricht&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/118224&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Long 1984, 86–87 ; Waugh 2008, 174–178&amp;lt;/ref&amp;gt;. La version orchestrale du concerto a été créée le 5 janvier 1932 au Musikverein par le Wiener Symphoniker dirigé par Robert Heger, avec Wittgenstein pour soliste, en l’absence de Ravel&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/68716&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Paul Wittgenstein à Paris==&lt;br /&gt;
L’incident de Vienne conduit Ravel à exiger de Wittgenstein, par lettre recommandée du 7 mars 1932, qu’il respecte scrupuleusement la partition du &#039;&#039;Concerto pour la main gauche&#039;&#039;. Face au refus catégorique du pianiste, le 17 mars 1932&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 1915–1918&amp;lt;/ref&amp;gt;, la première audition parisienne par l’Orchestre symphonique de Paris (OSP) et Wittgenstein sous la direction de Ravel prévue le 25 mars 1932 est annulée&amp;lt;ref&amp;gt;Cornejo 2024&amp;lt;/ref&amp;gt;. En outre, Ravel écrit à Paul Bechert l’été 1932 pour rappeler son opposition formelle à toute modification volontaire de sa partition par Wittgenstein et pour dénoncer l’existence d’une partition imprimée illicite de son œuvre à Vienne&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 1926–1927&amp;lt;/ref&amp;gt;. Malgré sa contrariété, Ravel consent à diriger son concerto, à la tête de l’OSP, avec Wittgenstein comme soliste, le 17 janvier 1933 à la Salle Pleyel&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/58004&amp;lt;/ref&amp;gt;. Trois mois plus tard, le 12 avril 1933, Ravel, qui prend part à un festival de ses œuvres à Monte-Carlo et y dirige entre autres &#039;&#039;La Valse&#039;&#039; et &#039;&#039;Bolero&#039;&#039;, peut entendre de nouveau Wittgenstein interpréter le &#039;&#039;Concerto pour la main gauche&#039;&#039; dirigé par Paul Paray&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/58020&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il faut attendre la fin de l’exclusivité de cinq ans accordée par contrat à Wittgenstein pour voir d’autres interprètes jouer l’œuvre, à commencer par Jacques Février&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/individus/id/18557&amp;lt;/ref&amp;gt;, spécialement choisi par Ravel et Marguerite Long, le 19 mars 1937&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/61119&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Hommages posthumes==&lt;br /&gt;
Lors du décès de Ravel à Paris, le 28 décembre 1937, le Wiener Philharmoniker adresse une lettre de condoléances au ministre français des Beaux-arts, Jean Zay&amp;lt;ref&amp;gt;https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb120968704&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Cornejo 2025, 2027&amp;lt;/ref&amp;gt;, et un Festival Ravel est organisé par le Musica Viva Orchester le 18 janvier 1938&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/58125&amp;lt;/ref&amp;gt;, quelques mois avant l’Anschluss qui conduit de nombreuses connaissances viennoises de Ravel à l’exil, dont Paul Bechert, Alma Mahler, Arnold Schönberg, [[Paul Stefan]] et Jella Braun-Fernwald&amp;lt;ref&amp;gt;https://explore.gnd.network/gnd/134336097&amp;lt;/ref&amp;gt;, Paul Wittgenstein et Berta Zuckerkandl.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Références et liens externes==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Bibliographie==&lt;br /&gt;
===Littérature primaire===&lt;br /&gt;
*Casella, Alfredo : « Lettre de Vienne. Rome, novembre 1920 », Le Monde musical 21–22 (novembre 1920), p. 322.&amp;lt;br&amp;gt;URL : https://dezede.org/sources/id/131787&amp;lt;/br&amp;gt;&lt;br /&gt;
*Long, Marguerite : Au piano avec Maurice Ravel, Paris : G. Billaudot éditeur 1984.&lt;br /&gt;
*Mahler, Alma : Ma vie, Paris : Hachette 1985.&lt;br /&gt;
*Ravel, Maurice : Correspondance, écrits et entretiens, édition établie, présentée et annotée par Manuel Cornejo, Paris : Gallimard 2025.&lt;br /&gt;
*Stefan, Paul : « Un Festival Ravel à Vienne », La Revue musicale (février 1938), p. 151–152.&amp;lt;br&amp;gt;URL : https://dezede.org/sources/id/63238&amp;lt;/br&amp;gt;&lt;br /&gt;
*Szmolyan, Walter : « Maurice Ravel in Wien », Österreichische Musikzeitschrift 30/3 (mars 1975), p. 89–104.&lt;br /&gt;
*Szmolyan, Walter : « Noch einmal : Maurice Ravel in Wien », Österreichische Musikzeitschrift 30 (mai–juin 1975), p. 305.&lt;br /&gt;
*Zuckerkandl-Szeps Berthe : Souvenirs d’un monde disparu, Autriche 1878–1938, Paris : Calmann-Lévy 1939, p. 231–233.&amp;lt;br&amp;gt;URL : https://dezede.org/sources/id/131789&amp;lt;/br&amp;gt;&lt;br /&gt;
*Zuckerkandl-Szeps Bertha : « Souvenirs sur Maurice Ravel », Revue d’Alger 2/6 (1945), p. 47–53.&amp;lt;br&amp;gt;URL : https://dezede.org/sources/id/131788&amp;lt;/br&amp;gt;&lt;br /&gt;
===Littérature secondaire===&lt;br /&gt;
*Chimènes, Myriam : Mécènes et musiciens. Du salon au concert à Paris sous la IIIe République, Paris : Fayard 2004.&lt;br /&gt;
*Cornejo, Manuel : « Le Concerto pour la main gauche de Ravel (1932–1937) », Dezède [en ligne], 7 février 2024.&amp;lt;br&amp;gt;URL : https://dezede.org/dossiers/id/778&amp;lt;/br&amp;gt;&lt;br /&gt;
*Cornejo, Manuel : « Les concerts de Maurice Ravel en Autriche (1920, 1929 et 1932) », Dezède [en ligne], 15 avril 2026.&amp;lt;br&amp;gt;URL : https://dezede.org/dossiers/id/988&amp;lt;/br&amp;gt;&lt;br /&gt;
*Jourdan-Morhange, Hélène : Ravel et nous. L’homme. L’ami. Le musicien, Genève : Éditions du Milieu du Monde 1945.&lt;br /&gt;
*Kerdiles, Dimitri : « 1927. Schönberg à Paris ». In : Nouvelle histoire de la musique en France (1870–1950), sous la direction de l’équipe « Musique en France aux XIXe et XXe siècles : discours et idéologies », 9 mars 2022.&amp;lt;br&amp;gt;URL : https://emf.regroupement-rcms.org/nhmf-1927&amp;lt;/br&amp;gt;&lt;br /&gt;
*Meysels, Lucian O. : La femme de Vienne. De la splendeur viennoise au Troisième Reich. La vie de Berta Zuckerkandl, écrivain, journaliste, messagère entre Vienne et Paris, Paris : Chemin vert 1986, p. 228–229, 259–260.&lt;br /&gt;
*Waugh, Alexander : The House of Wittgenstein. A Family at War, Londres : Bloomsbury, 2008.&lt;br /&gt;
*Weirich Armelle : Berta Zuckerkandl. De Klimt à Rodin, une salonnière et critique d’art entre Vienne et Paris, Rennes : PUR 2023.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Auteur==&lt;br /&gt;
Manuel Cornejo&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mise en ligne : 28/05/2026&lt;br /&gt;
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		<author><name>Hannah</name></author>
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		<title>Le Corbusier</title>
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		<summary type="html">&lt;p&gt;Hannah : Page créée avec « Cette page n’existe pour le moment qu’en [https://decaf-de.literaturtirol.at/wiki/Le_Corbusier allemand]. {{otherWiki|Le_Corbusier}} »&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Cette page n’existe pour le moment qu’en [https://decaf-de.literaturtirol.at/wiki/Le_Corbusier allemand].&lt;br /&gt;
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		<author><name>Hannah</name></author>
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		<title>Éditions Wallishausser</title>
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		<updated>2026-06-03T11:02:37Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Hannah : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[File:Haus_und_Buchdruckerey_des_Herrn_Wallishauser.jpg|170px|thumb|Illustration de l’imprimerie Wallishauser au glacis de Josefstadt, vers 1830]]Les éditions Wallishausser (1784–1943) furent, grâce à l’imprimerie et la diffusion d’une grande partie du répertoire théâtral de Vienne durant le long XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, un passeur essentiel du théâtre français, tout comme des opéras et opérettes français.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==L’histoire de l’entreprise==&lt;br /&gt;
Venu de Bavière, Johann Baptist Wallishausser (1858–1810) ouvrit en 1784 une maison d’édition, peu après un cabinet de lecture et, en 1800, une imprimerie. Sous le nom de « Hof-Theatral-Drucker », puis de « k.k. Hoftheater-Buchdrucker », il produisit les affiches des deux théâtres de la cour, avant de devenir rapidement la première maison d’édition viennoise spécialisée dans le théâtre. Outre les théâtres de la cour, le répertoire du Théâtre de la Leopoldstadt et du [[Theater an der Wien]] faisait partie intégrante de la production de Wallishausser.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Concernant les nombreux changements de propriétaires (voir Seemann et Wallishausser), notons juste que la direction fut reprise successivement par : Johann Baptist II (1790–1831) en 1815, par la veuve de ce dernier en 1833, par Joseph Klemm&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Josef_Klemm&amp;lt;/ref&amp;gt; en 1856 et par Adolph Wenzel Künast&amp;lt;ref&amp;gt;https://d-nb.info/gnd/140334718&amp;lt;/ref&amp;gt; en 1882. En 1885 fut rachetée la maison d’édition de théâtre de Leopold Rosner&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.biographien.ac.at/oebl/oebl_R/Rosner_Leopold_1838_1903.xml&amp;lt;/ref&amp;gt;, lequel avait travaillé dès avant pour Wallishausser et allait publier plus tard dans sa propre maison d’édition des autrices et auteurs autrichiens de premier plan, tels que [[Marie von Ebner-Eschenbach]] et [[Ludwig Anzengruber]] ; en 1939, l’entreprise fut arianisée. Les activités de la maison d’édition avaient déjà fortement diminué depuis le tournant du XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les textes dramatiques parurent dans des collections ambitieuses intitulées « Neueste Theaterbibliothek », « Wiener Theater-Repertoir », « Neues Wiener Theater », etc. En 1854, son catalogue théâtral (registre complet de 1854) comprenait déjà bien plus de 1 000 titres ; en outre, la réserve de Wallishausser comptait aussi des textes de théâtre anciens et issus d’autres maisons d’édition. Karl Friedrich Pfau&amp;lt;ref&amp;gt;https://d-nb.info/gnd/130106844&amp;lt;/ref&amp;gt;, historien spécialiste du commerce du livre, écrivit en 1890 : « Les archives et l’immense fonds d’ouvrages anciens de toutes les pièces de théâtre représentées et parues depuis plus de 100 ans comprennent plus de 30 000 numéros et constituent une trouvaille et une référence, par son exhaustivité unique, pour tout le champ théâtral.&amp;lt;ref&amp;gt;cit. de Seemann et Wallishauser, sub Verlagskatalog, 1885&amp;lt;/ref&amp;gt; »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À partir de 1793, Wallishausser devint l’imprimeur officiel des pièces jouées aux théâtres de la cour. Ses textes dramatiques étaient disponibles à l’achat en librairie, mais aussi aux caisses des théâtres. Chaque texte qui paraissait sous forme de cahier broché coûtait 17 kreuzers et, si l’on souscrivait un abonnement pour un an, seulement 12 kreuzers. En 1854 encore, le prix moyen de ses éditions ne dépassait pas les 20 kreuzers. De plus, les férus de théâtre pouvaient aussi s’abonner aux feuilles d’information paraissant quotidiennement pour un trimestre ou une année entière. Grâce à cette politique d’édition à bas prix, la maison s’assurait la plus grande diffusion possible. De plus, l’ensemble des textes de théâtre de Wallishausser pouvait être lu et emprunté dans le cabinet de lecture. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==La présence française dans le catalogue==&lt;br /&gt;
À côté des classiques Shakespeare, Lessing, Goethe, Schiller, Kleist, [[Franz Grillparzer|Grillparzer]] et [[Johann Nestroy|Nestroy]] (avec de nombreuses premières éditions) ou, plus tard, Bauernfeld, Anzengruber et Ebner-Eschenbach, on trouve chez Wallishausser surtout des pièces de divertissement allemandes et autrichiennes (à titre d’exemples A. W. Iffland, A. Kotzebue, [[Ignaz Franz Castelli|I. F. Castelli]], J. A. Gleich, Fr. Kaiser et J. Haffner). On sait que le répertoire théâtral viennois comportait, au cours du long XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle et au-delà, une grande part de pièces françaises. Aussi on ne peut évoquer ici qu’une sélection des autrices et auteurs français publiés chez Wallishausser, qu’ils se soient illustrés sur le plan qualitatif ou quantitatif. Durant les premières années d’activité de la maison d’édition, on pouvait trouver p.ex. L.-S. Mercier, L. B. Picard et P.-A. Caron de Beaumarchais, et au cours des décennies suivantes E. Dupaty, C. Delavigne, A. Dumas fils, O. Feuillet, E. Augier, [[Victorian Sardou|V. Sardou]], A. de Musset, Th. de Banville, F. Coppée, F. Ponsard et A. Daudet. De manière générale, les comédies et les vaudevilles étaient les genres dominants au début, plus tard ce furent les pièces sociales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au-delà des textes publiés sous le nom des autrices et auteurs français originaux figurent un grand nombre d’adaptations accompagnées de la mention officielle « d’après XY », mais qui se servaient souvent aussi d’autres sources sans le dire. Comme on le sait, une large part du « théâtre populaire » viennois (ce qui inclut les pièces de Johann Nestroy) s’appuie sur des modèles français. À ce sujet, il suffit de rappeler I. F. Castelli et A. Kotzebue qui ont inlassablement produit leurs propres pièces, mais aussi des adaptations tout aussi nombreuses.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les éditions Wallishausser ne couvraient pas seulement le théâtre parlé, mais aussi le théâtre chanté. C’est pourquoi une large part du répertoire d’opéra et d’opérette figure dans son programme. On y trouve Haydn, Mozart ou encore Beethoven ; pour ce qui est du théâtre musical français, G. Bizet et H. Berlioz sortent du lot. En ce qui concerne l’opéra populaire, on rencontre toute une série de titres à succès, tels que les opéras de D.-F.-E. Auber et G. Meyerbeer. À titre d’exemple, l’opéra &#039;&#039;La juive&#039;&#039; de F. Halévy, d’après un livret d’[[Eugène Scribe|E. Scribe]], fit halte à Vienne lors de sa tournée à succès à travers l’Europe. Malgré la concurrence à Vienne même (p. ex. chez Pichler), Leipzig et Berlin, le catalogue de Wallishausser référence jusqu’à la fin du siècle au moins neuf éditions ou rééditions différentes de cet opéra. Les prix bas ont incontestablement favorisé leur diffusion : ainsi, le livret de &#039;&#039;La juive&#039;&#039; ne coûtait que 20 kreuzers.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Wallishausser a fait jaser pour avoir réimprimé des ouvrages anciens, même si, jusque dans les années 1830, la réimpression d’éditions parues dans les États allemands était une pratique très répandue en Autriche. Il resterait à déterminer si et dans quelle mesure cette pratique concerne également les traductions de pièces françaises. Il convient de noter à cet égard que les textes de Wallishauser reproduisent souvent les textes effectivement joués sur les scènes viennoises, ce qui est généralement précisé sur les pages de titre et contredit l’idée même de réimpression. Puisqu’elles conservent les textes joués, les éditions de pièces de Wallishauser constituent non seulement des vecteurs importants du transfert culturel, mais elles sont également d’une importance particulière pour des questions de détail relevant de l’histoire du théâtre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Références et liens externes==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Bibliographie==&lt;br /&gt;
*Frank, Peter R. et Frimmel, Johannes : Buchwesen in Wien 1750–1850. Kommentiertes Verzeichnis  der Buchdrucker, Buchhändler und Verleger. Wiesbaden : Harrassowitz 2008.&lt;br /&gt;
*Seemann, Otmar et Wallishauser, Martha : Die Verlagsbuchhandlung Johann Baptist Wallishausser 1784–1964 (http://www.donjuanarchiv.at/seemann/wallishausser).&lt;br /&gt;
*Vollständiges Verzeichniß von Theaterstücken aus dem Verlage von J.B. Wallishausser. Vienne : J. B. Wallishausser’s k.k. Hoftheater-Buchdruckerei 1854.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Auteur==&lt;br /&gt;
Norbert Bachleitner&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Traduction française : Romane Kuntz &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mise en ligne : 03/06/2026&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{otherWiki|Verlag_Wallishausser}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Hannah</name></author>
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		<updated>2026-06-03T10:47:45Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Hannah : /* Description */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Description ==&lt;br /&gt;
Illustration de l’imprimerie Wallishauser au glacis de Josefstadt, vers 1830&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Carl Graf Vasquez, Pläne und Ansichten der k. k. Haupt- und Residenz Stadt Wien, Josefstädter Glacis (um 1830) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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		<author><name>Hannah</name></author>
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		<updated>2026-06-03T10:47:31Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Hannah : Carl Graf Vasquez, Pläne und Ansichten der k. k. Haupt- und Residenz Stadt Wien, Josefstädter Glacis (um 1830) 

https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Datei:Haus_und_Buchdruckerey_des_Herrn_Wallishauser.jpg&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Description ==&lt;br /&gt;
Carl Graf Vasquez, Pläne und Ansichten der k. k. Haupt- und Residenz Stadt Wien, Josefstädter Glacis (um 1830) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Datei:Haus_und_Buchdruckerey_des_Herrn_Wallishauser.jpg&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Hannah</name></author>
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		<id>https://decaf-fr.literaturtirol.at/index.php?title=Vente_aux_ench%C3%A8res_publiques_%C2%AB_L%E2%80%99Art_autrichien_%C3%A0_Paris_%C2%BB_(6%E2%80%937_mars_1989)&amp;diff=1376</id>
		<title>Vente aux enchères publiques « L’Art autrichien à Paris » (6–7 mars 1989)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://decaf-fr.literaturtirol.at/index.php?title=Vente_aux_ench%C3%A8res_publiques_%C2%AB_L%E2%80%99Art_autrichien_%C3%A0_Paris_%C2%BB_(6%E2%80%937_mars_1989)&amp;diff=1376"/>
		<updated>2026-06-03T10:14:36Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Hannah : /* Vente du 6 mars 1989 : arts décoratifs, mobilier et verrerie */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Organisée les 6 et 7 mars 1989 à Paris par la maison de ventes Ader Picard Tajan&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.ader-paris.fr/notre-histoire&amp;lt;/ref&amp;gt;, en collaboration avec le Dorotheum&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.dorotheum.com/de/&amp;lt;/ref&amp;gt; de Vienne, la vente aux enchères publiques intitulée « L’Art autrichien à Paris » constitue un témoignage exemplaire de l’intérêt pour l’art autrichien en France dans les années 1980. Présentée par l’ambassadeur Wolfgang Schallenberg&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.nationalfonds.org/announcement/in-memoriam-retired-ambassador-wolfgang-schallenberg&amp;lt;/ref&amp;gt; comme la première vente parisienne consacrée exclusivement à un ensemble d’objets de provenance autrichienne&amp;lt;ref&amp;gt;L’Art autrichien 1989, 5&amp;lt;/ref&amp;gt;, elle associe arts décoratifs, mobilier, verrerie, céramiques, peinture, couvrant un large spectre chronologique allant du Biedermeier à la création contemporaine. La vente se déroule en outre à Drouot-Montaigne, espace parisien alors réservé aux vacations de prestige, ce qui témoigne des ambitions commerciales et symboliques attachées à cet événement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Contexte historique et culturel==&lt;br /&gt;
Cette vente a lieu dans le prolongement de [[Exposition « Vienne, 1880–1938. L’apocalypse joyeuse »|l’exposition Vienne 1880-1938]], organisée au Centre Pompidou en 1986 et évoquée dans la préface du catalogue comme point de référence majeur. Le commissaire-priseur Jacques Tajan&amp;lt;ref&amp;gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Tajan_(maison_de_vente)&amp;lt;/ref&amp;gt; souligne l’extraordinaire succès de cette exposition, rappelant les longues files d’attente devant le Centre Pompidou et exprimant l’espoir que la vente connaisse un « succès analogue »&amp;lt;ref&amp;gt;L’Art autrichien 1989, 6&amp;lt;/ref&amp;gt;. Tajan présente Vienne comme un foyer de la modernité artistique et intellectuelle : [[Arnold Schönberg]], [[Sigmund Freud]], [[Gustav Mahler]] ou encore [[Oskar Kokoschka]] y apparaissent comme les figures emblématiques d’une culture urbaine fondée sur l’innovation et les tensions créatrices. Le texte insiste également sur le rôle central de la [[Sécession viennoise]], des [[Wiener Werkstätte]] et des arts décoratifs autour de [[Gustav Klimt]], Koloman Moser&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Kolo_Moser&amp;lt;/ref&amp;gt;, [[Josef Hoffmann]] et Otto Wagner&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.citedelarchitecture.fr/fr/exposition/otto-wagner-maitre-de-lart-nouveau-viennois&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette lecture correspond à une approche désormais largement consacrée de la modernité viennoise, qui s’impose progressivement dans l’historiographie internationale au cours des années 1980 sous l’effet conjoint de l’histoire culturelle, des grandes expositions (Hambourg, Venise, Vienne, Paris, New York, Bruxelles) et de la revalorisation du marché des arts décoratifs et du Jugendstil. Dans son introduction, Wolfgang Schallenberg insiste pour sa part également sur l’art autrichien contemporain, qu’il estime encore peu connu du public français malgré l’intérêt croissant porté à la culture autrichienne&amp;lt;ref&amp;gt;L’Art autrichien 1989, 5&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Vente du 6 mars 1989 : arts décoratifs, mobilier et verrerie==&lt;br /&gt;
La première journée de vente est consacrée aux céramiques, à l’art du verre et au mobilier autrichiens. Au total, 146 objets sont présentés. Cette valorisation des arts appliqués s’inscrit alors dans une tendance particulièrement visible sur le marché européen, notamment en France et en Belgique, où l’Art nouveau et les arts décoratifs connaissent un important regain d’intérêt, alimenté par les expositions, les publications spécialisées et l’essor du marché du design et des arts décoratifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le catalogue accorde une attention centrale aux figures de la Sécession et des Wiener Werkstätte. Josef Hoffmann  apparaît comme l’un des artistes les plus représentés de la vente, avec vingt-huit lots consacrés au mobilier – chaises, fauteuils, ensembles de salon – ainsi qu’aux objets décoratifs, parmi lesquels figurent des vases, des coupes, un coffret de toilette et une corbeille à fleurs. Koloman Moser  bénéficie également d’une présence importante (dix lots), notamment dans les sections consacrées à la verrerie et au mobilier moderne. La présence de sept lots de la [[Verrerie Loetz|verrerie Loetz]] ainsi que de vases originaires de Bohème témoigne en outre de l’intérêt croissant du marché pour les arts décoratifs austro-hongrois autour de 1900.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le catalogue met aussi en valeur d’autres sculpteurs et céramistes liés au Jugendstil et aux Wiener Werkstätte, comme Michael Powolny&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.musee-orsay.fr/fr/ressources/repertoire-artistes-personnalites/michael-powolny-20276&amp;lt;/ref&amp;gt;, Gustav Gurschner&amp;lt;ref&amp;gt;https://archive.org/details/jstor-25581532/page/n1/mode/2up&amp;lt;/ref&amp;gt;, Anton Klieber&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.mutualart.com/Artist/Anton-Klieber/BDC1470EC7B4F1AB&amp;lt;/ref&amp;gt; ou Hugo Franz Kirsch&amp;lt;ref&amp;gt;https://de.wikipedia.org/wiki/Hugo_Franz_Kirsch&amp;lt;/ref&amp;gt;. Gustav Gurschner, membre de la Sécession puis du [[Hagenbund]], occupe une place significative avec huit objets présentés à la vente, notamment des vases en bronze patiné caractéristiques du Jugendstil. Le catalogue  fait apparaître également plusieurs créatrices. Marie Kirschner&amp;lt;ref&amp;gt;https://loetz.com/designers/marie-kirschner&amp;lt;/ref&amp;gt;, associée à la verrerie Loetz, est représentée par quatre vases en verre teinté, estimés entre 6 000 et 12 000 francs. La vente comprend aussi un mobilier de chambre d’enfant conçu par Fanny Harlfinger-Zakucka&amp;lt;ref&amp;gt;https://sammlung.belvedere.at/people/731/&amp;lt;/ref&amp;gt;, artiste, décoratrice et pédagogue engagée dans les mouvements de réforme artistique . Estimé à 400 000 francs, cet ensemble en bois de placage teinté jaune et satiné, qui fut exposé à la &#039;&#039;Kunstschau&#039;&#039; de Vienne en 1908, figure parmi les pièces phares de la vente. Une petite coupe en céramique de Vally Wieselthier&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Vally_Wieselthier&amp;lt;/ref&amp;gt; apparaît également dans le catalogue. Cette artiste  a connu une reconnaissance internationale importante lors de [[Exposition internationale des arts décoratifs et industriels moderne à Paris (1925)|l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes]] de Paris en 1925, où ses céramiques expressionnistes ont particulièrement retenu l’attention. La présence de ces femmes, auxquelles s’ajoute la céramiste Therese Trethan&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.musee-orsay.fr/fr/oeuvres/terrine-3541&amp;lt;/ref&amp;gt;, témoigne de l’intégration progressive des créatrices viennoises dans l’historiographie et le marché des arts décoratifs du XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle.&lt;br /&gt;
&amp;lt;gallery mode=&amp;quot;packed&amp;quot; heights=&amp;quot;250px&amp;quot;&amp;gt;&lt;br /&gt;
File:Josef-Hoffmann.jpg|thumb|Josef Hoffmann, 1902&lt;br /&gt;
File:Koloman Moser.jpg|thumb|Koloman Moser, 1905&lt;br /&gt;
File:Gustav Gurschner.png|thumb|Gustav Gurschner, peint par Julius Köhler, 1900&lt;br /&gt;
File:Marie Kirschner Selbstportrait 1880.jpg|thumb|Marie Kirschner, autoportrait, 1880&lt;br /&gt;
File:Fanny und Richrd HarlfingerÖNB Digit.jpg|thumb|Fanny et Richard Harlfinger, 1905&lt;br /&gt;
File:Vally Wieselthier im Contempora Studio, New York City.jpg|thumb|Vally Wieselthier au Contempora Studio à New York, 1928/1929&lt;br /&gt;
&amp;lt;/gallery&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Vente du 7 mars 1989 : aquarelles, dessins, tableaux modernes et contemporains, mobilier==&lt;br /&gt;
La vente du 7 mars 1989, consacrée aux aquarelles, dessins, tableaux modernes et contemporains ainsi qu’au mobilier des XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; et XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècles – notamment Biedermeier –, propose un panorama particulièrement large de la création autrichienne (lots 150 à 285). Le catalogue accorde d’abord une place importante à la peinture historiciste et académique du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Le &#039;&#039;Portrait de Theodora von Goezsy&#039;&#039; de Hans Makart&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Hans_Makart&amp;lt;/ref&amp;gt;, exposé aujourd’hui au Leopold Museum&amp;lt;ref&amp;gt;https://onlinecollection.leopoldmuseum.org/objekt/6695-frau-in-schwarzer-robe-portrat-theodora-von-gozsy/#provenienz&amp;lt;/ref&amp;gt;, apparaît ainsi aux côtés d’œuvres de Johann Fischbach&amp;lt;ref&amp;gt;https://de.wikisource.org/wiki/BLK%C3%96:Fischbach,_Johann&amp;lt;/ref&amp;gt;, Friedrich Gauermann&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.dorotheum.com/en/b/friedrich-gauermann-staging-nature/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Josef Kriehuber&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.dorotheum.com/en/k/josef-nikolaus-kriehuber/&amp;lt;/ref&amp;gt; ou Rudolf von Alt&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.zikg.eu/forschung/projekte/projekte-zi/rudolf-von-alt-zeichnungen-und-aquarelle&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette présence est particulièrement significative dans un contexte historiographique où la redécouverte de « Vienne 1900 » tend parfois à marginaliser les générations précédentes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autour de cet héritage académique, le catalogue présente également de nombreuses œuvres relevant de la peinture de paysage et du &#039;&#039;Stimmungsrealismus&#039;&#039; de la fin du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Plusieurs artistes y occupent une place notable : Tina Blau&amp;lt;ref&amp;gt;https://jwa.org/encyclopedia/article/blau-tina&amp;lt;/ref&amp;gt;, Olga Wisinger-Florian&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Olga_Wisinger-Florian&amp;lt;/ref&amp;gt;, [[Eugen Jettel]], [[Rudolf Ribarz]], Robert Russ&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.gieseundschweiger.at/en/artists/132-robert-russ/biography/&amp;lt;/ref&amp;gt; ou encore [[Wilhelm Bernatzik]]. Leur présence apparaît d’autant plus intéressante qu’ils demeurent alors relativement peu visibles en France malgré leur rôle essentiel dans le renouvellement de la peinture autrichienne autour de 1900. Le catalogue comprend notamment deux tableaux de Rudolf Ribarz, dont le plus coté, &#039;&#039;Iris&#039;&#039;, est estimé entre 250 000 et 280 000 francs. Tina Blau et Olga Wisinger-Florian comptent quant à elles parmi les principales peintres autrichiennes de la fin du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle et participent pleinement à l’émergence d’une peinture de paysage moderne à Vienne. La &#039;&#039;Sablière avec vue sur Poetzleinsdorf&#039;&#039; de Tina Blau  est ainsi estimée entre 80 000 et 100 000 francs tandis que la &#039;&#039;Vue d’Hinterbruehl&#039;&#039; d’Olga Wisinger-Florian, reproduite en pleine page dans le catalogue, atteint une estimation comprise entre 150 000 et 200 000 francs.&lt;br /&gt;
&amp;lt;gallery mode=&amp;quot;packed&amp;quot; heights=&amp;quot;300&amp;quot;&amp;gt;&lt;br /&gt;
File:Hans Makart 1884.png|thumb|Hans Makart, 1884&lt;br /&gt;
File:Rudolf Ribarz2.jpg|thumb|Rudolf Ribarz, circa 1895&lt;br /&gt;
File:Tina Blau-Photo.jpg|thumb|Tina Blau, 1869&lt;br /&gt;
File:OlgaWisinger-Florian.jpg|thumb|Olga Wisinger-Florian, circa 1897 &lt;br /&gt;
&amp;lt;/gallery&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les artistes associés à la modernité viennoise occupent une place particulièrement visible dans le catalogue, sans pour autant en constituer l’unique centre d’intérêt. Gustav Klimt est ainsi bien représenté avec quatre dessins de femmes à la craie et au crayon. [[Egon Schiele]] apparaît quant à lui avec une &#039;&#039;Étude de femme en bas&#039;&#039; datée de 1918, estimée entre 180 000 et 200 000 francs. Deux dessins d’Oskar Kokoschka ont également été mis à l’honneur la veille, dans les premiers lots de la vente du 6 mars : ils consistent en deux études pour une coupe de Murano réalisées à l’encre de Chine et au crayon de couleur en 1953. Autour de ces figures désormais emblématiques, le catalogue rassemble plusieurs peintres liés à la Sécession, parmi lesquels Ernst Stöhr&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.klimt-database.com/en/network-vienna-1900/colleagues/ernst-stoehr/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Wilhelm List&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.biographien.ac.at/oebl/oebl_L/List_Wilhelm_1864_1918.xml&amp;lt;/ref&amp;gt; ou Franz von Matsch&amp;lt;ref&amp;gt;https://sammlung.belvedere.at/people/1377/&amp;lt;/ref&amp;gt;. La reproduction en pleine page de &#039;&#039;Prométhée&#039;&#039; de Franz von Matsch, estimé entre 25 000 et 30 000 francs, rappelle ainsi que la Sécession conserve des liens importants avec une tradition historiciste et symboliste issue de la peinture monumentale de la fin du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle . La présence de la &#039;&#039;Jeune fille à la poupée&#039;&#039; de Wilhelm List, dont l’estimation atteint 150 000 à 180 000 francs , témoigne quant à elle de l’intérêt du catalogue pour des œuvres plus intimistes, où les thèmes de l’enfance et du jeu participent pleinement à l’atmosphère culturelle de la Vienne 1900.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la section des peintures, la vente accorde enfin une place significative à plusieurs artistes contemporains, parmi lesquels Siegfried Anzinger&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.dorotheum.com/en/k/siegfried-anzinger/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Christian Ludwig Attersee&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.dorotheum.com/en/k/christian-ludwig-attersee/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Erwin Bohatsch&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.dorotheum.com/en/k/erwin-bohatsch/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Alois Mosbacher&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.aloismosbacher.at/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Zoran Music&amp;lt;ref&amp;gt;https://galerieamargaron.com/artistes/zoran-music/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Hermann Nitsch&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.nitsch.org/&amp;lt;/ref&amp;gt;, [[Oswald Oberhuber]], [[Arnulf Rainer]], Hubert Schmalix&amp;lt;ref&amp;gt;https://hubertschmalix.com/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Rudolf Schwarzkogler&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.moma.org/artists/7910-rudolf-schwarzkogler&amp;lt;/ref&amp;gt; ou encore Robert Zeppel-Sperl&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.dubishiffartcollection.com/artist/zeppel-sperl-robert/&amp;lt;/ref&amp;gt;. La répartition des lots révèle un aperçu relativement actuel de la création autrichienne. La forte présence de Hubert Schmalix (cinq lots), Hermann Nitsch (quatre lots ), ainsi qu’Alois Mosbacher, Oswald Oberhuber et Arnulf Rainer (trois lots chacun ) illustre cette tendance. Tous sont alors pleinement actifs dans les années 1980 et comptent parmi les figures marquantes de la scène artistique autrichienne. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La vente du 7 mars s’achève par un important ensemble de mobilier Biedermeier. Tables, secrétaires, commodes, vitrines, sièges et meubles d’apparat illustrent les formes caractéristiques du goût viennois de la première moitié du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, marqué par la sobriété des lignes, la clarté des volumes et le travail raffiné des placages de bois clairs. Plusieurs lots témoignent également de l’intérêt porté aux intérieurs bourgeois et à l’art de vivre viennois.&lt;br /&gt;
&amp;lt;gallery mode=&amp;quot;packed&amp;quot; heights=&amp;quot;300px&amp;quot;&amp;gt;&lt;br /&gt;
File:Franz Matsch Selfportrait 1904 Belvedre Vienna.png|thumb|Franz von Matsch, autoportrait, 1904&lt;br /&gt;
File:960px-Selbstportrait Wilhelm-List 28x22cm.png|thumb|Wilhelm List, autoportrait, 1889&lt;br /&gt;
File:Hermann Nitsch Viennale 2012.jpg|thumb|Hermann Nitsch invité à la Viennale 2012 &lt;br /&gt;
File:1280px-Arnulf Rainer, Sternsucher, 1994, ein Film von Herbert Brödl.jpg|thumb|Arnulf Rainer dans le film &#039;&#039;Sternsucher&#039;&#039; d’Herbert Brödl, 1994 &lt;br /&gt;
&amp;lt;/gallery&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Résultats des ventes==&lt;br /&gt;
Les comptes rendus publiés dans la &#039;&#039;Gazette de l’Hôtel Drouot&#039;&#039; le 17 mars 1989 confirment le bon accueil réservé à cette vente aux enchères parisienne. Le journal insiste sur la diversité de l’art autrichien ainsi que sur la qualité des pièces proposées. Les adjudications révèlent toutefois une situation plus contrastée qu’il n’y paraît au premier abord : si plusieurs lots atteignent des montants importants, une part significative des œuvres présentées ne trouve pas preneur. Sur les 285 lots du catalogue, seuls 135 sont effectivement adjugés, ce qui témoigne du caractère relativement spécialisé de cette vacation et d’un intérêt inégal selon les artistes et les catégories d’objets proposés. Les résultats montrent une forte polarisation entre quelques pièces très recherchées et une grande quantité de lots vendus à des prix modestes, voire restés invendus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Johann Fischbach.jpg|thumb|Johann Fischbach, gravure de Franz Xaver Stöber, 1834]]Les adjudications les plus élevées concernent une œuvre de Robert Russ, la &#039;&#039;Vue du château d’Arco, près de Riga sur le lac de Garde&#039;&#039;, qui atteint 400 000 francs, ainsi que des œuvres de Johann Fischbach  avec &#039;&#039;Scène de chasse dans le Pinzgau&#039;&#039; (260 000 F), d’Egon Schiele pour &#039;&#039;Étude de femme en bas&#039;&#039; (255 000 F) et de Hans Makart avec le &#039;&#039;Portrait de Theodora von Goezsy&#039;&#039; (250 000 F). Parmi les œuvres modernes, l’une des études d’Oskar Kokoschka pour une coupe de Murano dépasse son estimation pour être adjugée 97 000 francs. Les artistes liés à la modernité viennoise et à la Sécession enregistrent également des résultats notables : deux dessins de Gustav Klimt – &#039;&#039;Femme debout vue de face&#039;&#039; et &#039;&#039;Portrait de Magda Mautner-Markhof&#039;&#039; – atteignent respectivement 85 000 et 78 000 francs, tandis que &#039;&#039;Pluie d’orage sur l’Attersee&#039;&#039; de Rudolf Junk est adjugé 67 000 francs. Parmi les artistes contemporains, deux œuvres d’Hermann Nitsch, &#039;&#039;Composition&#039;&#039; et &#039;&#039;La Cène&#039;&#039; sont vendues respectivement 45 000 et 50 000 francs. &#039;&#039;Fossiles&#039;&#039; d’Arnulf Rainer est pour sa part adjugé 38 000 francs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces résultats suggèrent que, dans le contexte parisien de 1989, le marché valorise encore fortement certains peintres historicistes ou paysagistes du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle autrichien, aux côtés de figures plus attendues de la modernité viennoise. Ils montrent aussi que cette redécouverte de l’art autrichien demeure partielle et sélective : la notoriété internationale de quelques artistes ne suffit pas encore à garantir le succès de l’ensemble de la vente.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le domaine des arts décoratifs et du mobilier, les adjudications apparaissent, là encore, assez inégales et concentrées sur certains lots particulièrement recherchés. Plusieurs créations de Josef Hoffmann enregistrent des adjudications solides, comprises entre 42 000 et 63 000 francs, tandis qu’une armoire à linge en bois laqué de Koloman Moser atteint 50 500 francs. Le mobilier Biedermeier figure également parmi les ensembles les plus appréciés, avec plusieurs adjudications élevées : 150 000 francs, par exemple, pour un meuble baroque à deux corps du XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Les verreries Loetz, les objets de Gustav Gurschner ainsi que les pièces attribuées à Otto Wagner et Josef Maria Olbrich obtiennent également des résultats satisfaisants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans l’ensemble, la vente semble avoir rencontré un succès réel malgré une dispersion importante des adjudications, signe d’un marché encore en construction pour l’art autrichien à Paris. Plus qu’un simple succès ponctuel, cette vacation apparaît comme un moment de structuration du marché français de l’art autrichien, à une période où celui-ci demeure encore relativement peu représenté dans les grandes ventes parisiennes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Références et liens externes==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Bibliographie==&lt;br /&gt;
*Anonyme : Du Biedermeier à Josef Hoffmann. In : La Gazette de l’Hôtel Drouot n° 11, 17 mars 1989, p. 13-15.&lt;br /&gt;
*Clair, Jean (dir.) : Vienne 1880–1938. L’apocalypse joyeuse. Paris : Centre Georges Pompidou 1986. &lt;br /&gt;
*L’Art autrichien à Paris. Catalogue de vente. Vente aux enchères publiques à Paris, 15 avenue Montaigne (8e). Lundi 6 mars 1989 à 15 heures. Mardi 7 mars 1989 à 15 heures. Ader Picard Tajan/Dorotheum, Paris 1989.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Auteure==&lt;br /&gt;
Irène Cagneau&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mise en ligne : 02/06/2026&lt;br /&gt;
{{otherWiki|Auktion_„L’Art_autrichien_à_Paris“_(6.–7._März_1989)}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Hannah</name></author>
	</entry>
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		<id>https://decaf-fr.literaturtirol.at/index.php?title=Vente_aux_ench%C3%A8res_publiques_%C2%AB_L%E2%80%99Art_autrichien_%C3%A0_Paris_%C2%BB_(6%E2%80%937_mars_1989)&amp;diff=1375</id>
		<title>Vente aux enchères publiques « L’Art autrichien à Paris » (6–7 mars 1989)</title>
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		<updated>2026-06-03T10:13:09Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Hannah : /* Résultats des ventes */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Organisée les 6 et 7 mars 1989 à Paris par la maison de ventes Ader Picard Tajan&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.ader-paris.fr/notre-histoire&amp;lt;/ref&amp;gt;, en collaboration avec le Dorotheum&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.dorotheum.com/de/&amp;lt;/ref&amp;gt; de Vienne, la vente aux enchères publiques intitulée « L’Art autrichien à Paris » constitue un témoignage exemplaire de l’intérêt pour l’art autrichien en France dans les années 1980. Présentée par l’ambassadeur Wolfgang Schallenberg&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.nationalfonds.org/announcement/in-memoriam-retired-ambassador-wolfgang-schallenberg&amp;lt;/ref&amp;gt; comme la première vente parisienne consacrée exclusivement à un ensemble d’objets de provenance autrichienne&amp;lt;ref&amp;gt;L’Art autrichien 1989, 5&amp;lt;/ref&amp;gt;, elle associe arts décoratifs, mobilier, verrerie, céramiques, peinture, couvrant un large spectre chronologique allant du Biedermeier à la création contemporaine. La vente se déroule en outre à Drouot-Montaigne, espace parisien alors réservé aux vacations de prestige, ce qui témoigne des ambitions commerciales et symboliques attachées à cet événement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Contexte historique et culturel==&lt;br /&gt;
Cette vente a lieu dans le prolongement de [[Exposition « Vienne, 1880–1938. L’apocalypse joyeuse »|l’exposition Vienne 1880-1938]], organisée au Centre Pompidou en 1986 et évoquée dans la préface du catalogue comme point de référence majeur. Le commissaire-priseur Jacques Tajan&amp;lt;ref&amp;gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Tajan_(maison_de_vente)&amp;lt;/ref&amp;gt; souligne l’extraordinaire succès de cette exposition, rappelant les longues files d’attente devant le Centre Pompidou et exprimant l’espoir que la vente connaisse un « succès analogue »&amp;lt;ref&amp;gt;L’Art autrichien 1989, 6&amp;lt;/ref&amp;gt;. Tajan présente Vienne comme un foyer de la modernité artistique et intellectuelle : [[Arnold Schönberg]], [[Sigmund Freud]], [[Gustav Mahler]] ou encore [[Oskar Kokoschka]] y apparaissent comme les figures emblématiques d’une culture urbaine fondée sur l’innovation et les tensions créatrices. Le texte insiste également sur le rôle central de la [[Sécession viennoise]], des [[Wiener Werkstätte]] et des arts décoratifs autour de [[Gustav Klimt]], Koloman Moser&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Kolo_Moser&amp;lt;/ref&amp;gt;, [[Josef Hoffmann]] et Otto Wagner&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.citedelarchitecture.fr/fr/exposition/otto-wagner-maitre-de-lart-nouveau-viennois&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette lecture correspond à une approche désormais largement consacrée de la modernité viennoise, qui s’impose progressivement dans l’historiographie internationale au cours des années 1980 sous l’effet conjoint de l’histoire culturelle, des grandes expositions (Hambourg, Venise, Vienne, Paris, New York, Bruxelles) et de la revalorisation du marché des arts décoratifs et du Jugendstil. Dans son introduction, Wolfgang Schallenberg insiste pour sa part également sur l’art autrichien contemporain, qu’il estime encore peu connu du public français malgré l’intérêt croissant porté à la culture autrichienne&amp;lt;ref&amp;gt;L’Art autrichien 1989, 5&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Vente du 6 mars 1989 : arts décoratifs, mobilier et verrerie==&lt;br /&gt;
La première journée de vente est consacrée aux céramiques, à l’art du verre et au mobilier autrichiens. Au total, 146 objets sont présentés. Cette valorisation des arts appliqués s’inscrit alors dans une tendance particulièrement visible sur le marché européen, notamment en France et en Belgique, où l’Art nouveau et les arts décoratifs connaissent un important regain d’intérêt, alimenté par les expositions, les publications spécialisées et l’essor du marché du design et des arts décoratifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le catalogue accorde une attention centrale aux figures de la Sécession et des Wiener Werkstätte. Josef Hoffmann  apparaît comme l’un des artistes les plus représentés de la vente, avec vingt-huit lots consacrés au mobilier – chaises, fauteuils, ensembles de salon – ainsi qu’aux objets décoratifs, parmi lesquels figurent des vases, des coupes, un coffret de toilette et une corbeille à fleurs. Koloman Moser  bénéficie également d’une présence importante (dix lots), notamment dans les sections consacrées à la verrerie et au mobilier moderne. La présence de sept lots de la [[Verrerie Loetz|verrerie Loetz]] ainsi que de vases originaires de Bohème témoigne en outre de l’intérêt croissant du marché pour les arts décoratifs austro-hongrois autour de 1900.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le catalogue met aussi en valeur d’autres sculpteurs et céramistes liés au Jugendstil et aux Wiener Werkstätte, comme Michael Powolny&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.musee-orsay.fr/fr/ressources/repertoire-artistes-personnalites/michael-powolny-20276&amp;lt;/ref&amp;gt;, Gustav Gurschner&amp;lt;ref&amp;gt;https://archive.org/details/jstor-25581532/page/n1/mode/2up&amp;lt;/ref&amp;gt;, Anton Klieber&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.mutualart.com/Artist/Anton-Klieber/BDC1470EC7B4F1AB&amp;lt;/ref&amp;gt; ou Hugo Franz Kirsch&amp;lt;ref&amp;gt;https://sammlung.mak.at/en/artist/kirsch-hugo-franz_46077&amp;lt;/ref&amp;gt;. Gustav Gurschner, membre de la Sécession puis du [[Hagenbund]], occupe une place significative avec huit objets présentés à la vente, notamment des vases en bronze patiné caractéristiques du Jugendstil. Le catalogue  fait apparaître également plusieurs créatrices. Marie Kirschner&amp;lt;ref&amp;gt;https://loetz.com/designers/marie-kirschner&amp;lt;/ref&amp;gt;, associée à la verrerie Loetz, est représentée par quatre vases en verre teinté, estimés entre 6 000 et 12 000 francs. La vente comprend aussi un mobilier de chambre d’enfant conçu par Fanny Harlfinger-Zakucka&amp;lt;ref&amp;gt;https://sammlung.belvedere.at/people/731/&amp;lt;/ref&amp;gt;, artiste, décoratrice et pédagogue engagée dans les mouvements de réforme artistique . Estimé à 400 000 francs, cet ensemble en bois de placage teinté jaune et satiné, qui fut exposé à la &#039;&#039;Kunstschau&#039;&#039; de Vienne en 1908, figure parmi les pièces phares de la vente. Une petite coupe en céramique de Vally Wieselthier&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Vally_Wieselthier&amp;lt;/ref&amp;gt; apparaît également dans le catalogue. Cette artiste  a connu une reconnaissance internationale importante lors de [[Exposition internationale des arts décoratifs et industriels moderne à Paris (1925)|l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes]] de Paris en 1925, où ses céramiques expressionnistes ont particulièrement retenu l’attention. La présence de ces femmes, auxquelles s’ajoute la céramiste Therese Trethan&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.musee-orsay.fr/fr/oeuvres/terrine-3541&amp;lt;/ref&amp;gt;, témoigne de l’intégration progressive des créatrices viennoises dans l’historiographie et le marché des arts décoratifs du XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle.&lt;br /&gt;
&amp;lt;gallery mode=&amp;quot;packed&amp;quot; heights=&amp;quot;250px&amp;quot;&amp;gt;&lt;br /&gt;
File:Josef-Hoffmann.jpg|thumb|Josef Hoffmann, 1902&lt;br /&gt;
File:Koloman Moser.jpg|thumb|Koloman Moser, 1905&lt;br /&gt;
File:Gustav Gurschner.png|thumb|Gustav Gurschner, peint par Julius Köhler, 1900&lt;br /&gt;
File:Marie Kirschner Selbstportrait 1880.jpg|thumb|Marie Kirschner, autoportrait, 1880&lt;br /&gt;
File:Fanny und Richrd HarlfingerÖNB Digit.jpg|thumb|Fanny et Richard Harlfinger, 1905&lt;br /&gt;
File:Vally Wieselthier im Contempora Studio, New York City.jpg|thumb|Vally Wieselthier au Contempora Studio à New York, 1928/1929&lt;br /&gt;
&amp;lt;/gallery&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Vente du 7 mars 1989 : aquarelles, dessins, tableaux modernes et contemporains, mobilier==&lt;br /&gt;
La vente du 7 mars 1989, consacrée aux aquarelles, dessins, tableaux modernes et contemporains ainsi qu’au mobilier des XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; et XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècles – notamment Biedermeier –, propose un panorama particulièrement large de la création autrichienne (lots 150 à 285). Le catalogue accorde d’abord une place importante à la peinture historiciste et académique du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Le &#039;&#039;Portrait de Theodora von Goezsy&#039;&#039; de Hans Makart&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Hans_Makart&amp;lt;/ref&amp;gt;, exposé aujourd’hui au Leopold Museum&amp;lt;ref&amp;gt;https://onlinecollection.leopoldmuseum.org/objekt/6695-frau-in-schwarzer-robe-portrat-theodora-von-gozsy/#provenienz&amp;lt;/ref&amp;gt;, apparaît ainsi aux côtés d’œuvres de Johann Fischbach&amp;lt;ref&amp;gt;https://de.wikisource.org/wiki/BLK%C3%96:Fischbach,_Johann&amp;lt;/ref&amp;gt;, Friedrich Gauermann&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.dorotheum.com/en/b/friedrich-gauermann-staging-nature/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Josef Kriehuber&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.dorotheum.com/en/k/josef-nikolaus-kriehuber/&amp;lt;/ref&amp;gt; ou Rudolf von Alt&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.zikg.eu/forschung/projekte/projekte-zi/rudolf-von-alt-zeichnungen-und-aquarelle&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette présence est particulièrement significative dans un contexte historiographique où la redécouverte de « Vienne 1900 » tend parfois à marginaliser les générations précédentes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autour de cet héritage académique, le catalogue présente également de nombreuses œuvres relevant de la peinture de paysage et du &#039;&#039;Stimmungsrealismus&#039;&#039; de la fin du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Plusieurs artistes y occupent une place notable : Tina Blau&amp;lt;ref&amp;gt;https://jwa.org/encyclopedia/article/blau-tina&amp;lt;/ref&amp;gt;, Olga Wisinger-Florian&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Olga_Wisinger-Florian&amp;lt;/ref&amp;gt;, [[Eugen Jettel]], [[Rudolf Ribarz]], Robert Russ&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.gieseundschweiger.at/en/artists/132-robert-russ/biography/&amp;lt;/ref&amp;gt; ou encore [[Wilhelm Bernatzik]]. Leur présence apparaît d’autant plus intéressante qu’ils demeurent alors relativement peu visibles en France malgré leur rôle essentiel dans le renouvellement de la peinture autrichienne autour de 1900. Le catalogue comprend notamment deux tableaux de Rudolf Ribarz, dont le plus coté, &#039;&#039;Iris&#039;&#039;, est estimé entre 250 000 et 280 000 francs. Tina Blau et Olga Wisinger-Florian comptent quant à elles parmi les principales peintres autrichiennes de la fin du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle et participent pleinement à l’émergence d’une peinture de paysage moderne à Vienne. La &#039;&#039;Sablière avec vue sur Poetzleinsdorf&#039;&#039; de Tina Blau  est ainsi estimée entre 80 000 et 100 000 francs tandis que la &#039;&#039;Vue d’Hinterbruehl&#039;&#039; d’Olga Wisinger-Florian, reproduite en pleine page dans le catalogue, atteint une estimation comprise entre 150 000 et 200 000 francs.&lt;br /&gt;
&amp;lt;gallery mode=&amp;quot;packed&amp;quot; heights=&amp;quot;300&amp;quot;&amp;gt;&lt;br /&gt;
File:Hans Makart 1884.png|thumb|Hans Makart, 1884&lt;br /&gt;
File:Rudolf Ribarz2.jpg|thumb|Rudolf Ribarz, circa 1895&lt;br /&gt;
File:Tina Blau-Photo.jpg|thumb|Tina Blau, 1869&lt;br /&gt;
File:OlgaWisinger-Florian.jpg|thumb|Olga Wisinger-Florian, circa 1897 &lt;br /&gt;
&amp;lt;/gallery&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les artistes associés à la modernité viennoise occupent une place particulièrement visible dans le catalogue, sans pour autant en constituer l’unique centre d’intérêt. Gustav Klimt est ainsi bien représenté avec quatre dessins de femmes à la craie et au crayon. [[Egon Schiele]] apparaît quant à lui avec une &#039;&#039;Étude de femme en bas&#039;&#039; datée de 1918, estimée entre 180 000 et 200 000 francs. Deux dessins d’Oskar Kokoschka ont également été mis à l’honneur la veille, dans les premiers lots de la vente du 6 mars : ils consistent en deux études pour une coupe de Murano réalisées à l’encre de Chine et au crayon de couleur en 1953. Autour de ces figures désormais emblématiques, le catalogue rassemble plusieurs peintres liés à la Sécession, parmi lesquels Ernst Stöhr&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.klimt-database.com/en/network-vienna-1900/colleagues/ernst-stoehr/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Wilhelm List&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.biographien.ac.at/oebl/oebl_L/List_Wilhelm_1864_1918.xml&amp;lt;/ref&amp;gt; ou Franz von Matsch&amp;lt;ref&amp;gt;https://sammlung.belvedere.at/people/1377/&amp;lt;/ref&amp;gt;. La reproduction en pleine page de &#039;&#039;Prométhée&#039;&#039; de Franz von Matsch, estimé entre 25 000 et 30 000 francs, rappelle ainsi que la Sécession conserve des liens importants avec une tradition historiciste et symboliste issue de la peinture monumentale de la fin du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle . La présence de la &#039;&#039;Jeune fille à la poupée&#039;&#039; de Wilhelm List, dont l’estimation atteint 150 000 à 180 000 francs , témoigne quant à elle de l’intérêt du catalogue pour des œuvres plus intimistes, où les thèmes de l’enfance et du jeu participent pleinement à l’atmosphère culturelle de la Vienne 1900.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la section des peintures, la vente accorde enfin une place significative à plusieurs artistes contemporains, parmi lesquels Siegfried Anzinger&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.dorotheum.com/en/k/siegfried-anzinger/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Christian Ludwig Attersee&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.dorotheum.com/en/k/christian-ludwig-attersee/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Erwin Bohatsch&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.dorotheum.com/en/k/erwin-bohatsch/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Alois Mosbacher&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.aloismosbacher.at/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Zoran Music&amp;lt;ref&amp;gt;https://galerieamargaron.com/artistes/zoran-music/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Hermann Nitsch&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.nitsch.org/&amp;lt;/ref&amp;gt;, [[Oswald Oberhuber]], [[Arnulf Rainer]], Hubert Schmalix&amp;lt;ref&amp;gt;https://hubertschmalix.com/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Rudolf Schwarzkogler&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.moma.org/artists/7910-rudolf-schwarzkogler&amp;lt;/ref&amp;gt; ou encore Robert Zeppel-Sperl&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.dubishiffartcollection.com/artist/zeppel-sperl-robert/&amp;lt;/ref&amp;gt;. La répartition des lots révèle un aperçu relativement actuel de la création autrichienne. La forte présence de Hubert Schmalix (cinq lots), Hermann Nitsch (quatre lots ), ainsi qu’Alois Mosbacher, Oswald Oberhuber et Arnulf Rainer (trois lots chacun ) illustre cette tendance. Tous sont alors pleinement actifs dans les années 1980 et comptent parmi les figures marquantes de la scène artistique autrichienne. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La vente du 7 mars s’achève par un important ensemble de mobilier Biedermeier. Tables, secrétaires, commodes, vitrines, sièges et meubles d’apparat illustrent les formes caractéristiques du goût viennois de la première moitié du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, marqué par la sobriété des lignes, la clarté des volumes et le travail raffiné des placages de bois clairs. Plusieurs lots témoignent également de l’intérêt porté aux intérieurs bourgeois et à l’art de vivre viennois.&lt;br /&gt;
&amp;lt;gallery mode=&amp;quot;packed&amp;quot; heights=&amp;quot;300px&amp;quot;&amp;gt;&lt;br /&gt;
File:Franz Matsch Selfportrait 1904 Belvedre Vienna.png|thumb|Franz von Matsch, autoportrait, 1904&lt;br /&gt;
File:960px-Selbstportrait Wilhelm-List 28x22cm.png|thumb|Wilhelm List, autoportrait, 1889&lt;br /&gt;
File:Hermann Nitsch Viennale 2012.jpg|thumb|Hermann Nitsch invité à la Viennale 2012 &lt;br /&gt;
File:1280px-Arnulf Rainer, Sternsucher, 1994, ein Film von Herbert Brödl.jpg|thumb|Arnulf Rainer dans le film &#039;&#039;Sternsucher&#039;&#039; d’Herbert Brödl, 1994 &lt;br /&gt;
&amp;lt;/gallery&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Résultats des ventes==&lt;br /&gt;
Les comptes rendus publiés dans la &#039;&#039;Gazette de l’Hôtel Drouot&#039;&#039; le 17 mars 1989 confirment le bon accueil réservé à cette vente aux enchères parisienne. Le journal insiste sur la diversité de l’art autrichien ainsi que sur la qualité des pièces proposées. Les adjudications révèlent toutefois une situation plus contrastée qu’il n’y paraît au premier abord : si plusieurs lots atteignent des montants importants, une part significative des œuvres présentées ne trouve pas preneur. Sur les 285 lots du catalogue, seuls 135 sont effectivement adjugés, ce qui témoigne du caractère relativement spécialisé de cette vacation et d’un intérêt inégal selon les artistes et les catégories d’objets proposés. Les résultats montrent une forte polarisation entre quelques pièces très recherchées et une grande quantité de lots vendus à des prix modestes, voire restés invendus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Johann Fischbach.jpg|thumb|Johann Fischbach, gravure de Franz Xaver Stöber, 1834]]Les adjudications les plus élevées concernent une œuvre de Robert Russ, la &#039;&#039;Vue du château d’Arco, près de Riga sur le lac de Garde&#039;&#039;, qui atteint 400 000 francs, ainsi que des œuvres de Johann Fischbach  avec &#039;&#039;Scène de chasse dans le Pinzgau&#039;&#039; (260 000 F), d’Egon Schiele pour &#039;&#039;Étude de femme en bas&#039;&#039; (255 000 F) et de Hans Makart avec le &#039;&#039;Portrait de Theodora von Goezsy&#039;&#039; (250 000 F). Parmi les œuvres modernes, l’une des études d’Oskar Kokoschka pour une coupe de Murano dépasse son estimation pour être adjugée 97 000 francs. Les artistes liés à la modernité viennoise et à la Sécession enregistrent également des résultats notables : deux dessins de Gustav Klimt – &#039;&#039;Femme debout vue de face&#039;&#039; et &#039;&#039;Portrait de Magda Mautner-Markhof&#039;&#039; – atteignent respectivement 85 000 et 78 000 francs, tandis que &#039;&#039;Pluie d’orage sur l’Attersee&#039;&#039; de Rudolf Junk est adjugé 67 000 francs. Parmi les artistes contemporains, deux œuvres d’Hermann Nitsch, &#039;&#039;Composition&#039;&#039; et &#039;&#039;La Cène&#039;&#039; sont vendues respectivement 45 000 et 50 000 francs. &#039;&#039;Fossiles&#039;&#039; d’Arnulf Rainer est pour sa part adjugé 38 000 francs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces résultats suggèrent que, dans le contexte parisien de 1989, le marché valorise encore fortement certains peintres historicistes ou paysagistes du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle autrichien, aux côtés de figures plus attendues de la modernité viennoise. Ils montrent aussi que cette redécouverte de l’art autrichien demeure partielle et sélective : la notoriété internationale de quelques artistes ne suffit pas encore à garantir le succès de l’ensemble de la vente.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le domaine des arts décoratifs et du mobilier, les adjudications apparaissent, là encore, assez inégales et concentrées sur certains lots particulièrement recherchés. Plusieurs créations de Josef Hoffmann enregistrent des adjudications solides, comprises entre 42 000 et 63 000 francs, tandis qu’une armoire à linge en bois laqué de Koloman Moser atteint 50 500 francs. Le mobilier Biedermeier figure également parmi les ensembles les plus appréciés, avec plusieurs adjudications élevées : 150 000 francs, par exemple, pour un meuble baroque à deux corps du XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Les verreries Loetz, les objets de Gustav Gurschner ainsi que les pièces attribuées à Otto Wagner et Josef Maria Olbrich obtiennent également des résultats satisfaisants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans l’ensemble, la vente semble avoir rencontré un succès réel malgré une dispersion importante des adjudications, signe d’un marché encore en construction pour l’art autrichien à Paris. Plus qu’un simple succès ponctuel, cette vacation apparaît comme un moment de structuration du marché français de l’art autrichien, à une période où celui-ci demeure encore relativement peu représenté dans les grandes ventes parisiennes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Références et liens externes==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Bibliographie==&lt;br /&gt;
*Anonyme : Du Biedermeier à Josef Hoffmann. In : La Gazette de l’Hôtel Drouot n° 11, 17 mars 1989, p. 13-15.&lt;br /&gt;
*Clair, Jean (dir.) : Vienne 1880–1938. L’apocalypse joyeuse. Paris : Centre Georges Pompidou 1986. &lt;br /&gt;
*L’Art autrichien à Paris. Catalogue de vente. Vente aux enchères publiques à Paris, 15 avenue Montaigne (8e). Lundi 6 mars 1989 à 15 heures. Mardi 7 mars 1989 à 15 heures. Ader Picard Tajan/Dorotheum, Paris 1989.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Auteure==&lt;br /&gt;
Irène Cagneau&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mise en ligne : 02/06/2026&lt;br /&gt;
{{otherWiki|Auktion_„L’Art_autrichien_à_Paris“_(6.–7._März_1989)}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Hannah</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://decaf-fr.literaturtirol.at/index.php?title=Vente_aux_ench%C3%A8res_publiques_%C2%AB_L%E2%80%99Art_autrichien_%C3%A0_Paris_%C2%BB_(6%E2%80%937_mars_1989)&amp;diff=1374</id>
		<title>Vente aux enchères publiques « L’Art autrichien à Paris » (6–7 mars 1989)</title>
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		<updated>2026-06-03T10:12:24Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Hannah : /* Vente du 6 mars 1989 : arts décoratifs, mobilier et verrerie */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Organisée les 6 et 7 mars 1989 à Paris par la maison de ventes Ader Picard Tajan&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.ader-paris.fr/notre-histoire&amp;lt;/ref&amp;gt;, en collaboration avec le Dorotheum&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.dorotheum.com/de/&amp;lt;/ref&amp;gt; de Vienne, la vente aux enchères publiques intitulée « L’Art autrichien à Paris » constitue un témoignage exemplaire de l’intérêt pour l’art autrichien en France dans les années 1980. Présentée par l’ambassadeur Wolfgang Schallenberg&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.nationalfonds.org/announcement/in-memoriam-retired-ambassador-wolfgang-schallenberg&amp;lt;/ref&amp;gt; comme la première vente parisienne consacrée exclusivement à un ensemble d’objets de provenance autrichienne&amp;lt;ref&amp;gt;L’Art autrichien 1989, 5&amp;lt;/ref&amp;gt;, elle associe arts décoratifs, mobilier, verrerie, céramiques, peinture, couvrant un large spectre chronologique allant du Biedermeier à la création contemporaine. La vente se déroule en outre à Drouot-Montaigne, espace parisien alors réservé aux vacations de prestige, ce qui témoigne des ambitions commerciales et symboliques attachées à cet événement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Contexte historique et culturel==&lt;br /&gt;
Cette vente a lieu dans le prolongement de [[Exposition « Vienne, 1880–1938. L’apocalypse joyeuse »|l’exposition Vienne 1880-1938]], organisée au Centre Pompidou en 1986 et évoquée dans la préface du catalogue comme point de référence majeur. Le commissaire-priseur Jacques Tajan&amp;lt;ref&amp;gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Tajan_(maison_de_vente)&amp;lt;/ref&amp;gt; souligne l’extraordinaire succès de cette exposition, rappelant les longues files d’attente devant le Centre Pompidou et exprimant l’espoir que la vente connaisse un « succès analogue »&amp;lt;ref&amp;gt;L’Art autrichien 1989, 6&amp;lt;/ref&amp;gt;. Tajan présente Vienne comme un foyer de la modernité artistique et intellectuelle : [[Arnold Schönberg]], [[Sigmund Freud]], [[Gustav Mahler]] ou encore [[Oskar Kokoschka]] y apparaissent comme les figures emblématiques d’une culture urbaine fondée sur l’innovation et les tensions créatrices. Le texte insiste également sur le rôle central de la [[Sécession viennoise]], des [[Wiener Werkstätte]] et des arts décoratifs autour de [[Gustav Klimt]], Koloman Moser&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Kolo_Moser&amp;lt;/ref&amp;gt;, [[Josef Hoffmann]] et Otto Wagner&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.citedelarchitecture.fr/fr/exposition/otto-wagner-maitre-de-lart-nouveau-viennois&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette lecture correspond à une approche désormais largement consacrée de la modernité viennoise, qui s’impose progressivement dans l’historiographie internationale au cours des années 1980 sous l’effet conjoint de l’histoire culturelle, des grandes expositions (Hambourg, Venise, Vienne, Paris, New York, Bruxelles) et de la revalorisation du marché des arts décoratifs et du Jugendstil. Dans son introduction, Wolfgang Schallenberg insiste pour sa part également sur l’art autrichien contemporain, qu’il estime encore peu connu du public français malgré l’intérêt croissant porté à la culture autrichienne&amp;lt;ref&amp;gt;L’Art autrichien 1989, 5&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Vente du 6 mars 1989 : arts décoratifs, mobilier et verrerie==&lt;br /&gt;
La première journée de vente est consacrée aux céramiques, à l’art du verre et au mobilier autrichiens. Au total, 146 objets sont présentés. Cette valorisation des arts appliqués s’inscrit alors dans une tendance particulièrement visible sur le marché européen, notamment en France et en Belgique, où l’Art nouveau et les arts décoratifs connaissent un important regain d’intérêt, alimenté par les expositions, les publications spécialisées et l’essor du marché du design et des arts décoratifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le catalogue accorde une attention centrale aux figures de la Sécession et des Wiener Werkstätte. Josef Hoffmann  apparaît comme l’un des artistes les plus représentés de la vente, avec vingt-huit lots consacrés au mobilier – chaises, fauteuils, ensembles de salon – ainsi qu’aux objets décoratifs, parmi lesquels figurent des vases, des coupes, un coffret de toilette et une corbeille à fleurs. Koloman Moser  bénéficie également d’une présence importante (dix lots), notamment dans les sections consacrées à la verrerie et au mobilier moderne. La présence de sept lots de la [[Verrerie Loetz|verrerie Loetz]] ainsi que de vases originaires de Bohème témoigne en outre de l’intérêt croissant du marché pour les arts décoratifs austro-hongrois autour de 1900.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le catalogue met aussi en valeur d’autres sculpteurs et céramistes liés au Jugendstil et aux Wiener Werkstätte, comme Michael Powolny&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.musee-orsay.fr/fr/ressources/repertoire-artistes-personnalites/michael-powolny-20276&amp;lt;/ref&amp;gt;, Gustav Gurschner&amp;lt;ref&amp;gt;https://archive.org/details/jstor-25581532/page/n1/mode/2up&amp;lt;/ref&amp;gt;, Anton Klieber&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.mutualart.com/Artist/Anton-Klieber/BDC1470EC7B4F1AB&amp;lt;/ref&amp;gt; ou Hugo Franz Kirsch&amp;lt;ref&amp;gt;https://sammlung.mak.at/en/artist/kirsch-hugo-franz_46077&amp;lt;/ref&amp;gt;. Gustav Gurschner, membre de la Sécession puis du [[Hagenbund]], occupe une place significative avec huit objets présentés à la vente, notamment des vases en bronze patiné caractéristiques du Jugendstil. Le catalogue  fait apparaître également plusieurs créatrices. Marie Kirschner&amp;lt;ref&amp;gt;https://loetz.com/designers/marie-kirschner&amp;lt;/ref&amp;gt;, associée à la verrerie Loetz, est représentée par quatre vases en verre teinté, estimés entre 6 000 et 12 000 francs. La vente comprend aussi un mobilier de chambre d’enfant conçu par Fanny Harlfinger-Zakucka&amp;lt;ref&amp;gt;https://sammlung.belvedere.at/people/731/&amp;lt;/ref&amp;gt;, artiste, décoratrice et pédagogue engagée dans les mouvements de réforme artistique . Estimé à 400 000 francs, cet ensemble en bois de placage teinté jaune et satiné, qui fut exposé à la &#039;&#039;Kunstschau&#039;&#039; de Vienne en 1908, figure parmi les pièces phares de la vente. Une petite coupe en céramique de Vally Wieselthier&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Vally_Wieselthier&amp;lt;/ref&amp;gt; apparaît également dans le catalogue. Cette artiste  a connu une reconnaissance internationale importante lors de [[Exposition internationale des arts décoratifs et industriels moderne à Paris (1925)|l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes]] de Paris en 1925, où ses céramiques expressionnistes ont particulièrement retenu l’attention. La présence de ces femmes, auxquelles s’ajoute la céramiste Therese Trethan&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.musee-orsay.fr/fr/oeuvres/terrine-3541&amp;lt;/ref&amp;gt;, témoigne de l’intégration progressive des créatrices viennoises dans l’historiographie et le marché des arts décoratifs du XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle.&lt;br /&gt;
&amp;lt;gallery mode=&amp;quot;packed&amp;quot; heights=&amp;quot;250px&amp;quot;&amp;gt;&lt;br /&gt;
File:Josef-Hoffmann.jpg|thumb|Josef Hoffmann, 1902&lt;br /&gt;
File:Koloman Moser.jpg|thumb|Koloman Moser, 1905&lt;br /&gt;
File:Gustav Gurschner.png|thumb|Gustav Gurschner, peint par Julius Köhler, 1900&lt;br /&gt;
File:Marie Kirschner Selbstportrait 1880.jpg|thumb|Marie Kirschner, autoportrait, 1880&lt;br /&gt;
File:Fanny und Richrd HarlfingerÖNB Digit.jpg|thumb|Fanny et Richard Harlfinger, 1905&lt;br /&gt;
File:Vally Wieselthier im Contempora Studio, New York City.jpg|thumb|Vally Wieselthier au Contempora Studio à New York, 1928/1929&lt;br /&gt;
&amp;lt;/gallery&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Vente du 7 mars 1989 : aquarelles, dessins, tableaux modernes et contemporains, mobilier==&lt;br /&gt;
La vente du 7 mars 1989, consacrée aux aquarelles, dessins, tableaux modernes et contemporains ainsi qu’au mobilier des XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; et XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècles – notamment Biedermeier –, propose un panorama particulièrement large de la création autrichienne (lots 150 à 285). Le catalogue accorde d’abord une place importante à la peinture historiciste et académique du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Le &#039;&#039;Portrait de Theodora von Goezsy&#039;&#039; de Hans Makart&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Hans_Makart&amp;lt;/ref&amp;gt;, exposé aujourd’hui au Leopold Museum&amp;lt;ref&amp;gt;https://onlinecollection.leopoldmuseum.org/objekt/6695-frau-in-schwarzer-robe-portrat-theodora-von-gozsy/#provenienz&amp;lt;/ref&amp;gt;, apparaît ainsi aux côtés d’œuvres de Johann Fischbach&amp;lt;ref&amp;gt;https://de.wikisource.org/wiki/BLK%C3%96:Fischbach,_Johann&amp;lt;/ref&amp;gt;, Friedrich Gauermann&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.dorotheum.com/en/b/friedrich-gauermann-staging-nature/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Josef Kriehuber&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.dorotheum.com/en/k/josef-nikolaus-kriehuber/&amp;lt;/ref&amp;gt; ou Rudolf von Alt&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.zikg.eu/forschung/projekte/projekte-zi/rudolf-von-alt-zeichnungen-und-aquarelle&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette présence est particulièrement significative dans un contexte historiographique où la redécouverte de « Vienne 1900 » tend parfois à marginaliser les générations précédentes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autour de cet héritage académique, le catalogue présente également de nombreuses œuvres relevant de la peinture de paysage et du &#039;&#039;Stimmungsrealismus&#039;&#039; de la fin du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Plusieurs artistes y occupent une place notable : Tina Blau&amp;lt;ref&amp;gt;https://jwa.org/encyclopedia/article/blau-tina&amp;lt;/ref&amp;gt;, Olga Wisinger-Florian&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Olga_Wisinger-Florian&amp;lt;/ref&amp;gt;, [[Eugen Jettel]], [[Rudolf Ribarz]], Robert Russ&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.gieseundschweiger.at/en/artists/132-robert-russ/biography/&amp;lt;/ref&amp;gt; ou encore [[Wilhelm Bernatzik]]. Leur présence apparaît d’autant plus intéressante qu’ils demeurent alors relativement peu visibles en France malgré leur rôle essentiel dans le renouvellement de la peinture autrichienne autour de 1900. Le catalogue comprend notamment deux tableaux de Rudolf Ribarz, dont le plus coté, &#039;&#039;Iris&#039;&#039;, est estimé entre 250 000 et 280 000 francs. Tina Blau et Olga Wisinger-Florian comptent quant à elles parmi les principales peintres autrichiennes de la fin du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle et participent pleinement à l’émergence d’une peinture de paysage moderne à Vienne. La &#039;&#039;Sablière avec vue sur Poetzleinsdorf&#039;&#039; de Tina Blau  est ainsi estimée entre 80 000 et 100 000 francs tandis que la &#039;&#039;Vue d’Hinterbruehl&#039;&#039; d’Olga Wisinger-Florian, reproduite en pleine page dans le catalogue, atteint une estimation comprise entre 150 000 et 200 000 francs.&lt;br /&gt;
&amp;lt;gallery mode=&amp;quot;packed&amp;quot; heights=&amp;quot;300&amp;quot;&amp;gt;&lt;br /&gt;
File:Hans Makart 1884.png|thumb|Hans Makart, 1884&lt;br /&gt;
File:Rudolf Ribarz2.jpg|thumb|Rudolf Ribarz, circa 1895&lt;br /&gt;
File:Tina Blau-Photo.jpg|thumb|Tina Blau, 1869&lt;br /&gt;
File:OlgaWisinger-Florian.jpg|thumb|Olga Wisinger-Florian, circa 1897 &lt;br /&gt;
&amp;lt;/gallery&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les artistes associés à la modernité viennoise occupent une place particulièrement visible dans le catalogue, sans pour autant en constituer l’unique centre d’intérêt. Gustav Klimt est ainsi bien représenté avec quatre dessins de femmes à la craie et au crayon. [[Egon Schiele]] apparaît quant à lui avec une &#039;&#039;Étude de femme en bas&#039;&#039; datée de 1918, estimée entre 180 000 et 200 000 francs. Deux dessins d’Oskar Kokoschka ont également été mis à l’honneur la veille, dans les premiers lots de la vente du 6 mars : ils consistent en deux études pour une coupe de Murano réalisées à l’encre de Chine et au crayon de couleur en 1953. Autour de ces figures désormais emblématiques, le catalogue rassemble plusieurs peintres liés à la Sécession, parmi lesquels Ernst Stöhr&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.klimt-database.com/en/network-vienna-1900/colleagues/ernst-stoehr/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Wilhelm List&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.biographien.ac.at/oebl/oebl_L/List_Wilhelm_1864_1918.xml&amp;lt;/ref&amp;gt; ou Franz von Matsch&amp;lt;ref&amp;gt;https://sammlung.belvedere.at/people/1377/&amp;lt;/ref&amp;gt;. La reproduction en pleine page de &#039;&#039;Prométhée&#039;&#039; de Franz von Matsch, estimé entre 25 000 et 30 000 francs, rappelle ainsi que la Sécession conserve des liens importants avec une tradition historiciste et symboliste issue de la peinture monumentale de la fin du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle . La présence de la &#039;&#039;Jeune fille à la poupée&#039;&#039; de Wilhelm List, dont l’estimation atteint 150 000 à 180 000 francs , témoigne quant à elle de l’intérêt du catalogue pour des œuvres plus intimistes, où les thèmes de l’enfance et du jeu participent pleinement à l’atmosphère culturelle de la Vienne 1900.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la section des peintures, la vente accorde enfin une place significative à plusieurs artistes contemporains, parmi lesquels Siegfried Anzinger&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.dorotheum.com/en/k/siegfried-anzinger/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Christian Ludwig Attersee&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.dorotheum.com/en/k/christian-ludwig-attersee/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Erwin Bohatsch&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.dorotheum.com/en/k/erwin-bohatsch/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Alois Mosbacher&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.aloismosbacher.at/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Zoran Music&amp;lt;ref&amp;gt;https://galerieamargaron.com/artistes/zoran-music/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Hermann Nitsch&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.nitsch.org/&amp;lt;/ref&amp;gt;, [[Oswald Oberhuber]], [[Arnulf Rainer]], Hubert Schmalix&amp;lt;ref&amp;gt;https://hubertschmalix.com/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Rudolf Schwarzkogler&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.moma.org/artists/7910-rudolf-schwarzkogler&amp;lt;/ref&amp;gt; ou encore Robert Zeppel-Sperl&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.dubishiffartcollection.com/artist/zeppel-sperl-robert/&amp;lt;/ref&amp;gt;. La répartition des lots révèle un aperçu relativement actuel de la création autrichienne. La forte présence de Hubert Schmalix (cinq lots), Hermann Nitsch (quatre lots ), ainsi qu’Alois Mosbacher, Oswald Oberhuber et Arnulf Rainer (trois lots chacun ) illustre cette tendance. Tous sont alors pleinement actifs dans les années 1980 et comptent parmi les figures marquantes de la scène artistique autrichienne. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La vente du 7 mars s’achève par un important ensemble de mobilier Biedermeier. Tables, secrétaires, commodes, vitrines, sièges et meubles d’apparat illustrent les formes caractéristiques du goût viennois de la première moitié du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, marqué par la sobriété des lignes, la clarté des volumes et le travail raffiné des placages de bois clairs. Plusieurs lots témoignent également de l’intérêt porté aux intérieurs bourgeois et à l’art de vivre viennois.&lt;br /&gt;
&amp;lt;gallery mode=&amp;quot;packed&amp;quot; heights=&amp;quot;300px&amp;quot;&amp;gt;&lt;br /&gt;
File:Franz Matsch Selfportrait 1904 Belvedre Vienna.png|thumb|Franz von Matsch, autoportrait, 1904&lt;br /&gt;
File:960px-Selbstportrait Wilhelm-List 28x22cm.png|thumb|Wilhelm List, autoportrait, 1889&lt;br /&gt;
File:Hermann Nitsch Viennale 2012.jpg|thumb|Hermann Nitsch invité à la Viennale 2012 &lt;br /&gt;
File:1280px-Arnulf Rainer, Sternsucher, 1994, ein Film von Herbert Brödl.jpg|thumb|Arnulf Rainer dans le film &#039;&#039;Sternsucher&#039;&#039; d’Herbert Brödl, 1994 &lt;br /&gt;
&amp;lt;/gallery&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Résultats des ventes==&lt;br /&gt;
Les comptes rendus publiés dans la &#039;&#039;Gazette de l’Hôtel Drouot&#039;&#039; le 17 mars 1989 confirment le bon accueil réservé à cette vente aux enchères parisienne. Le journal insiste sur la diversité de l’art autrichien ainsi que sur la qualité des pièces proposées. Les adjudications révèlent toutefois une situation plus contrastée qu’il n’y paraît au premier abord : si plusieurs lots atteignent des montants importants, une part significative des œuvres présentées ne trouve pas preneur. Sur les 285 lots du catalogue, seuls 135 sont effectivement adjugés, ce qui témoigne du caractère relativement spécialisé de cette vacation et d’un intérêt inégal selon les artistes et les catégories d’objets proposés. Les résultats montrent une forte polarisation entre quelques pièces très recherchées et une grande quantité de lots vendus à des prix modestes, voire restés invendus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Johann Fischbach.jpg|thumb|Johann Fischbach, gravure de Franz Xaver Stöber, 1834]]Les adjudications les plus élevées concernent une œuvre de Robert Russ, la &#039;&#039;Vue du château d’Arco, près de Riga sur le lac de Garde&#039;&#039;, qui atteint 400 000 francs, ainsi que des œuvres de Johann Fischbach  avec &#039;&#039;Scène de chasse dans le Pinzgau&#039;&#039; (260 000 F), d’Egon Schiele pour &#039;&#039;Étude de femme en bas&#039;&#039; (255 000 F) et de Hans Makart avec le &#039;&#039;Portrait de Theodora von Goezsy&#039;&#039; (250 000 F). Parmi les œuvres modernes, l’une des études d’Oskar Kokoschka pour une coupe de Murano dépasse son estimation pour être adjugée 97 000 francs. Les artistes liés à la modernité viennoise et à la Sécession enregistrent également des résultats notables : deux dessins de Gustav Klimt – &#039;&#039;Femme debout vue de face&#039;&#039; et &#039;&#039;Portrait de Magda Mautner-Markhof&#039;&#039; – atteignent respectivement 85 000 et 78 000 francs, tandis que &#039;&#039;Pluie d’orage sur l’Attersee&#039;&#039; de Rudolf Junk est adjugé 67 000 francs. Parmi les artistes contemporains, deux œuvres d’Hermann Nitsch, &#039;&#039;Composition&#039;&#039; et &#039;&#039;La Cène&#039;&#039;, sont vendues respectivement 45 000 et 50 000 francs. Fossiles d’Arnulf Rainer est pour sa part adjugé 38 000 francs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces résultats suggèrent que, dans le contexte parisien de 1989, le marché valorise encore fortement certains peintres historicistes ou paysagistes du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle autrichien, aux côtés de figures plus attendues de la modernité viennoise. Ils montrent aussi que cette redécouverte de l’art autrichien demeure partielle et sélective : la notoriété internationale de quelques artistes ne suffit pas encore à garantir le succès de l’ensemble de la vente.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le domaine des arts décoratifs et du mobilier, les adjudications apparaissent, là encore, assez inégales et concentrées sur certains lots particulièrement recherchés. Plusieurs créations de Josef Hoffmann enregistrent des adjudications solides, comprises entre 42 000 et 63 000 francs, tandis qu’une armoire à linge en bois laqué de Koloman Moser atteint 50 500 francs. Le mobilier Biedermeier figure également parmi les ensembles les plus appréciés, avec plusieurs adjudications élevées : 150 000 francs, par exemple, pour un meuble baroque à deux corps du XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Les verreries Loetz, les objets de Gustav Gurschner ainsi que les pièces attribuées à Otto Wagner et Josef Maria Olbrich obtiennent également des résultats satisfaisants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans l’ensemble, la vente semble avoir rencontré un succès réel malgré une dispersion importante des adjudications, signe d’un marché encore en construction pour l’art autrichien à Paris. Plus qu’un simple succès ponctuel, cette vacation apparaît comme un moment de structuration du marché français de l’art autrichien, à une période où celui-ci demeure encore relativement peu représenté dans les grandes ventes parisiennes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Références et liens externes==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Bibliographie==&lt;br /&gt;
*Anonyme : Du Biedermeier à Josef Hoffmann. In : La Gazette de l’Hôtel Drouot n° 11, 17 mars 1989, p. 13-15.&lt;br /&gt;
*Clair, Jean (dir.) : Vienne 1880–1938. L’apocalypse joyeuse. Paris : Centre Georges Pompidou 1986. &lt;br /&gt;
*L’Art autrichien à Paris. Catalogue de vente. Vente aux enchères publiques à Paris, 15 avenue Montaigne (8e). Lundi 6 mars 1989 à 15 heures. Mardi 7 mars 1989 à 15 heures. Ader Picard Tajan/Dorotheum, Paris 1989.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Auteure==&lt;br /&gt;
Irène Cagneau&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mise en ligne : 02/06/2026&lt;br /&gt;
{{otherWiki|Auktion_„L’Art_autrichien_à_Paris“_(6.–7._März_1989)}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Hannah</name></author>
	</entry>
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		<id>https://decaf-fr.literaturtirol.at/index.php?title=Friedrich_Heer&amp;diff=1373</id>
		<title>Friedrich Heer</title>
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		<updated>2026-06-03T09:56:33Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Hannah : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[File:Heer.jpg|200px|thumb|Friedrich Heer (1946)]] Friedrich Heer est né le 10 avril 1916 à Vienne et décédé le 18 septembre 1983 dans sa ville natale. Il a étudié l’histoire à l’université de Vienne et fait un doctorat sur un thème relatif à l’histoire du Moyen Âge. Il fut un éminent passeur de la culture française.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Biographie==&lt;br /&gt;
Bien qu’opposant au national-socialisme, Friedrich Heer n’a pas réellement été persécuté pour cela. Après son service militaire, et ce jusqu’en 1961, il fut journaliste et avant tout critique de théâtre à l’hebdomadaire catholique viennois &#039;&#039;Die Furche&#039;&#039;. De 1961 à 1971, il travailla comme conseiller artistique au Burgtheater. À partir de 1950, il intervint comme « Privatdozent » en Histoire des idées (de l’Occident) à l’université de Vienne et donna des cours magistraux jusqu’en 1970. Il ne pardonna jamais à l’université de ne pas l’avoir nommé professeur titulaire. Auteur prolifique et plein d’idées, Heer devint vite omniprésent comme publiciste, que ce soit en Allemagne ou en Suisse. Il intervint aussi comme conférencier à la radio et à la télévision et prit position sur toutes les questions imaginables liées à la religion, la société, l’histoire et la littérature. Heer, qui insistait constamment sur son fort attachement à l’Église catholique, s’engagea très tôt en faveur d’une ouverture de l’Église et fut un représentant du « &#039;&#039;Bildungskatholizismus&#039;&#039; » (un catholicisme éclairé et formateur), un courant puissant et diversifié dans les années 1940, 1950 et 1960.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Heer, passeur de la culture française==&lt;br /&gt;
Heer, qui parlait apparemment bien français, participa au transfert de la culture française sur trois plans. En tant que critique de théâtre, il rédigeait régulièrement des comptes rendus sur des pièces françaises à l’affiche à cette époque, entre autres sur des mises en scène de Giraudoux&amp;lt;ref&amp;gt;https://data.bnf.fr/ark:/12148/cb119050769&amp;lt;/ref&amp;gt;, Anouilh&amp;lt;ref&amp;gt;https://data.bnf.fr/ark:/12148/cb118888981&amp;lt;/ref&amp;gt;, Claudel&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.academie-francaise.fr/les-immortels/paul-claudel&amp;lt;/ref&amp;gt;, Montherlant&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.academie-francaise.fr/les-immortels/henry-de-montherlant&amp;lt;/ref&amp;gt;, [[Existentialisme en Autriche|Sartre]] et [[Albert Camus|Camus]]. Après son départ de &#039;&#039;Die Furche&#039;&#039;, les articles sur la littérature française diminuèrent rapidement. Néanmoins, un journal lui confia en 1976 la nécrologie d’[[André Malraux]], et la radio publique autrichienne (ORF) l’invita en qualité d’expert en littérature française de son époque à une émission lors de la mort de Sartre en 1980.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans ses très volumineux ouvrages sur l’histoire et la &#039;&#039;Geistesgeschichte&#039;&#039; – en particulier dans &#039;&#039;Europäische Geistesgeschichte&#039;&#039; (1953), &#039;&#039;Dritte Kraft&#039;&#039; (1959) et &#039;&#039;Europa, Mutter der Revolutionen&#039;&#039; (1964) –, il adopte une approche innovante en rendant longuement hommage aux figures éminentes de la &#039;&#039;Geistesgeschichte&#039;&#039; française, telles que Calvin, Descartes, Pascal, [[Voltaire]] et Robespierre. Les grands ouvrages importants publiés par la suite sur les racines de l’antisémitisme et sur le développement de l’identité autrichienne n’ont plus laissé beaucoup de place à la France.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut préciser que les livres monumentaux de Heer ayant paru dans des maisons d’édition allemandes, comme beaucoup de ses essais (principalement aussi publiés en Allemagne), ne s’adressaient pas exclusivement à un public autrichien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En revanche, les textes que Heer a écrits pour des journaux catholiques autrichiens (par ex. &#039;&#039;Die Furche&#039;&#039;) et des périodiques (par ex. &#039;&#039;Wort und Wahrheit&#039;&#039;) sur les positions de l’Église en France l’ont été davantage en pensant à un public autrichien. Dès 1943, un essai traite de la situation spirituelle et religieuse en France :  « Lebendige Kirche. Zur geistig-religiösen Lage in Frankreich ». En 1954, il a commencé à écrire sur les prêtres-ouvriers, qui l’occuperont jusqu’en 1969. Il fait des comptes rendus sur Bernanos&amp;lt;ref&amp;gt;https://data.bnf.fr/ark:/12148/cb118914795&amp;lt;/ref&amp;gt; et Gabriel Marcel&amp;lt;ref&amp;gt;https://frankfurter-personenlexikon.de/node/446&amp;lt;/ref&amp;gt; (qui l’intéresse particulièrement) et, entre 1959 et 1981, publie plus de dix articles sur Teilhard de Chardin. Très souvent, il écrit sur sainte Thérèse de Lisieux. L’intérêt pour des thèmes ecclésiastiques, accompagné d’une réflexion sur le catholicisme français, diminue à partir du début des années 1970 – parallèlement à la sécularisation croissante –, néanmoins, Heer écrit encore en 1982 un article sur Roger Schutz&amp;lt;ref&amp;gt;https://hls-dhs-dss.ch/de/articles/011322/2011-08-22/&amp;lt;/ref&amp;gt;, le fondateur de la communauté de Taizé, pour un ouvrage collectif.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La transmission des idées catholiques françaises est importante car, d’un côté, le renouveau catholique était un courant significatif qui dépassait le milieu littéraire, et, de l’autre, l’Église avait, en Autriche, encore un grand pouvoir jusque dans les années 1970, y compris dans la vie intellectuelle. Les travaux de Heer ont trouvé un écho également dans le milieu catholique français : en 1950, les journaux catholiques français se sont penchés sur son livre &#039;&#039;Gespräch der Feinde&#039;&#039; (1949) ; la revue &#039;&#039;La vie intellectuelle&#039;&#039; publie dès 1951 une recension de son roman &#039;&#039;Der achte Tag&#039;&#039; (qui sera traduit plus tard) ; en 1958, Heer tient une conférence introduite par Gabriel Marcel à [[Forum Culturel Autrichien|l’Institut autrichien de Paris]], et en 1961 des textes de Heer traduits par André Dabezies sont publiés à Paris sous le titre &#039;&#039;Catholicité d’hier et de demain&#039;&#039; par l’éditeur SPES (coll. « Christianisme contemporain »).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Références et liens externes==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
==Bibliographie==&lt;br /&gt;
*Adunka, Evelyn : Friedrich Heer. 1916-1983. Eine intellektuelle Biographie. Innsbruck / Vienne : Tyrolia 1995.&lt;br /&gt;
*Faber, Richard / Scheichl, Sigurd Paul (dir.) : Die geistige Welt des Friedrich Heer. Vienne : Böhlau 2008.&lt;br /&gt;
*Gaisbauer, Adolf : Friedrich Heer (1916–1983). Eine Bibliographie. 3e version révisée et augmentée de la notice de 1990. Vienne : ÖFG 2011.&amp;lt;br&amp;gt;URL : https://www.oefg.at/legacy/text/ arge_heer/Friedrich_Heer_Bibliographie.pdfhttps://www.oefg.at/legacy/text/arge_heer/ Friedrich_Heer_Bibliographie.pdf&amp;lt;/br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Auteur==&lt;br /&gt;
Sigurd Paul Scheichl&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Traduction française : Romane Kuntz &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mise en ligne : 03/06/2026&lt;br /&gt;
{{otherWiki|Friedrich_Heer}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Hannah</name></author>
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		<updated>2026-06-03T09:29:47Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Hannah : Friedrich Heer, photographié par Karl Winkler (vers 1946) ÖNB http://data.onb.ac.at/rec/baa13568949&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Description ==&lt;br /&gt;
Friedrich Heer, photographié par Karl Winkler (vers 1946) ÖNB http://data.onb.ac.at/rec/baa13568949&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Hannah</name></author>
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		<id>https://decaf-fr.literaturtirol.at/index.php?title=Maurice_Ravel&amp;diff=1371</id>
		<title>Maurice Ravel</title>
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		<updated>2026-06-02T15:20:54Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Hannah : /* Johann Strauss, Joseph Haydn et Franz Schubert */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[File:1920px-Maurice Ravel 1925.jpg|thumb|Maurice Ravel, 1925]]Maurice Ravel (* 7 mars 1875 à Ciboure, † 28 décembre 1937 à Paris) est l’un des compositeurs français majeurs de la première moitié du XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle avec Claude Debussy&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.musicologie.org/Biographies/d/debussy_c.html &amp;lt;/ref&amp;gt;, Gabriel Fauré&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.musicologie.org/Biographies/f/faure_gabriel.html &amp;lt;/ref&amp;gt;, [[Darius Milhaud]], [[Francis Poulenc]], Albert Roussel&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.musicologie.org/Biographies/r/roussel_albert.html &amp;lt;/ref&amp;gt; et Florent Schmitt&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.academiedesbeauxarts.fr/florent-schmitt&amp;lt;/ref&amp;gt;. Vouant une admiration profonde à [[Mozart]], lié d’amitié avec deux mélomanes autrichiennes, les sœurs Sophie Clemenceau-Szeps et [[Berta Zuckerkandl-Szeps]], très curieux de la musique d’[[Arnold Schönberg]], Ravel s’est senti naturellement attiré par l’Autriche. &#039;&#039;La Valse&#039;&#039; (1920) de Ravel rend hommage aux valses viennoises de Johann Strauss. Après avoir protesté pendant la Grande Guerre contre l’interdiction d’exécution d’œuvres de compositeurs autrichiens en France, il est ravi de donner des concerts à Vienne en 1920, 1929 et 1932. Sa rencontre avec le pianiste autrichien manchot Paul Wittgenstein en 1929 a favorisé la commande d’un de ses derniers chefs-d’œuvre, le &#039;&#039;Concerto pour la main gauche&#039;&#039; (1929–1931).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Mozart, compositeur de prédilection==&lt;br /&gt;
Maurice Ravel, né d’une mère française basque et d’un père né en Suisse d’ascendance savoyarde, se découvre précocement une vocation de musicien, encouragée par ses parents. Après des cours de piano privés auprès de divers maîtres, il se perfectionne sur cet instrument au Conservatoire national de Paris, où il étudie l’harmonie et la composition auprès d’Émile Pessard&amp;lt;ref&amp;gt;https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb14817131j&amp;lt;/ref&amp;gt;, et surtout d’André Gedalge&amp;lt;ref&amp;gt;https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb148003107&amp;lt;/ref&amp;gt; et Gabriel Fauré. Très tôt, il voit en Mozart un modèle, « le musicien le plus génial de tous les temps »&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 2228&amp;lt;/ref&amp;gt;, s’enthousiasmant pour le 3e acte de l’opéra &#039;&#039;Idomeneo, re di Creta&#039;&#039; (1781)&amp;lt;ref&amp;gt;&#039;&#039;ibid&#039;&#039;., 2259&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ravel rêve de se rendre en Autriche, d’y marcher sur les pas du maître de Salzbourg et d’en entendre un opéra au Staatsoper de Vienne&amp;lt;ref&amp;gt;&#039;&#039;ibid&#039;&#039;., 2220&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Sophie Clemenceau-Szeps et Berta Zuckerkandl-Szeps==&lt;br /&gt;
Les années précédant la Première Guerre mondiale, Ravel se lie d’amitié avec une mélomane autrichienne fixée à Paris, Sophie Clemenceau-Szeps (1864–1937), fille de Moritz Szeps&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Moritz_Szeps&amp;lt;/ref&amp;gt; (1835–1902), rédacteur en chef du journal &#039;&#039;Neues Wiener Tagblatt&#039;&#039;, et belle-sœur de Georges Clemenceau&amp;lt;ref&amp;gt;https://d-nb.info/gnd/118676407&amp;lt;/ref&amp;gt;, qui avait marié les parents du compositeur à la mairie de Montmartre en 1873&amp;lt;ref&amp;gt;&#039;&#039;ibid&#039;&#039;., 2639–2640&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ravel fréquente le salon musical de Sophie Clemenceau, 84, rue de Longchamp puis 12, avenue d’Eylau&amp;lt;ref&amp;gt;Chimènes 2004, 263–266&amp;lt;/ref&amp;gt;, ainsi que le Cercle Carré créé en 1913 par Paul Clemenceau&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/86917&amp;lt;/ref&amp;gt; : il peut y entendre de la musique de compositeurs autrichiens, notamment des œuvres de [[Gustav Mahler]], Arnold Schönberg, d’« admirables mélodies de Schubert »&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 2143&amp;lt;/ref&amp;gt;, interprétées par la chanteuse polonaise [[Marya Freund]]. Il y fait connaissance en 1912 de Berta Zuckerkandl et leur amitié est grandissante, les sœurs Szeps surnommant le musicien affectueusement Ariel&amp;lt;ref&amp;gt;Zuckerkandl-Szeps 1945&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ravel passe le réveillon de Noël traditionnellement chez les Clemenceau&amp;lt;ref&amp;gt;Jourdan-Morhange 1945, 48–49&amp;lt;/ref&amp;gt;, y compris à la fin de sa vie quand il est atteint d’une maladie neurologique&amp;lt;ref&amp;gt;Zuckerkandl-Szeps 1945&amp;lt;/ref&amp;gt;, et il dédie &#039;&#039;Ronde&#039;&#039;, 3&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; des &#039;&#039;Trois Chansons&#039;&#039; pour chœur mixte a cappella (1914–1915), à Sophie Clemenceau.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Johann Strauss, Joseph Haydn et Franz Schubert==&lt;br /&gt;
La musique autrichienne des XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt;–XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle a été une source d’inspiration pour Ravel après son dernier échec au concours du Prix de Rome en 1905. Dès juillet 1906, il songe à un poème symphonique intitulé &#039;&#039;Wien&#039;&#039;, destiné à son amie Misia Edwards&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.musee-orsay.fr/fr/ressources/repertoire-artistes-personnalites/misia-sert-204943&amp;lt;/ref&amp;gt; née Godebska, mécène des Ballets russes de Serge de Diaghilev&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.deutsche-biographie.de/pnd119190907.html&amp;lt;/ref&amp;gt; et égérie de nombreux peintres notamment des Nabis&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 228&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cependant, Ravel doit renoncer provisoirement à son projet d’hommage aux valses viennoises de Johann Strauss en raison de la guerre et de la priorité donnée à l’achèvement de son &#039;&#039;Trio&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;&#039;&#039;ibid&#039;&#039;., 589&amp;lt;/ref&amp;gt;. En septembre 1909, Ravel compose une petite pièce de piano, &#039;&#039;Menuet sur le nom d’Haydn&#039;&#039;, commandée par Jules Écorcheville&amp;lt;ref&amp;gt;https://data.bnf.fr/ark:/12148/cb124431526&amp;lt;/ref&amp;gt; pour un hommage collectif de la &#039;&#039;Revue musicale SIM&#039;&#039; du 15 janvier 1910, à l’occasion du centenaire de la mort de [[Joseph Haydn]]. En 1911, il compose ses &#039;&#039;Valses nobles et sentimentales&#039;&#039;, chaîne de huit valses « dans l’esprit des valses de Schubert, les unes nobles, les autres sentimentales »&amp;lt;ref&amp;gt;&#039;&#039;ibid&#039;&#039;., 2151&amp;lt;/ref&amp;gt;. Elles ont été créées par Louis Aubert&amp;lt;ref&amp;gt;https://cths.fr/an/savant.php?id=121695&amp;lt;/ref&amp;gt; au concert sans noms d’auteurs de la SMI du 9 mai 1911&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/65764&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ravel les orchestre peu après pour le ballet &#039;&#039;Adélaïde ou le Langage des fleurs&#039;&#039; créé le 22 avril 1912 au Théâtre du Châtelet aux concerts de danses de Natacha Trouhanowa&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/60808&amp;lt;/ref&amp;gt;. La première de cette orchestration au concert est donnée au Casino de Paris sous la direction de Pierre Monteux&amp;lt;ref&amp;gt;https://data.bnf.fr/ark:/12148/cb138976454&amp;lt;/ref&amp;gt; le 15 février 1914.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Arnold Schönberg==&lt;br /&gt;
En 1909–1910, Ravel est à l’origine de la naissance de la Société musicale indépendante, avec un parti pris d’éclectisme et de promotion de « toutes les tentatives artistiques, sans distinction de genre, de nationalité, de style, ni d’école »&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/dossiers/id/466&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ainsi, avec son ami Alfredo Casella&amp;lt;ref&amp;gt;https://data.bnf.fr/ark:/12148/cb123331357&amp;lt;/ref&amp;gt;, lui aussi familier du salon de Sophie Clemenceau et porté sur la musique de Schönberg, Ravel coorganise un concert d’orchestre hors série de la SMI, en partenariat avec la Société des Grandes Auditions de France de la comtesse Greffuhle&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.musee-orsay.fr/fr/ressources/repertoire-artistes-personnalites/elisabeth-greffulhe-14012&amp;lt;/ref&amp;gt;, société dont Sophie Clemenceau est membre souscripteur. À ce concert du 22 juin 1913, au Théâtre du Châtelet, des extraits des &#039;&#039;Gurre-Lieder&#039;&#039; de Schönberg sont donnés en première audition parisienne par Marya Freund, sous la direction d’orchestre d’Oskar Fried&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/65738&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès novembre 1912, Igor Stravinsky&amp;lt;ref&amp;gt;https://hls-dhs-dss.ch/fr/articles/026975/2013-12-03/&amp;lt;/ref&amp;gt; attire la curiosité de Ravel sur le &#039;&#039;Pierrot lunaire op. 21&#039;&#039; de Schönberg, créé à Berlin le 16 octobre 1912&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 462–463&amp;lt;/ref&amp;gt;. Lors d’un séjour commun de Ravel avec Stravinsky à Clarens en Suisse au printemps 1913, il adresse à l’épouse d’Alfredo Casella, pour le comité de la SMI, un « projet mirifique d’un concert scandaleux » comprenant notamment &#039;&#039;Pierrot lunaire&#039;&#039; et les &#039;&#039;Trois Poèmes de Stéphane Mallarmé&#039;&#039; (1913) de Ravel, dont l’effectif instrumental s’inspire de celui de Schönberg&amp;lt;ref&amp;gt;&#039;&#039;ibid&#039;&#039;., 478–479&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ravel, qui ne parle pas allemand, demande à la SMI d’écrire à Schönberg pour solliciter son concours, mais le concert de la SMI du 14 janvier 1914 ne comporte pas &#039;&#039;Pierrot lunaire&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/71803&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pendant la Grande Guerre, Ravel est indigné par les &#039;&#039;Statuts&#039;&#039; de la Ligue nationale pour la défense de la musique française du 10 mars 1916, qui prône « l’interdiction d’exécuter publiquement en France des œuvres allemandes et autrichiennes &#039;&#039;contemporaines, non tombées dans le domaine public&#039;&#039; »&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 645&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il fait part de son refus d’adhérer à la ligue, dans une longue lettre à valeur de manifeste du 7 juin 1916 à son président-fondateur, Charles Tenroc&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/individus/id/25179&amp;lt;/ref&amp;gt;(1858–1946) : « Il m’importe peu que M. Schönberg, par exemple, soit de nationalité autrichienne. Il n’en est pas moins un musicien de haute valeur, dont les recherches pleines d’intérêt ont eu une influence heureuse sur certains compositeurs alliés, et jusque chez nous »&amp;lt;ref&amp;gt;&#039;&#039;ibid&#039;&#039;., 731&amp;lt;/ref&amp;gt;. En réponse, Ravel se voit menacé de non-programmation de ses œuvres&amp;lt;ref&amp;gt;&#039;&#039;ibid&#039;&#039;., 743&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1920, la SMI accueille Schönberg parmi les membres de son comité où siège Ravel&amp;lt;ref&amp;gt;Kerdiles 2022&amp;lt;/ref&amp;gt;. &#039;&#039;Pierrot lunaire&#039;&#039; est donné pour la première fois à la SMI, le 15 décembre 1927, Salle Pleyel, lors d’un Festival Arnold Schönberg, sous la direction du compositeur, avec Marya Freund au chant&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/72170&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Kerdiles 2022&amp;lt;/ref&amp;gt;. La première parisienne du &#039;&#039;Pierrot lunaire&#039;&#039;, dans la traduction française de Marya Freund, a eu lieu six ans plus tôt, lors de deux séances des Concerts Jean Wiéner avec Marya Freund au chant et sous la direction de Darius Milhaud : audition partielle le 15 décembre 1921, Salle des Agriculteurs&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/111857&amp;lt;/ref&amp;gt;, audition intégrale le 16 janvier 1922, Salle Gaveau&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/111593&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ravel, présent à ces auditions, juge l’« œuvre exceptionnelle »&amp;lt;ref&amp;gt;Jourdan-Morhange 1945, 103&amp;lt;/ref&amp;gt; et il reconnaît que, dans ses &#039;&#039;Trois Poèmes de Stéphane Mallarmé&#039;&#039; et ses trois &#039;&#039;Chansons madécasses&#039;&#039; (1925–1926), « il y a, comme dans le &#039;&#039;Pierrot lunaire&#039;&#039;, un contrepoint très strict », mais il y ajoute « l’élément charme, par lui [Schönberg] évité jusqu’à l’ascétisme, jusqu’au martyre »&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 2343&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Le voyage à Vienne de 1920==&lt;br /&gt;
Au printemps 1920, Sophie Clemenceau et Berta Zuckerkandl s’emploient avec énergie à organiser une série de trois concerts de Maurice Ravel en Autriche à l’automne suivant. L’impresario Hugo Knepler met sur pied deux Festivals Maurice Ravel qui obtiennent le soutien de l’État français et le patronage de l’ambassadeur de France en Autriche, Pierre Lefèvre-Pontalis, après des échanges entre Robert Brussel&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/individus/id/22825&amp;lt;/ref&amp;gt;, de la direction des beaux-arts rue de Valois, et [[Marcel Dunan]], de la Légation de France en Autriche : le 22 octobre 1920, au Konzerthaus, un concert d’orchestre dirigé par Oskar Fried&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/118197&amp;lt;/ref&amp;gt; ; le 25 octobre 1920, au Musikverein, un concert de musique de chambre avec le concours du compositeur au piano&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/118203&amp;lt;/ref&amp;gt;. Arnold Schönberg, président du &#039;&#039;Verein für musikalische Privataufführungen in Wien&#039;&#039;, organise un troisième concert en l’honneur de Ravel, le 23 octobre 1920 : ce concert de musique de chambre comprend des œuvres des compositeurs autrichiens [[Alban Berg]], Schönberg et [[Anton Webern]], ainsi que deux œuvres de Ravel, dont &#039;&#039;La Valse&#039;&#039; pour deux pianos donnée en création mondiale par Alfredo Casella et Ravel&amp;lt;ref&amp;gt;Casella 1920&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour ce premier séjour viennois, le compositeur loge successivement chez Berta Zuckerkandl et [[Alma Mahler]]. Dès son arrivée, Ravel assiste à deux représentations au Staatsoper : le 20 octobre 1920, &#039;&#039;Il Trittico&#039;&#039; de Puccini&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/118230&amp;lt;/ref&amp;gt; et le 21 octobre 1920, &#039;&#039;Die Frau ohne Schatten&#039;&#039; de Richard Strauss&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/118229&amp;lt;/ref&amp;gt;. Avant de quitter Vienne, ses hôtesses organisent un Heuriger (fête du vin nouveau) en l’honneur de Ravel dans une auberge à Döbling. Lors de cette fête, le compositeur demande à entendre des valses de Johann Strauss. Ravel dîne également chez [[Arthur Schnitzler]] et visite le château de Schönbrunn&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 2228&amp;lt;/ref&amp;gt;. Avant de rentrer en France avec Berta Zuckerkandl, il visite Salzbourg, la ville de Mozart, son compositeur préféré. Le voyage à Vienne enchante Ravel, tout comme l’exécution et la réception de ses œuvres&amp;lt;ref&amp;gt;&#039;&#039;ibid&#039;&#039;., 2225–2226&amp;lt;/ref&amp;gt;, et il est très ému par une anecdote : voulant acheter un article de maroquinerie, la vendeuse, en entendant le nom de Ravel, refuse de le faire payer, lui disant son admiration pour ses pièces de piano &#039;&#039;Jeux d’eau et Ondine&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;Zuckerkandl 1945&amp;lt;/ref&amp;gt;. Après ce voyage, Berta Zuckerkandl propose à Ravel de collaborer à une œuvre lyrique avec [[Hugo von Hofmannsthal]], mais ce projet reste lettre morte&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 1235–1236&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==La soirée franco-autrichienne au Claridge en l’honneur d’Ignaz Seipel==&lt;br /&gt;
Le 3 juin 1926, Ravel assiste à une soirée privée en l’honneur de l’ex-chancelier autrichien Ignaz Seipel&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.biographien.ac.at/oebl/oebl_S/Seipel_Ignaz_1876_1932.xml&amp;lt;/ref&amp;gt;, organisée à l’Hôtel Claridge à Paris par le ministre de la Guerre, Paul Painlevé&amp;lt;ref&amp;gt;https://cths.fr/an/savant.php?id=110961&amp;lt;/ref&amp;gt;, en présence de Sophie Clemenceau et Berta Zuckerkandl. Marya Freund chante des mélodies de Ravel, probablement accompagnées au piano par ce dernier&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/118194&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ravel a d’intéressantes conversations avec les présents et rappelle sa ferme intention que son ballet &#039;&#039;La Valse&#039;&#039;, « paraphrase des valses de Johann Strauss », soit d’abord donné à Vienne : « C’est l’endroit unique où devrait retentir cette musique franco-autrichienne »&amp;lt;ref&amp;gt;Zuckerkandl-Szeps 1939, 231–233&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Le voyage à Vienne de 1929==&lt;br /&gt;
[[File:MauriceRavelVienne1929 - Kopie.jpg|frame|Maurice Ravel lors de la première représentation du &#039;&#039;Bolero&#039;&#039; à Vienne sous sa direction le 22 février 1929, tournée européenne 1928–1929 des Ballets d&#039;Ida Rubinstein, décors d&#039;Alexandre Benois]]Ravel effectue un second voyage à Vienne en février–mars 1929, coupé par un bref aller-retour à Genève. Tout d’abord, Ravel dirige son &#039;&#039;Bolero&#039;&#039; le 22 février 1929&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/57663&amp;lt;/ref&amp;gt; et sa &#039;&#039;Valse&#039;&#039; le 24 février 1929&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/59136&amp;lt;/ref&amp;gt; au Staatsoper de Vienne, dans le cadre de la tournée européenne des Ballets Ida Rubinstein&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/individus/id/23749 &amp;lt;/ref&amp;gt;. En avril 1920, après le refus des Ballets russes de Serge de Diaghilev de monter &#039;&#039;La Valse&#039;&#039;, Ravel désire que son ballet soit représenté à Vienne. Son amie Berta Zuckerkandl tente d’intercéder auprès de Richard Strauss, mais sans succès&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 1248&amp;lt;/ref&amp;gt;. Par conséquent, la joie de Ravel doit être grande de donner enfin sa &#039;&#039;Valse&#039;&#039; à Vienne, neuf ans après sa composition et création en concert à Paris le 12 décembre 1920&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/61046&amp;lt;/ref&amp;gt;, et un mois après la première du ballet par les Ballets Ida Rubinstein à Monte-Carlo le 15 janvier 1929&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/58905&amp;lt;/ref&amp;gt; (une première version de ballet de &#039;&#039;La Valse&#039;&#039; par Sonia Korty fut donnée à Anvers le 2 octobre 1926 en l’absence de Ravel). Ce deuxième séjour viennois de Ravel a aussi pour but d’assister, le 14 mars 1929, à la première de &#039;&#039;Das Zauberwort&#039;&#039; [&#039;&#039;Le mot magique&#039;&#039;], version allemande de &#039;&#039;L’Enfant et les Sortilèges&#039;&#039;, traduit par Egon Bloch, dans des décors et costumes d’Eugen Steinhof&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.deutsche-biographie.de/sfz145716.html&amp;lt;/ref&amp;gt; et une mise en scène de Lothar Wallerstein&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.biographien.ac.at/oebl/oebl_W/Wallerstein_Lothar_1882_1949.xml&amp;lt;/ref&amp;gt;, sous la direction d’orchestre de Robert Heger&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.musiklexikon.ac.at/ml/musik_H/Heger_Robert.xml&amp;lt;/ref&amp;gt;, au Staatsoper de Vienne&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/118206&amp;lt;/ref&amp;gt;. Lors du banquet qui suit la représentation, le bourgmestre de Vienne, Karl Seitz&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Karl_Seitz&amp;lt;/ref&amp;gt;, félicite le compositeur&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 1797&amp;lt;/ref&amp;gt;. Enfin, le 15 mars 1929, Ravel prend part, comme pianiste, à un festival de ses œuvres de musique de chambre, organisé par l’impresario Paul Bechert&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/118209&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il a également l’occasion d’entendre le pianiste manchot autrichien Paul Wittgenstein jouer, le 11 mars 1929&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/71566&amp;lt;/ref&amp;gt;, &#039;&#039;Panathäenzug op. 74&#039;&#039; pour la main gauche de Richard Strauss, sous la direction d’orchestre de Rhené-Baton&amp;lt;ref&amp;gt;https://data.bnf.fr/ark:/12148/cb13927603x&amp;lt;/ref&amp;gt;. Les discussions entre Ravel et le pianiste lors du banquet organisé le même jour par l’ambassadeur de France en Autriche, Bertrand Clauzel&amp;lt;ref&amp;gt;https://www2.assemblee-nationale.fr/sycomore/fiche?num_dept=11368&amp;lt;/ref&amp;gt;, lequel héberge le compositeur, débouchent peu après sur la commande par Wittgenstein à Ravel du &#039;&#039;Concerto pour la main gauche&#039;&#039;. Lors de ce séjour, la section viennoise de la Société internationale de musique contemporaine organise un Heuriger chez la chanteuse Ruzena Herlinger&amp;lt;ref&amp;gt;https://explore.gnd.network/gnd/116737220&amp;lt;/ref&amp;gt;, fête au cours de laquelle Erich Wolfgang Korngold&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Erich_Wolfgang_Korngold&amp;lt;/ref&amp;gt; joue au piano des extraits de son opérette &#039;&#039;Rosen aus Florida&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;Szmolyan 1975, 101&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Le voyage à Vienne de 1932==&lt;br /&gt;
Ravel revient une troisième et dernière fois à Vienne en 1932, dans le cadre de sa vaste tournée européenne avec la pianiste Marguerite Long&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/individus/id/17696/&amp;lt;/ref&amp;gt; pour faire découvrir le &#039;&#039;Concerto pour piano et orchestre&#039;&#039; (dit &#039;&#039;en sol&#039;&#039;). Le 2 février 1932, il dirige son concerto au Musikverein, en présence, entre autres, du président fédéral d’Autriche, [[Wilhelm Miklas]], et de l’ambassadeur de France en Autriche, Bertrand Clauzel, qui héberge le compositeur pour la seconde fois&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/58078&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le même jour, un concert d’œuvres de musique de chambre de Ravel est organisé en son honneur à l’ambassade de France, au cours duquel il joue la partie de piano de ses &#039;&#039;Chansons madécasses&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/118223&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le Quatuor Galimir y joue le &#039;&#039;Quatuor à cordes&#039;&#039; et l’enregistre deux ans plus tard à Paris en présence du compositeur&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 2716&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le séjour de Ravel a mal commencé : le 30 janvier 1932, lors d’un concert privé chez Paul Wittgenstein, Ravel est scandalisé par l’interprétation trop infidèle de son &#039;&#039;Concerto pour la main gauche&#039;&#039;, dans la version pour deux pianos, par Wittgenstein et Walter Bricht&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/118224&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Long 1984, 86–87 ; Waugh 2008, 174–178&amp;lt;/ref&amp;gt;. La version orchestrale du concerto a été créée le 5 janvier 1932 au Musikverein par le Wiener Symphoniker dirigé par Robert Heger, avec Wittgenstein pour soliste, en l’absence de Ravel&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/68716&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Paul Wittgenstein à Paris==&lt;br /&gt;
L’incident de Vienne conduit Ravel à exiger de Wittgenstein, par lettre recommandée du 7 mars 1932, qu’il respecte scrupuleusement la partition du &#039;&#039;Concerto pour la main gauche&#039;&#039;. Face au refus catégorique du pianiste, le 17 mars 1932&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 1915–1918&amp;lt;/ref&amp;gt;, la première audition parisienne par l’Orchestre symphonique de Paris (OSP) et Wittgenstein sous la direction de Ravel prévue le 25 mars 1932 est annulée&amp;lt;ref&amp;gt;Cornejo 2024&amp;lt;/ref&amp;gt;. En outre, Ravel écrit à Paul Bechert l’été 1932 pour rappeler son opposition formelle à toute modification volontaire de sa partition par Wittgenstein et pour dénoncer l’existence d’une partition imprimée illicite de son œuvre à Vienne&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 1926–1927&amp;lt;/ref&amp;gt;. Malgré sa contrariété, Ravel consent à diriger son concerto, à la tête de l’OSP, avec Wittgenstein comme soliste, le 17 janvier 1933 à la Salle Pleyel&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/58004&amp;lt;/ref&amp;gt;. Trois mois plus tard, le 12 avril 1933, Ravel, qui prend part à un festival de ses œuvres à Monte-Carlo et y dirige entre autres &#039;&#039;La Valse&#039;&#039; et &#039;&#039;Bolero&#039;&#039;, peut entendre de nouveau Wittgenstein interpréter le &#039;&#039;Concerto pour la main gauche&#039;&#039; dirigé par Paul Paray&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/58020&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il faut attendre la fin de l’exclusivité de cinq ans accordée par contrat à Wittgenstein pour voir d’autres interprètes jouer l’œuvre, à commencer par Jacques Février&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/individus/id/18557&amp;lt;/ref&amp;gt;, spécialement choisi par Ravel et Marguerite Long, le 19 mars 1937&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/61119&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Hommages posthumes==&lt;br /&gt;
Lors du décès de Ravel à Paris, le 28 décembre 1937, le Wiener Philharmoniker adresse une lettre de condoléances au ministre français des Beaux-arts, Jean Zay&amp;lt;ref&amp;gt;https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb120968704&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Cornejo 2025, 2027&amp;lt;/ref&amp;gt;, et un Festival Ravel est organisé par le Musica Viva Orchester le 18 janvier 1938&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/58125&amp;lt;/ref&amp;gt;, quelques mois avant l’Anschluss qui conduit de nombreuses connaissances viennoises de Ravel à l’exil, dont Paul Bechert, Alma Mahler, Arnold Schönberg, [[Paul Stefan]] et Jella Braun-Fernwald&amp;lt;ref&amp;gt;https://explore.gnd.network/gnd/134336097&amp;lt;/ref&amp;gt;, Paul Wittgenstein et Berta Zuckerkandl.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Références et liens externes==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Bibliographie==&lt;br /&gt;
===Littérature primaire===&lt;br /&gt;
*Casella, Alfredo : « Lettre de Vienne. Rome, novembre 1920 », Le Monde musical 21–22 (novembre 1920), p. 322.&amp;lt;br&amp;gt;URL : https://dezede.org/sources/id/131787&amp;lt;/br&amp;gt;&lt;br /&gt;
*Long, Marguerite : Au piano avec Maurice Ravel, Paris : G. Billaudot éditeur 1984.&lt;br /&gt;
*Mahler, Alma : Ma vie, Paris : Hachette 1985.&lt;br /&gt;
*Ravel, Maurice : Correspondance, écrits et entretiens, édition établie, présentée et annotée par Manuel Cornejo, Paris : Gallimard 2025.&lt;br /&gt;
*Stefan, Paul : « Un Festival Ravel à Vienne », La Revue musicale (février 1938), p. 151–152.&amp;lt;br&amp;gt;URL : https://dezede.org/sources/id/63238&amp;lt;/br&amp;gt;&lt;br /&gt;
*Szmolyan, Walter : « Maurice Ravel in Wien », Österreichische Musikzeitschrift 30/3 (mars 1975), p. 89–104.&lt;br /&gt;
*Szmolyan, Walter : « Noch einmal : Maurice Ravel in Wien », Österreichische Musikzeitschrift 30 (mai–juin 1975), p. 305.&lt;br /&gt;
*Zuckerkandl-Szeps Berthe : Souvenirs d’un monde disparu, Autriche 1878–1938, Paris : Calmann-Lévy 1939, p. 231–233.&amp;lt;br&amp;gt;URL : https://dezede.org/sources/id/131789&amp;lt;/br&amp;gt;&lt;br /&gt;
*Zuckerkandl-Szeps Bertha : « Souvenirs sur Maurice Ravel », Revue d’Alger 2/6 (1945), p. 47–53.&amp;lt;br&amp;gt;URL : https://dezede.org/sources/id/131788&amp;lt;/br&amp;gt;&lt;br /&gt;
===Littérature secondaire===&lt;br /&gt;
*Chimènes, Myriam : Mécènes et musiciens. Du salon au concert à Paris sous la IIIe République, Paris : Fayard 2004.&lt;br /&gt;
*Cornejo, Manuel : « Le Concerto pour la main gauche de Ravel (1932–1937) », Dezède [en ligne], 7 février 2024.&amp;lt;br&amp;gt;URL : https://dezede.org/dossiers/id/778&amp;lt;/br&amp;gt;&lt;br /&gt;
*Cornejo, Manuel : « Les concerts de Maurice Ravel en Autriche (1920, 1929 et 1932) », Dezède [en ligne], 15 avril 2026.&amp;lt;br&amp;gt;URL : https://dezede.org/dossiers/id/988&amp;lt;/br&amp;gt;&lt;br /&gt;
*Jourdan-Morhange, Hélène : Ravel et nous. L’homme. L’ami. Le musicien, Genève : Éditions du Milieu du Monde 1945.&lt;br /&gt;
*Kerdiles, Dimitri : « 1927. Schönberg à Paris ». In : Nouvelle histoire de la musique en France (1870–1950), sous la direction de l’équipe « Musique en France aux XIXe et XXe siècles : discours et idéologies », 9 mars 2022.&amp;lt;br&amp;gt;URL : https://emf.regroupement-rcms.org/nhmf-1927&amp;lt;/br&amp;gt;&lt;br /&gt;
*Meysels, Lucian O. : La femme de Vienne. De la splendeur viennoise au Troisième Reich. La vie de Berta Zuckerkandl, écrivain, journaliste, messagère entre Vienne et Paris, Paris : Chemin vert 1986, p. 228–229, 259–260.&lt;br /&gt;
*Waugh, Alexander : The House of Wittgenstein. A Family at War, Londres : Bloomsbury, 2008.&lt;br /&gt;
*Weirich Armelle : Berta Zuckerkandl. De Klimt à Rodin, une salonnière et critique d’art entre Vienne et Paris, Rennes : PUR 2023.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Auteur==&lt;br /&gt;
Manuel Cornejo&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mise en ligne : 28/05/2026&lt;br /&gt;
{{otherWiki|Maurice_Ravel}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Hannah</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://decaf-fr.literaturtirol.at/index.php?title=Vente_aux_ench%C3%A8res_publiques_%C2%AB_L%E2%80%99Art_autrichien_%C3%A0_Paris_%C2%BB_(6%E2%80%937_mars_1989)&amp;diff=1370</id>
		<title>Vente aux enchères publiques « L’Art autrichien à Paris » (6–7 mars 1989)</title>
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		<updated>2026-06-02T15:11:56Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Hannah : /* Vente du 7 mars 1989 : aquarelles, dessins, tableaux modernes et contemporains, mobilier */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Organisée les 6 et 7 mars 1989 à Paris par la maison de ventes Ader Picard Tajan&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.ader-paris.fr/notre-histoire&amp;lt;/ref&amp;gt;, en collaboration avec le Dorotheum&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.dorotheum.com/de/&amp;lt;/ref&amp;gt; de Vienne, la vente aux enchères publiques intitulée « L’Art autrichien à Paris » constitue un témoignage exemplaire de l’intérêt pour l’art autrichien en France dans les années 1980. Présentée par l’ambassadeur Wolfgang Schallenberg&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.nationalfonds.org/announcement/in-memoriam-retired-ambassador-wolfgang-schallenberg&amp;lt;/ref&amp;gt; comme la première vente parisienne consacrée exclusivement à un ensemble d’objets de provenance autrichienne&amp;lt;ref&amp;gt;L’Art autrichien 1989, 5&amp;lt;/ref&amp;gt;, elle associe arts décoratifs, mobilier, verrerie, céramiques, peinture, couvrant un large spectre chronologique allant du Biedermeier à la création contemporaine. La vente se déroule en outre à Drouot-Montaigne, espace parisien alors réservé aux vacations de prestige, ce qui témoigne des ambitions commerciales et symboliques attachées à cet événement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Contexte historique et culturel==&lt;br /&gt;
Cette vente a lieu dans le prolongement de [[Exposition « Vienne, 1880–1938. L’apocalypse joyeuse »|l’exposition Vienne 1880-1938]], organisée au Centre Pompidou en 1986 et évoquée dans la préface du catalogue comme point de référence majeur. Le commissaire-priseur Jacques Tajan&amp;lt;ref&amp;gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Tajan_(maison_de_vente)&amp;lt;/ref&amp;gt; souligne l’extraordinaire succès de cette exposition, rappelant les longues files d’attente devant le Centre Pompidou et exprimant l’espoir que la vente connaisse un « succès analogue »&amp;lt;ref&amp;gt;L’Art autrichien 1989, 6&amp;lt;/ref&amp;gt;. Tajan présente Vienne comme un foyer de la modernité artistique et intellectuelle : [[Arnold Schönberg]], [[Sigmund Freud]], [[Gustav Mahler]] ou encore [[Oskar Kokoschka]] y apparaissent comme les figures emblématiques d’une culture urbaine fondée sur l’innovation et les tensions créatrices. Le texte insiste également sur le rôle central de la [[Sécession viennoise]], des [[Wiener Werkstätte]] et des arts décoratifs autour de [[Gustav Klimt]], Koloman Moser&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Kolo_Moser&amp;lt;/ref&amp;gt;, [[Josef Hoffmann]] et Otto Wagner&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.citedelarchitecture.fr/fr/exposition/otto-wagner-maitre-de-lart-nouveau-viennois&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette lecture correspond à une approche désormais largement consacrée de la modernité viennoise, qui s’impose progressivement dans l’historiographie internationale au cours des années 1980 sous l’effet conjoint de l’histoire culturelle, des grandes expositions (Hambourg, Venise, Vienne, Paris, New York, Bruxelles) et de la revalorisation du marché des arts décoratifs et du Jugendstil. Dans son introduction, Wolfgang Schallenberg insiste pour sa part également sur l’art autrichien contemporain, qu’il estime encore peu connu du public français malgré l’intérêt croissant porté à la culture autrichienne&amp;lt;ref&amp;gt;L’Art autrichien 1989, 5&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Vente du 6 mars 1989 : arts décoratifs, mobilier et verrerie==&lt;br /&gt;
La première journée de vente est consacrée aux céramiques, à l’art du verre et au mobilier autrichiens. Au total, 146 objets sont présentés. Cette valorisation des arts appliqués s’inscrit alors dans une tendance particulièrement visible sur le marché européen, notamment en France et en Belgique, où l’Art nouveau et les arts décoratifs connaissent un important regain d’intérêt, alimenté par les expositions, les publications spécialisées et l’essor du marché du design et des arts décoratifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le catalogue accorde une attention centrale aux figures de la Sécession et de la Wiener Werkstätte. Josef Hoffmann  apparaît comme l’un des artistes les plus représentés de la vente, avec vingt-huit lots consacrés au mobilier – chaises, fauteuils, ensembles de salon – ainsi qu’aux objets décoratifs, parmi lesquels figurent des vases, des coupes, un coffret de toilette et une corbeille à fleurs. Koloman Moser  bénéficie également d’une présence importante (dix lots), notamment dans les sections consacrées à la verrerie et au mobilier moderne. La présence de sept lots de la [[Verrerie Loetz|verrerie Loetz]] ainsi que de vases originaires de Bohème témoigne en outre de l’intérêt croissant du marché pour les arts décoratifs austro-hongrois autour de 1900.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le catalogue met aussi en valeur d’autres sculpteurs et céramistes liés au Jugendstil et aux Wiener Werkstätte, comme Michael Powolny&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.musee-orsay.fr/fr/ressources/repertoire-artistes-personnalites/michael-powolny-20276&amp;lt;/ref&amp;gt;, Gustav Gurschner&amp;lt;ref&amp;gt;https://archive.org/details/jstor-25581532/page/n1/mode/2up&amp;lt;/ref&amp;gt;, Anton Klieber&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.mutualart.com/Artist/Anton-Klieber/BDC1470EC7B4F1AB&amp;lt;/ref&amp;gt; ou Hugo Franz Kirsch&amp;lt;ref&amp;gt;https://sammlung.mak.at/en/artist/kirsch-hugo-franz_46077&amp;lt;/ref&amp;gt;. Gustav Gurschner, membre de la Sécession puis du [[Hagenbund]], occupe une place significative avec huit objets présentés à la vente, notamment des vases en bronze patiné caractéristiques du Jugendstil. Le catalogue  fait apparaître également plusieurs créatrices. Marie Kirschner&amp;lt;ref&amp;gt;https://loetz.com/designers/marie-kirschner&amp;lt;/ref&amp;gt;, associée à la verrerie Loetz, est représentée par quatre vases en verre teinté, estimés entre 6 000 et 12 000 francs. La vente comprend aussi un mobilier de chambre d’enfant conçu par Fanny Harlfinger-Zakucka&amp;lt;ref&amp;gt;https://sammlung.belvedere.at/people/731/&amp;lt;/ref&amp;gt;, artiste, décoratrice et pédagogue engagée dans les mouvements de réforme artistique . Estimé à 400 000 francs, cet ensemble en bois de placage teinté jaune et satiné, qui fut exposé à la &#039;&#039;Kunstschau&#039;&#039; de Vienne en 1908, figure parmi les pièces phares de la vente. Une petite coupe en céramique de Vally Wieselthier&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Vally_Wieselthier&amp;lt;/ref&amp;gt; apparaît également dans le catalogue. Cette artiste  a connu une reconnaissance internationale importante lors de [[Exposition internationale des arts décoratifs et industriels moderne à Paris (1925)|l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes]] de Paris en 1925, où ses céramiques expressionnistes ont particulièrement retenu l’attention. La présence de ces femmes, auxquelles s’ajoute la céramiste Therese Trethan&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.musee-orsay.fr/fr/oeuvres/terrine-3541&amp;lt;/ref&amp;gt;, témoigne de l’intégration progressive des créatrices viennoises dans l’historiographie et le marché des arts décoratifs du XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle.&lt;br /&gt;
&amp;lt;gallery mode=&amp;quot;packed&amp;quot; heights=&amp;quot;250px&amp;quot;&amp;gt;&lt;br /&gt;
File:Josef-Hoffmann.jpg|thumb|Josef Hoffmann, 1902&lt;br /&gt;
File:Koloman Moser.jpg|thumb|Koloman Moser, 1905&lt;br /&gt;
File:Gustav Gurschner.png|thumb|Gustav Gurschner, peint par Julius Köhler, 1900&lt;br /&gt;
File:Marie Kirschner Selbstportrait 1880.jpg|thumb|Marie Kirschner, autoportrait, 1880&lt;br /&gt;
File:Fanny und Richrd HarlfingerÖNB Digit.jpg|thumb|Fanny et Richard Harlfinger, 1905&lt;br /&gt;
File:Vally Wieselthier im Contempora Studio, New York City.jpg|thumb|Vally Wieselthier au Contempora Studio à New York, 1928/1929&lt;br /&gt;
&amp;lt;/gallery&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Vente du 7 mars 1989 : aquarelles, dessins, tableaux modernes et contemporains, mobilier==&lt;br /&gt;
La vente du 7 mars 1989, consacrée aux aquarelles, dessins, tableaux modernes et contemporains ainsi qu’au mobilier des XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; et XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècles – notamment Biedermeier –, propose un panorama particulièrement large de la création autrichienne (lots 150 à 285). Le catalogue accorde d’abord une place importante à la peinture historiciste et académique du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Le &#039;&#039;Portrait de Theodora von Goezsy&#039;&#039; de Hans Makart&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Hans_Makart&amp;lt;/ref&amp;gt;, exposé aujourd’hui au Leopold Museum&amp;lt;ref&amp;gt;https://onlinecollection.leopoldmuseum.org/objekt/6695-frau-in-schwarzer-robe-portrat-theodora-von-gozsy/#provenienz&amp;lt;/ref&amp;gt;, apparaît ainsi aux côtés d’œuvres de Johann Fischbach&amp;lt;ref&amp;gt;https://de.wikisource.org/wiki/BLK%C3%96:Fischbach,_Johann&amp;lt;/ref&amp;gt;, Friedrich Gauermann&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.dorotheum.com/en/b/friedrich-gauermann-staging-nature/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Josef Kriehuber&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.dorotheum.com/en/k/josef-nikolaus-kriehuber/&amp;lt;/ref&amp;gt; ou Rudolf von Alt&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.zikg.eu/forschung/projekte/projekte-zi/rudolf-von-alt-zeichnungen-und-aquarelle&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette présence est particulièrement significative dans un contexte historiographique où la redécouverte de « Vienne 1900 » tend parfois à marginaliser les générations précédentes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autour de cet héritage académique, le catalogue présente également de nombreuses œuvres relevant de la peinture de paysage et du &#039;&#039;Stimmungsrealismus&#039;&#039; de la fin du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Plusieurs artistes y occupent une place notable : Tina Blau&amp;lt;ref&amp;gt;https://jwa.org/encyclopedia/article/blau-tina&amp;lt;/ref&amp;gt;, Olga Wisinger-Florian&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Olga_Wisinger-Florian&amp;lt;/ref&amp;gt;, [[Eugen Jettel]], [[Rudolf Ribarz]], Robert Russ&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.gieseundschweiger.at/en/artists/132-robert-russ/biography/&amp;lt;/ref&amp;gt; ou encore [[Wilhelm Bernatzik]]. Leur présence apparaît d’autant plus intéressante qu’ils demeurent alors relativement peu visibles en France malgré leur rôle essentiel dans le renouvellement de la peinture autrichienne autour de 1900. Le catalogue comprend notamment deux tableaux de Rudolf Ribarz, dont le plus coté, &#039;&#039;Iris&#039;&#039;, est estimé entre 250 000 et 280 000 francs. Tina Blau et Olga Wisinger-Florian comptent quant à elles parmi les principales peintres autrichiennes de la fin du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle et participent pleinement à l’émergence d’une peinture de paysage moderne à Vienne. La &#039;&#039;Sablière avec vue sur Poetzleinsdorf&#039;&#039; de Tina Blau  est ainsi estimée entre 80 000 et 100 000 francs tandis que la &#039;&#039;Vue d’Hinterbruehl&#039;&#039; d’Olga Wisinger-Florian, reproduite en pleine page dans le catalogue, atteint une estimation comprise entre 150 000 et 200 000 francs.&lt;br /&gt;
&amp;lt;gallery mode=&amp;quot;packed&amp;quot; heights=&amp;quot;300&amp;quot;&amp;gt;&lt;br /&gt;
File:Hans Makart 1884.png|thumb|Hans Makart, 1884&lt;br /&gt;
File:Rudolf Ribarz2.jpg|thumb|Rudolf Ribarz, circa 1895&lt;br /&gt;
File:Tina Blau-Photo.jpg|thumb|Tina Blau, 1869&lt;br /&gt;
File:OlgaWisinger-Florian.jpg|thumb|Olga Wisinger-Florian, circa 1897 &lt;br /&gt;
&amp;lt;/gallery&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les artistes associés à la modernité viennoise occupent une place particulièrement visible dans le catalogue, sans pour autant en constituer l’unique centre d’intérêt. Gustav Klimt est ainsi bien représenté avec quatre dessins de femmes à la craie et au crayon. [[Egon Schiele]] apparaît quant à lui avec une &#039;&#039;Étude de femme en bas&#039;&#039; datée de 1918, estimée entre 180 000 et 200 000 francs. Deux dessins d’Oskar Kokoschka ont également été mis à l’honneur la veille, dans les premiers lots de la vente du 6 mars : ils consistent en deux études pour une coupe de Murano réalisées à l’encre de Chine et au crayon de couleur en 1953. Autour de ces figures désormais emblématiques, le catalogue rassemble plusieurs peintres liés à la Sécession, parmi lesquels Ernst Stöhr&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.klimt-database.com/en/network-vienna-1900/colleagues/ernst-stoehr/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Wilhelm List&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.biographien.ac.at/oebl/oebl_L/List_Wilhelm_1864_1918.xml&amp;lt;/ref&amp;gt; ou Franz von Matsch&amp;lt;ref&amp;gt;https://sammlung.belvedere.at/people/1377/&amp;lt;/ref&amp;gt;. La reproduction en pleine page de &#039;&#039;Prométhée&#039;&#039; de Franz von Matsch, estimé entre 25 000 et 30 000 francs, rappelle ainsi que la Sécession conserve des liens importants avec une tradition historiciste et symboliste issue de la peinture monumentale de la fin du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle . La présence de la &#039;&#039;Jeune fille à la poupée&#039;&#039; de Wilhelm List, dont l’estimation atteint 150 000 à 180 000 francs , témoigne quant à elle de l’intérêt du catalogue pour des œuvres plus intimistes, où les thèmes de l’enfance et du jeu participent pleinement à l’atmosphère culturelle de la Vienne 1900.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la section des peintures, la vente accorde enfin une place significative à plusieurs artistes contemporains, parmi lesquels Siegfried Anzinger&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.dorotheum.com/en/k/siegfried-anzinger/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Christian Ludwig Attersee&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.dorotheum.com/en/k/christian-ludwig-attersee/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Erwin Bohatsch&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.dorotheum.com/en/k/erwin-bohatsch/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Alois Mosbacher&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.aloismosbacher.at/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Zoran Music&amp;lt;ref&amp;gt;https://galerieamargaron.com/artistes/zoran-music/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Hermann Nitsch&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.nitsch.org/&amp;lt;/ref&amp;gt;, [[Oswald Oberhuber]], [[Arnulf Rainer]], Hubert Schmalix&amp;lt;ref&amp;gt;https://hubertschmalix.com/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Rudolf Schwarzkogler&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.moma.org/artists/7910-rudolf-schwarzkogler&amp;lt;/ref&amp;gt; ou encore Robert Zeppel-Sperl&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.dubishiffartcollection.com/artist/zeppel-sperl-robert/&amp;lt;/ref&amp;gt;. La répartition des lots révèle un aperçu relativement actuel de la création autrichienne. La forte présence de Hubert Schmalix (cinq lots), Hermann Nitsch (quatre lots ), ainsi qu’Alois Mosbacher, Oswald Oberhuber et Arnulf Rainer (trois lots chacun ) illustre cette tendance. Tous sont alors pleinement actifs dans les années 1980 et comptent parmi les figures marquantes de la scène artistique autrichienne. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La vente du 7 mars s’achève par un important ensemble de mobilier Biedermeier. Tables, secrétaires, commodes, vitrines, sièges et meubles d’apparat illustrent les formes caractéristiques du goût viennois de la première moitié du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, marqué par la sobriété des lignes, la clarté des volumes et le travail raffiné des placages de bois clairs. Plusieurs lots témoignent également de l’intérêt porté aux intérieurs bourgeois et à l’art de vivre viennois.&lt;br /&gt;
&amp;lt;gallery mode=&amp;quot;packed&amp;quot; heights=&amp;quot;300px&amp;quot;&amp;gt;&lt;br /&gt;
File:Franz Matsch Selfportrait 1904 Belvedre Vienna.png|thumb|Franz von Matsch, autoportrait, 1904&lt;br /&gt;
File:960px-Selbstportrait Wilhelm-List 28x22cm.png|thumb|Wilhelm List, autoportrait, 1889&lt;br /&gt;
File:Hermann Nitsch Viennale 2012.jpg|thumb|Hermann Nitsch invité à la Viennale 2012 &lt;br /&gt;
File:1280px-Arnulf Rainer, Sternsucher, 1994, ein Film von Herbert Brödl.jpg|thumb|Arnulf Rainer dans le film &#039;&#039;Sternsucher&#039;&#039; d’Herbert Brödl, 1994 &lt;br /&gt;
&amp;lt;/gallery&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Résultats des ventes==&lt;br /&gt;
Les comptes rendus publiés dans la &#039;&#039;Gazette de l’Hôtel Drouot&#039;&#039; le 17 mars 1989 confirment le bon accueil réservé à cette vente aux enchères parisienne. Le journal insiste sur la diversité de l’art autrichien ainsi que sur la qualité des pièces proposées. Les adjudications révèlent toutefois une situation plus contrastée qu’il n’y paraît au premier abord : si plusieurs lots atteignent des montants importants, une part significative des œuvres présentées ne trouve pas preneur. Sur les 285 lots du catalogue, seuls 135 sont effectivement adjugés, ce qui témoigne du caractère relativement spécialisé de cette vacation et d’un intérêt inégal selon les artistes et les catégories d’objets proposés. Les résultats montrent une forte polarisation entre quelques pièces très recherchées et une grande quantité de lots vendus à des prix modestes, voire restés invendus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Johann Fischbach.jpg|thumb|Johann Fischbach, gravure de Franz Xaver Stöber, 1834]]Les adjudications les plus élevées concernent une œuvre de Robert Russ, la &#039;&#039;Vue du château d’Arco, près de Riga sur le lac de Garde&#039;&#039;, qui atteint 400 000 francs, ainsi que des œuvres de Johann Fischbach  avec &#039;&#039;Scène de chasse dans le Pinzgau&#039;&#039; (260 000 F), d’Egon Schiele pour &#039;&#039;Étude de femme en bas&#039;&#039; (255 000 F) et de Hans Makart avec le &#039;&#039;Portrait de Theodora von Goezsy&#039;&#039; (250 000 F). Parmi les œuvres modernes, l’une des études d’Oskar Kokoschka pour une coupe de Murano dépasse son estimation pour être adjugée 97 000 francs. Les artistes liés à la modernité viennoise et à la Sécession enregistrent également des résultats notables : deux dessins de Gustav Klimt – &#039;&#039;Femme debout vue de face&#039;&#039; et &#039;&#039;Portrait de Magda Mautner-Markhof&#039;&#039; – atteignent respectivement 85 000 et 78 000 francs, tandis que &#039;&#039;Pluie d’orage sur l’Attersee&#039;&#039; de Rudolf Junk est adjugé 67 000 francs. Parmi les artistes contemporains, deux œuvres d’Hermann Nitsch, &#039;&#039;Composition&#039;&#039; et &#039;&#039;La Cène&#039;&#039;, sont vendues respectivement 45 000 et 50 000 francs. Fossiles d’Arnulf Rainer est pour sa part adjugé 38 000 francs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces résultats suggèrent que, dans le contexte parisien de 1989, le marché valorise encore fortement certains peintres historicistes ou paysagistes du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle autrichien, aux côtés de figures plus attendues de la modernité viennoise. Ils montrent aussi que cette redécouverte de l’art autrichien demeure partielle et sélective : la notoriété internationale de quelques artistes ne suffit pas encore à garantir le succès de l’ensemble de la vente.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le domaine des arts décoratifs et du mobilier, les adjudications apparaissent, là encore, assez inégales et concentrées sur certains lots particulièrement recherchés. Plusieurs créations de Josef Hoffmann enregistrent des adjudications solides, comprises entre 42 000 et 63 000 francs, tandis qu’une armoire à linge en bois laqué de Koloman Moser atteint 50 500 francs. Le mobilier Biedermeier figure également parmi les ensembles les plus appréciés, avec plusieurs adjudications élevées : 150 000 francs, par exemple, pour un meuble baroque à deux corps du XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Les verreries Loetz, les objets de Gustav Gurschner ainsi que les pièces attribuées à Otto Wagner et Josef Maria Olbrich obtiennent également des résultats satisfaisants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans l’ensemble, la vente semble avoir rencontré un succès réel malgré une dispersion importante des adjudications, signe d’un marché encore en construction pour l’art autrichien à Paris. Plus qu’un simple succès ponctuel, cette vacation apparaît comme un moment de structuration du marché français de l’art autrichien, à une période où celui-ci demeure encore relativement peu représenté dans les grandes ventes parisiennes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Références et liens externes==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Bibliographie==&lt;br /&gt;
*Anonyme : Du Biedermeier à Josef Hoffmann. In : La Gazette de l’Hôtel Drouot n° 11, 17 mars 1989, p. 13-15.&lt;br /&gt;
*Clair, Jean (dir.) : Vienne 1880–1938. L’apocalypse joyeuse. Paris : Centre Georges Pompidou 1986. &lt;br /&gt;
*L’Art autrichien à Paris. Catalogue de vente. Vente aux enchères publiques à Paris, 15 avenue Montaigne (8e). Lundi 6 mars 1989 à 15 heures. Mardi 7 mars 1989 à 15 heures. Ader Picard Tajan/Dorotheum, Paris 1989.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Auteure==&lt;br /&gt;
Irène Cagneau&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mise en ligne : 02/06/2026&lt;br /&gt;
{{otherWiki|Auktion_„L’Art_autrichien_à_Paris“_(6.–7._März_1989)}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Hannah</name></author>
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		<id>https://decaf-fr.literaturtirol.at/index.php?title=Vente_aux_ench%C3%A8res_publiques_%C2%AB_L%E2%80%99Art_autrichien_%C3%A0_Paris_%C2%BB_(6%E2%80%937_mars_1989)&amp;diff=1369</id>
		<title>Vente aux enchères publiques « L’Art autrichien à Paris » (6–7 mars 1989)</title>
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		<updated>2026-06-02T15:11:09Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Hannah : /* Vente du 7 mars 1989 : aquarelles, dessins, tableaux modernes et contemporains, mobilier */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Organisée les 6 et 7 mars 1989 à Paris par la maison de ventes Ader Picard Tajan&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.ader-paris.fr/notre-histoire&amp;lt;/ref&amp;gt;, en collaboration avec le Dorotheum&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.dorotheum.com/de/&amp;lt;/ref&amp;gt; de Vienne, la vente aux enchères publiques intitulée « L’Art autrichien à Paris » constitue un témoignage exemplaire de l’intérêt pour l’art autrichien en France dans les années 1980. Présentée par l’ambassadeur Wolfgang Schallenberg&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.nationalfonds.org/announcement/in-memoriam-retired-ambassador-wolfgang-schallenberg&amp;lt;/ref&amp;gt; comme la première vente parisienne consacrée exclusivement à un ensemble d’objets de provenance autrichienne&amp;lt;ref&amp;gt;L’Art autrichien 1989, 5&amp;lt;/ref&amp;gt;, elle associe arts décoratifs, mobilier, verrerie, céramiques, peinture, couvrant un large spectre chronologique allant du Biedermeier à la création contemporaine. La vente se déroule en outre à Drouot-Montaigne, espace parisien alors réservé aux vacations de prestige, ce qui témoigne des ambitions commerciales et symboliques attachées à cet événement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Contexte historique et culturel==&lt;br /&gt;
Cette vente a lieu dans le prolongement de [[Exposition « Vienne, 1880–1938. L’apocalypse joyeuse »|l’exposition Vienne 1880-1938]], organisée au Centre Pompidou en 1986 et évoquée dans la préface du catalogue comme point de référence majeur. Le commissaire-priseur Jacques Tajan&amp;lt;ref&amp;gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Tajan_(maison_de_vente)&amp;lt;/ref&amp;gt; souligne l’extraordinaire succès de cette exposition, rappelant les longues files d’attente devant le Centre Pompidou et exprimant l’espoir que la vente connaisse un « succès analogue »&amp;lt;ref&amp;gt;L’Art autrichien 1989, 6&amp;lt;/ref&amp;gt;. Tajan présente Vienne comme un foyer de la modernité artistique et intellectuelle : [[Arnold Schönberg]], [[Sigmund Freud]], [[Gustav Mahler]] ou encore [[Oskar Kokoschka]] y apparaissent comme les figures emblématiques d’une culture urbaine fondée sur l’innovation et les tensions créatrices. Le texte insiste également sur le rôle central de la [[Sécession viennoise]], des [[Wiener Werkstätte]] et des arts décoratifs autour de [[Gustav Klimt]], Koloman Moser&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Kolo_Moser&amp;lt;/ref&amp;gt;, [[Josef Hoffmann]] et Otto Wagner&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.citedelarchitecture.fr/fr/exposition/otto-wagner-maitre-de-lart-nouveau-viennois&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette lecture correspond à une approche désormais largement consacrée de la modernité viennoise, qui s’impose progressivement dans l’historiographie internationale au cours des années 1980 sous l’effet conjoint de l’histoire culturelle, des grandes expositions (Hambourg, Venise, Vienne, Paris, New York, Bruxelles) et de la revalorisation du marché des arts décoratifs et du Jugendstil. Dans son introduction, Wolfgang Schallenberg insiste pour sa part également sur l’art autrichien contemporain, qu’il estime encore peu connu du public français malgré l’intérêt croissant porté à la culture autrichienne&amp;lt;ref&amp;gt;L’Art autrichien 1989, 5&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Vente du 6 mars 1989 : arts décoratifs, mobilier et verrerie==&lt;br /&gt;
La première journée de vente est consacrée aux céramiques, à l’art du verre et au mobilier autrichiens. Au total, 146 objets sont présentés. Cette valorisation des arts appliqués s’inscrit alors dans une tendance particulièrement visible sur le marché européen, notamment en France et en Belgique, où l’Art nouveau et les arts décoratifs connaissent un important regain d’intérêt, alimenté par les expositions, les publications spécialisées et l’essor du marché du design et des arts décoratifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le catalogue accorde une attention centrale aux figures de la Sécession et de la Wiener Werkstätte. Josef Hoffmann  apparaît comme l’un des artistes les plus représentés de la vente, avec vingt-huit lots consacrés au mobilier – chaises, fauteuils, ensembles de salon – ainsi qu’aux objets décoratifs, parmi lesquels figurent des vases, des coupes, un coffret de toilette et une corbeille à fleurs. Koloman Moser  bénéficie également d’une présence importante (dix lots), notamment dans les sections consacrées à la verrerie et au mobilier moderne. La présence de sept lots de la [[Verrerie Loetz|verrerie Loetz]] ainsi que de vases originaires de Bohème témoigne en outre de l’intérêt croissant du marché pour les arts décoratifs austro-hongrois autour de 1900.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le catalogue met aussi en valeur d’autres sculpteurs et céramistes liés au Jugendstil et aux Wiener Werkstätte, comme Michael Powolny&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.musee-orsay.fr/fr/ressources/repertoire-artistes-personnalites/michael-powolny-20276&amp;lt;/ref&amp;gt;, Gustav Gurschner&amp;lt;ref&amp;gt;https://archive.org/details/jstor-25581532/page/n1/mode/2up&amp;lt;/ref&amp;gt;, Anton Klieber&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.mutualart.com/Artist/Anton-Klieber/BDC1470EC7B4F1AB&amp;lt;/ref&amp;gt; ou Hugo Franz Kirsch&amp;lt;ref&amp;gt;https://sammlung.mak.at/en/artist/kirsch-hugo-franz_46077&amp;lt;/ref&amp;gt;. Gustav Gurschner, membre de la Sécession puis du [[Hagenbund]], occupe une place significative avec huit objets présentés à la vente, notamment des vases en bronze patiné caractéristiques du Jugendstil. Le catalogue  fait apparaître également plusieurs créatrices. Marie Kirschner&amp;lt;ref&amp;gt;https://loetz.com/designers/marie-kirschner&amp;lt;/ref&amp;gt;, associée à la verrerie Loetz, est représentée par quatre vases en verre teinté, estimés entre 6 000 et 12 000 francs. La vente comprend aussi un mobilier de chambre d’enfant conçu par Fanny Harlfinger-Zakucka&amp;lt;ref&amp;gt;https://sammlung.belvedere.at/people/731/&amp;lt;/ref&amp;gt;, artiste, décoratrice et pédagogue engagée dans les mouvements de réforme artistique . Estimé à 400 000 francs, cet ensemble en bois de placage teinté jaune et satiné, qui fut exposé à la &#039;&#039;Kunstschau&#039;&#039; de Vienne en 1908, figure parmi les pièces phares de la vente. Une petite coupe en céramique de Vally Wieselthier&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Vally_Wieselthier&amp;lt;/ref&amp;gt; apparaît également dans le catalogue. Cette artiste  a connu une reconnaissance internationale importante lors de [[Exposition internationale des arts décoratifs et industriels moderne à Paris (1925)|l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes]] de Paris en 1925, où ses céramiques expressionnistes ont particulièrement retenu l’attention. La présence de ces femmes, auxquelles s’ajoute la céramiste Therese Trethan&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.musee-orsay.fr/fr/oeuvres/terrine-3541&amp;lt;/ref&amp;gt;, témoigne de l’intégration progressive des créatrices viennoises dans l’historiographie et le marché des arts décoratifs du XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle.&lt;br /&gt;
&amp;lt;gallery mode=&amp;quot;packed&amp;quot; heights=&amp;quot;250px&amp;quot;&amp;gt;&lt;br /&gt;
File:Josef-Hoffmann.jpg|thumb|Josef Hoffmann, 1902&lt;br /&gt;
File:Koloman Moser.jpg|thumb|Koloman Moser, 1905&lt;br /&gt;
File:Gustav Gurschner.png|thumb|Gustav Gurschner, peint par Julius Köhler, 1900&lt;br /&gt;
File:Marie Kirschner Selbstportrait 1880.jpg|thumb|Marie Kirschner, autoportrait, 1880&lt;br /&gt;
File:Fanny und Richrd HarlfingerÖNB Digit.jpg|thumb|Fanny et Richard Harlfinger, 1905&lt;br /&gt;
File:Vally Wieselthier im Contempora Studio, New York City.jpg|thumb|Vally Wieselthier au Contempora Studio à New York, 1928/1929&lt;br /&gt;
&amp;lt;/gallery&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Vente du 7 mars 1989 : aquarelles, dessins, tableaux modernes et contemporains, mobilier==&lt;br /&gt;
La vente du 7 mars 1989, consacrée aux aquarelles, dessins, tableaux modernes et contemporains ainsi qu’au mobilier des XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; et XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècles – notamment Biedermeier –, propose un panorama particulièrement large de la création autrichienne (lots 150 à 285). Le catalogue accorde d’abord une place importante à la peinture historiciste et académique du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Le &#039;&#039;Portrait de Theodora von Goezsy&#039;&#039; de Hans Makart&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Hans_Makart&amp;lt;/ref&amp;gt;, exposé aujourd’hui au Leopold Museum&amp;lt;ref&amp;gt;https://onlinecollection.leopoldmuseum.org/objekt/6695-frau-in-schwarzer-robe-portrat-theodora-von-gozsy/#provenienz&amp;lt;/ref&amp;gt;, apparaît ainsi aux côtés d’œuvres de Johann Fischbach&amp;lt;ref&amp;gt;https://de.wikisource.org/wiki/BLK%C3%96:Fischbach,_Johann&amp;lt;/ref&amp;gt;, Friedrich Gauermann&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.dorotheum.com/en/b/friedrich-gauermann-staging-nature/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Josef Kriehuber&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.dorotheum.com/en/k/josef-nikolaus-kriehuber/&amp;lt;/ref&amp;gt; ou Rudolf von Alt&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.zikg.eu/forschung/projekte/projekte-zi/rudolf-von-alt-zeichnungen-und-aquarelle&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette présence est particulièrement significative dans un contexte historiographique où la redécouverte de « Vienne 1900 » tend parfois à marginaliser les générations précédentes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autour de cet héritage académique, le catalogue présente également de nombreuses œuvres relevant de la peinture de paysage et du &#039;&#039;Stimmungsrealismus&#039;&#039; de la fin du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Plusieurs artistes y occupent une place notable : Tina Blau&amp;lt;ref&amp;gt;https://jwa.org/encyclopedia/article/blau-tina&amp;lt;/ref&amp;gt;, Olga Wisinger-Florian&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Olga_Wisinger-Florian&amp;lt;/ref&amp;gt;, [[Eugen Jettel]], [[Rudolf Ribarz]], Robert Russ&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.gieseundschweiger.at/en/artists/132-robert-russ/biography/&amp;lt;/ref&amp;gt; ou encore [[Wilhelm Bernatzik]]. Leur présence apparaît d’autant plus intéressante qu’ils demeurent alors relativement peu visibles en France malgré leur rôle essentiel dans le renouvellement de la peinture autrichienne autour de 1900. Le catalogue comprend notamment deux tableaux de Rudolf Ribarz, dont le plus coté, &#039;&#039;Iris&#039;&#039;, est estimé entre 250 000 et 280 000 francs. Tina Blau et Olga Wisinger-Florian comptent quant à elles parmi les principales peintres autrichiennes de la fin du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle et participent pleinement à l’émergence d’une peinture de paysage moderne à Vienne. La &#039;&#039;Sablière avec vue sur Poetzleinsdorf&#039;&#039; de Tina Blau  est ainsi estimée entre 80 000 et 100 000 francs tandis que la &#039;&#039;Vue d’Hinterbruehl&#039;&#039; d’Olga Wisinger-Florian, reproduite en pleine page dans le catalogue, atteint une estimation comprise entre 150 000 et 200 000 francs.&lt;br /&gt;
&amp;lt;gallery mode=&amp;quot;packed&amp;quot; heights=&amp;quot;300&amp;quot;&amp;gt;&lt;br /&gt;
File:Hans Makart 1884.png|thumb|Hans Makart, 1884&lt;br /&gt;
File:Rudolf Ribarz2.jpg|thumb|Rudolf Ribarz, circa 1895&lt;br /&gt;
File:Tina Blau-Photo.jpg|thumb|Tina Blau, 1869&lt;br /&gt;
File:OlgaWisinger-Florian.jpg|thumb|Olga Wisinger-Florian, circa 1897 &lt;br /&gt;
&amp;lt;/gallery&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les artistes associés à la modernité viennoise occupent une place particulièrement visible dans le catalogue, sans pour autant en constituer l’unique centre d’intérêt. Gustav Klimt est ainsi bien représenté avec quatre dessins de femmes à la craie et au crayon. [[Egon Schiele]] apparaît quant à lui avec une &#039;&#039;Étude de femme en bas&#039;&#039; datée de 1918, estimée entre 180 000 et 200 000 francs. Deux dessins d’Oskar Kokoschka ont également été mis à l’honneur la veille, dans les premiers lots de la vente du 6 mars : ils consistent en deux études pour une coupe de Murano réalisées à l’encre de Chine et au crayon de couleur en 1953. Autour de ces figures désormais emblématiques, le catalogue rassemble plusieurs peintres liés à la Sécession, parmi lesquels Ernst Stöhr&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.klimt-database.com/en/network-vienna-1900/colleagues/ernst-stoehr/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Wilhelm List&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.biographien.ac.at/oebl/oebl_L/List_Wilhelm_1864_1918.xml&amp;lt;/ref&amp;gt; ou Franz von Matsch&amp;lt;ref&amp;gt;https://sammlung.belvedere.at/people/1377/&amp;lt;/ref&amp;gt;. La reproduction en pleine page de &#039;&#039;Prométhée&#039;&#039; de Franz von Matsch, estimé entre 25 000 et 30 000 francs, rappelle ainsi que la Sécession conserve des liens importants avec une tradition historiciste et symboliste issue de la peinture monumentale de la fin du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle . La présence de la &#039;&#039;Jeune fille à la poupée&#039;&#039; de Wilhelm List, dont l’estimation atteint 150 000 à 180 000 francs , témoigne quant à elle de l’intérêt du catalogue pour des œuvres plus intimistes, où les thèmes de l’enfance et du jeu participent pleinement à l’atmosphère culturelle de la Vienne 1900.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la section des peintures, la vente accorde enfin une place significative à plusieurs artistes contemporains, parmi lesquels Siegfried Anzinger&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.dorotheum.com/en/k/siegfried-anzinger/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Christian Ludwig Attersee&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.dorotheum.com/en/k/christian-ludwig-attersee/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Erwin Bohatsch&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.dorotheum.com/en/k/erwin-bohatsch/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Alois Mosbacher&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.aloismosbacher.at/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Zoran Music&amp;lt;ref&amp;gt;https://galerieamargaron.com/artistes/zoran-music/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Hermann Nitsch&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.nitsch.org/&amp;lt;/ref&amp;gt;, [[Oswald Oberhuber]]], [[Arnulf Rainer]], Hubert Schmalix&amp;lt;ref&amp;gt;https://hubertschmalix.com/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Rudolf Schwarzkogler&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.moma.org/artists/7910-rudolf-schwarzkogler&amp;lt;/ref&amp;gt; ou encore Robert Zeppel-Sperl&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.dubishiffartcollection.com/artist/zeppel-sperl-robert/&amp;lt;/ref&amp;gt;. La répartition des lots révèle un aperçu relativement actuel de la création autrichienne. La forte présence de Hubert Schmalix (cinq lots), Hermann Nitsch (quatre lots ), ainsi qu’Alois Mosbacher, Oswald Oberhuber et Arnulf Rainer (trois lots chacun ) illustre cette tendance. Tous sont alors pleinement actifs dans les années 1980 et comptent parmi les figures marquantes de la scène artistique autrichienne. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La vente du 7 mars s’achève par un important ensemble de mobilier Biedermeier. Tables, secrétaires, commodes, vitrines, sièges et meubles d’apparat illustrent les formes caractéristiques du goût viennois de la première moitié du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, marqué par la sobriété des lignes, la clarté des volumes et le travail raffiné des placages de bois clairs. Plusieurs lots témoignent également de l’intérêt porté aux intérieurs bourgeois et à l’art de vivre viennois.&lt;br /&gt;
&amp;lt;gallery mode=&amp;quot;packed&amp;quot; heights=&amp;quot;300px&amp;quot;&amp;gt;&lt;br /&gt;
File:Franz Matsch Selfportrait 1904 Belvedre Vienna.png|thumb|Franz von Matsch, autoportrait, 1904&lt;br /&gt;
File:960px-Selbstportrait Wilhelm-List 28x22cm.png|thumb|Wilhelm List, autoportrait, 1889&lt;br /&gt;
File:Hermann Nitsch Viennale 2012.jpg|thumb|Hermann Nitsch invité à la Viennale 2012 &lt;br /&gt;
File:1280px-Arnulf Rainer, Sternsucher, 1994, ein Film von Herbert Brödl.jpg|thumb|Arnulf Rainer dans le film &#039;&#039;Sternsucher&#039;&#039; d’Herbert Brödl, 1994 &lt;br /&gt;
&amp;lt;/gallery&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Résultats des ventes==&lt;br /&gt;
Les comptes rendus publiés dans la &#039;&#039;Gazette de l’Hôtel Drouot&#039;&#039; le 17 mars 1989 confirment le bon accueil réservé à cette vente aux enchères parisienne. Le journal insiste sur la diversité de l’art autrichien ainsi que sur la qualité des pièces proposées. Les adjudications révèlent toutefois une situation plus contrastée qu’il n’y paraît au premier abord : si plusieurs lots atteignent des montants importants, une part significative des œuvres présentées ne trouve pas preneur. Sur les 285 lots du catalogue, seuls 135 sont effectivement adjugés, ce qui témoigne du caractère relativement spécialisé de cette vacation et d’un intérêt inégal selon les artistes et les catégories d’objets proposés. Les résultats montrent une forte polarisation entre quelques pièces très recherchées et une grande quantité de lots vendus à des prix modestes, voire restés invendus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Johann Fischbach.jpg|thumb|Johann Fischbach, gravure de Franz Xaver Stöber, 1834]]Les adjudications les plus élevées concernent une œuvre de Robert Russ, la &#039;&#039;Vue du château d’Arco, près de Riga sur le lac de Garde&#039;&#039;, qui atteint 400 000 francs, ainsi que des œuvres de Johann Fischbach  avec &#039;&#039;Scène de chasse dans le Pinzgau&#039;&#039; (260 000 F), d’Egon Schiele pour &#039;&#039;Étude de femme en bas&#039;&#039; (255 000 F) et de Hans Makart avec le &#039;&#039;Portrait de Theodora von Goezsy&#039;&#039; (250 000 F). Parmi les œuvres modernes, l’une des études d’Oskar Kokoschka pour une coupe de Murano dépasse son estimation pour être adjugée 97 000 francs. Les artistes liés à la modernité viennoise et à la Sécession enregistrent également des résultats notables : deux dessins de Gustav Klimt – &#039;&#039;Femme debout vue de face&#039;&#039; et &#039;&#039;Portrait de Magda Mautner-Markhof&#039;&#039; – atteignent respectivement 85 000 et 78 000 francs, tandis que &#039;&#039;Pluie d’orage sur l’Attersee&#039;&#039; de Rudolf Junk est adjugé 67 000 francs. Parmi les artistes contemporains, deux œuvres d’Hermann Nitsch, &#039;&#039;Composition&#039;&#039; et &#039;&#039;La Cène&#039;&#039;, sont vendues respectivement 45 000 et 50 000 francs. Fossiles d’Arnulf Rainer est pour sa part adjugé 38 000 francs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces résultats suggèrent que, dans le contexte parisien de 1989, le marché valorise encore fortement certains peintres historicistes ou paysagistes du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle autrichien, aux côtés de figures plus attendues de la modernité viennoise. Ils montrent aussi que cette redécouverte de l’art autrichien demeure partielle et sélective : la notoriété internationale de quelques artistes ne suffit pas encore à garantir le succès de l’ensemble de la vente.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le domaine des arts décoratifs et du mobilier, les adjudications apparaissent, là encore, assez inégales et concentrées sur certains lots particulièrement recherchés. Plusieurs créations de Josef Hoffmann enregistrent des adjudications solides, comprises entre 42 000 et 63 000 francs, tandis qu’une armoire à linge en bois laqué de Koloman Moser atteint 50 500 francs. Le mobilier Biedermeier figure également parmi les ensembles les plus appréciés, avec plusieurs adjudications élevées : 150 000 francs, par exemple, pour un meuble baroque à deux corps du XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Les verreries Loetz, les objets de Gustav Gurschner ainsi que les pièces attribuées à Otto Wagner et Josef Maria Olbrich obtiennent également des résultats satisfaisants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans l’ensemble, la vente semble avoir rencontré un succès réel malgré une dispersion importante des adjudications, signe d’un marché encore en construction pour l’art autrichien à Paris. Plus qu’un simple succès ponctuel, cette vacation apparaît comme un moment de structuration du marché français de l’art autrichien, à une période où celui-ci demeure encore relativement peu représenté dans les grandes ventes parisiennes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Références et liens externes==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Bibliographie==&lt;br /&gt;
*Anonyme : Du Biedermeier à Josef Hoffmann. In : La Gazette de l’Hôtel Drouot n° 11, 17 mars 1989, p. 13-15.&lt;br /&gt;
*Clair, Jean (dir.) : Vienne 1880–1938. L’apocalypse joyeuse. Paris : Centre Georges Pompidou 1986. &lt;br /&gt;
*L’Art autrichien à Paris. Catalogue de vente. Vente aux enchères publiques à Paris, 15 avenue Montaigne (8e). Lundi 6 mars 1989 à 15 heures. Mardi 7 mars 1989 à 15 heures. Ader Picard Tajan/Dorotheum, Paris 1989.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Auteure==&lt;br /&gt;
Irène Cagneau&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mise en ligne : 02/06/2026&lt;br /&gt;
{{otherWiki|Auktion_„L’Art_autrichien_à_Paris“_(6.–7._März_1989)}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Hannah</name></author>
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		<id>https://decaf-fr.literaturtirol.at/index.php?title=Vente_aux_ench%C3%A8res_publiques_%C2%AB_L%E2%80%99Art_autrichien_%C3%A0_Paris_%C2%BB_(6%E2%80%937_mars_1989)&amp;diff=1368</id>
		<title>Vente aux enchères publiques « L’Art autrichien à Paris » (6–7 mars 1989)</title>
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		<updated>2026-06-02T15:10:56Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Hannah : /* Vente du 7 mars 1989 : aquarelles, dessins, tableaux modernes et contemporains, mobilier */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Organisée les 6 et 7 mars 1989 à Paris par la maison de ventes Ader Picard Tajan&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.ader-paris.fr/notre-histoire&amp;lt;/ref&amp;gt;, en collaboration avec le Dorotheum&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.dorotheum.com/de/&amp;lt;/ref&amp;gt; de Vienne, la vente aux enchères publiques intitulée « L’Art autrichien à Paris » constitue un témoignage exemplaire de l’intérêt pour l’art autrichien en France dans les années 1980. Présentée par l’ambassadeur Wolfgang Schallenberg&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.nationalfonds.org/announcement/in-memoriam-retired-ambassador-wolfgang-schallenberg&amp;lt;/ref&amp;gt; comme la première vente parisienne consacrée exclusivement à un ensemble d’objets de provenance autrichienne&amp;lt;ref&amp;gt;L’Art autrichien 1989, 5&amp;lt;/ref&amp;gt;, elle associe arts décoratifs, mobilier, verrerie, céramiques, peinture, couvrant un large spectre chronologique allant du Biedermeier à la création contemporaine. La vente se déroule en outre à Drouot-Montaigne, espace parisien alors réservé aux vacations de prestige, ce qui témoigne des ambitions commerciales et symboliques attachées à cet événement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Contexte historique et culturel==&lt;br /&gt;
Cette vente a lieu dans le prolongement de [[Exposition « Vienne, 1880–1938. L’apocalypse joyeuse »|l’exposition Vienne 1880-1938]], organisée au Centre Pompidou en 1986 et évoquée dans la préface du catalogue comme point de référence majeur. Le commissaire-priseur Jacques Tajan&amp;lt;ref&amp;gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Tajan_(maison_de_vente)&amp;lt;/ref&amp;gt; souligne l’extraordinaire succès de cette exposition, rappelant les longues files d’attente devant le Centre Pompidou et exprimant l’espoir que la vente connaisse un « succès analogue »&amp;lt;ref&amp;gt;L’Art autrichien 1989, 6&amp;lt;/ref&amp;gt;. Tajan présente Vienne comme un foyer de la modernité artistique et intellectuelle : [[Arnold Schönberg]], [[Sigmund Freud]], [[Gustav Mahler]] ou encore [[Oskar Kokoschka]] y apparaissent comme les figures emblématiques d’une culture urbaine fondée sur l’innovation et les tensions créatrices. Le texte insiste également sur le rôle central de la [[Sécession viennoise]], des [[Wiener Werkstätte]] et des arts décoratifs autour de [[Gustav Klimt]], Koloman Moser&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Kolo_Moser&amp;lt;/ref&amp;gt;, [[Josef Hoffmann]] et Otto Wagner&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.citedelarchitecture.fr/fr/exposition/otto-wagner-maitre-de-lart-nouveau-viennois&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette lecture correspond à une approche désormais largement consacrée de la modernité viennoise, qui s’impose progressivement dans l’historiographie internationale au cours des années 1980 sous l’effet conjoint de l’histoire culturelle, des grandes expositions (Hambourg, Venise, Vienne, Paris, New York, Bruxelles) et de la revalorisation du marché des arts décoratifs et du Jugendstil. Dans son introduction, Wolfgang Schallenberg insiste pour sa part également sur l’art autrichien contemporain, qu’il estime encore peu connu du public français malgré l’intérêt croissant porté à la culture autrichienne&amp;lt;ref&amp;gt;L’Art autrichien 1989, 5&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Vente du 6 mars 1989 : arts décoratifs, mobilier et verrerie==&lt;br /&gt;
La première journée de vente est consacrée aux céramiques, à l’art du verre et au mobilier autrichiens. Au total, 146 objets sont présentés. Cette valorisation des arts appliqués s’inscrit alors dans une tendance particulièrement visible sur le marché européen, notamment en France et en Belgique, où l’Art nouveau et les arts décoratifs connaissent un important regain d’intérêt, alimenté par les expositions, les publications spécialisées et l’essor du marché du design et des arts décoratifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le catalogue accorde une attention centrale aux figures de la Sécession et de la Wiener Werkstätte. Josef Hoffmann  apparaît comme l’un des artistes les plus représentés de la vente, avec vingt-huit lots consacrés au mobilier – chaises, fauteuils, ensembles de salon – ainsi qu’aux objets décoratifs, parmi lesquels figurent des vases, des coupes, un coffret de toilette et une corbeille à fleurs. Koloman Moser  bénéficie également d’une présence importante (dix lots), notamment dans les sections consacrées à la verrerie et au mobilier moderne. La présence de sept lots de la [[Verrerie Loetz|verrerie Loetz]] ainsi que de vases originaires de Bohème témoigne en outre de l’intérêt croissant du marché pour les arts décoratifs austro-hongrois autour de 1900.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le catalogue met aussi en valeur d’autres sculpteurs et céramistes liés au Jugendstil et aux Wiener Werkstätte, comme Michael Powolny&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.musee-orsay.fr/fr/ressources/repertoire-artistes-personnalites/michael-powolny-20276&amp;lt;/ref&amp;gt;, Gustav Gurschner&amp;lt;ref&amp;gt;https://archive.org/details/jstor-25581532/page/n1/mode/2up&amp;lt;/ref&amp;gt;, Anton Klieber&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.mutualart.com/Artist/Anton-Klieber/BDC1470EC7B4F1AB&amp;lt;/ref&amp;gt; ou Hugo Franz Kirsch&amp;lt;ref&amp;gt;https://sammlung.mak.at/en/artist/kirsch-hugo-franz_46077&amp;lt;/ref&amp;gt;. Gustav Gurschner, membre de la Sécession puis du [[Hagenbund]], occupe une place significative avec huit objets présentés à la vente, notamment des vases en bronze patiné caractéristiques du Jugendstil. Le catalogue  fait apparaître également plusieurs créatrices. Marie Kirschner&amp;lt;ref&amp;gt;https://loetz.com/designers/marie-kirschner&amp;lt;/ref&amp;gt;, associée à la verrerie Loetz, est représentée par quatre vases en verre teinté, estimés entre 6 000 et 12 000 francs. La vente comprend aussi un mobilier de chambre d’enfant conçu par Fanny Harlfinger-Zakucka&amp;lt;ref&amp;gt;https://sammlung.belvedere.at/people/731/&amp;lt;/ref&amp;gt;, artiste, décoratrice et pédagogue engagée dans les mouvements de réforme artistique . Estimé à 400 000 francs, cet ensemble en bois de placage teinté jaune et satiné, qui fut exposé à la &#039;&#039;Kunstschau&#039;&#039; de Vienne en 1908, figure parmi les pièces phares de la vente. Une petite coupe en céramique de Vally Wieselthier&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Vally_Wieselthier&amp;lt;/ref&amp;gt; apparaît également dans le catalogue. Cette artiste  a connu une reconnaissance internationale importante lors de [[Exposition internationale des arts décoratifs et industriels moderne à Paris (1925)|l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes]] de Paris en 1925, où ses céramiques expressionnistes ont particulièrement retenu l’attention. La présence de ces femmes, auxquelles s’ajoute la céramiste Therese Trethan&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.musee-orsay.fr/fr/oeuvres/terrine-3541&amp;lt;/ref&amp;gt;, témoigne de l’intégration progressive des créatrices viennoises dans l’historiographie et le marché des arts décoratifs du XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle.&lt;br /&gt;
&amp;lt;gallery mode=&amp;quot;packed&amp;quot; heights=&amp;quot;250px&amp;quot;&amp;gt;&lt;br /&gt;
File:Josef-Hoffmann.jpg|thumb|Josef Hoffmann, 1902&lt;br /&gt;
File:Koloman Moser.jpg|thumb|Koloman Moser, 1905&lt;br /&gt;
File:Gustav Gurschner.png|thumb|Gustav Gurschner, peint par Julius Köhler, 1900&lt;br /&gt;
File:Marie Kirschner Selbstportrait 1880.jpg|thumb|Marie Kirschner, autoportrait, 1880&lt;br /&gt;
File:Fanny und Richrd HarlfingerÖNB Digit.jpg|thumb|Fanny et Richard Harlfinger, 1905&lt;br /&gt;
File:Vally Wieselthier im Contempora Studio, New York City.jpg|thumb|Vally Wieselthier au Contempora Studio à New York, 1928/1929&lt;br /&gt;
&amp;lt;/gallery&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Vente du 7 mars 1989 : aquarelles, dessins, tableaux modernes et contemporains, mobilier==&lt;br /&gt;
La vente du 7 mars 1989, consacrée aux aquarelles, dessins, tableaux modernes et contemporains ainsi qu’au mobilier des XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; et XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècles – notamment Biedermeier –, propose un panorama particulièrement large de la création autrichienne (lots 150 à 285). Le catalogue accorde d’abord une place importante à la peinture historiciste et académique du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Le &#039;&#039;Portrait de Theodora von Goezsy&#039;&#039; de Hans Makart&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Hans_Makart&amp;lt;/ref&amp;gt;, exposé aujourd’hui au Leopold Museum&amp;lt;ref&amp;gt;https://onlinecollection.leopoldmuseum.org/objekt/6695-frau-in-schwarzer-robe-portrat-theodora-von-gozsy/#provenienz&amp;lt;/ref&amp;gt;, apparaît ainsi aux côtés d’œuvres de Johann Fischbach&amp;lt;ref&amp;gt;https://de.wikisource.org/wiki/BLK%C3%96:Fischbach,_Johann&amp;lt;/ref&amp;gt;, Friedrich Gauermann&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.dorotheum.com/en/b/friedrich-gauermann-staging-nature/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Josef Kriehuber&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.dorotheum.com/en/k/josef-nikolaus-kriehuber/&amp;lt;/ref&amp;gt; ou Rudolf von Alt&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.zikg.eu/forschung/projekte/projekte-zi/rudolf-von-alt-zeichnungen-und-aquarelle&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette présence est particulièrement significative dans un contexte historiographique où la redécouverte de « Vienne 1900 » tend parfois à marginaliser les générations précédentes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autour de cet héritage académique, le catalogue présente également de nombreuses œuvres relevant de la peinture de paysage et du &#039;&#039;Stimmungsrealismus&#039;&#039; de la fin du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Plusieurs artistes y occupent une place notable : Tina Blau&amp;lt;ref&amp;gt;https://jwa.org/encyclopedia/article/blau-tina&amp;lt;/ref&amp;gt;, Olga Wisinger-Florian&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Olga_Wisinger-Florian&amp;lt;/ref&amp;gt;, [[Eugen Jettel]], [[Rudolf Ribarz]], Robert Russ&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.gieseundschweiger.at/en/artists/132-robert-russ/biography/&amp;lt;/ref&amp;gt; ou encore [[Wilhelm Bernatzik]]. Leur présence apparaît d’autant plus intéressante qu’ils demeurent alors relativement peu visibles en France malgré leur rôle essentiel dans le renouvellement de la peinture autrichienne autour de 1900. Le catalogue comprend notamment deux tableaux de Rudolf Ribarz, dont le plus coté, &#039;&#039;Iris&#039;&#039;, est estimé entre 250 000 et 280 000 francs. Tina Blau et Olga Wisinger-Florian comptent quant à elles parmi les principales peintres autrichiennes de la fin du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle et participent pleinement à l’émergence d’une peinture de paysage moderne à Vienne. La &#039;&#039;Sablière avec vue sur Poetzleinsdorf&#039;&#039; de Tina Blau  est ainsi estimée entre 80 000 et 100 000 francs tandis que la &#039;&#039;Vue d’Hinterbruehl&#039;&#039; d’Olga Wisinger-Florian, reproduite en pleine page dans le catalogue, atteint une estimation comprise entre 150 000 et 200 000 francs.&lt;br /&gt;
&amp;lt;gallery mode=&amp;quot;packed&amp;quot; heights=&amp;quot;250px&amp;quot;&amp;gt;&lt;br /&gt;
File:Hans Makart 1884.png|thumb|Hans Makart, 1884&lt;br /&gt;
File:Rudolf Ribarz2.jpg|thumb|Rudolf Ribarz, circa 1895&lt;br /&gt;
File:Tina Blau-Photo.jpg|thumb|Tina Blau, 1869&lt;br /&gt;
File:OlgaWisinger-Florian.jpg|thumb|Olga Wisinger-Florian, circa 1897 &lt;br /&gt;
&amp;lt;/gallery&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les artistes associés à la modernité viennoise occupent une place particulièrement visible dans le catalogue, sans pour autant en constituer l’unique centre d’intérêt. Gustav Klimt est ainsi bien représenté avec quatre dessins de femmes à la craie et au crayon. [[Egon Schiele]] apparaît quant à lui avec une &#039;&#039;Étude de femme en bas&#039;&#039; datée de 1918, estimée entre 180 000 et 200 000 francs. Deux dessins d’Oskar Kokoschka ont également été mis à l’honneur la veille, dans les premiers lots de la vente du 6 mars : ils consistent en deux études pour une coupe de Murano réalisées à l’encre de Chine et au crayon de couleur en 1953. Autour de ces figures désormais emblématiques, le catalogue rassemble plusieurs peintres liés à la Sécession, parmi lesquels Ernst Stöhr&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.klimt-database.com/en/network-vienna-1900/colleagues/ernst-stoehr/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Wilhelm List&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.biographien.ac.at/oebl/oebl_L/List_Wilhelm_1864_1918.xml&amp;lt;/ref&amp;gt; ou Franz von Matsch&amp;lt;ref&amp;gt;https://sammlung.belvedere.at/people/1377/&amp;lt;/ref&amp;gt;. La reproduction en pleine page de &#039;&#039;Prométhée&#039;&#039; de Franz von Matsch, estimé entre 25 000 et 30 000 francs, rappelle ainsi que la Sécession conserve des liens importants avec une tradition historiciste et symboliste issue de la peinture monumentale de la fin du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle . La présence de la &#039;&#039;Jeune fille à la poupée&#039;&#039; de Wilhelm List, dont l’estimation atteint 150 000 à 180 000 francs , témoigne quant à elle de l’intérêt du catalogue pour des œuvres plus intimistes, où les thèmes de l’enfance et du jeu participent pleinement à l’atmosphère culturelle de la Vienne 1900.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la section des peintures, la vente accorde enfin une place significative à plusieurs artistes contemporains, parmi lesquels Siegfried Anzinger&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.dorotheum.com/en/k/siegfried-anzinger/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Christian Ludwig Attersee&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.dorotheum.com/en/k/christian-ludwig-attersee/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Erwin Bohatsch&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.dorotheum.com/en/k/erwin-bohatsch/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Alois Mosbacher&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.aloismosbacher.at/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Zoran Music&amp;lt;ref&amp;gt;https://galerieamargaron.com/artistes/zoran-music/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Hermann Nitsch&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.nitsch.org/&amp;lt;/ref&amp;gt;, [[Oswald Oberhuber]]], [[Arnulf Rainer]], Hubert Schmalix&amp;lt;ref&amp;gt;https://hubertschmalix.com/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Rudolf Schwarzkogler&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.moma.org/artists/7910-rudolf-schwarzkogler&amp;lt;/ref&amp;gt; ou encore Robert Zeppel-Sperl&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.dubishiffartcollection.com/artist/zeppel-sperl-robert/&amp;lt;/ref&amp;gt;. La répartition des lots révèle un aperçu relativement actuel de la création autrichienne. La forte présence de Hubert Schmalix (cinq lots), Hermann Nitsch (quatre lots ), ainsi qu’Alois Mosbacher, Oswald Oberhuber et Arnulf Rainer (trois lots chacun ) illustre cette tendance. Tous sont alors pleinement actifs dans les années 1980 et comptent parmi les figures marquantes de la scène artistique autrichienne. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La vente du 7 mars s’achève par un important ensemble de mobilier Biedermeier. Tables, secrétaires, commodes, vitrines, sièges et meubles d’apparat illustrent les formes caractéristiques du goût viennois de la première moitié du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, marqué par la sobriété des lignes, la clarté des volumes et le travail raffiné des placages de bois clairs. Plusieurs lots témoignent également de l’intérêt porté aux intérieurs bourgeois et à l’art de vivre viennois.&lt;br /&gt;
&amp;lt;gallery mode=&amp;quot;packed&amp;quot; heights=&amp;quot;300px&amp;quot;&amp;gt;&lt;br /&gt;
File:Franz Matsch Selfportrait 1904 Belvedre Vienna.png|thumb|Franz von Matsch, autoportrait, 1904&lt;br /&gt;
File:960px-Selbstportrait Wilhelm-List 28x22cm.png|thumb|Wilhelm List, autoportrait, 1889&lt;br /&gt;
File:Hermann Nitsch Viennale 2012.jpg|thumb|Hermann Nitsch invité à la Viennale 2012 &lt;br /&gt;
File:1280px-Arnulf Rainer, Sternsucher, 1994, ein Film von Herbert Brödl.jpg|thumb|Arnulf Rainer dans le film &#039;&#039;Sternsucher&#039;&#039; d’Herbert Brödl, 1994 &lt;br /&gt;
&amp;lt;/gallery&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Résultats des ventes==&lt;br /&gt;
Les comptes rendus publiés dans la &#039;&#039;Gazette de l’Hôtel Drouot&#039;&#039; le 17 mars 1989 confirment le bon accueil réservé à cette vente aux enchères parisienne. Le journal insiste sur la diversité de l’art autrichien ainsi que sur la qualité des pièces proposées. Les adjudications révèlent toutefois une situation plus contrastée qu’il n’y paraît au premier abord : si plusieurs lots atteignent des montants importants, une part significative des œuvres présentées ne trouve pas preneur. Sur les 285 lots du catalogue, seuls 135 sont effectivement adjugés, ce qui témoigne du caractère relativement spécialisé de cette vacation et d’un intérêt inégal selon les artistes et les catégories d’objets proposés. Les résultats montrent une forte polarisation entre quelques pièces très recherchées et une grande quantité de lots vendus à des prix modestes, voire restés invendus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Johann Fischbach.jpg|thumb|Johann Fischbach, gravure de Franz Xaver Stöber, 1834]]Les adjudications les plus élevées concernent une œuvre de Robert Russ, la &#039;&#039;Vue du château d’Arco, près de Riga sur le lac de Garde&#039;&#039;, qui atteint 400 000 francs, ainsi que des œuvres de Johann Fischbach  avec &#039;&#039;Scène de chasse dans le Pinzgau&#039;&#039; (260 000 F), d’Egon Schiele pour &#039;&#039;Étude de femme en bas&#039;&#039; (255 000 F) et de Hans Makart avec le &#039;&#039;Portrait de Theodora von Goezsy&#039;&#039; (250 000 F). Parmi les œuvres modernes, l’une des études d’Oskar Kokoschka pour une coupe de Murano dépasse son estimation pour être adjugée 97 000 francs. Les artistes liés à la modernité viennoise et à la Sécession enregistrent également des résultats notables : deux dessins de Gustav Klimt – &#039;&#039;Femme debout vue de face&#039;&#039; et &#039;&#039;Portrait de Magda Mautner-Markhof&#039;&#039; – atteignent respectivement 85 000 et 78 000 francs, tandis que &#039;&#039;Pluie d’orage sur l’Attersee&#039;&#039; de Rudolf Junk est adjugé 67 000 francs. Parmi les artistes contemporains, deux œuvres d’Hermann Nitsch, &#039;&#039;Composition&#039;&#039; et &#039;&#039;La Cène&#039;&#039;, sont vendues respectivement 45 000 et 50 000 francs. Fossiles d’Arnulf Rainer est pour sa part adjugé 38 000 francs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces résultats suggèrent que, dans le contexte parisien de 1989, le marché valorise encore fortement certains peintres historicistes ou paysagistes du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle autrichien, aux côtés de figures plus attendues de la modernité viennoise. Ils montrent aussi que cette redécouverte de l’art autrichien demeure partielle et sélective : la notoriété internationale de quelques artistes ne suffit pas encore à garantir le succès de l’ensemble de la vente.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le domaine des arts décoratifs et du mobilier, les adjudications apparaissent, là encore, assez inégales et concentrées sur certains lots particulièrement recherchés. Plusieurs créations de Josef Hoffmann enregistrent des adjudications solides, comprises entre 42 000 et 63 000 francs, tandis qu’une armoire à linge en bois laqué de Koloman Moser atteint 50 500 francs. Le mobilier Biedermeier figure également parmi les ensembles les plus appréciés, avec plusieurs adjudications élevées : 150 000 francs, par exemple, pour un meuble baroque à deux corps du XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Les verreries Loetz, les objets de Gustav Gurschner ainsi que les pièces attribuées à Otto Wagner et Josef Maria Olbrich obtiennent également des résultats satisfaisants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans l’ensemble, la vente semble avoir rencontré un succès réel malgré une dispersion importante des adjudications, signe d’un marché encore en construction pour l’art autrichien à Paris. Plus qu’un simple succès ponctuel, cette vacation apparaît comme un moment de structuration du marché français de l’art autrichien, à une période où celui-ci demeure encore relativement peu représenté dans les grandes ventes parisiennes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Références et liens externes==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Bibliographie==&lt;br /&gt;
*Anonyme : Du Biedermeier à Josef Hoffmann. In : La Gazette de l’Hôtel Drouot n° 11, 17 mars 1989, p. 13-15.&lt;br /&gt;
*Clair, Jean (dir.) : Vienne 1880–1938. L’apocalypse joyeuse. Paris : Centre Georges Pompidou 1986. &lt;br /&gt;
*L’Art autrichien à Paris. Catalogue de vente. Vente aux enchères publiques à Paris, 15 avenue Montaigne (8e). Lundi 6 mars 1989 à 15 heures. Mardi 7 mars 1989 à 15 heures. Ader Picard Tajan/Dorotheum, Paris 1989.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Auteure==&lt;br /&gt;
Irène Cagneau&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mise en ligne : 02/06/2026&lt;br /&gt;
{{otherWiki|Auktion_„L’Art_autrichien_à_Paris“_(6.–7._März_1989)}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Hannah</name></author>
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		<id>https://decaf-fr.literaturtirol.at/index.php?title=Vente_aux_ench%C3%A8res_publiques_%C2%AB_L%E2%80%99Art_autrichien_%C3%A0_Paris_%C2%BB_(6%E2%80%937_mars_1989)&amp;diff=1367</id>
		<title>Vente aux enchères publiques « L’Art autrichien à Paris » (6–7 mars 1989)</title>
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		<updated>2026-06-02T15:10:15Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Hannah : /* Résultats des ventes */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Organisée les 6 et 7 mars 1989 à Paris par la maison de ventes Ader Picard Tajan&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.ader-paris.fr/notre-histoire&amp;lt;/ref&amp;gt;, en collaboration avec le Dorotheum&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.dorotheum.com/de/&amp;lt;/ref&amp;gt; de Vienne, la vente aux enchères publiques intitulée « L’Art autrichien à Paris » constitue un témoignage exemplaire de l’intérêt pour l’art autrichien en France dans les années 1980. Présentée par l’ambassadeur Wolfgang Schallenberg&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.nationalfonds.org/announcement/in-memoriam-retired-ambassador-wolfgang-schallenberg&amp;lt;/ref&amp;gt; comme la première vente parisienne consacrée exclusivement à un ensemble d’objets de provenance autrichienne&amp;lt;ref&amp;gt;L’Art autrichien 1989, 5&amp;lt;/ref&amp;gt;, elle associe arts décoratifs, mobilier, verrerie, céramiques, peinture, couvrant un large spectre chronologique allant du Biedermeier à la création contemporaine. La vente se déroule en outre à Drouot-Montaigne, espace parisien alors réservé aux vacations de prestige, ce qui témoigne des ambitions commerciales et symboliques attachées à cet événement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Contexte historique et culturel==&lt;br /&gt;
Cette vente a lieu dans le prolongement de [[Exposition « Vienne, 1880–1938. L’apocalypse joyeuse »|l’exposition Vienne 1880-1938]], organisée au Centre Pompidou en 1986 et évoquée dans la préface du catalogue comme point de référence majeur. Le commissaire-priseur Jacques Tajan&amp;lt;ref&amp;gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Tajan_(maison_de_vente)&amp;lt;/ref&amp;gt; souligne l’extraordinaire succès de cette exposition, rappelant les longues files d’attente devant le Centre Pompidou et exprimant l’espoir que la vente connaisse un « succès analogue »&amp;lt;ref&amp;gt;L’Art autrichien 1989, 6&amp;lt;/ref&amp;gt;. Tajan présente Vienne comme un foyer de la modernité artistique et intellectuelle : [[Arnold Schönberg]], [[Sigmund Freud]], [[Gustav Mahler]] ou encore [[Oskar Kokoschka]] y apparaissent comme les figures emblématiques d’une culture urbaine fondée sur l’innovation et les tensions créatrices. Le texte insiste également sur le rôle central de la [[Sécession viennoise]], des [[Wiener Werkstätte]] et des arts décoratifs autour de [[Gustav Klimt]], Koloman Moser&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Kolo_Moser&amp;lt;/ref&amp;gt;, [[Josef Hoffmann]] et Otto Wagner&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.citedelarchitecture.fr/fr/exposition/otto-wagner-maitre-de-lart-nouveau-viennois&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette lecture correspond à une approche désormais largement consacrée de la modernité viennoise, qui s’impose progressivement dans l’historiographie internationale au cours des années 1980 sous l’effet conjoint de l’histoire culturelle, des grandes expositions (Hambourg, Venise, Vienne, Paris, New York, Bruxelles) et de la revalorisation du marché des arts décoratifs et du Jugendstil. Dans son introduction, Wolfgang Schallenberg insiste pour sa part également sur l’art autrichien contemporain, qu’il estime encore peu connu du public français malgré l’intérêt croissant porté à la culture autrichienne&amp;lt;ref&amp;gt;L’Art autrichien 1989, 5&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Vente du 6 mars 1989 : arts décoratifs, mobilier et verrerie==&lt;br /&gt;
La première journée de vente est consacrée aux céramiques, à l’art du verre et au mobilier autrichiens. Au total, 146 objets sont présentés. Cette valorisation des arts appliqués s’inscrit alors dans une tendance particulièrement visible sur le marché européen, notamment en France et en Belgique, où l’Art nouveau et les arts décoratifs connaissent un important regain d’intérêt, alimenté par les expositions, les publications spécialisées et l’essor du marché du design et des arts décoratifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le catalogue accorde une attention centrale aux figures de la Sécession et de la Wiener Werkstätte. Josef Hoffmann  apparaît comme l’un des artistes les plus représentés de la vente, avec vingt-huit lots consacrés au mobilier – chaises, fauteuils, ensembles de salon – ainsi qu’aux objets décoratifs, parmi lesquels figurent des vases, des coupes, un coffret de toilette et une corbeille à fleurs. Koloman Moser  bénéficie également d’une présence importante (dix lots), notamment dans les sections consacrées à la verrerie et au mobilier moderne. La présence de sept lots de la [[Verrerie Loetz|verrerie Loetz]] ainsi que de vases originaires de Bohème témoigne en outre de l’intérêt croissant du marché pour les arts décoratifs austro-hongrois autour de 1900.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le catalogue met aussi en valeur d’autres sculpteurs et céramistes liés au Jugendstil et aux Wiener Werkstätte, comme Michael Powolny&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.musee-orsay.fr/fr/ressources/repertoire-artistes-personnalites/michael-powolny-20276&amp;lt;/ref&amp;gt;, Gustav Gurschner&amp;lt;ref&amp;gt;https://archive.org/details/jstor-25581532/page/n1/mode/2up&amp;lt;/ref&amp;gt;, Anton Klieber&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.mutualart.com/Artist/Anton-Klieber/BDC1470EC7B4F1AB&amp;lt;/ref&amp;gt; ou Hugo Franz Kirsch&amp;lt;ref&amp;gt;https://sammlung.mak.at/en/artist/kirsch-hugo-franz_46077&amp;lt;/ref&amp;gt;. Gustav Gurschner, membre de la Sécession puis du [[Hagenbund]], occupe une place significative avec huit objets présentés à la vente, notamment des vases en bronze patiné caractéristiques du Jugendstil. Le catalogue  fait apparaître également plusieurs créatrices. Marie Kirschner&amp;lt;ref&amp;gt;https://loetz.com/designers/marie-kirschner&amp;lt;/ref&amp;gt;, associée à la verrerie Loetz, est représentée par quatre vases en verre teinté, estimés entre 6 000 et 12 000 francs. La vente comprend aussi un mobilier de chambre d’enfant conçu par Fanny Harlfinger-Zakucka&amp;lt;ref&amp;gt;https://sammlung.belvedere.at/people/731/&amp;lt;/ref&amp;gt;, artiste, décoratrice et pédagogue engagée dans les mouvements de réforme artistique . Estimé à 400 000 francs, cet ensemble en bois de placage teinté jaune et satiné, qui fut exposé à la &#039;&#039;Kunstschau&#039;&#039; de Vienne en 1908, figure parmi les pièces phares de la vente. Une petite coupe en céramique de Vally Wieselthier&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Vally_Wieselthier&amp;lt;/ref&amp;gt; apparaît également dans le catalogue. Cette artiste  a connu une reconnaissance internationale importante lors de [[Exposition internationale des arts décoratifs et industriels moderne à Paris (1925)|l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes]] de Paris en 1925, où ses céramiques expressionnistes ont particulièrement retenu l’attention. La présence de ces femmes, auxquelles s’ajoute la céramiste Therese Trethan&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.musee-orsay.fr/fr/oeuvres/terrine-3541&amp;lt;/ref&amp;gt;, témoigne de l’intégration progressive des créatrices viennoises dans l’historiographie et le marché des arts décoratifs du XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle.&lt;br /&gt;
&amp;lt;gallery mode=&amp;quot;packed&amp;quot; heights=&amp;quot;250px&amp;quot;&amp;gt;&lt;br /&gt;
File:Josef-Hoffmann.jpg|thumb|Josef Hoffmann, 1902&lt;br /&gt;
File:Koloman Moser.jpg|thumb|Koloman Moser, 1905&lt;br /&gt;
File:Gustav Gurschner.png|thumb|Gustav Gurschner, peint par Julius Köhler, 1900&lt;br /&gt;
File:Marie Kirschner Selbstportrait 1880.jpg|thumb|Marie Kirschner, autoportrait, 1880&lt;br /&gt;
File:Fanny und Richrd HarlfingerÖNB Digit.jpg|thumb|Fanny et Richard Harlfinger, 1905&lt;br /&gt;
File:Vally Wieselthier im Contempora Studio, New York City.jpg|thumb|Vally Wieselthier au Contempora Studio à New York, 1928/1929&lt;br /&gt;
&amp;lt;/gallery&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Vente du 7 mars 1989 : aquarelles, dessins, tableaux modernes et contemporains, mobilier==&lt;br /&gt;
La vente du 7 mars 1989, consacrée aux aquarelles, dessins, tableaux modernes et contemporains ainsi qu’au mobilier des XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; et XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècles – notamment Biedermeier –, propose un panorama particulièrement large de la création autrichienne (lots 150 à 285). Le catalogue accorde d’abord une place importante à la peinture historiciste et académique du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Le &#039;&#039;Portrait de Theodora von Goezsy&#039;&#039; de Hans Makart&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Hans_Makart&amp;lt;/ref&amp;gt;, exposé aujourd’hui au Leopold Museum&amp;lt;ref&amp;gt;https://onlinecollection.leopoldmuseum.org/objekt/6695-frau-in-schwarzer-robe-portrat-theodora-von-gozsy/#provenienz&amp;lt;/ref&amp;gt;, apparaît ainsi aux côtés d’œuvres de Johann Fischbach&amp;lt;ref&amp;gt;https://de.wikisource.org/wiki/BLK%C3%96:Fischbach,_Johann&amp;lt;/ref&amp;gt;, Friedrich Gauermann&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.dorotheum.com/en/b/friedrich-gauermann-staging-nature/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Josef Kriehuber&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.dorotheum.com/en/k/josef-nikolaus-kriehuber/&amp;lt;/ref&amp;gt; ou Rudolf von Alt&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.zikg.eu/forschung/projekte/projekte-zi/rudolf-von-alt-zeichnungen-und-aquarelle&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette présence est particulièrement significative dans un contexte historiographique où la redécouverte de « Vienne 1900 » tend parfois à marginaliser les générations précédentes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autour de cet héritage académique, le catalogue présente également de nombreuses œuvres relevant de la peinture de paysage et du &#039;&#039;Stimmungsrealismus&#039;&#039; de la fin du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Plusieurs artistes y occupent une place notable : Tina Blau&amp;lt;ref&amp;gt;https://jwa.org/encyclopedia/article/blau-tina&amp;lt;/ref&amp;gt;, Olga Wisinger-Florian&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Olga_Wisinger-Florian&amp;lt;/ref&amp;gt;, [[Eugen Jettel]], [[Rudolf Ribarz]], Robert Russ&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.gieseundschweiger.at/en/artists/132-robert-russ/biography/&amp;lt;/ref&amp;gt; ou encore [[Wilhelm Bernatzik]]. Leur présence apparaît d’autant plus intéressante qu’ils demeurent alors relativement peu visibles en France malgré leur rôle essentiel dans le renouvellement de la peinture autrichienne autour de 1900. Le catalogue comprend notamment deux tableaux de Rudolf Ribarz, dont le plus coté, &#039;&#039;Iris&#039;&#039;, est estimé entre 250 000 et 280 000 francs. Tina Blau et Olga Wisinger-Florian comptent quant à elles parmi les principales peintres autrichiennes de la fin du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle et participent pleinement à l’émergence d’une peinture de paysage moderne à Vienne. La &#039;&#039;Sablière avec vue sur Poetzleinsdorf&#039;&#039; de Tina Blau  est ainsi estimée entre 80 000 et 100 000 francs tandis que la &#039;&#039;Vue d’Hinterbruehl&#039;&#039; d’Olga Wisinger-Florian, reproduite en pleine page dans le catalogue, atteint une estimation comprise entre 150 000 et 200 000 francs.&lt;br /&gt;
&amp;lt;gallery mode=&amp;quot;packed&amp;quot; heights=&amp;quot;300px&amp;quot;&amp;gt;&lt;br /&gt;
File:Hans Makart 1884.png|thumb|Hans Makart, 1884&lt;br /&gt;
File:Rudolf Ribarz2.jpg|thumb|Rudolf Ribarz, circa 1895&lt;br /&gt;
File:Tina Blau-Photo.jpg|thumb|Tina Blau, 1869&lt;br /&gt;
File:OlgaWisinger-Florian.jpg|thumb|Olga Wisinger-Florian, circa 1897 &lt;br /&gt;
&amp;lt;/gallery&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les artistes associés à la modernité viennoise occupent une place particulièrement visible dans le catalogue, sans pour autant en constituer l’unique centre d’intérêt. Gustav Klimt est ainsi bien représenté avec quatre dessins de femmes à la craie et au crayon. [[Egon Schiele]] apparaît quant à lui avec une &#039;&#039;Étude de femme en bas&#039;&#039; datée de 1918, estimée entre 180 000 et 200 000 francs. Deux dessins d’Oskar Kokoschka ont également été mis à l’honneur la veille, dans les premiers lots de la vente du 6 mars : ils consistent en deux études pour une coupe de Murano réalisées à l’encre de Chine et au crayon de couleur en 1953. Autour de ces figures désormais emblématiques, le catalogue rassemble plusieurs peintres liés à la Sécession, parmi lesquels Ernst Stöhr&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.klimt-database.com/en/network-vienna-1900/colleagues/ernst-stoehr/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Wilhelm List&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.biographien.ac.at/oebl/oebl_L/List_Wilhelm_1864_1918.xml&amp;lt;/ref&amp;gt; ou Franz von Matsch&amp;lt;ref&amp;gt;https://sammlung.belvedere.at/people/1377/&amp;lt;/ref&amp;gt;. La reproduction en pleine page de &#039;&#039;Prométhée&#039;&#039; de Franz von Matsch, estimé entre 25 000 et 30 000 francs, rappelle ainsi que la Sécession conserve des liens importants avec une tradition historiciste et symboliste issue de la peinture monumentale de la fin du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle . La présence de la &#039;&#039;Jeune fille à la poupée&#039;&#039; de Wilhelm List, dont l’estimation atteint 150 000 à 180 000 francs , témoigne quant à elle de l’intérêt du catalogue pour des œuvres plus intimistes, où les thèmes de l’enfance et du jeu participent pleinement à l’atmosphère culturelle de la Vienne 1900.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la section des peintures, la vente accorde enfin une place significative à plusieurs artistes contemporains, parmi lesquels Siegfried Anzinger&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.dorotheum.com/en/k/siegfried-anzinger/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Christian Ludwig Attersee&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.dorotheum.com/en/k/christian-ludwig-attersee/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Erwin Bohatsch&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.dorotheum.com/en/k/erwin-bohatsch/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Alois Mosbacher&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.aloismosbacher.at/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Zoran Music&amp;lt;ref&amp;gt;https://galerieamargaron.com/artistes/zoran-music/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Hermann Nitsch&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.nitsch.org/&amp;lt;/ref&amp;gt;, [[Oswald Oberhuber]]], [[Arnulf Rainer]], Hubert Schmalix&amp;lt;ref&amp;gt;https://hubertschmalix.com/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Rudolf Schwarzkogler&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.moma.org/artists/7910-rudolf-schwarzkogler&amp;lt;/ref&amp;gt; ou encore Robert Zeppel-Sperl&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.dubishiffartcollection.com/artist/zeppel-sperl-robert/&amp;lt;/ref&amp;gt;. La répartition des lots révèle un aperçu relativement actuel de la création autrichienne. La forte présence de Hubert Schmalix (cinq lots), Hermann Nitsch (quatre lots ), ainsi qu’Alois Mosbacher, Oswald Oberhuber et Arnulf Rainer (trois lots chacun ) illustre cette tendance. Tous sont alors pleinement actifs dans les années 1980 et comptent parmi les figures marquantes de la scène artistique autrichienne. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La vente du 7 mars s’achève par un important ensemble de mobilier Biedermeier. Tables, secrétaires, commodes, vitrines, sièges et meubles d’apparat illustrent les formes caractéristiques du goût viennois de la première moitié du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, marqué par la sobriété des lignes, la clarté des volumes et le travail raffiné des placages de bois clairs. Plusieurs lots témoignent également de l’intérêt porté aux intérieurs bourgeois et à l’art de vivre viennois.&lt;br /&gt;
&amp;lt;gallery mode=&amp;quot;packed&amp;quot; heights=&amp;quot;300px&amp;quot;&amp;gt;&lt;br /&gt;
File:Franz Matsch Selfportrait 1904 Belvedre Vienna.png|thumb|Franz von Matsch, autoportrait, 1904&lt;br /&gt;
File:960px-Selbstportrait Wilhelm-List 28x22cm.png|thumb|Wilhelm List, autoportrait, 1889&lt;br /&gt;
File:Hermann Nitsch Viennale 2012.jpg|thumb|Hermann Nitsch invité à la Viennale 2012 &lt;br /&gt;
File:1280px-Arnulf Rainer, Sternsucher, 1994, ein Film von Herbert Brödl.jpg|thumb|Arnulf Rainer dans le film &#039;&#039;Sternsucher&#039;&#039; d’Herbert Brödl, 1994 &lt;br /&gt;
&amp;lt;/gallery&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Résultats des ventes==&lt;br /&gt;
Les comptes rendus publiés dans la &#039;&#039;Gazette de l’Hôtel Drouot&#039;&#039; le 17 mars 1989 confirment le bon accueil réservé à cette vente aux enchères parisienne. Le journal insiste sur la diversité de l’art autrichien ainsi que sur la qualité des pièces proposées. Les adjudications révèlent toutefois une situation plus contrastée qu’il n’y paraît au premier abord : si plusieurs lots atteignent des montants importants, une part significative des œuvres présentées ne trouve pas preneur. Sur les 285 lots du catalogue, seuls 135 sont effectivement adjugés, ce qui témoigne du caractère relativement spécialisé de cette vacation et d’un intérêt inégal selon les artistes et les catégories d’objets proposés. Les résultats montrent une forte polarisation entre quelques pièces très recherchées et une grande quantité de lots vendus à des prix modestes, voire restés invendus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Johann Fischbach.jpg|thumb|Johann Fischbach, gravure de Franz Xaver Stöber, 1834]]Les adjudications les plus élevées concernent une œuvre de Robert Russ, la &#039;&#039;Vue du château d’Arco, près de Riga sur le lac de Garde&#039;&#039;, qui atteint 400 000 francs, ainsi que des œuvres de Johann Fischbach  avec &#039;&#039;Scène de chasse dans le Pinzgau&#039;&#039; (260 000 F), d’Egon Schiele pour &#039;&#039;Étude de femme en bas&#039;&#039; (255 000 F) et de Hans Makart avec le &#039;&#039;Portrait de Theodora von Goezsy&#039;&#039; (250 000 F). Parmi les œuvres modernes, l’une des études d’Oskar Kokoschka pour une coupe de Murano dépasse son estimation pour être adjugée 97 000 francs. Les artistes liés à la modernité viennoise et à la Sécession enregistrent également des résultats notables : deux dessins de Gustav Klimt – &#039;&#039;Femme debout vue de face&#039;&#039; et &#039;&#039;Portrait de Magda Mautner-Markhof&#039;&#039; – atteignent respectivement 85 000 et 78 000 francs, tandis que &#039;&#039;Pluie d’orage sur l’Attersee&#039;&#039; de Rudolf Junk est adjugé 67 000 francs. Parmi les artistes contemporains, deux œuvres d’Hermann Nitsch, &#039;&#039;Composition&#039;&#039; et &#039;&#039;La Cène&#039;&#039;, sont vendues respectivement 45 000 et 50 000 francs. Fossiles d’Arnulf Rainer est pour sa part adjugé 38 000 francs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces résultats suggèrent que, dans le contexte parisien de 1989, le marché valorise encore fortement certains peintres historicistes ou paysagistes du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle autrichien, aux côtés de figures plus attendues de la modernité viennoise. Ils montrent aussi que cette redécouverte de l’art autrichien demeure partielle et sélective : la notoriété internationale de quelques artistes ne suffit pas encore à garantir le succès de l’ensemble de la vente.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le domaine des arts décoratifs et du mobilier, les adjudications apparaissent, là encore, assez inégales et concentrées sur certains lots particulièrement recherchés. Plusieurs créations de Josef Hoffmann enregistrent des adjudications solides, comprises entre 42 000 et 63 000 francs, tandis qu’une armoire à linge en bois laqué de Koloman Moser atteint 50 500 francs. Le mobilier Biedermeier figure également parmi les ensembles les plus appréciés, avec plusieurs adjudications élevées : 150 000 francs, par exemple, pour un meuble baroque à deux corps du XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Les verreries Loetz, les objets de Gustav Gurschner ainsi que les pièces attribuées à Otto Wagner et Josef Maria Olbrich obtiennent également des résultats satisfaisants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans l’ensemble, la vente semble avoir rencontré un succès réel malgré une dispersion importante des adjudications, signe d’un marché encore en construction pour l’art autrichien à Paris. Plus qu’un simple succès ponctuel, cette vacation apparaît comme un moment de structuration du marché français de l’art autrichien, à une période où celui-ci demeure encore relativement peu représenté dans les grandes ventes parisiennes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Références et liens externes==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Bibliographie==&lt;br /&gt;
*Anonyme : Du Biedermeier à Josef Hoffmann. In : La Gazette de l’Hôtel Drouot n° 11, 17 mars 1989, p. 13-15.&lt;br /&gt;
*Clair, Jean (dir.) : Vienne 1880–1938. L’apocalypse joyeuse. Paris : Centre Georges Pompidou 1986. &lt;br /&gt;
*L’Art autrichien à Paris. Catalogue de vente. Vente aux enchères publiques à Paris, 15 avenue Montaigne (8e). Lundi 6 mars 1989 à 15 heures. Mardi 7 mars 1989 à 15 heures. Ader Picard Tajan/Dorotheum, Paris 1989.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Auteure==&lt;br /&gt;
Irène Cagneau&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mise en ligne : 02/06/2026&lt;br /&gt;
{{otherWiki|Auktion_„L’Art_autrichien_à_Paris“_(6.–7._März_1989)}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Hannah</name></author>
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		<id>https://decaf-fr.literaturtirol.at/index.php?title=Vente_aux_ench%C3%A8res_publiques_%C2%AB_L%E2%80%99Art_autrichien_%C3%A0_Paris_%C2%BB_(6%E2%80%937_mars_1989)&amp;diff=1366</id>
		<title>Vente aux enchères publiques « L’Art autrichien à Paris » (6–7 mars 1989)</title>
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		<updated>2026-06-02T15:09:00Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Hannah : /* Vente du 7 mars 1989 : aquarelles, dessins, tableaux modernes et contemporains, mobilier */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Organisée les 6 et 7 mars 1989 à Paris par la maison de ventes Ader Picard Tajan&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.ader-paris.fr/notre-histoire&amp;lt;/ref&amp;gt;, en collaboration avec le Dorotheum&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.dorotheum.com/de/&amp;lt;/ref&amp;gt; de Vienne, la vente aux enchères publiques intitulée « L’Art autrichien à Paris » constitue un témoignage exemplaire de l’intérêt pour l’art autrichien en France dans les années 1980. Présentée par l’ambassadeur Wolfgang Schallenberg&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.nationalfonds.org/announcement/in-memoriam-retired-ambassador-wolfgang-schallenberg&amp;lt;/ref&amp;gt; comme la première vente parisienne consacrée exclusivement à un ensemble d’objets de provenance autrichienne&amp;lt;ref&amp;gt;L’Art autrichien 1989, 5&amp;lt;/ref&amp;gt;, elle associe arts décoratifs, mobilier, verrerie, céramiques, peinture, couvrant un large spectre chronologique allant du Biedermeier à la création contemporaine. La vente se déroule en outre à Drouot-Montaigne, espace parisien alors réservé aux vacations de prestige, ce qui témoigne des ambitions commerciales et symboliques attachées à cet événement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Contexte historique et culturel==&lt;br /&gt;
Cette vente a lieu dans le prolongement de [[Exposition « Vienne, 1880–1938. L’apocalypse joyeuse »|l’exposition Vienne 1880-1938]], organisée au Centre Pompidou en 1986 et évoquée dans la préface du catalogue comme point de référence majeur. Le commissaire-priseur Jacques Tajan&amp;lt;ref&amp;gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Tajan_(maison_de_vente)&amp;lt;/ref&amp;gt; souligne l’extraordinaire succès de cette exposition, rappelant les longues files d’attente devant le Centre Pompidou et exprimant l’espoir que la vente connaisse un « succès analogue »&amp;lt;ref&amp;gt;L’Art autrichien 1989, 6&amp;lt;/ref&amp;gt;. Tajan présente Vienne comme un foyer de la modernité artistique et intellectuelle : [[Arnold Schönberg]], [[Sigmund Freud]], [[Gustav Mahler]] ou encore [[Oskar Kokoschka]] y apparaissent comme les figures emblématiques d’une culture urbaine fondée sur l’innovation et les tensions créatrices. Le texte insiste également sur le rôle central de la [[Sécession viennoise]], des [[Wiener Werkstätte]] et des arts décoratifs autour de [[Gustav Klimt]], Koloman Moser&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Kolo_Moser&amp;lt;/ref&amp;gt;, [[Josef Hoffmann]] et Otto Wagner&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.citedelarchitecture.fr/fr/exposition/otto-wagner-maitre-de-lart-nouveau-viennois&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette lecture correspond à une approche désormais largement consacrée de la modernité viennoise, qui s’impose progressivement dans l’historiographie internationale au cours des années 1980 sous l’effet conjoint de l’histoire culturelle, des grandes expositions (Hambourg, Venise, Vienne, Paris, New York, Bruxelles) et de la revalorisation du marché des arts décoratifs et du Jugendstil. Dans son introduction, Wolfgang Schallenberg insiste pour sa part également sur l’art autrichien contemporain, qu’il estime encore peu connu du public français malgré l’intérêt croissant porté à la culture autrichienne&amp;lt;ref&amp;gt;L’Art autrichien 1989, 5&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Vente du 6 mars 1989 : arts décoratifs, mobilier et verrerie==&lt;br /&gt;
La première journée de vente est consacrée aux céramiques, à l’art du verre et au mobilier autrichiens. Au total, 146 objets sont présentés. Cette valorisation des arts appliqués s’inscrit alors dans une tendance particulièrement visible sur le marché européen, notamment en France et en Belgique, où l’Art nouveau et les arts décoratifs connaissent un important regain d’intérêt, alimenté par les expositions, les publications spécialisées et l’essor du marché du design et des arts décoratifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le catalogue accorde une attention centrale aux figures de la Sécession et de la Wiener Werkstätte. Josef Hoffmann  apparaît comme l’un des artistes les plus représentés de la vente, avec vingt-huit lots consacrés au mobilier – chaises, fauteuils, ensembles de salon – ainsi qu’aux objets décoratifs, parmi lesquels figurent des vases, des coupes, un coffret de toilette et une corbeille à fleurs. Koloman Moser  bénéficie également d’une présence importante (dix lots), notamment dans les sections consacrées à la verrerie et au mobilier moderne. La présence de sept lots de la [[Verrerie Loetz|verrerie Loetz]] ainsi que de vases originaires de Bohème témoigne en outre de l’intérêt croissant du marché pour les arts décoratifs austro-hongrois autour de 1900.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le catalogue met aussi en valeur d’autres sculpteurs et céramistes liés au Jugendstil et aux Wiener Werkstätte, comme Michael Powolny&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.musee-orsay.fr/fr/ressources/repertoire-artistes-personnalites/michael-powolny-20276&amp;lt;/ref&amp;gt;, Gustav Gurschner&amp;lt;ref&amp;gt;https://archive.org/details/jstor-25581532/page/n1/mode/2up&amp;lt;/ref&amp;gt;, Anton Klieber&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.mutualart.com/Artist/Anton-Klieber/BDC1470EC7B4F1AB&amp;lt;/ref&amp;gt; ou Hugo Franz Kirsch&amp;lt;ref&amp;gt;https://sammlung.mak.at/en/artist/kirsch-hugo-franz_46077&amp;lt;/ref&amp;gt;. Gustav Gurschner, membre de la Sécession puis du [[Hagenbund]], occupe une place significative avec huit objets présentés à la vente, notamment des vases en bronze patiné caractéristiques du Jugendstil. Le catalogue  fait apparaître également plusieurs créatrices. Marie Kirschner&amp;lt;ref&amp;gt;https://loetz.com/designers/marie-kirschner&amp;lt;/ref&amp;gt;, associée à la verrerie Loetz, est représentée par quatre vases en verre teinté, estimés entre 6 000 et 12 000 francs. La vente comprend aussi un mobilier de chambre d’enfant conçu par Fanny Harlfinger-Zakucka&amp;lt;ref&amp;gt;https://sammlung.belvedere.at/people/731/&amp;lt;/ref&amp;gt;, artiste, décoratrice et pédagogue engagée dans les mouvements de réforme artistique . Estimé à 400 000 francs, cet ensemble en bois de placage teinté jaune et satiné, qui fut exposé à la &#039;&#039;Kunstschau&#039;&#039; de Vienne en 1908, figure parmi les pièces phares de la vente. Une petite coupe en céramique de Vally Wieselthier&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Vally_Wieselthier&amp;lt;/ref&amp;gt; apparaît également dans le catalogue. Cette artiste  a connu une reconnaissance internationale importante lors de [[Exposition internationale des arts décoratifs et industriels moderne à Paris (1925)|l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes]] de Paris en 1925, où ses céramiques expressionnistes ont particulièrement retenu l’attention. La présence de ces femmes, auxquelles s’ajoute la céramiste Therese Trethan&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.musee-orsay.fr/fr/oeuvres/terrine-3541&amp;lt;/ref&amp;gt;, témoigne de l’intégration progressive des créatrices viennoises dans l’historiographie et le marché des arts décoratifs du XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle.&lt;br /&gt;
&amp;lt;gallery mode=&amp;quot;packed&amp;quot; heights=&amp;quot;250px&amp;quot;&amp;gt;&lt;br /&gt;
File:Josef-Hoffmann.jpg|thumb|Josef Hoffmann, 1902&lt;br /&gt;
File:Koloman Moser.jpg|thumb|Koloman Moser, 1905&lt;br /&gt;
File:Gustav Gurschner.png|thumb|Gustav Gurschner, peint par Julius Köhler, 1900&lt;br /&gt;
File:Marie Kirschner Selbstportrait 1880.jpg|thumb|Marie Kirschner, autoportrait, 1880&lt;br /&gt;
File:Fanny und Richrd HarlfingerÖNB Digit.jpg|thumb|Fanny et Richard Harlfinger, 1905&lt;br /&gt;
File:Vally Wieselthier im Contempora Studio, New York City.jpg|thumb|Vally Wieselthier au Contempora Studio à New York, 1928/1929&lt;br /&gt;
&amp;lt;/gallery&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Vente du 7 mars 1989 : aquarelles, dessins, tableaux modernes et contemporains, mobilier==&lt;br /&gt;
La vente du 7 mars 1989, consacrée aux aquarelles, dessins, tableaux modernes et contemporains ainsi qu’au mobilier des XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; et XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècles – notamment Biedermeier –, propose un panorama particulièrement large de la création autrichienne (lots 150 à 285). Le catalogue accorde d’abord une place importante à la peinture historiciste et académique du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Le &#039;&#039;Portrait de Theodora von Goezsy&#039;&#039; de Hans Makart&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Hans_Makart&amp;lt;/ref&amp;gt;, exposé aujourd’hui au Leopold Museum&amp;lt;ref&amp;gt;https://onlinecollection.leopoldmuseum.org/objekt/6695-frau-in-schwarzer-robe-portrat-theodora-von-gozsy/#provenienz&amp;lt;/ref&amp;gt;, apparaît ainsi aux côtés d’œuvres de Johann Fischbach&amp;lt;ref&amp;gt;https://de.wikisource.org/wiki/BLK%C3%96:Fischbach,_Johann&amp;lt;/ref&amp;gt;, Friedrich Gauermann&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.dorotheum.com/en/b/friedrich-gauermann-staging-nature/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Josef Kriehuber&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.dorotheum.com/en/k/josef-nikolaus-kriehuber/&amp;lt;/ref&amp;gt; ou Rudolf von Alt&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.zikg.eu/forschung/projekte/projekte-zi/rudolf-von-alt-zeichnungen-und-aquarelle&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette présence est particulièrement significative dans un contexte historiographique où la redécouverte de « Vienne 1900 » tend parfois à marginaliser les générations précédentes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autour de cet héritage académique, le catalogue présente également de nombreuses œuvres relevant de la peinture de paysage et du &#039;&#039;Stimmungsrealismus&#039;&#039; de la fin du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Plusieurs artistes y occupent une place notable : Tina Blau&amp;lt;ref&amp;gt;https://jwa.org/encyclopedia/article/blau-tina&amp;lt;/ref&amp;gt;, Olga Wisinger-Florian&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Olga_Wisinger-Florian&amp;lt;/ref&amp;gt;, [[Eugen Jettel]], [[Rudolf Ribarz]], Robert Russ&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.gieseundschweiger.at/en/artists/132-robert-russ/biography/&amp;lt;/ref&amp;gt; ou encore [[Wilhelm Bernatzik]]. Leur présence apparaît d’autant plus intéressante qu’ils demeurent alors relativement peu visibles en France malgré leur rôle essentiel dans le renouvellement de la peinture autrichienne autour de 1900. Le catalogue comprend notamment deux tableaux de Rudolf Ribarz, dont le plus coté, &#039;&#039;Iris&#039;&#039;, est estimé entre 250 000 et 280 000 francs. Tina Blau et Olga Wisinger-Florian comptent quant à elles parmi les principales peintres autrichiennes de la fin du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle et participent pleinement à l’émergence d’une peinture de paysage moderne à Vienne. La &#039;&#039;Sablière avec vue sur Poetzleinsdorf&#039;&#039; de Tina Blau  est ainsi estimée entre 80 000 et 100 000 francs tandis que la &#039;&#039;Vue d’Hinterbruehl&#039;&#039; d’Olga Wisinger-Florian, reproduite en pleine page dans le catalogue, atteint une estimation comprise entre 150 000 et 200 000 francs.&lt;br /&gt;
&amp;lt;gallery mode=&amp;quot;packed&amp;quot; heights=&amp;quot;300px&amp;quot;&amp;gt;&lt;br /&gt;
File:Hans Makart 1884.png|thumb|Hans Makart, 1884&lt;br /&gt;
File:Rudolf Ribarz2.jpg|thumb|Rudolf Ribarz, circa 1895&lt;br /&gt;
File:Tina Blau-Photo.jpg|thumb|Tina Blau, 1869&lt;br /&gt;
File:OlgaWisinger-Florian.jpg|thumb|Olga Wisinger-Florian, circa 1897 &lt;br /&gt;
&amp;lt;/gallery&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les artistes associés à la modernité viennoise occupent une place particulièrement visible dans le catalogue, sans pour autant en constituer l’unique centre d’intérêt. Gustav Klimt est ainsi bien représenté avec quatre dessins de femmes à la craie et au crayon. [[Egon Schiele]] apparaît quant à lui avec une &#039;&#039;Étude de femme en bas&#039;&#039; datée de 1918, estimée entre 180 000 et 200 000 francs. Deux dessins d’Oskar Kokoschka ont également été mis à l’honneur la veille, dans les premiers lots de la vente du 6 mars : ils consistent en deux études pour une coupe de Murano réalisées à l’encre de Chine et au crayon de couleur en 1953. Autour de ces figures désormais emblématiques, le catalogue rassemble plusieurs peintres liés à la Sécession, parmi lesquels Ernst Stöhr&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.klimt-database.com/en/network-vienna-1900/colleagues/ernst-stoehr/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Wilhelm List&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.biographien.ac.at/oebl/oebl_L/List_Wilhelm_1864_1918.xml&amp;lt;/ref&amp;gt; ou Franz von Matsch&amp;lt;ref&amp;gt;https://sammlung.belvedere.at/people/1377/&amp;lt;/ref&amp;gt;. La reproduction en pleine page de &#039;&#039;Prométhée&#039;&#039; de Franz von Matsch, estimé entre 25 000 et 30 000 francs, rappelle ainsi que la Sécession conserve des liens importants avec une tradition historiciste et symboliste issue de la peinture monumentale de la fin du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle . La présence de la &#039;&#039;Jeune fille à la poupée&#039;&#039; de Wilhelm List, dont l’estimation atteint 150 000 à 180 000 francs , témoigne quant à elle de l’intérêt du catalogue pour des œuvres plus intimistes, où les thèmes de l’enfance et du jeu participent pleinement à l’atmosphère culturelle de la Vienne 1900.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la section des peintures, la vente accorde enfin une place significative à plusieurs artistes contemporains, parmi lesquels Siegfried Anzinger&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.dorotheum.com/en/k/siegfried-anzinger/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Christian Ludwig Attersee&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.dorotheum.com/en/k/christian-ludwig-attersee/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Erwin Bohatsch&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.dorotheum.com/en/k/erwin-bohatsch/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Alois Mosbacher&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.aloismosbacher.at/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Zoran Music&amp;lt;ref&amp;gt;https://galerieamargaron.com/artistes/zoran-music/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Hermann Nitsch&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.nitsch.org/&amp;lt;/ref&amp;gt;, [[Oswald Oberhuber]]], [[Arnulf Rainer]], Hubert Schmalix&amp;lt;ref&amp;gt;https://hubertschmalix.com/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Rudolf Schwarzkogler&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.moma.org/artists/7910-rudolf-schwarzkogler&amp;lt;/ref&amp;gt; ou encore Robert Zeppel-Sperl&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.dubishiffartcollection.com/artist/zeppel-sperl-robert/&amp;lt;/ref&amp;gt;. La répartition des lots révèle un aperçu relativement actuel de la création autrichienne. La forte présence de Hubert Schmalix (cinq lots), Hermann Nitsch (quatre lots ), ainsi qu’Alois Mosbacher, Oswald Oberhuber et Arnulf Rainer (trois lots chacun ) illustre cette tendance. Tous sont alors pleinement actifs dans les années 1980 et comptent parmi les figures marquantes de la scène artistique autrichienne. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La vente du 7 mars s’achève par un important ensemble de mobilier Biedermeier. Tables, secrétaires, commodes, vitrines, sièges et meubles d’apparat illustrent les formes caractéristiques du goût viennois de la première moitié du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, marqué par la sobriété des lignes, la clarté des volumes et le travail raffiné des placages de bois clairs. Plusieurs lots témoignent également de l’intérêt porté aux intérieurs bourgeois et à l’art de vivre viennois.&lt;br /&gt;
&amp;lt;gallery mode=&amp;quot;packed&amp;quot; heights=&amp;quot;300px&amp;quot;&amp;gt;&lt;br /&gt;
File:Franz Matsch Selfportrait 1904 Belvedre Vienna.png|thumb|Franz von Matsch, autoportrait, 1904&lt;br /&gt;
File:960px-Selbstportrait Wilhelm-List 28x22cm.png|thumb|Wilhelm List, autoportrait, 1889&lt;br /&gt;
File:Hermann Nitsch Viennale 2012.jpg|thumb|Hermann Nitsch invité à la Viennale 2012 &lt;br /&gt;
File:1280px-Arnulf Rainer, Sternsucher, 1994, ein Film von Herbert Brödl.jpg|thumb|Arnulf Rainer dans le film &#039;&#039;Sternsucher&#039;&#039; d’Herbert Brödl, 1994 &lt;br /&gt;
&amp;lt;/gallery&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Résultats des ventes==&lt;br /&gt;
Les comptes rendus publiés dans la &#039;&#039;Gazette de l’Hôtel Drouot&#039;&#039; le 17 mars 1989 confirment le bon accueil réservé à cette vente aux enchères parisienne. Le journal insiste sur la diversité de l’art autrichien ainsi que sur la qualité des pièces proposées. Les adjudications révèlent toutefois une situation plus contrastée qu’il n’y paraît au premier abord : si plusieurs lots atteignent des montants importants, une part significative des œuvres présentées ne trouve pas preneur. Sur les 285 lots du catalogue, seuls 135 sont effectivement adjugés, ce qui témoigne du caractère relativement spécialisé de cette vacation et d’un intérêt inégal selon les artistes et les catégories d’objets proposés. Les résultats montrent une forte polarisation entre quelques pièces très recherchées et une grande quantité de lots vendus à des prix modestes, voire restés invendus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les adjudications les plus élevées concernent une œuvre de Robert Russ, la &#039;&#039;Vue du château d’Arco, près de Riga sur le lac de Garde&#039;&#039;, qui atteint 400 000 francs, ainsi que des œuvres de Johann Fischbach  avec &#039;&#039;Scène de chasse dans le Pinzgau&#039;&#039; (260 000 F), d’Egon Schiele pour &#039;&#039;Étude de femme en bas&#039;&#039; (255 000 F) et de Hans Makart avec le &#039;&#039;Portrait de Theodora von Goezsy&#039;&#039; (250 000 F). Parmi les œuvres modernes, l’une des études d’Oskar Kokoschka pour une coupe de Murano dépasse son estimation pour être adjugée 97 000 francs. Les artistes liés à la modernité viennoise et à la Sécession enregistrent également des résultats notables : deux dessins de Gustav Klimt – &#039;&#039;Femme debout vue de face&#039;&#039; et &#039;&#039;Portrait de Magda Mautner-Markhof&#039;&#039; – atteignent respectivement 85 000 et 78 000 francs, tandis que &#039;&#039;Pluie d’orage sur l’Attersee&#039;&#039; de Rudolf Junk est adjugé 67 000 francs. Parmi les artistes contemporains, deux œuvres d’Hermann Nitsch, &#039;&#039;Composition&#039;&#039; et &#039;&#039;La Cène&#039;&#039;, sont vendues respectivement 45 000 et 50 000 francs. Fossiles d’Arnulf Rainer est pour sa part adjugé 38 000 francs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces résultats suggèrent que, dans le contexte parisien de 1989, le marché valorise encore fortement certains peintres historicistes ou paysagistes du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle autrichien, aux côtés de figures plus attendues de la modernité viennoise. Ils montrent aussi que cette redécouverte de l’art autrichien demeure partielle et sélective : la notoriété internationale de quelques artistes ne suffit pas encore à garantir le succès de l’ensemble de la vente.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le domaine des arts décoratifs et du mobilier, les adjudications apparaissent, là encore, assez inégales et concentrées sur certains lots particulièrement recherchés. Plusieurs créations de Josef Hoffmann enregistrent des adjudications solides, comprises entre 42 000 et 63 000 francs, tandis qu’une armoire à linge en bois laqué de Koloman Moser atteint 50 500 francs. Le mobilier Biedermeier figure également parmi les ensembles les plus appréciés, avec plusieurs adjudications élevées : 150 000 francs, par exemple, pour un meuble baroque à deux corps du XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Les verreries Loetz, les objets de Gustav Gurschner ainsi que les pièces attribuées à Otto Wagner et Josef Maria Olbrich obtiennent également des résultats satisfaisants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans l’ensemble, la vente semble avoir rencontré un succès réel malgré une dispersion importante des adjudications, signe d’un marché encore en construction pour l’art autrichien à Paris. Plus qu’un simple succès ponctuel, cette vacation apparaît comme un moment de structuration du marché français de l’art autrichien, à une période où celui-ci demeure encore relativement peu représenté dans les grandes ventes parisiennes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Références et liens externes==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Bibliographie==&lt;br /&gt;
*Anonyme : Du Biedermeier à Josef Hoffmann. In : La Gazette de l’Hôtel Drouot n° 11, 17 mars 1989, p. 13-15.&lt;br /&gt;
*Clair, Jean (dir.) : Vienne 1880–1938. L’apocalypse joyeuse. Paris : Centre Georges Pompidou 1986. &lt;br /&gt;
*L’Art autrichien à Paris. Catalogue de vente. Vente aux enchères publiques à Paris, 15 avenue Montaigne (8e). Lundi 6 mars 1989 à 15 heures. Mardi 7 mars 1989 à 15 heures. Ader Picard Tajan/Dorotheum, Paris 1989.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Auteure==&lt;br /&gt;
Irène Cagneau&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mise en ligne : 02/06/2026&lt;br /&gt;
{{otherWiki|Auktion_„L’Art_autrichien_à_Paris“_(6.–7._März_1989)}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Hannah</name></author>
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		<id>https://decaf-fr.literaturtirol.at/index.php?title=Vente_aux_ench%C3%A8res_publiques_%C2%AB_L%E2%80%99Art_autrichien_%C3%A0_Paris_%C2%BB_(6%E2%80%937_mars_1989)&amp;diff=1365</id>
		<title>Vente aux enchères publiques « L’Art autrichien à Paris » (6–7 mars 1989)</title>
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		<updated>2026-06-02T12:43:56Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Hannah : /* Vente du 6 mars 1989 : arts décoratifs, mobilier et verrerie */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Organisée les 6 et 7 mars 1989 à Paris par la maison de ventes Ader Picard Tajan&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.ader-paris.fr/notre-histoire&amp;lt;/ref&amp;gt;, en collaboration avec le Dorotheum&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.dorotheum.com/de/&amp;lt;/ref&amp;gt; de Vienne, la vente aux enchères publiques intitulée « L’Art autrichien à Paris » constitue un témoignage exemplaire de l’intérêt pour l’art autrichien en France dans les années 1980. Présentée par l’ambassadeur Wolfgang Schallenberg&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.nationalfonds.org/announcement/in-memoriam-retired-ambassador-wolfgang-schallenberg&amp;lt;/ref&amp;gt; comme la première vente parisienne consacrée exclusivement à un ensemble d’objets de provenance autrichienne&amp;lt;ref&amp;gt;L’Art autrichien 1989, 5&amp;lt;/ref&amp;gt;, elle associe arts décoratifs, mobilier, verrerie, céramiques, peinture, couvrant un large spectre chronologique allant du Biedermeier à la création contemporaine. La vente se déroule en outre à Drouot-Montaigne, espace parisien alors réservé aux vacations de prestige, ce qui témoigne des ambitions commerciales et symboliques attachées à cet événement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Contexte historique et culturel==&lt;br /&gt;
Cette vente a lieu dans le prolongement de [[Exposition « Vienne, 1880–1938. L’apocalypse joyeuse »|l’exposition Vienne 1880-1938]], organisée au Centre Pompidou en 1986 et évoquée dans la préface du catalogue comme point de référence majeur. Le commissaire-priseur Jacques Tajan&amp;lt;ref&amp;gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Tajan_(maison_de_vente)&amp;lt;/ref&amp;gt; souligne l’extraordinaire succès de cette exposition, rappelant les longues files d’attente devant le Centre Pompidou et exprimant l’espoir que la vente connaisse un « succès analogue »&amp;lt;ref&amp;gt;L’Art autrichien 1989, 6&amp;lt;/ref&amp;gt;. Tajan présente Vienne comme un foyer de la modernité artistique et intellectuelle : [[Arnold Schönberg]], [[Sigmund Freud]], [[Gustav Mahler]] ou encore [[Oskar Kokoschka]] y apparaissent comme les figures emblématiques d’une culture urbaine fondée sur l’innovation et les tensions créatrices. Le texte insiste également sur le rôle central de la [[Sécession viennoise]], des [[Wiener Werkstätte]] et des arts décoratifs autour de [[Gustav Klimt]], Koloman Moser&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Kolo_Moser&amp;lt;/ref&amp;gt;, [[Josef Hoffmann]] et Otto Wagner&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.citedelarchitecture.fr/fr/exposition/otto-wagner-maitre-de-lart-nouveau-viennois&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette lecture correspond à une approche désormais largement consacrée de la modernité viennoise, qui s’impose progressivement dans l’historiographie internationale au cours des années 1980 sous l’effet conjoint de l’histoire culturelle, des grandes expositions (Hambourg, Venise, Vienne, Paris, New York, Bruxelles) et de la revalorisation du marché des arts décoratifs et du Jugendstil. Dans son introduction, Wolfgang Schallenberg insiste pour sa part également sur l’art autrichien contemporain, qu’il estime encore peu connu du public français malgré l’intérêt croissant porté à la culture autrichienne&amp;lt;ref&amp;gt;L’Art autrichien 1989, 5&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Vente du 6 mars 1989 : arts décoratifs, mobilier et verrerie==&lt;br /&gt;
La première journée de vente est consacrée aux céramiques, à l’art du verre et au mobilier autrichiens. Au total, 146 objets sont présentés. Cette valorisation des arts appliqués s’inscrit alors dans une tendance particulièrement visible sur le marché européen, notamment en France et en Belgique, où l’Art nouveau et les arts décoratifs connaissent un important regain d’intérêt, alimenté par les expositions, les publications spécialisées et l’essor du marché du design et des arts décoratifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le catalogue accorde une attention centrale aux figures de la Sécession et de la Wiener Werkstätte. Josef Hoffmann  apparaît comme l’un des artistes les plus représentés de la vente, avec vingt-huit lots consacrés au mobilier – chaises, fauteuils, ensembles de salon – ainsi qu’aux objets décoratifs, parmi lesquels figurent des vases, des coupes, un coffret de toilette et une corbeille à fleurs. Koloman Moser  bénéficie également d’une présence importante (dix lots), notamment dans les sections consacrées à la verrerie et au mobilier moderne. La présence de sept lots de la [[Verrerie Loetz|verrerie Loetz]] ainsi que de vases originaires de Bohème témoigne en outre de l’intérêt croissant du marché pour les arts décoratifs austro-hongrois autour de 1900.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le catalogue met aussi en valeur d’autres sculpteurs et céramistes liés au Jugendstil et aux Wiener Werkstätte, comme Michael Powolny&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.musee-orsay.fr/fr/ressources/repertoire-artistes-personnalites/michael-powolny-20276&amp;lt;/ref&amp;gt;, Gustav Gurschner&amp;lt;ref&amp;gt;https://archive.org/details/jstor-25581532/page/n1/mode/2up&amp;lt;/ref&amp;gt;, Anton Klieber&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.mutualart.com/Artist/Anton-Klieber/BDC1470EC7B4F1AB&amp;lt;/ref&amp;gt; ou Hugo Franz Kirsch&amp;lt;ref&amp;gt;https://sammlung.mak.at/en/artist/kirsch-hugo-franz_46077&amp;lt;/ref&amp;gt;. Gustav Gurschner, membre de la Sécession puis du [[Hagenbund]], occupe une place significative avec huit objets présentés à la vente, notamment des vases en bronze patiné caractéristiques du Jugendstil. Le catalogue  fait apparaître également plusieurs créatrices. Marie Kirschner&amp;lt;ref&amp;gt;https://loetz.com/designers/marie-kirschner&amp;lt;/ref&amp;gt;, associée à la verrerie Loetz, est représentée par quatre vases en verre teinté, estimés entre 6 000 et 12 000 francs. La vente comprend aussi un mobilier de chambre d’enfant conçu par Fanny Harlfinger-Zakucka&amp;lt;ref&amp;gt;https://sammlung.belvedere.at/people/731/&amp;lt;/ref&amp;gt;, artiste, décoratrice et pédagogue engagée dans les mouvements de réforme artistique . Estimé à 400 000 francs, cet ensemble en bois de placage teinté jaune et satiné, qui fut exposé à la &#039;&#039;Kunstschau&#039;&#039; de Vienne en 1908, figure parmi les pièces phares de la vente. Une petite coupe en céramique de Vally Wieselthier&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Vally_Wieselthier&amp;lt;/ref&amp;gt; apparaît également dans le catalogue. Cette artiste  a connu une reconnaissance internationale importante lors de [[Exposition internationale des arts décoratifs et industriels moderne à Paris (1925)|l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes]] de Paris en 1925, où ses céramiques expressionnistes ont particulièrement retenu l’attention. La présence de ces femmes, auxquelles s’ajoute la céramiste Therese Trethan&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.musee-orsay.fr/fr/oeuvres/terrine-3541&amp;lt;/ref&amp;gt;, témoigne de l’intégration progressive des créatrices viennoises dans l’historiographie et le marché des arts décoratifs du XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle.&lt;br /&gt;
&amp;lt;gallery mode=&amp;quot;packed&amp;quot; heights=&amp;quot;250px&amp;quot;&amp;gt;&lt;br /&gt;
File:Josef-Hoffmann.jpg|thumb|Josef Hoffmann, 1902&lt;br /&gt;
File:Koloman Moser.jpg|thumb|Koloman Moser, 1905&lt;br /&gt;
File:Gustav Gurschner.png|thumb|Gustav Gurschner, peint par Julius Köhler, 1900&lt;br /&gt;
File:Marie Kirschner Selbstportrait 1880.jpg|thumb|Marie Kirschner, autoportrait, 1880&lt;br /&gt;
File:Fanny und Richrd HarlfingerÖNB Digit.jpg|thumb|Fanny et Richard Harlfinger, 1905&lt;br /&gt;
File:Vally Wieselthier im Contempora Studio, New York City.jpg|thumb|Vally Wieselthier au Contempora Studio à New York, 1928/1929&lt;br /&gt;
&amp;lt;/gallery&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Vente du 7 mars 1989 : aquarelles, dessins, tableaux modernes et contemporains, mobilier==&lt;br /&gt;
La vente du 7 mars 1989, consacrée aux aquarelles, dessins, tableaux modernes et contemporains ainsi qu’au mobilier des XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; et XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècles – notamment Biedermeier –, propose un panorama particulièrement large de la création autrichienne (lots 150 à 285). Le catalogue accorde d’abord une place importante à la peinture historiciste et académique du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Le &#039;&#039;Portrait de Theodora von Goezsy&#039;&#039; de Hans Makart&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Hans_Makart&amp;lt;/ref&amp;gt;, exposé aujourd’hui au Leopold Museum&amp;lt;ref&amp;gt;https://onlinecollection.leopoldmuseum.org/objekt/6695-frau-in-schwarzer-robe-portrat-theodora-von-gozsy/#provenienz&amp;lt;/ref&amp;gt;, apparaît ainsi aux côtés d’œuvres de Johann Fischbach&amp;lt;ref&amp;gt;https://de.wikisource.org/wiki/BLK%C3%96:Fischbach,_Johann&amp;lt;/ref&amp;gt;, Friedrich Gauermann&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.dorotheum.com/en/b/friedrich-gauermann-staging-nature/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Josef Kriehuber&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.dorotheum.com/en/k/josef-nikolaus-kriehuber/&amp;lt;/ref&amp;gt; ou Rudolf von Alt&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.zikg.eu/forschung/projekte/projekte-zi/rudolf-von-alt-zeichnungen-und-aquarelle&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette présence est particulièrement significative dans un contexte historiographique où la redécouverte de « Vienne 1900 » tend parfois à marginaliser les générations précédentes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autour de cet héritage académique, le catalogue présente également de nombreuses œuvres relevant de la peinture de paysage et du &#039;&#039;Stimmungsrealismus&#039;&#039; de la fin du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Plusieurs artistes y occupent une place notable : Tina Blau&amp;lt;ref&amp;gt;https://jwa.org/encyclopedia/article/blau-tina&amp;lt;/ref&amp;gt;, Olga Wisinger-Florian&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Olga_Wisinger-Florian&amp;lt;/ref&amp;gt;, [[Eugen Jettel]], [[Rudolf Ribarz]], Robert Russ&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.gieseundschweiger.at/en/artists/132-robert-russ/biography/&amp;lt;/ref&amp;gt; ou encore [[Wilhelm Bernatzik]]. Leur présence apparaît d’autant plus intéressante qu’ils demeurent alors relativement peu visibles en France malgré leur rôle essentiel dans le renouvellement de la peinture autrichienne autour de 1900. Le catalogue comprend notamment deux tableaux de Rudolf Ribarz, dont le plus coté, &#039;&#039;Iris&#039;&#039;, est estimé entre 250 000 et 280 000 francs. Tina Blau et Olga Wisinger-Florian comptent quant à elles parmi les principales peintres autrichiennes de la fin du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle et participent pleinement à l’émergence d’une peinture de paysage moderne à Vienne. La &#039;&#039;Sablière avec vue sur Poetzleinsdorf&#039;&#039; de Tina Blau  est ainsi estimée entre 80 000 et 100 000 francs tandis que la &#039;&#039;Vue d’Hinterbruehl&#039;&#039; d’Olga Wisinger-Florian, reproduite en pleine page dans le catalogue, atteint une estimation comprise entre 150 000 et 200 000 francs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les artistes associés à la modernité viennoise occupent une place particulièrement visible dans le catalogue, sans pour autant en constituer l’unique centre d’intérêt. Gustav Klimt est ainsi bien représenté avec quatre dessins de femmes à la craie et au crayon. [[Egon Schiele]] apparaît quant à lui avec une &#039;&#039;Étude de femme en bas&#039;&#039; datée de 1918, estimée entre 180 000 et 200 000 francs. Deux dessins d’Oskar Kokoschka ont également été mis à l’honneur la veille, dans les premiers lots de la vente du 6 mars : ils consistent en deux études pour une coupe de Murano réalisées à l’encre de Chine et au crayon de couleur en 1953. Autour de ces figures désormais emblématiques, le catalogue rassemble plusieurs peintres liés à la Sécession, parmi lesquels Ernst Stöhr&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.klimt-database.com/en/network-vienna-1900/colleagues/ernst-stoehr/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Wilhelm List&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.biographien.ac.at/oebl/oebl_L/List_Wilhelm_1864_1918.xml&amp;lt;/ref&amp;gt; ou Franz von Matsch&amp;lt;ref&amp;gt;https://sammlung.belvedere.at/people/1377/&amp;lt;/ref&amp;gt;. La reproduction en pleine page de &#039;&#039;Prométhée&#039;&#039; de Franz von Matsch, estimé entre 25 000 et 30 000 francs, rappelle ainsi que la Sécession conserve des liens importants avec une tradition historiciste et symboliste issue de la peinture monumentale de la fin du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle . La présence de la &#039;&#039;Jeune fille à la poupée&#039;&#039; de Wilhelm List, dont l’estimation atteint 150 000 à 180 000 francs , témoigne quant à elle de l’intérêt du catalogue pour des œuvres plus intimistes, où les thèmes de l’enfance et du jeu participent pleinement à l’atmosphère culturelle de la Vienne 1900.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la section des peintures, la vente accorde enfin une place significative à plusieurs artistes contemporains, parmi lesquels Siegfried Anzinger&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.dorotheum.com/en/k/siegfried-anzinger/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Christian Ludwig Attersee&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.dorotheum.com/en/k/christian-ludwig-attersee/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Erwin Bohatsch&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.dorotheum.com/en/k/erwin-bohatsch/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Alois Mosbacher&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.aloismosbacher.at/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Zoran Music&amp;lt;ref&amp;gt;https://galerieamargaron.com/artistes/zoran-music/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Hermann Nitsch&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.nitsch.org/&amp;lt;/ref&amp;gt;, [[Oswald Oberhuber]]], [[Arnulf Rainer]], Hubert Schmalix&amp;lt;ref&amp;gt;https://hubertschmalix.com/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Rudolf Schwarzkogler&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.moma.org/artists/7910-rudolf-schwarzkogler&amp;lt;/ref&amp;gt; ou encore Robert Zeppel-Sperl&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.dubishiffartcollection.com/artist/zeppel-sperl-robert/&amp;lt;/ref&amp;gt;. La répartition des lots révèle un aperçu relativement actuel de la création autrichienne. La forte présence de Hubert Schmalix (cinq lots), Hermann Nitsch (quatre lots ), ainsi qu’Alois Mosbacher, Oswald Oberhuber et Arnulf Rainer (trois lots chacun ) illustre cette tendance. Tous sont alors pleinement actifs dans les années 1980 et comptent parmi les figures marquantes de la scène artistique autrichienne. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La vente du 7 mars s’achève par un important ensemble de mobilier Biedermeier. Tables, secrétaires, commodes, vitrines, sièges et meubles d’apparat illustrent les formes caractéristiques du goût viennois de la première moitié du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, marqué par la sobriété des lignes, la clarté des volumes et le travail raffiné des placages de bois clairs. Plusieurs lots témoignent également de l’intérêt porté aux intérieurs bourgeois et à l’art de vivre viennois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Résultats des ventes==&lt;br /&gt;
Les comptes rendus publiés dans la &#039;&#039;Gazette de l’Hôtel Drouot&#039;&#039; le 17 mars 1989 confirment le bon accueil réservé à cette vente aux enchères parisienne. Le journal insiste sur la diversité de l’art autrichien ainsi que sur la qualité des pièces proposées. Les adjudications révèlent toutefois une situation plus contrastée qu’il n’y paraît au premier abord : si plusieurs lots atteignent des montants importants, une part significative des œuvres présentées ne trouve pas preneur. Sur les 285 lots du catalogue, seuls 135 sont effectivement adjugés, ce qui témoigne du caractère relativement spécialisé de cette vacation et d’un intérêt inégal selon les artistes et les catégories d’objets proposés. Les résultats montrent une forte polarisation entre quelques pièces très recherchées et une grande quantité de lots vendus à des prix modestes, voire restés invendus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les adjudications les plus élevées concernent une œuvre de Robert Russ, la &#039;&#039;Vue du château d’Arco, près de Riga sur le lac de Garde&#039;&#039;, qui atteint 400 000 francs, ainsi que des œuvres de Johann Fischbach  avec &#039;&#039;Scène de chasse dans le Pinzgau&#039;&#039; (260 000 F), d’Egon Schiele pour &#039;&#039;Étude de femme en bas&#039;&#039; (255 000 F) et de Hans Makart avec le &#039;&#039;Portrait de Theodora von Goezsy&#039;&#039; (250 000 F). Parmi les œuvres modernes, l’une des études d’Oskar Kokoschka pour une coupe de Murano dépasse son estimation pour être adjugée 97 000 francs. Les artistes liés à la modernité viennoise et à la Sécession enregistrent également des résultats notables : deux dessins de Gustav Klimt – &#039;&#039;Femme debout vue de face&#039;&#039; et &#039;&#039;Portrait de Magda Mautner-Markhof&#039;&#039; – atteignent respectivement 85 000 et 78 000 francs, tandis que &#039;&#039;Pluie d’orage sur l’Attersee&#039;&#039; de Rudolf Junk est adjugé 67 000 francs. Parmi les artistes contemporains, deux œuvres d’Hermann Nitsch, &#039;&#039;Composition&#039;&#039; et &#039;&#039;La Cène&#039;&#039;, sont vendues respectivement 45 000 et 50 000 francs. Fossiles d’Arnulf Rainer est pour sa part adjugé 38 000 francs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces résultats suggèrent que, dans le contexte parisien de 1989, le marché valorise encore fortement certains peintres historicistes ou paysagistes du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle autrichien, aux côtés de figures plus attendues de la modernité viennoise. Ils montrent aussi que cette redécouverte de l’art autrichien demeure partielle et sélective : la notoriété internationale de quelques artistes ne suffit pas encore à garantir le succès de l’ensemble de la vente.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le domaine des arts décoratifs et du mobilier, les adjudications apparaissent, là encore, assez inégales et concentrées sur certains lots particulièrement recherchés. Plusieurs créations de Josef Hoffmann enregistrent des adjudications solides, comprises entre 42 000 et 63 000 francs, tandis qu’une armoire à linge en bois laqué de Koloman Moser atteint 50 500 francs. Le mobilier Biedermeier figure également parmi les ensembles les plus appréciés, avec plusieurs adjudications élevées : 150 000 francs, par exemple, pour un meuble baroque à deux corps du XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Les verreries Loetz, les objets de Gustav Gurschner ainsi que les pièces attribuées à Otto Wagner et Josef Maria Olbrich obtiennent également des résultats satisfaisants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans l’ensemble, la vente semble avoir rencontré un succès réel malgré une dispersion importante des adjudications, signe d’un marché encore en construction pour l’art autrichien à Paris. Plus qu’un simple succès ponctuel, cette vacation apparaît comme un moment de structuration du marché français de l’art autrichien, à une période où celui-ci demeure encore relativement peu représenté dans les grandes ventes parisiennes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Références et liens externes==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Bibliographie==&lt;br /&gt;
*Anonyme : Du Biedermeier à Josef Hoffmann. In : La Gazette de l’Hôtel Drouot n° 11, 17 mars 1989, p. 13-15.&lt;br /&gt;
*Clair, Jean (dir.) : Vienne 1880–1938. L’apocalypse joyeuse. Paris : Centre Georges Pompidou 1986. &lt;br /&gt;
*L’Art autrichien à Paris. Catalogue de vente. Vente aux enchères publiques à Paris, 15 avenue Montaigne (8e). Lundi 6 mars 1989 à 15 heures. Mardi 7 mars 1989 à 15 heures. Ader Picard Tajan/Dorotheum, Paris 1989.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Auteure==&lt;br /&gt;
Irène Cagneau&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mise en ligne : 02/06/2026&lt;br /&gt;
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		<author><name>Hannah</name></author>
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		<title>Vente aux enchères publiques « L’Art autrichien à Paris » (6–7 mars 1989)</title>
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		<updated>2026-06-02T12:35:16Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Hannah : Page créée avec « Organisée les 6 et 7 mars 1989 à Paris par la maison de ventes Ader Picard Tajan&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.ader-paris.fr/notre-histoire&amp;lt;/ref&amp;gt;, en collaboration avec le Dorotheum&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.dorotheum.com/de/&amp;lt;/ref&amp;gt; de Vienne, la vente aux enchères publiques intitulée « L’Art autrichien à Paris » constitue un témoignage exemplaire de l’intérêt pour l’art autrichien en France dans les années 1980. Présentée par l’ambassadeur Wolfgang Schallenberg&amp;lt;ref&amp;gt;... »&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Organisée les 6 et 7 mars 1989 à Paris par la maison de ventes Ader Picard Tajan&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.ader-paris.fr/notre-histoire&amp;lt;/ref&amp;gt;, en collaboration avec le Dorotheum&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.dorotheum.com/de/&amp;lt;/ref&amp;gt; de Vienne, la vente aux enchères publiques intitulée « L’Art autrichien à Paris » constitue un témoignage exemplaire de l’intérêt pour l’art autrichien en France dans les années 1980. Présentée par l’ambassadeur Wolfgang Schallenberg&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.nationalfonds.org/announcement/in-memoriam-retired-ambassador-wolfgang-schallenberg&amp;lt;/ref&amp;gt; comme la première vente parisienne consacrée exclusivement à un ensemble d’objets de provenance autrichienne&amp;lt;ref&amp;gt;L’Art autrichien 1989, 5&amp;lt;/ref&amp;gt;, elle associe arts décoratifs, mobilier, verrerie, céramiques, peinture, couvrant un large spectre chronologique allant du Biedermeier à la création contemporaine. La vente se déroule en outre à Drouot-Montaigne, espace parisien alors réservé aux vacations de prestige, ce qui témoigne des ambitions commerciales et symboliques attachées à cet événement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Contexte historique et culturel==&lt;br /&gt;
Cette vente a lieu dans le prolongement de [[Exposition « Vienne, 1880–1938. L’apocalypse joyeuse »|l’exposition Vienne 1880-1938]], organisée au Centre Pompidou en 1986 et évoquée dans la préface du catalogue comme point de référence majeur. Le commissaire-priseur Jacques Tajan&amp;lt;ref&amp;gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Tajan_(maison_de_vente)&amp;lt;/ref&amp;gt; souligne l’extraordinaire succès de cette exposition, rappelant les longues files d’attente devant le Centre Pompidou et exprimant l’espoir que la vente connaisse un « succès analogue »&amp;lt;ref&amp;gt;L’Art autrichien 1989, 6&amp;lt;/ref&amp;gt;. Tajan présente Vienne comme un foyer de la modernité artistique et intellectuelle : [[Arnold Schönberg]], [[Sigmund Freud]], [[Gustav Mahler]] ou encore [[Oskar Kokoschka]] y apparaissent comme les figures emblématiques d’une culture urbaine fondée sur l’innovation et les tensions créatrices. Le texte insiste également sur le rôle central de la [[Sécession viennoise]], des [[Wiener Werkstätte]] et des arts décoratifs autour de [[Gustav Klimt]], Koloman Moser&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Kolo_Moser&amp;lt;/ref&amp;gt;, [[Josef Hoffmann]] et Otto Wagner&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.citedelarchitecture.fr/fr/exposition/otto-wagner-maitre-de-lart-nouveau-viennois&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette lecture correspond à une approche désormais largement consacrée de la modernité viennoise, qui s’impose progressivement dans l’historiographie internationale au cours des années 1980 sous l’effet conjoint de l’histoire culturelle, des grandes expositions (Hambourg, Venise, Vienne, Paris, New York, Bruxelles) et de la revalorisation du marché des arts décoratifs et du Jugendstil. Dans son introduction, Wolfgang Schallenberg insiste pour sa part également sur l’art autrichien contemporain, qu’il estime encore peu connu du public français malgré l’intérêt croissant porté à la culture autrichienne&amp;lt;ref&amp;gt;L’Art autrichien 1989, 5&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Vente du 6 mars 1989 : arts décoratifs, mobilier et verrerie==&lt;br /&gt;
La première journée de vente est consacrée aux céramiques, à l’art du verre et au mobilier autrichiens. Au total, 146 objets sont présentés. Cette valorisation des arts appliqués s’inscrit alors dans une tendance particulièrement visible sur le marché européen, notamment en France et en Belgique, où l’Art nouveau et les arts décoratifs connaissent un important regain d’intérêt, alimenté par les expositions, les publications spécialisées et l’essor du marché du design et des arts décoratifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le catalogue accorde une attention centrale aux figures de la Sécession et de la Wiener Werkstätte. Josef Hoffmann  apparaît comme l’un des artistes les plus représentés de la vente, avec vingt-huit lots consacrés au mobilier – chaises, fauteuils, ensembles de salon – ainsi qu’aux objets décoratifs, parmi lesquels figurent des vases, des coupes, un coffret de toilette et une corbeille à fleurs. Koloman Moser  bénéficie également d’une présence importante (dix lots), notamment dans les sections consacrées à la verrerie et au mobilier moderne. La présence de sept lots de la [[Verrerie Loetz|verrerie Loetz]] ainsi que de vases originaires de Bohème témoigne en outre de l’intérêt croissant du marché pour les arts décoratifs austro-hongrois autour de 1900.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le catalogue met aussi en valeur d’autres sculpteurs et céramistes liés au Jugendstil et aux Wiener Werkstätte, comme Michael Powolny&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.musee-orsay.fr/fr/ressources/repertoire-artistes-personnalites/michael-powolny-20276&amp;lt;/ref&amp;gt;, Gustav Gurschner&amp;lt;ref&amp;gt;https://archive.org/details/jstor-25581532/page/n1/mode/2up&amp;lt;/ref&amp;gt;, Anton Klieber&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.mutualart.com/Artist/Anton-Klieber/BDC1470EC7B4F1AB&amp;lt;/ref&amp;gt; ou Hugo Franz Kirsch&amp;lt;ref&amp;gt;https://sammlung.mak.at/en/artist/kirsch-hugo-franz_46077&amp;lt;/ref&amp;gt;. Gustav Gurschner, membre de la Sécession puis du [[Hagenbund]], occupe une place significative avec huit objets présentés à la vente, notamment des vases en bronze patiné caractéristiques du Jugendstil. Le catalogue  fait apparaître également plusieurs créatrices. Marie Kirschner&amp;lt;ref&amp;gt;https://loetz.com/designers/marie-kirschner&amp;lt;/ref&amp;gt;, associée à la verrerie Loetz, est représentée par quatre vases en verre teinté, estimés entre 6 000 et 12 000 francs. La vente comprend aussi un mobilier de chambre d’enfant conçu par Fanny Harlfinger-Zakucka&amp;lt;ref&amp;gt;https://sammlung.belvedere.at/people/731/&amp;lt;/ref&amp;gt;, artiste, décoratrice et pédagogue engagée dans les mouvements de réforme artistique . Estimé à 400 000 francs, cet ensemble en bois de placage teinté jaune et satiné, qui fut exposé à la &#039;&#039;Kunstschau&#039;&#039; de Vienne en 1908, figure parmi les pièces phares de la vente. Une petite coupe en céramique de Vally Wieselthier&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Vally_Wieselthier&amp;lt;/ref&amp;gt; apparaît également dans le catalogue. Cette artiste  a connu une reconnaissance internationale importante lors de [[Exposition internationale des arts décoratifs et industriels moderne à Paris (1925)|l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes]] de Paris en 1925, où ses céramiques expressionnistes ont particulièrement retenu l’attention. La présence de ces femmes, auxquelles s’ajoute la céramiste Therese Trethan&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.musee-orsay.fr/fr/oeuvres/terrine-3541&amp;lt;/ref&amp;gt;, témoigne de l’intégration progressive des créatrices viennoises dans l’historiographie et le marché des arts décoratifs du XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Vente du 7 mars 1989 : aquarelles, dessins, tableaux modernes et contemporains, mobilier==&lt;br /&gt;
La vente du 7 mars 1989, consacrée aux aquarelles, dessins, tableaux modernes et contemporains ainsi qu’au mobilier des XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; et XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècles – notamment Biedermeier –, propose un panorama particulièrement large de la création autrichienne (lots 150 à 285). Le catalogue accorde d’abord une place importante à la peinture historiciste et académique du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Le &#039;&#039;Portrait de Theodora von Goezsy&#039;&#039; de Hans Makart&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Hans_Makart&amp;lt;/ref&amp;gt;, exposé aujourd’hui au Leopold Museum&amp;lt;ref&amp;gt;https://onlinecollection.leopoldmuseum.org/objekt/6695-frau-in-schwarzer-robe-portrat-theodora-von-gozsy/#provenienz&amp;lt;/ref&amp;gt;, apparaît ainsi aux côtés d’œuvres de Johann Fischbach&amp;lt;ref&amp;gt;https://de.wikisource.org/wiki/BLK%C3%96:Fischbach,_Johann&amp;lt;/ref&amp;gt;, Friedrich Gauermann&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.dorotheum.com/en/b/friedrich-gauermann-staging-nature/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Josef Kriehuber&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.dorotheum.com/en/k/josef-nikolaus-kriehuber/&amp;lt;/ref&amp;gt; ou Rudolf von Alt&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.zikg.eu/forschung/projekte/projekte-zi/rudolf-von-alt-zeichnungen-und-aquarelle&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette présence est particulièrement significative dans un contexte historiographique où la redécouverte de « Vienne 1900 » tend parfois à marginaliser les générations précédentes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autour de cet héritage académique, le catalogue présente également de nombreuses œuvres relevant de la peinture de paysage et du &#039;&#039;Stimmungsrealismus&#039;&#039; de la fin du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Plusieurs artistes y occupent une place notable : Tina Blau&amp;lt;ref&amp;gt;https://jwa.org/encyclopedia/article/blau-tina&amp;lt;/ref&amp;gt;, Olga Wisinger-Florian&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Olga_Wisinger-Florian&amp;lt;/ref&amp;gt;, [[Eugen Jettel]], [[Rudolf Ribarz]], Robert Russ&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.gieseundschweiger.at/en/artists/132-robert-russ/biography/&amp;lt;/ref&amp;gt; ou encore [[Wilhelm Bernatzik]]. Leur présence apparaît d’autant plus intéressante qu’ils demeurent alors relativement peu visibles en France malgré leur rôle essentiel dans le renouvellement de la peinture autrichienne autour de 1900. Le catalogue comprend notamment deux tableaux de Rudolf Ribarz, dont le plus coté, &#039;&#039;Iris&#039;&#039;, est estimé entre 250 000 et 280 000 francs. Tina Blau et Olga Wisinger-Florian comptent quant à elles parmi les principales peintres autrichiennes de la fin du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle et participent pleinement à l’émergence d’une peinture de paysage moderne à Vienne. La &#039;&#039;Sablière avec vue sur Poetzleinsdorf&#039;&#039; de Tina Blau  est ainsi estimée entre 80 000 et 100 000 francs tandis que la &#039;&#039;Vue d’Hinterbruehl&#039;&#039; d’Olga Wisinger-Florian, reproduite en pleine page dans le catalogue, atteint une estimation comprise entre 150 000 et 200 000 francs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les artistes associés à la modernité viennoise occupent une place particulièrement visible dans le catalogue, sans pour autant en constituer l’unique centre d’intérêt. Gustav Klimt est ainsi bien représenté avec quatre dessins de femmes à la craie et au crayon. [[Egon Schiele]] apparaît quant à lui avec une &#039;&#039;Étude de femme en bas&#039;&#039; datée de 1918, estimée entre 180 000 et 200 000 francs. Deux dessins d’Oskar Kokoschka ont également été mis à l’honneur la veille, dans les premiers lots de la vente du 6 mars : ils consistent en deux études pour une coupe de Murano réalisées à l’encre de Chine et au crayon de couleur en 1953. Autour de ces figures désormais emblématiques, le catalogue rassemble plusieurs peintres liés à la Sécession, parmi lesquels Ernst Stöhr&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.klimt-database.com/en/network-vienna-1900/colleagues/ernst-stoehr/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Wilhelm List&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.biographien.ac.at/oebl/oebl_L/List_Wilhelm_1864_1918.xml&amp;lt;/ref&amp;gt; ou Franz von Matsch&amp;lt;ref&amp;gt;https://sammlung.belvedere.at/people/1377/&amp;lt;/ref&amp;gt;. La reproduction en pleine page de &#039;&#039;Prométhée&#039;&#039; de Franz von Matsch, estimé entre 25 000 et 30 000 francs, rappelle ainsi que la Sécession conserve des liens importants avec une tradition historiciste et symboliste issue de la peinture monumentale de la fin du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle . La présence de la &#039;&#039;Jeune fille à la poupée&#039;&#039; de Wilhelm List, dont l’estimation atteint 150 000 à 180 000 francs , témoigne quant à elle de l’intérêt du catalogue pour des œuvres plus intimistes, où les thèmes de l’enfance et du jeu participent pleinement à l’atmosphère culturelle de la Vienne 1900.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la section des peintures, la vente accorde enfin une place significative à plusieurs artistes contemporains, parmi lesquels Siegfried Anzinger&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.dorotheum.com/en/k/siegfried-anzinger/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Christian Ludwig Attersee&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.dorotheum.com/en/k/christian-ludwig-attersee/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Erwin Bohatsch&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.dorotheum.com/en/k/erwin-bohatsch/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Alois Mosbacher&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.aloismosbacher.at/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Zoran Music&amp;lt;ref&amp;gt;https://galerieamargaron.com/artistes/zoran-music/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Hermann Nitsch&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.nitsch.org/&amp;lt;/ref&amp;gt;, [[Oswald Oberhuber]]], [[Arnulf Rainer]], Hubert Schmalix&amp;lt;ref&amp;gt;https://hubertschmalix.com/&amp;lt;/ref&amp;gt;, Rudolf Schwarzkogler&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.moma.org/artists/7910-rudolf-schwarzkogler&amp;lt;/ref&amp;gt; ou encore Robert Zeppel-Sperl&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.dubishiffartcollection.com/artist/zeppel-sperl-robert/&amp;lt;/ref&amp;gt;. La répartition des lots révèle un aperçu relativement actuel de la création autrichienne. La forte présence de Hubert Schmalix (cinq lots), Hermann Nitsch (quatre lots ), ainsi qu’Alois Mosbacher, Oswald Oberhuber et Arnulf Rainer (trois lots chacun ) illustre cette tendance. Tous sont alors pleinement actifs dans les années 1980 et comptent parmi les figures marquantes de la scène artistique autrichienne. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La vente du 7 mars s’achève par un important ensemble de mobilier Biedermeier. Tables, secrétaires, commodes, vitrines, sièges et meubles d’apparat illustrent les formes caractéristiques du goût viennois de la première moitié du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, marqué par la sobriété des lignes, la clarté des volumes et le travail raffiné des placages de bois clairs. Plusieurs lots témoignent également de l’intérêt porté aux intérieurs bourgeois et à l’art de vivre viennois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Résultats des ventes==&lt;br /&gt;
Les comptes rendus publiés dans la &#039;&#039;Gazette de l’Hôtel Drouot&#039;&#039; le 17 mars 1989 confirment le bon accueil réservé à cette vente aux enchères parisienne. Le journal insiste sur la diversité de l’art autrichien ainsi que sur la qualité des pièces proposées. Les adjudications révèlent toutefois une situation plus contrastée qu’il n’y paraît au premier abord : si plusieurs lots atteignent des montants importants, une part significative des œuvres présentées ne trouve pas preneur. Sur les 285 lots du catalogue, seuls 135 sont effectivement adjugés, ce qui témoigne du caractère relativement spécialisé de cette vacation et d’un intérêt inégal selon les artistes et les catégories d’objets proposés. Les résultats montrent une forte polarisation entre quelques pièces très recherchées et une grande quantité de lots vendus à des prix modestes, voire restés invendus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les adjudications les plus élevées concernent une œuvre de Robert Russ, la &#039;&#039;Vue du château d’Arco, près de Riga sur le lac de Garde&#039;&#039;, qui atteint 400 000 francs, ainsi que des œuvres de Johann Fischbach  avec &#039;&#039;Scène de chasse dans le Pinzgau&#039;&#039; (260 000 F), d’Egon Schiele pour &#039;&#039;Étude de femme en bas&#039;&#039; (255 000 F) et de Hans Makart avec le &#039;&#039;Portrait de Theodora von Goezsy&#039;&#039; (250 000 F). Parmi les œuvres modernes, l’une des études d’Oskar Kokoschka pour une coupe de Murano dépasse son estimation pour être adjugée 97 000 francs. Les artistes liés à la modernité viennoise et à la Sécession enregistrent également des résultats notables : deux dessins de Gustav Klimt – &#039;&#039;Femme debout vue de face&#039;&#039; et &#039;&#039;Portrait de Magda Mautner-Markhof&#039;&#039; – atteignent respectivement 85 000 et 78 000 francs, tandis que &#039;&#039;Pluie d’orage sur l’Attersee&#039;&#039; de Rudolf Junk est adjugé 67 000 francs. Parmi les artistes contemporains, deux œuvres d’Hermann Nitsch, &#039;&#039;Composition&#039;&#039; et &#039;&#039;La Cène&#039;&#039;, sont vendues respectivement 45 000 et 50 000 francs. Fossiles d’Arnulf Rainer est pour sa part adjugé 38 000 francs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces résultats suggèrent que, dans le contexte parisien de 1989, le marché valorise encore fortement certains peintres historicistes ou paysagistes du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle autrichien, aux côtés de figures plus attendues de la modernité viennoise. Ils montrent aussi que cette redécouverte de l’art autrichien demeure partielle et sélective : la notoriété internationale de quelques artistes ne suffit pas encore à garantir le succès de l’ensemble de la vente.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le domaine des arts décoratifs et du mobilier, les adjudications apparaissent, là encore, assez inégales et concentrées sur certains lots particulièrement recherchés. Plusieurs créations de Josef Hoffmann enregistrent des adjudications solides, comprises entre 42 000 et 63 000 francs, tandis qu’une armoire à linge en bois laqué de Koloman Moser atteint 50 500 francs. Le mobilier Biedermeier figure également parmi les ensembles les plus appréciés, avec plusieurs adjudications élevées : 150 000 francs, par exemple, pour un meuble baroque à deux corps du XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Les verreries Loetz, les objets de Gustav Gurschner ainsi que les pièces attribuées à Otto Wagner et Josef Maria Olbrich obtiennent également des résultats satisfaisants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans l’ensemble, la vente semble avoir rencontré un succès réel malgré une dispersion importante des adjudications, signe d’un marché encore en construction pour l’art autrichien à Paris. Plus qu’un simple succès ponctuel, cette vacation apparaît comme un moment de structuration du marché français de l’art autrichien, à une période où celui-ci demeure encore relativement peu représenté dans les grandes ventes parisiennes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Références et liens externes==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Bibliographie==&lt;br /&gt;
*Anonyme : Du Biedermeier à Josef Hoffmann. In : La Gazette de l’Hôtel Drouot n° 11, 17 mars 1989, p. 13-15.&lt;br /&gt;
*Clair, Jean (dir.) : Vienne 1880–1938. L’apocalypse joyeuse. Paris : Centre Georges Pompidou 1986. &lt;br /&gt;
*L’Art autrichien à Paris. Catalogue de vente. Vente aux enchères publiques à Paris, 15 avenue Montaigne (8e). Lundi 6 mars 1989 à 15 heures. Mardi 7 mars 1989 à 15 heures. Ader Picard Tajan/Dorotheum, Paris 1989.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Auteure==&lt;br /&gt;
Irène Cagneau&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mise en ligne : 02/06/2026&lt;br /&gt;
{{otherWiki|Auktion_„L’Art_autrichien_à_Paris“_(6.–7._März_1989)}}&lt;/div&gt;</summary>
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		<updated>2026-06-02T12:34:21Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Hannah : Johann Fischbach, Radierung von Franz Xaver Stöber, 1834

Public Domain via Wikimedia Commons

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&lt;div&gt;== Description ==&lt;br /&gt;
Johann Fischbach, Radierung von Franz Xaver Stöber, 1834&lt;br /&gt;
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		<summary type="html">&lt;p&gt;Hannah : Arnulf Rainer, Sternsucher, 1994, ein Film von Herbert Brödl

Public Domain via Wikimedia Commons

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Arnulf Rainer, Sternsucher, 1994, ein Film von Herbert Brödl&lt;br /&gt;
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		<updated>2026-06-02T12:27:04Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Hannah : Hermann Nitsch zu Gast bei der Vorführung von Peter Kubelkas Monument Film bei der Viennale 2012 (Gartenbaukino).

Public Domain via Wikimedia Commons

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Hermann Nitsch zu Gast bei der Vorführung von Peter Kubelkas Monument Film bei der Viennale 2012 (Gartenbaukino).&lt;br /&gt;
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		<updated>2026-06-02T12:25:57Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Hannah : Description
Deutsch: Selbstportrait Wilhelm List (Maler)

Date:
1889

Public Domain via Wikimedia Commons

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&lt;div&gt;== Description ==&lt;br /&gt;
Description&lt;br /&gt;
Deutsch: Selbstportrait Wilhelm List (Maler)&lt;br /&gt;
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		<updated>2026-06-02T12:24:18Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Hannah : Author: Franz von Matsch

Description:
English: Sefportrait by Franz Matsch, oil on canvas, 120 x 105 cm, Vienna, Belvedere.

Date:
1904

Source: Radio Monte Gallery, scan image

Public Domain via Wikimedia Commons

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&lt;div&gt;== Description ==&lt;br /&gt;
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Source: Radio Monte Gallery, scan image&lt;br /&gt;
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		<updated>2026-06-02T12:22:03Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Hannah : Description:
English: Olga Wisinger-Florian

Date:
circa 1897

Author:
Albert Mayer (1844–1926)

Public Domain via Wikimedia Commons

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:OlgaWisinger-Florian.jpg&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Description ==&lt;br /&gt;
Description:&lt;br /&gt;
English: Olga Wisinger-Florian&lt;br /&gt;
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circa 1897&lt;br /&gt;
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Author:&lt;br /&gt;
Albert Mayer (1844–1926)&lt;br /&gt;
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		<updated>2026-06-02T12:20:22Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Hannah : Description:
English: Tina Blau, Austrian Landscape Painter

Date:
1869

Source:
[https://www.belvedere.at/tina-blau Belvedere.at: 468272287849], © Tina Blau Archiv

Author: 
Franz Hafenstaengl

Public Domain via Wikimedia Commons

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Tina_Blau-Photo.jpg&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Description ==&lt;br /&gt;
Description:&lt;br /&gt;
English: Tina Blau, Austrian Landscape Painter&lt;br /&gt;
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Author: &lt;br /&gt;
Franz Hafenstaengl&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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		<author><name>Hannah</name></author>
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		<updated>2026-06-02T12:17:31Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Hannah : Description:
English: German painter, Rudolf Ribarz (1848-1904)

Date:
circa 1895

Source: 
AEIOU https://www.aeiou.at/aeiou.encyclop.r/r588235.htm
Public Domain via Wikimedia Commons

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Rudolf_Ribarz2.jpg&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Description ==&lt;br /&gt;
Description:&lt;br /&gt;
English: German painter, Rudolf Ribarz (1848-1904)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Date:&lt;br /&gt;
circa 1895&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Source: &lt;br /&gt;
AEIOU https://www.aeiou.at/aeiou.encyclop.r/r588235.htm&lt;br /&gt;
Public Domain via Wikimedia Commons&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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		<author><name>Hannah</name></author>
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		<id>https://decaf-fr.literaturtirol.at/index.php?title=Fichier:Hans_Makart_1884.png&amp;diff=1355</id>
		<title>Fichier:Hans Makart 1884.png</title>
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		<updated>2026-06-02T12:16:07Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Hannah : Description:
Portrait of Hans Makart (1840 - 1884), Austrian painter and designer

Date:
17 October 1884

Source:
Zlatá Praha, year 1884, issue 42, digitized by Czech Academy of Sciences
https://archiv.ucl.cas.cz/index.php?path=ZlataPrahaII/1.1884/42/505.png

Public Domain via Wikimedia Commons

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Hans_Makart_1884.png&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Description ==&lt;br /&gt;
Description:&lt;br /&gt;
Portrait of Hans Makart (1840 - 1884), Austrian painter and designer&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Date:&lt;br /&gt;
17 October 1884&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Source:&lt;br /&gt;
Zlatá Praha, year 1884, issue 42, digitized by Czech Academy of Sciences&lt;br /&gt;
https://archiv.ucl.cas.cz/index.php?path=ZlataPrahaII/1.1884/42/505.png&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Public Domain via Wikimedia Commons&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Hans_Makart_1884.png&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Hannah</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://decaf-fr.literaturtirol.at/index.php?title=Fichier:Vally_Wieselthier_im_Contempora_Studio,_New_York_City.jpg&amp;diff=1354</id>
		<title>Fichier:Vally Wieselthier im Contempora Studio, New York City.jpg</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://decaf-fr.literaturtirol.at/index.php?title=Fichier:Vally_Wieselthier_im_Contempora_Studio,_New_York_City.jpg&amp;diff=1354"/>
		<updated>2026-06-02T12:14:29Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Hannah : Description
Deutsch: Vally Wieselthier im Contempora Studio, New York City, 1928/1929. Hier mit einer ihrer Keramikfiguren

Date
1928/1929

Source
Deutsche Kunst und Dekoration: illustr. Monatshefte für moderne Malerei, Plastik, Architektur, Wohnungskunst u. künstlerisches Frauen-Arbeiten — 64. 1929
https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/dkd1929/0048/image

Public Domain via Wikimedia Commons

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Vally_Wieselthier_im_Contempora_Studio,_New_York_City.jpg&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Description ==&lt;br /&gt;
Description&lt;br /&gt;
Deutsch: Vally Wieselthier im Contempora Studio, New York City, 1928/1929. Hier mit einer ihrer Keramikfiguren&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Date&lt;br /&gt;
1928/1929&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Source&lt;br /&gt;
Deutsche Kunst und Dekoration: illustr. Monatshefte für moderne Malerei, Plastik, Architektur, Wohnungskunst u. künstlerisches Frauen-Arbeiten — 64. 1929&lt;br /&gt;
https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/dkd1929/0048/image&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Public Domain via Wikimedia Commons&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Vally_Wieselthier_im_Contempora_Studio,_New_York_City.jpg&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Hannah</name></author>
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		<title>Fichier:Fanny und Richrd HarlfingerÖNB Digit.jpg</title>
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		<updated>2026-06-02T12:12:52Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Hannah : Description
Deutsch: Fanny und Richard Harlfinger

Date
1905

Source
Österreichische Nationalbibliothek

Public Domain via Wikimedia Commons

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Fanny_und_Richrd_Harlfinger%C3%96NB_Digit.jpg&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Description ==&lt;br /&gt;
Description&lt;br /&gt;
Deutsch: Fanny und Richard Harlfinger&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Date&lt;br /&gt;
1905&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Source&lt;br /&gt;
Österreichische Nationalbibliothek&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Public Domain via Wikimedia Commons&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Fanny_und_Richrd_Harlfinger%C3%96NB_Digit.jpg&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Hannah</name></author>
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	<entry>
		<id>https://decaf-fr.literaturtirol.at/index.php?title=Fichier:Marie_Kirschner_Selbstportrait_1880.jpg&amp;diff=1352</id>
		<title>Fichier:Marie Kirschner Selbstportrait 1880.jpg</title>
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		<updated>2026-06-02T12:11:48Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Hannah : Description
Deutsch: Marie Kirschner (1852-1931), Selbstporträt

Date 1880

Public Domain via Wikimedia Commons

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Marie_Kirschner_Selbstportrait_1880.jpg&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Description ==&lt;br /&gt;
Description&lt;br /&gt;
Deutsch: Marie Kirschner (1852-1931), Selbstporträt&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Date 1880&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Public Domain via Wikimedia Commons&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Marie_Kirschner_Selbstportrait_1880.jpg&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Hannah</name></author>
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		<id>https://decaf-fr.literaturtirol.at/index.php?title=Fichier:Gustav_Gurschner.png&amp;diff=1351</id>
		<title>Fichier:Gustav Gurschner.png</title>
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		<updated>2026-06-02T12:10:38Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Hannah : Description
English: Austrian sculptor Gustav Gurschner, portrait painting published in The Artist: An Illustrated Monthly Record of Arts, Crafts and Industries, vol. 28 (1900), p. 80. The artist is credited on p. 76 as &amp;quot;Jules Koehler (Paris)&amp;quot;, possibly the Austrian artist Julius Köhler (1873 - 1929).

Date 
1 July 1900

Source
The Artist: An Illustrated Monthly Record of Arts, Crafts and Industries, vol. 28, published 1900

Public Domain via Wikimedia Commons

https://commons.wikimedia.org/w...&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Description ==&lt;br /&gt;
Description&lt;br /&gt;
English: Austrian sculptor Gustav Gurschner, portrait painting published in The Artist: An Illustrated Monthly Record of Arts, Crafts and Industries, vol. 28 (1900), p. 80. The artist is credited on p. 76 as &amp;quot;Jules Koehler (Paris)&amp;quot;, possibly the Austrian artist Julius Köhler (1873 - 1929).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Date &lt;br /&gt;
1 July 1900&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Source&lt;br /&gt;
The Artist: An Illustrated Monthly Record of Arts, Crafts and Industries, vol. 28, published 1900&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Public Domain via Wikimedia Commons&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Gustav_Gurschner.png&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Hannah</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://decaf-fr.literaturtirol.at/index.php?title=Fichier:Koloman_Moser.jpg&amp;diff=1350</id>
		<title>Fichier:Koloman Moser.jpg</title>
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		<updated>2026-06-02T12:08:46Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Hannah : Koloman Moser 1905

Public Domain via Wikimedia Commons

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Koloman_Moser.jpg&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Description ==&lt;br /&gt;
Koloman Moser 1905&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Public Domain via Wikimedia Commons&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Koloman_Moser.jpg&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Hannah</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://decaf-fr.literaturtirol.at/index.php?title=Fichier:Josef-Hoffmann.jpg&amp;diff=1349</id>
		<title>Fichier:Josef-Hoffmann.jpg</title>
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		<updated>2026-06-02T12:07:51Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Hannah : Josef Hoffmann (1902)

Stadtchronik Wien, Verlag Christian Brandstädter, p. 379

Public Domain via Wikimedia Commons&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Description ==&lt;br /&gt;
Josef Hoffmann (1902)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Stadtchronik Wien, Verlag Christian Brandstädter, p. 379&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Public Domain via Wikimedia Commons&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Hannah</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://decaf-fr.literaturtirol.at/index.php?title=Maurice_Ravel&amp;diff=1348</id>
		<title>Maurice Ravel</title>
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		<updated>2026-06-01T09:41:11Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Hannah : /* Le voyage à Vienne de 1929 */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[File:1920px-Maurice Ravel 1925.jpg|thumb|Maurice Ravel, 1925]]Maurice Ravel (* 7 mars 1875 à Ciboure, † 28 décembre 1937 à Paris) est l’un des compositeurs français majeurs de la première moitié du XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle avec Claude Debussy&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.musicologie.org/Biographies/d/debussy_c.html &amp;lt;/ref&amp;gt;, Gabriel Fauré&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.musicologie.org/Biographies/f/faure_gabriel.html &amp;lt;/ref&amp;gt;, [[Darius Milhaud]], [[Francis Poulenc]], Albert Roussel&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.musicologie.org/Biographies/r/roussel_albert.html &amp;lt;/ref&amp;gt; et Florent Schmitt&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.academiedesbeauxarts.fr/florent-schmitt&amp;lt;/ref&amp;gt;. Vouant une admiration profonde à [[Mozart]], lié d’amitié avec deux mélomanes autrichiennes, les sœurs Sophie Clemenceau-Szeps et [[Berta Zuckerkandl-Szeps]], très curieux de la musique d’[[Arnold Schönberg]], Ravel s’est senti naturellement attiré par l’Autriche. &#039;&#039;La Valse&#039;&#039; (1920) de Ravel rend hommage aux valses viennoises de Johann Strauss. Après avoir protesté pendant la Grande Guerre contre l’interdiction d’exécution d’œuvres de compositeurs autrichiens en France, il est ravi de donner des concerts à Vienne en 1920, 1929 et 1932. Sa rencontre avec le pianiste autrichien manchot Paul Wittgenstein en 1929 a favorisé la commande d’un de ses derniers chefs-d’œuvre, le &#039;&#039;Concerto pour la main gauche&#039;&#039; (1929–1931).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Mozart, compositeur de prédilection==&lt;br /&gt;
Maurice Ravel, né d’une mère française basque et d’un père né en Suisse d’ascendance savoyarde, se découvre précocement une vocation de musicien, encouragée par ses parents. Après des cours de piano privés auprès de divers maîtres, il se perfectionne sur cet instrument au Conservatoire national de Paris, où il étudie l’harmonie et la composition auprès d’Émile Pessard&amp;lt;ref&amp;gt;https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb14817131j&amp;lt;/ref&amp;gt;, et surtout d’André Gedalge&amp;lt;ref&amp;gt;https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb148003107&amp;lt;/ref&amp;gt; et Gabriel Fauré. Très tôt, il voit en Mozart un modèle, « le musicien le plus génial de tous les temps »&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 2228&amp;lt;/ref&amp;gt;, s’enthousiasmant pour le 3e acte de l’opéra &#039;&#039;Idomeneo, re di Creta&#039;&#039; (1781)&amp;lt;ref&amp;gt;&#039;&#039;ibid&#039;&#039;., 2259&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ravel rêve de se rendre en Autriche, d’y marcher sur les pas du maître de Salzbourg et d’en entendre un opéra au Staatsoper de Vienne&amp;lt;ref&amp;gt;&#039;&#039;ibid&#039;&#039;., 2220&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Sophie Clemenceau-Szeps et Berta Zuckerkandl-Szeps==&lt;br /&gt;
Les années précédant la Première Guerre mondiale, Ravel se lie d’amitié avec une mélomane autrichienne fixée à Paris, Sophie Clemenceau-Szeps (1864–1937), fille de Moritz Szeps&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Moritz_Szeps&amp;lt;/ref&amp;gt; (1835–1902), rédacteur en chef du journal &#039;&#039;Neues Wiener Tagblatt&#039;&#039;, et belle-sœur de Georges Clemenceau&amp;lt;ref&amp;gt;https://d-nb.info/gnd/118676407&amp;lt;/ref&amp;gt;, qui avait marié les parents du compositeur à la mairie de Montmartre en 1873&amp;lt;ref&amp;gt;&#039;&#039;ibid&#039;&#039;., 2639–2640&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ravel fréquente le salon musical de Sophie Clemenceau, 84, rue de Longchamp puis 12, avenue d’Eylau&amp;lt;ref&amp;gt;Chimènes 2004, 263–266&amp;lt;/ref&amp;gt;, ainsi que le Cercle Carré créé en 1913 par Paul Clemenceau&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/86917&amp;lt;/ref&amp;gt; : il peut y entendre de la musique de compositeurs autrichiens, notamment des œuvres de [[Gustav Mahler]], Arnold Schönberg, d’« admirables mélodies de Schubert »&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 2143&amp;lt;/ref&amp;gt;, interprétées par la chanteuse polonaise [[Marya Freund]]. Il y fait connaissance en 1912 de Berta Zuckerkandl et leur amitié est grandissante, les sœurs Szeps surnommant le musicien affectueusement Ariel&amp;lt;ref&amp;gt;Zuckerkandl-Szeps 1945&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ravel passe le réveillon de Noël traditionnellement chez les Clemenceau&amp;lt;ref&amp;gt;Jourdan-Morhange 1945, 48–49&amp;lt;/ref&amp;gt;, y compris à la fin de sa vie quand il est atteint d’une maladie neurologique&amp;lt;ref&amp;gt;Zuckerkandl-Szeps 1945&amp;lt;/ref&amp;gt;, et il dédie &#039;&#039;Ronde&#039;&#039;, 3&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; des &#039;&#039;Trois Chansons&#039;&#039; pour chœur mixte a cappella (1914–1915), à Sophie Clemenceau.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Johann Strauss, Joseph Haydn et Franz Schubert==&lt;br /&gt;
La musique autrichienne des XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt;–XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle a été une source d’inspiration pour Ravel après son dernier échec au concours du Prix de Rome en 1905. Dès juillet 1906, il songe à un poème symphonique intitulé &#039;&#039;Wien&#039;&#039;, destiné à son amie Misia Edwards&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.musee-orsay.fr/fr/ressources/repertoire-artistes-personnalites/misia-sert-204943&amp;lt;/ref&amp;gt; née Godebska, mécène des Ballets russes de Serge de Diaghilev&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.deutsche-biographie.de/pnd119190907.html&amp;lt;/ref&amp;gt; et égérie de nombreux peintres notamment des Nabis&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 228&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cependant, Ravel doit renoncer provisoirement à son projet d’hommage aux valses viennoises de Johann Strauss en raison de la guerre et de la priorité donnée à l’achèvement de son &#039;&#039;Trio&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;&#039;&#039;ibid&#039;&#039;., 589&amp;lt;/ref&amp;gt;. En septembre 1909, Ravel compose une petite pièce de piano, &#039;&#039;Menuet sur le nom d’Haydn&#039;&#039;, commandée par Jules Écorcheville&amp;lt;ref&amp;gt;https://data.bnf.fr/ark:/12148/cb124431526&amp;lt;/ref&amp;gt; pour un hommage collectif de la &#039;&#039;Revue musicale SIM&#039;&#039; du 15 janvier 1910, à l’occasion du centenaire de la mort de [[Joseph Haydn]]. En 1911, il compose ses &#039;&#039;Valses nobles et sentimentales&#039;&#039;, chaîne de huit valses « dans l’esprit des valses de Schubert, les unes nobles, les autres sentimentales »&amp;lt;ref&amp;gt;&#039;&#039;ibid&#039;&#039;., 2151&amp;lt;/ref&amp;gt;. Elles ont créées par Louis Aubert&amp;lt;ref&amp;gt;https://cths.fr/an/savant.php?id=121695&amp;lt;/ref&amp;gt; au concert sans noms d’auteurs de la SMI du 9 mai 1911&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/65764&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ravel les orchestre peu après pour le ballet &#039;&#039;Adélaïde ou le Langage des fleurs&#039;&#039; créé le 22 avril 1912 au Théâtre du Châtelet aux concerts de danses de Natacha Trouhanowa&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/60808&amp;lt;/ref&amp;gt;. La première de cette orchestration au concert est donnée au Casino de Paris sous la direction de Pierre Monteux&amp;lt;ref&amp;gt;https://data.bnf.fr/ark:/12148/cb138976454&amp;lt;/ref&amp;gt; le 15 février 1914.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Arnold Schönberg==&lt;br /&gt;
En 1909–1910, Ravel est à l’origine de la naissance de la Société musicale indépendante, avec un parti pris d’éclectisme et de promotion de « toutes les tentatives artistiques, sans distinction de genre, de nationalité, de style, ni d’école »&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/dossiers/id/466&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ainsi, avec son ami Alfredo Casella&amp;lt;ref&amp;gt;https://data.bnf.fr/ark:/12148/cb123331357&amp;lt;/ref&amp;gt;, lui aussi familier du salon de Sophie Clemenceau et porté sur la musique de Schönberg, Ravel coorganise un concert d’orchestre hors série de la SMI, en partenariat avec la Société des Grandes Auditions de France de la comtesse Greffuhle&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.musee-orsay.fr/fr/ressources/repertoire-artistes-personnalites/elisabeth-greffulhe-14012&amp;lt;/ref&amp;gt;, société dont Sophie Clemenceau est membre souscripteur. À ce concert du 22 juin 1913, au Théâtre du Châtelet, des extraits des &#039;&#039;Gurre-Lieder&#039;&#039; de Schönberg sont donnés en première audition parisienne par Marya Freund, sous la direction d’orchestre d’Oskar Fried&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/65738&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès novembre 1912, Igor Stravinsky&amp;lt;ref&amp;gt;https://hls-dhs-dss.ch/fr/articles/026975/2013-12-03/&amp;lt;/ref&amp;gt; attire la curiosité de Ravel sur le &#039;&#039;Pierrot lunaire op. 21&#039;&#039; de Schönberg, créé à Berlin le 16 octobre 1912&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 462–463&amp;lt;/ref&amp;gt;. Lors d’un séjour commun de Ravel avec Stravinsky à Clarens en Suisse au printemps 1913, il adresse à l’épouse d’Alfredo Casella, pour le comité de la SMI, un « projet mirifique d’un concert scandaleux » comprenant notamment &#039;&#039;Pierrot lunaire&#039;&#039; et les &#039;&#039;Trois Poèmes de Stéphane Mallarmé&#039;&#039; (1913) de Ravel, dont l’effectif instrumental s’inspire de celui de Schönberg&amp;lt;ref&amp;gt;&#039;&#039;ibid&#039;&#039;., 478–479&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ravel, qui ne parle pas allemand, demande à la SMI d’écrire à Schönberg pour solliciter son concours, mais le concert de la SMI du 14 janvier 1914 ne comporte pas &#039;&#039;Pierrot lunaire&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/71803&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pendant la Grande Guerre, Ravel est indigné par les &#039;&#039;Statuts&#039;&#039; de la Ligue nationale pour la défense de la musique française du 10 mars 1916, qui prône « l’interdiction d’exécuter publiquement en France des œuvres allemandes et autrichiennes &#039;&#039;contemporaines, non tombées dans le domaine public&#039;&#039; »&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 645&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il fait part de son refus d’adhérer à la ligue, dans une longue lettre à valeur de manifeste du 7 juin 1916 à son président-fondateur, Charles Tenroc&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/individus/id/25179&amp;lt;/ref&amp;gt;(1858–1946) : « Il m’importe peu que M. Schönberg, par exemple, soit de nationalité autrichienne. Il n’en est pas moins un musicien de haute valeur, dont les recherches pleines d’intérêt ont eu une influence heureuse sur certains compositeurs alliés, et jusque chez nous »&amp;lt;ref&amp;gt;&#039;&#039;ibid&#039;&#039;., 731&amp;lt;/ref&amp;gt;. En réponse, Ravel se voit menacé de non-programmation de ses œuvres&amp;lt;ref&amp;gt;&#039;&#039;ibid&#039;&#039;., 743&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1920, la SMI accueille Schönberg parmi les membres de son comité où siège Ravel&amp;lt;ref&amp;gt;Kerdiles 2022&amp;lt;/ref&amp;gt;. &#039;&#039;Pierrot lunaire&#039;&#039; est donné pour la première fois à la SMI, le 15 décembre 1927, Salle Pleyel, lors d’un Festival Arnold Schönberg, sous la direction du compositeur, avec Marya Freund au chant&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/72170&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Kerdiles 2022&amp;lt;/ref&amp;gt;. La première parisienne du &#039;&#039;Pierrot lunaire&#039;&#039;, dans la traduction française de Marya Freund, a eu lieu six ans plus tôt, lors de deux séances des Concerts Jean Wiéner avec Marya Freund au chant et sous la direction de Darius Milhaud : audition partielle le 15 décembre 1921, Salle des Agriculteurs&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/111857&amp;lt;/ref&amp;gt;, audition intégrale le 16 janvier 1922, Salle Gaveau&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/111593&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ravel, présent à ces auditions, juge l’« œuvre exceptionnelle »&amp;lt;ref&amp;gt;Jourdan-Morhange 1945, 103&amp;lt;/ref&amp;gt; et il reconnaît que, dans ses &#039;&#039;Trois Poèmes de Stéphane Mallarmé&#039;&#039; et ses trois &#039;&#039;Chansons madécasses&#039;&#039; (1925–1926), « il y a, comme dans le &#039;&#039;Pierrot lunaire&#039;&#039;, un contrepoint très strict », mais il y ajoute « l’élément charme, par lui [Schönberg] évité jusqu’à l’ascétisme, jusqu’au martyre »&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 2343&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Le voyage à Vienne de 1920==&lt;br /&gt;
Au printemps 1920, Sophie Clemenceau et Berta Zuckerkandl s’emploient avec énergie à organiser une série de trois concerts de Maurice Ravel en Autriche à l’automne suivant. L’impresario Hugo Knepler met sur pied deux Festivals Maurice Ravel qui obtiennent le soutien de l’État français et le patronage de l’ambassadeur de France en Autriche, Pierre Lefèvre-Pontalis, après des échanges entre Robert Brussel&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/individus/id/22825&amp;lt;/ref&amp;gt;, de la direction des beaux-arts rue de Valois, et [[Marcel Dunan]], de la Légation de France en Autriche : le 22 octobre 1920, au Konzerthaus, un concert d’orchestre dirigé par Oskar Fried&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/118197&amp;lt;/ref&amp;gt; ; le 25 octobre 1920, au Musikverein, un concert de musique de chambre avec le concours du compositeur au piano&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/118203&amp;lt;/ref&amp;gt;. Arnold Schönberg, président du &#039;&#039;Verein für musikalische Privataufführungen in Wien&#039;&#039;, organise un troisième concert en l’honneur de Ravel, le 23 octobre 1920 : ce concert de musique de chambre comprend des œuvres des compositeurs autrichiens [[Alban Berg]], Schönberg et [[Anton Webern]], ainsi que deux œuvres de Ravel, dont &#039;&#039;La Valse&#039;&#039; pour deux pianos donnée en création mondiale par Alfredo Casella et Ravel&amp;lt;ref&amp;gt;Casella 1920&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour ce premier séjour viennois, le compositeur loge successivement chez Berta Zuckerkandl et [[Alma Mahler]]. Dès son arrivée, Ravel assiste à deux représentations au Staatsoper : le 20 octobre 1920, &#039;&#039;Il Trittico&#039;&#039; de Puccini&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/118230&amp;lt;/ref&amp;gt; et le 21 octobre 1920, &#039;&#039;Die Frau ohne Schatten&#039;&#039; de Richard Strauss&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/118229&amp;lt;/ref&amp;gt;. Avant de quitter Vienne, ses hôtesses organisent un Heuriger (fête du vin nouveau) en l’honneur de Ravel dans une auberge à Döbling. Lors de cette fête, le compositeur demande à entendre des valses de Johann Strauss. Ravel dîne également chez [[Arthur Schnitzler]] et visite le château de Schönbrunn&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 2228&amp;lt;/ref&amp;gt;. Avant de rentrer en France avec Berta Zuckerkandl, il visite Salzbourg, la ville de Mozart, son compositeur préféré. Le voyage à Vienne enchante Ravel, tout comme l’exécution et la réception de ses œuvres&amp;lt;ref&amp;gt;&#039;&#039;ibid&#039;&#039;., 2225–2226&amp;lt;/ref&amp;gt;, et il est très ému par une anecdote : voulant acheter un article de maroquinerie, la vendeuse, en entendant le nom de Ravel, refuse de le faire payer, lui disant son admiration pour ses pièces de piano &#039;&#039;Jeux d’eau et Ondine&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;Zuckerkandl 1945&amp;lt;/ref&amp;gt;. Après ce voyage, Berta Zuckerkandl propose à Ravel de collaborer à une œuvre lyrique avec [[Hugo von Hofmannsthal]], mais ce projet reste lettre morte&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 1235–1236&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==La soirée franco-autrichienne au Claridge en l’honneur d’Ignaz Seipel==&lt;br /&gt;
Le 3 juin 1926, Ravel assiste à une soirée privée en l’honneur de l’ex-chancelier autrichien Ignaz Seipel&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.biographien.ac.at/oebl/oebl_S/Seipel_Ignaz_1876_1932.xml&amp;lt;/ref&amp;gt;, organisée à l’Hôtel Claridge à Paris par le ministre de la Guerre, Paul Painlevé&amp;lt;ref&amp;gt;https://cths.fr/an/savant.php?id=110961&amp;lt;/ref&amp;gt;, en présence de Sophie Clemenceau et Berta Zuckerkandl. Marya Freund chante des mélodies de Ravel, probablement accompagnées au piano par ce dernier&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/118194&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ravel a d’intéressantes conversations avec les présents et rappelle sa ferme intention que son ballet &#039;&#039;La Valse&#039;&#039;, « paraphrase des valses de Johann Strauss », soit d’abord donné à Vienne : « C’est l’endroit unique où devrait retentir cette musique franco-autrichienne »&amp;lt;ref&amp;gt;Zuckerkandl-Szeps 1939, 231–233&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Le voyage à Vienne de 1929==&lt;br /&gt;
[[File:MauriceRavelVienne1929 - Kopie.jpg|frame|Maurice Ravel lors de la première représentation du &#039;&#039;Bolero&#039;&#039; à Vienne sous sa direction le 22 février 1929, tournée européenne 1928–1929 des Ballets d&#039;Ida Rubinstein, décors d&#039;Alexandre Benois]]Ravel effectue un second voyage à Vienne en février–mars 1929, coupé par un bref aller-retour à Genève. Tout d’abord, Ravel dirige son &#039;&#039;Bolero&#039;&#039; le 22 février 1929&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/57663&amp;lt;/ref&amp;gt; et sa &#039;&#039;Valse&#039;&#039; le 24 février 1929&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/59136&amp;lt;/ref&amp;gt; au Staatsoper de Vienne, dans le cadre de la tournée européenne des Ballets Ida Rubinstein&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/individus/id/23749 &amp;lt;/ref&amp;gt;. En avril 1920, après le refus des Ballets russes de Serge de Diaghilev de monter &#039;&#039;La Valse&#039;&#039;, Ravel désire que son ballet soit représenté à Vienne. Son amie Berta Zuckerkandl tente d’intercéder auprès de Richard Strauss, mais sans succès&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 1248&amp;lt;/ref&amp;gt;. Par conséquent, la joie de Ravel doit être grande de donner enfin sa &#039;&#039;Valse&#039;&#039; à Vienne, neuf ans après sa composition et création en concert à Paris le 12 décembre 1920&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/61046&amp;lt;/ref&amp;gt;, et un mois après la première du ballet par les Ballets Ida Rubinstein à Monte-Carlo le 15 janvier 1929&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/58905&amp;lt;/ref&amp;gt; (une première version de ballet de &#039;&#039;La Valse&#039;&#039; par Sonia Korty fut donnée à Anvers le 2 octobre 1926 en l’absence de Ravel). Ce deuxième séjour viennois de Ravel a aussi pour but d’assister, le 14 mars 1929, à la première de &#039;&#039;Das Zauberwort&#039;&#039; [&#039;&#039;Le mot magique&#039;&#039;], version allemande de &#039;&#039;L’Enfant et les Sortilèges&#039;&#039;, traduit par Egon Bloch, dans des décors et costumes d’Eugen Steinhof&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.deutsche-biographie.de/sfz145716.html&amp;lt;/ref&amp;gt; et une mise en scène de Lothar Wallerstein&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.biographien.ac.at/oebl/oebl_W/Wallerstein_Lothar_1882_1949.xml&amp;lt;/ref&amp;gt;, sous la direction d’orchestre de Robert Heger&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.musiklexikon.ac.at/ml/musik_H/Heger_Robert.xml&amp;lt;/ref&amp;gt;, au Staatsoper de Vienne&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/118206&amp;lt;/ref&amp;gt;. Lors du banquet qui suit la représentation, le bourgmestre de Vienne, Karl Seitz&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Karl_Seitz&amp;lt;/ref&amp;gt;, félicite le compositeur&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 1797&amp;lt;/ref&amp;gt;. Enfin, le 15 mars 1929, Ravel prend part, comme pianiste, à un festival de ses œuvres de musique de chambre, organisé par l’impresario Paul Bechert&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/118209&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il a également l’occasion d’entendre le pianiste manchot autrichien Paul Wittgenstein jouer, le 11 mars 1929&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/71566&amp;lt;/ref&amp;gt;, &#039;&#039;Panathäenzug op. 74&#039;&#039; pour la main gauche de Richard Strauss, sous la direction d’orchestre de Rhené-Baton&amp;lt;ref&amp;gt;https://data.bnf.fr/ark:/12148/cb13927603x&amp;lt;/ref&amp;gt;. Les discussions entre Ravel et le pianiste lors du banquet organisé le même jour par l’ambassadeur de France en Autriche, Bertrand Clauzel&amp;lt;ref&amp;gt;https://www2.assemblee-nationale.fr/sycomore/fiche?num_dept=11368&amp;lt;/ref&amp;gt;, lequel héberge le compositeur, débouchent peu après sur la commande par Wittgenstein à Ravel du &#039;&#039;Concerto pour la main gauche&#039;&#039;. Lors de ce séjour, la section viennoise de la Société internationale de musique contemporaine organise un Heuriger chez la chanteuse Ruzena Herlinger&amp;lt;ref&amp;gt;https://explore.gnd.network/gnd/116737220&amp;lt;/ref&amp;gt;, fête au cours de laquelle Erich Wolfgang Korngold&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Erich_Wolfgang_Korngold&amp;lt;/ref&amp;gt; joue au piano des extraits de son opérette &#039;&#039;Rosen aus Florida&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;Szmolyan 1975, 101&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Le voyage à Vienne de 1932==&lt;br /&gt;
Ravel revient une troisième et dernière fois à Vienne en 1932, dans le cadre de sa vaste tournée européenne avec la pianiste Marguerite Long&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/individus/id/17696/&amp;lt;/ref&amp;gt; pour faire découvrir le &#039;&#039;Concerto pour piano et orchestre&#039;&#039; (dit &#039;&#039;en sol&#039;&#039;). Le 2 février 1932, il dirige son concerto au Musikverein, en présence, entre autres, du président fédéral d’Autriche, [[Wilhelm Miklas]], et de l’ambassadeur de France en Autriche, Bertrand Clauzel, qui héberge le compositeur pour la seconde fois&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/58078&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le même jour, un concert d’œuvres de musique de chambre de Ravel est organisé en son honneur à l’ambassade de France, au cours duquel il joue la partie de piano de ses &#039;&#039;Chansons madécasses&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/118223&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le Quatuor Galimir y joue le &#039;&#039;Quatuor à cordes&#039;&#039; et l’enregistre deux ans plus tard à Paris en présence du compositeur&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 2716&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le séjour de Ravel a mal commencé : le 30 janvier 1932, lors d’un concert privé chez Paul Wittgenstein, Ravel est scandalisé par l’interprétation trop infidèle de son &#039;&#039;Concerto pour la main gauche&#039;&#039;, dans la version pour deux pianos, par Wittgenstein et Walter Bricht&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/118224&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Long 1984, 86–87 ; Waugh 2008, 174–178&amp;lt;/ref&amp;gt;. La version orchestrale du concerto a été créée le 5 janvier 1932 au Musikverein par le Wiener Symphoniker dirigé par Robert Heger, avec Wittgenstein pour soliste, en l’absence de Ravel&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/68716&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Paul Wittgenstein à Paris==&lt;br /&gt;
L’incident de Vienne conduit Ravel à exiger de Wittgenstein, par lettre recommandée du 7 mars 1932, qu’il respecte scrupuleusement la partition du &#039;&#039;Concerto pour la main gauche&#039;&#039;. Face au refus catégorique du pianiste, le 17 mars 1932&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 1915–1918&amp;lt;/ref&amp;gt;, la première audition parisienne par l’Orchestre symphonique de Paris (OSP) et Wittgenstein sous la direction de Ravel prévue le 25 mars 1932 est annulée&amp;lt;ref&amp;gt;Cornejo 2024&amp;lt;/ref&amp;gt;. En outre, Ravel écrit à Paul Bechert l’été 1932 pour rappeler son opposition formelle à toute modification volontaire de sa partition par Wittgenstein et pour dénoncer l’existence d’une partition imprimée illicite de son œuvre à Vienne&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 1926–1927&amp;lt;/ref&amp;gt;. Malgré sa contrariété, Ravel consent à diriger son concerto, à la tête de l’OSP, avec Wittgenstein comme soliste, le 17 janvier 1933 à la Salle Pleyel&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/58004&amp;lt;/ref&amp;gt;. Trois mois plus tard, le 12 avril 1933, Ravel, qui prend part à un festival de ses œuvres à Monte-Carlo et y dirige entre autres &#039;&#039;La Valse&#039;&#039; et &#039;&#039;Bolero&#039;&#039;, peut entendre de nouveau Wittgenstein interpréter le &#039;&#039;Concerto pour la main gauche&#039;&#039; dirigé par Paul Paray&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/58020&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il faut attendre la fin de l’exclusivité de cinq ans accordée par contrat à Wittgenstein pour voir d’autres interprètes jouer l’œuvre, à commencer par Jacques Février&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/individus/id/18557&amp;lt;/ref&amp;gt;, spécialement choisi par Ravel et Marguerite Long, le 19 mars 1937&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/61119&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Hommages posthumes==&lt;br /&gt;
Lors du décès de Ravel à Paris, le 28 décembre 1937, le Wiener Philharmoniker adresse une lettre de condoléances au ministre français des Beaux-arts, Jean Zay&amp;lt;ref&amp;gt;https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb120968704&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Cornejo 2025, 2027&amp;lt;/ref&amp;gt;, et un Festival Ravel est organisé par le Musica Viva Orchester le 18 janvier 1938&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/58125&amp;lt;/ref&amp;gt;, quelques mois avant l’Anschluss qui conduit de nombreuses connaissances viennoises de Ravel à l’exil, dont Paul Bechert, Alma Mahler, Arnold Schönberg, [[Paul Stefan]] et Jella Braun-Fernwald&amp;lt;ref&amp;gt;https://explore.gnd.network/gnd/134336097&amp;lt;/ref&amp;gt;, Paul Wittgenstein et Berta Zuckerkandl.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Références et liens externes==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Bibliographie==&lt;br /&gt;
===Littérature primaire===&lt;br /&gt;
*Casella, Alfredo : « Lettre de Vienne. Rome, novembre 1920 », Le Monde musical 21–22 (novembre 1920), p. 322.&amp;lt;br&amp;gt;URL : https://dezede.org/sources/id/131787&amp;lt;/br&amp;gt;&lt;br /&gt;
*Long, Marguerite : Au piano avec Maurice Ravel, Paris : G. Billaudot éditeur 1984.&lt;br /&gt;
*Mahler, Alma : Ma vie, Paris : Hachette 1985.&lt;br /&gt;
*Ravel, Maurice : Correspondance, écrits et entretiens, édition établie, présentée et annotée par Manuel Cornejo, Paris : Gallimard 2025.&lt;br /&gt;
*Stefan, Paul : « Un Festival Ravel à Vienne », La Revue musicale (février 1938), p. 151–152.&amp;lt;br&amp;gt;URL : https://dezede.org/sources/id/63238&amp;lt;/br&amp;gt;&lt;br /&gt;
*Szmolyan, Walter : « Maurice Ravel in Wien », Österreichische Musikzeitschrift 30/3 (mars 1975), p. 89–104.&lt;br /&gt;
*Szmolyan, Walter : « Noch einmal : Maurice Ravel in Wien », Österreichische Musikzeitschrift 30 (mai–juin 1975), p. 305.&lt;br /&gt;
*Zuckerkandl-Szeps Berthe : Souvenirs d’un monde disparu, Autriche 1878–1938, Paris : Calmann-Lévy 1939, p. 231–233.&amp;lt;br&amp;gt;URL : https://dezede.org/sources/id/131789&amp;lt;/br&amp;gt;&lt;br /&gt;
*Zuckerkandl-Szeps Bertha : « Souvenirs sur Maurice Ravel », Revue d’Alger 2/6 (1945), p. 47–53.&amp;lt;br&amp;gt;URL : https://dezede.org/sources/id/131788&amp;lt;/br&amp;gt;&lt;br /&gt;
===Littérature secondaire===&lt;br /&gt;
*Chimènes, Myriam : Mécènes et musiciens. Du salon au concert à Paris sous la IIIe République, Paris : Fayard 2004.&lt;br /&gt;
*Cornejo, Manuel : « Le Concerto pour la main gauche de Ravel (1932–1937) », Dezède [en ligne], 7 février 2024.&amp;lt;br&amp;gt;URL : https://dezede.org/dossiers/id/778&amp;lt;/br&amp;gt;&lt;br /&gt;
*Cornejo, Manuel : « Les concerts de Maurice Ravel en Autriche (1920, 1929 et 1932) », Dezède [en ligne], 15 avril 2026.&amp;lt;br&amp;gt;URL : https://dezede.org/dossiers/id/988&amp;lt;/br&amp;gt;&lt;br /&gt;
*Jourdan-Morhange, Hélène : Ravel et nous. L’homme. L’ami. Le musicien, Genève : Éditions du Milieu du Monde 1945.&lt;br /&gt;
*Kerdiles, Dimitri : « 1927. Schönberg à Paris ». In : Nouvelle histoire de la musique en France (1870–1950), sous la direction de l’équipe « Musique en France aux XIXe et XXe siècles : discours et idéologies », 9 mars 2022.&amp;lt;br&amp;gt;URL : https://emf.regroupement-rcms.org/nhmf-1927&amp;lt;/br&amp;gt;&lt;br /&gt;
*Meysels, Lucian O. : La femme de Vienne. De la splendeur viennoise au Troisième Reich. La vie de Berta Zuckerkandl, écrivain, journaliste, messagère entre Vienne et Paris, Paris : Chemin vert 1986, p. 228–229, 259–260.&lt;br /&gt;
*Waugh, Alexander : The House of Wittgenstein. A Family at War, Londres : Bloomsbury, 2008.&lt;br /&gt;
*Weirich Armelle : Berta Zuckerkandl. De Klimt à Rodin, une salonnière et critique d’art entre Vienne et Paris, Rennes : PUR 2023.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Auteur==&lt;br /&gt;
Manuel Cornejo&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mise en ligne : 28/05/2026&lt;br /&gt;
{{otherWiki|Maurice_Ravel}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Hannah</name></author>
	</entry>
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		<id>https://decaf-fr.literaturtirol.at/index.php?title=Maurice_Ravel&amp;diff=1347</id>
		<title>Maurice Ravel</title>
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		<updated>2026-06-01T09:40:00Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Hannah : /* Le voyage à Vienne de 1920 */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[File:1920px-Maurice Ravel 1925.jpg|thumb|Maurice Ravel, 1925]]Maurice Ravel (* 7 mars 1875 à Ciboure, † 28 décembre 1937 à Paris) est l’un des compositeurs français majeurs de la première moitié du XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle avec Claude Debussy&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.musicologie.org/Biographies/d/debussy_c.html &amp;lt;/ref&amp;gt;, Gabriel Fauré&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.musicologie.org/Biographies/f/faure_gabriel.html &amp;lt;/ref&amp;gt;, [[Darius Milhaud]], [[Francis Poulenc]], Albert Roussel&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.musicologie.org/Biographies/r/roussel_albert.html &amp;lt;/ref&amp;gt; et Florent Schmitt&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.academiedesbeauxarts.fr/florent-schmitt&amp;lt;/ref&amp;gt;. Vouant une admiration profonde à [[Mozart]], lié d’amitié avec deux mélomanes autrichiennes, les sœurs Sophie Clemenceau-Szeps et [[Berta Zuckerkandl-Szeps]], très curieux de la musique d’[[Arnold Schönberg]], Ravel s’est senti naturellement attiré par l’Autriche. &#039;&#039;La Valse&#039;&#039; (1920) de Ravel rend hommage aux valses viennoises de Johann Strauss. Après avoir protesté pendant la Grande Guerre contre l’interdiction d’exécution d’œuvres de compositeurs autrichiens en France, il est ravi de donner des concerts à Vienne en 1920, 1929 et 1932. Sa rencontre avec le pianiste autrichien manchot Paul Wittgenstein en 1929 a favorisé la commande d’un de ses derniers chefs-d’œuvre, le &#039;&#039;Concerto pour la main gauche&#039;&#039; (1929–1931).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Mozart, compositeur de prédilection==&lt;br /&gt;
Maurice Ravel, né d’une mère française basque et d’un père né en Suisse d’ascendance savoyarde, se découvre précocement une vocation de musicien, encouragée par ses parents. Après des cours de piano privés auprès de divers maîtres, il se perfectionne sur cet instrument au Conservatoire national de Paris, où il étudie l’harmonie et la composition auprès d’Émile Pessard&amp;lt;ref&amp;gt;https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb14817131j&amp;lt;/ref&amp;gt;, et surtout d’André Gedalge&amp;lt;ref&amp;gt;https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb148003107&amp;lt;/ref&amp;gt; et Gabriel Fauré. Très tôt, il voit en Mozart un modèle, « le musicien le plus génial de tous les temps »&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 2228&amp;lt;/ref&amp;gt;, s’enthousiasmant pour le 3e acte de l’opéra &#039;&#039;Idomeneo, re di Creta&#039;&#039; (1781)&amp;lt;ref&amp;gt;&#039;&#039;ibid&#039;&#039;., 2259&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ravel rêve de se rendre en Autriche, d’y marcher sur les pas du maître de Salzbourg et d’en entendre un opéra au Staatsoper de Vienne&amp;lt;ref&amp;gt;&#039;&#039;ibid&#039;&#039;., 2220&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Sophie Clemenceau-Szeps et Berta Zuckerkandl-Szeps==&lt;br /&gt;
Les années précédant la Première Guerre mondiale, Ravel se lie d’amitié avec une mélomane autrichienne fixée à Paris, Sophie Clemenceau-Szeps (1864–1937), fille de Moritz Szeps&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Moritz_Szeps&amp;lt;/ref&amp;gt; (1835–1902), rédacteur en chef du journal &#039;&#039;Neues Wiener Tagblatt&#039;&#039;, et belle-sœur de Georges Clemenceau&amp;lt;ref&amp;gt;https://d-nb.info/gnd/118676407&amp;lt;/ref&amp;gt;, qui avait marié les parents du compositeur à la mairie de Montmartre en 1873&amp;lt;ref&amp;gt;&#039;&#039;ibid&#039;&#039;., 2639–2640&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ravel fréquente le salon musical de Sophie Clemenceau, 84, rue de Longchamp puis 12, avenue d’Eylau&amp;lt;ref&amp;gt;Chimènes 2004, 263–266&amp;lt;/ref&amp;gt;, ainsi que le Cercle Carré créé en 1913 par Paul Clemenceau&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/86917&amp;lt;/ref&amp;gt; : il peut y entendre de la musique de compositeurs autrichiens, notamment des œuvres de [[Gustav Mahler]], Arnold Schönberg, d’« admirables mélodies de Schubert »&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 2143&amp;lt;/ref&amp;gt;, interprétées par la chanteuse polonaise [[Marya Freund]]. Il y fait connaissance en 1912 de Berta Zuckerkandl et leur amitié est grandissante, les sœurs Szeps surnommant le musicien affectueusement Ariel&amp;lt;ref&amp;gt;Zuckerkandl-Szeps 1945&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ravel passe le réveillon de Noël traditionnellement chez les Clemenceau&amp;lt;ref&amp;gt;Jourdan-Morhange 1945, 48–49&amp;lt;/ref&amp;gt;, y compris à la fin de sa vie quand il est atteint d’une maladie neurologique&amp;lt;ref&amp;gt;Zuckerkandl-Szeps 1945&amp;lt;/ref&amp;gt;, et il dédie &#039;&#039;Ronde&#039;&#039;, 3&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; des &#039;&#039;Trois Chansons&#039;&#039; pour chœur mixte a cappella (1914–1915), à Sophie Clemenceau.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Johann Strauss, Joseph Haydn et Franz Schubert==&lt;br /&gt;
La musique autrichienne des XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt;–XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle a été une source d’inspiration pour Ravel après son dernier échec au concours du Prix de Rome en 1905. Dès juillet 1906, il songe à un poème symphonique intitulé &#039;&#039;Wien&#039;&#039;, destiné à son amie Misia Edwards&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.musee-orsay.fr/fr/ressources/repertoire-artistes-personnalites/misia-sert-204943&amp;lt;/ref&amp;gt; née Godebska, mécène des Ballets russes de Serge de Diaghilev&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.deutsche-biographie.de/pnd119190907.html&amp;lt;/ref&amp;gt; et égérie de nombreux peintres notamment des Nabis&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 228&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cependant, Ravel doit renoncer provisoirement à son projet d’hommage aux valses viennoises de Johann Strauss en raison de la guerre et de la priorité donnée à l’achèvement de son &#039;&#039;Trio&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;&#039;&#039;ibid&#039;&#039;., 589&amp;lt;/ref&amp;gt;. En septembre 1909, Ravel compose une petite pièce de piano, &#039;&#039;Menuet sur le nom d’Haydn&#039;&#039;, commandée par Jules Écorcheville&amp;lt;ref&amp;gt;https://data.bnf.fr/ark:/12148/cb124431526&amp;lt;/ref&amp;gt; pour un hommage collectif de la &#039;&#039;Revue musicale SIM&#039;&#039; du 15 janvier 1910, à l’occasion du centenaire de la mort de [[Joseph Haydn]]. En 1911, il compose ses &#039;&#039;Valses nobles et sentimentales&#039;&#039;, chaîne de huit valses « dans l’esprit des valses de Schubert, les unes nobles, les autres sentimentales »&amp;lt;ref&amp;gt;&#039;&#039;ibid&#039;&#039;., 2151&amp;lt;/ref&amp;gt;. Elles ont créées par Louis Aubert&amp;lt;ref&amp;gt;https://cths.fr/an/savant.php?id=121695&amp;lt;/ref&amp;gt; au concert sans noms d’auteurs de la SMI du 9 mai 1911&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/65764&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ravel les orchestre peu après pour le ballet &#039;&#039;Adélaïde ou le Langage des fleurs&#039;&#039; créé le 22 avril 1912 au Théâtre du Châtelet aux concerts de danses de Natacha Trouhanowa&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/60808&amp;lt;/ref&amp;gt;. La première de cette orchestration au concert est donnée au Casino de Paris sous la direction de Pierre Monteux&amp;lt;ref&amp;gt;https://data.bnf.fr/ark:/12148/cb138976454&amp;lt;/ref&amp;gt; le 15 février 1914.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Arnold Schönberg==&lt;br /&gt;
En 1909–1910, Ravel est à l’origine de la naissance de la Société musicale indépendante, avec un parti pris d’éclectisme et de promotion de « toutes les tentatives artistiques, sans distinction de genre, de nationalité, de style, ni d’école »&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/dossiers/id/466&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ainsi, avec son ami Alfredo Casella&amp;lt;ref&amp;gt;https://data.bnf.fr/ark:/12148/cb123331357&amp;lt;/ref&amp;gt;, lui aussi familier du salon de Sophie Clemenceau et porté sur la musique de Schönberg, Ravel coorganise un concert d’orchestre hors série de la SMI, en partenariat avec la Société des Grandes Auditions de France de la comtesse Greffuhle&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.musee-orsay.fr/fr/ressources/repertoire-artistes-personnalites/elisabeth-greffulhe-14012&amp;lt;/ref&amp;gt;, société dont Sophie Clemenceau est membre souscripteur. À ce concert du 22 juin 1913, au Théâtre du Châtelet, des extraits des &#039;&#039;Gurre-Lieder&#039;&#039; de Schönberg sont donnés en première audition parisienne par Marya Freund, sous la direction d’orchestre d’Oskar Fried&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/65738&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès novembre 1912, Igor Stravinsky&amp;lt;ref&amp;gt;https://hls-dhs-dss.ch/fr/articles/026975/2013-12-03/&amp;lt;/ref&amp;gt; attire la curiosité de Ravel sur le &#039;&#039;Pierrot lunaire op. 21&#039;&#039; de Schönberg, créé à Berlin le 16 octobre 1912&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 462–463&amp;lt;/ref&amp;gt;. Lors d’un séjour commun de Ravel avec Stravinsky à Clarens en Suisse au printemps 1913, il adresse à l’épouse d’Alfredo Casella, pour le comité de la SMI, un « projet mirifique d’un concert scandaleux » comprenant notamment &#039;&#039;Pierrot lunaire&#039;&#039; et les &#039;&#039;Trois Poèmes de Stéphane Mallarmé&#039;&#039; (1913) de Ravel, dont l’effectif instrumental s’inspire de celui de Schönberg&amp;lt;ref&amp;gt;&#039;&#039;ibid&#039;&#039;., 478–479&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ravel, qui ne parle pas allemand, demande à la SMI d’écrire à Schönberg pour solliciter son concours, mais le concert de la SMI du 14 janvier 1914 ne comporte pas &#039;&#039;Pierrot lunaire&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/71803&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pendant la Grande Guerre, Ravel est indigné par les &#039;&#039;Statuts&#039;&#039; de la Ligue nationale pour la défense de la musique française du 10 mars 1916, qui prône « l’interdiction d’exécuter publiquement en France des œuvres allemandes et autrichiennes &#039;&#039;contemporaines, non tombées dans le domaine public&#039;&#039; »&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 645&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il fait part de son refus d’adhérer à la ligue, dans une longue lettre à valeur de manifeste du 7 juin 1916 à son président-fondateur, Charles Tenroc&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/individus/id/25179&amp;lt;/ref&amp;gt;(1858–1946) : « Il m’importe peu que M. Schönberg, par exemple, soit de nationalité autrichienne. Il n’en est pas moins un musicien de haute valeur, dont les recherches pleines d’intérêt ont eu une influence heureuse sur certains compositeurs alliés, et jusque chez nous »&amp;lt;ref&amp;gt;&#039;&#039;ibid&#039;&#039;., 731&amp;lt;/ref&amp;gt;. En réponse, Ravel se voit menacé de non-programmation de ses œuvres&amp;lt;ref&amp;gt;&#039;&#039;ibid&#039;&#039;., 743&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1920, la SMI accueille Schönberg parmi les membres de son comité où siège Ravel&amp;lt;ref&amp;gt;Kerdiles 2022&amp;lt;/ref&amp;gt;. &#039;&#039;Pierrot lunaire&#039;&#039; est donné pour la première fois à la SMI, le 15 décembre 1927, Salle Pleyel, lors d’un Festival Arnold Schönberg, sous la direction du compositeur, avec Marya Freund au chant&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/72170&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Kerdiles 2022&amp;lt;/ref&amp;gt;. La première parisienne du &#039;&#039;Pierrot lunaire&#039;&#039;, dans la traduction française de Marya Freund, a eu lieu six ans plus tôt, lors de deux séances des Concerts Jean Wiéner avec Marya Freund au chant et sous la direction de Darius Milhaud : audition partielle le 15 décembre 1921, Salle des Agriculteurs&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/111857&amp;lt;/ref&amp;gt;, audition intégrale le 16 janvier 1922, Salle Gaveau&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/111593&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ravel, présent à ces auditions, juge l’« œuvre exceptionnelle »&amp;lt;ref&amp;gt;Jourdan-Morhange 1945, 103&amp;lt;/ref&amp;gt; et il reconnaît que, dans ses &#039;&#039;Trois Poèmes de Stéphane Mallarmé&#039;&#039; et ses trois &#039;&#039;Chansons madécasses&#039;&#039; (1925–1926), « il y a, comme dans le &#039;&#039;Pierrot lunaire&#039;&#039;, un contrepoint très strict », mais il y ajoute « l’élément charme, par lui [Schönberg] évité jusqu’à l’ascétisme, jusqu’au martyre »&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 2343&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Le voyage à Vienne de 1920==&lt;br /&gt;
Au printemps 1920, Sophie Clemenceau et Berta Zuckerkandl s’emploient avec énergie à organiser une série de trois concerts de Maurice Ravel en Autriche à l’automne suivant. L’impresario Hugo Knepler met sur pied deux Festivals Maurice Ravel qui obtiennent le soutien de l’État français et le patronage de l’ambassadeur de France en Autriche, Pierre Lefèvre-Pontalis, après des échanges entre Robert Brussel&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/individus/id/22825&amp;lt;/ref&amp;gt;, de la direction des beaux-arts rue de Valois, et [[Marcel Dunan]], de la Légation de France en Autriche : le 22 octobre 1920, au Konzerthaus, un concert d’orchestre dirigé par Oskar Fried&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/118197&amp;lt;/ref&amp;gt; ; le 25 octobre 1920, au Musikverein, un concert de musique de chambre avec le concours du compositeur au piano&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/118203&amp;lt;/ref&amp;gt;. Arnold Schönberg, président du &#039;&#039;Verein für musikalische Privataufführungen in Wien&#039;&#039;, organise un troisième concert en l’honneur de Ravel, le 23 octobre 1920 : ce concert de musique de chambre comprend des œuvres des compositeurs autrichiens [[Alban Berg]], Schönberg et [[Anton Webern]], ainsi que deux œuvres de Ravel, dont &#039;&#039;La Valse&#039;&#039; pour deux pianos donnée en création mondiale par Alfredo Casella et Ravel&amp;lt;ref&amp;gt;Casella 1920&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour ce premier séjour viennois, le compositeur loge successivement chez Berta Zuckerkandl et [[Alma Mahler]]. Dès son arrivée, Ravel assiste à deux représentations au Staatsoper : le 20 octobre 1920, &#039;&#039;Il Trittico&#039;&#039; de Puccini&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/118230&amp;lt;/ref&amp;gt; et le 21 octobre 1920, &#039;&#039;Die Frau ohne Schatten&#039;&#039; de Richard Strauss&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/118229&amp;lt;/ref&amp;gt;. Avant de quitter Vienne, ses hôtesses organisent un Heuriger (fête du vin nouveau) en l’honneur de Ravel dans une auberge à Döbling. Lors de cette fête, le compositeur demande à entendre des valses de Johann Strauss. Ravel dîne également chez [[Arthur Schnitzler]] et visite le château de Schönbrunn&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 2228&amp;lt;/ref&amp;gt;. Avant de rentrer en France avec Berta Zuckerkandl, il visite Salzbourg, la ville de Mozart, son compositeur préféré. Le voyage à Vienne enchante Ravel, tout comme l’exécution et la réception de ses œuvres&amp;lt;ref&amp;gt;&#039;&#039;ibid&#039;&#039;., 2225–2226&amp;lt;/ref&amp;gt;, et il est très ému par une anecdote : voulant acheter un article de maroquinerie, la vendeuse, en entendant le nom de Ravel, refuse de le faire payer, lui disant son admiration pour ses pièces de piano &#039;&#039;Jeux d’eau et Ondine&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;Zuckerkandl 1945&amp;lt;/ref&amp;gt;. Après ce voyage, Berta Zuckerkandl propose à Ravel de collaborer à une œuvre lyrique avec [[Hugo von Hofmannsthal]], mais ce projet reste lettre morte&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 1235–1236&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==La soirée franco-autrichienne au Claridge en l’honneur d’Ignaz Seipel==&lt;br /&gt;
Le 3 juin 1926, Ravel assiste à une soirée privée en l’honneur de l’ex-chancelier autrichien Ignaz Seipel&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.biographien.ac.at/oebl/oebl_S/Seipel_Ignaz_1876_1932.xml&amp;lt;/ref&amp;gt;, organisée à l’Hôtel Claridge à Paris par le ministre de la Guerre, Paul Painlevé&amp;lt;ref&amp;gt;https://cths.fr/an/savant.php?id=110961&amp;lt;/ref&amp;gt;, en présence de Sophie Clemenceau et Berta Zuckerkandl. Marya Freund chante des mélodies de Ravel, probablement accompagnées au piano par ce dernier&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/118194&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ravel a d’intéressantes conversations avec les présents et rappelle sa ferme intention que son ballet &#039;&#039;La Valse&#039;&#039;, « paraphrase des valses de Johann Strauss », soit d’abord donné à Vienne : « C’est l’endroit unique où devrait retentir cette musique franco-autrichienne »&amp;lt;ref&amp;gt;Zuckerkandl-Szeps 1939, 231–233&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Le voyage à Vienne de 1929==&lt;br /&gt;
[[File:MauriceRavelVienne1929 - Kopie.jpg|frame|Maurice Ravel lors de la première représentation du &#039;&#039;Bolero&#039;&#039; à Vienne sous sa direction le 22 février 1929, tournée européenne 1928–1929 des Ballets d&#039;Ida Rubinstein, décors d&#039;Alexandre Benois]]Ravel effectue un second voyage à Vienne en février–mars 1929, coupé par un bref aller-retour à Genève. Tout d’abord, Ravel dirige son &#039;&#039;Bolero&#039;&#039; le 22 février 1929&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/57663&amp;lt;/ref&amp;gt; et sa &#039;&#039;Valse&#039;&#039; le 24 février 1929&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/59136&amp;lt;/ref&amp;gt; au Staatsoper de Vienne, dans le cadre de la tournée européenne des Ballets Ida Rubinstein&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/individus/id/23749 &amp;lt;/ref&amp;gt;. En avril 1920, après le refus des Ballets russes de Serge de Diaghilev de monter &#039;&#039;La Valse&#039;&#039;, Ravel désire que son ballet soit représenté à Vienne. Son amie Berta Zuckerkandl tente d’intercéder auprès de Richard Strauss, mais sans succès&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 1248&amp;lt;/ref&amp;gt;. Par conséquent, la joie de Ravel doit être grande de donner enfin sa &#039;&#039;Valse&#039;&#039; à Vienne, neuf ans après sa composition et création en concert à Paris le 12 décembre 1920&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/61046&amp;lt;/ref&amp;gt;, et un mois après la première du ballet par les Ballets Ida Rubinstein à Monte-Carlo le 15 janvier 1929&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/58905&amp;lt;/ref&amp;gt; (une première version de ballet de &#039;&#039;La Valse&#039;&#039; par Sonia Korty fut donnée à Anvers le 2 octobre 1926 en l’absence de Ravel). Ce deuxième séjour viennois de Ravel a aussi pour but d’assister, le 14 mars 1929, à la première de &#039;&#039;Das Zauberwort&#039;&#039; [&#039;&#039;Le mot magique&#039;&#039;], version allemande de &#039;&#039;L’Enfant et les Sortilèges&#039;&#039;, traduit par Egon Bloch, dans des décors et costumes d’Eugen Steinhof&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.deutsche-biographie.de/sfz145716.html&amp;lt;/ref&amp;gt; et une mise en scène de Lothar Wallerstein&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.biographien.ac.at/oebl/oebl_W/Wallerstein_Lothar_1882_1949.xml&amp;lt;/ref&amp;gt;, sous la direction d’orchestre de Robert Heger&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.musiklexikon.ac.at/ml/musik_H/Heger_Robert.xml&amp;lt;/ref&amp;gt;, au Staatsoper de Vienne&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/118206&amp;lt;/ref&amp;gt;. Lors du banquet qui suit la représentation, le bourgmestre de Vienne, Karl Seitz&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Karl_Seitz&amp;lt;/ref&amp;gt;, félicite le compositeur&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 1797&amp;lt;/ref&amp;gt;. Enfin, le 15 mars 1929, Ravel prend part, comme pianiste, à un festival de ses œuvres de musique de chambre, organisé par l’impresario Paul Bechert&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/118209&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il a également l’occasion d’entendre le pianiste manchot autrichien Paul Wittgenstein jouer, le 11 mars 1929&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/71566&amp;lt;/ref&amp;gt;, &#039;&#039;Panathäenzug op. 74&#039;&#039; pour la main gauche de Richard Strauss, sous la direction d’orchestre de Rhené-Baton&amp;lt;ref&amp;gt;https://data.bnf.fr/ark:/12148/cb13927603x&amp;lt;/ref&amp;gt;. Les discussions entre Ravel et le pianiste lors du banquet organisé le même jour par l’ambassadeur de France en Autriche, Bertrand Clauzel&amp;lt;ref&amp;gt;https://www2.assemblee-nationale.fr/sycomore/fiche?num_dept=11368&amp;lt;/ref&amp;gt;, lequel héberge le compositeur, débouchent peu après sur la commande par Wittgenstein à Ravel du &#039;&#039;Concerto pour la main gauche&#039;&#039;. Lors de ce séjour, la section viennoise de la Société internationale de musique contemporaine organise un Heuriger chez la chanteuse Ruzena Herlinger&amp;lt;ref&amp;gt;https://explore.gnd.network/gnd/116737220&amp;lt;/ref&amp;gt;, fête au cours de laquelle Erich Wolfgang Korngold&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Erich_Wolfgang_Korngold&amp;lt;/ref&amp;gt; joue au piano des extraits de son opérette Rosen aus Florida&amp;lt;ref&amp;gt;Szmolyan 1975, 101&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Le voyage à Vienne de 1932==&lt;br /&gt;
Ravel revient une troisième et dernière fois à Vienne en 1932, dans le cadre de sa vaste tournée européenne avec la pianiste Marguerite Long&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/individus/id/17696/&amp;lt;/ref&amp;gt; pour faire découvrir le &#039;&#039;Concerto pour piano et orchestre&#039;&#039; (dit &#039;&#039;en sol&#039;&#039;). Le 2 février 1932, il dirige son concerto au Musikverein, en présence, entre autres, du président fédéral d’Autriche, [[Wilhelm Miklas]], et de l’ambassadeur de France en Autriche, Bertrand Clauzel, qui héberge le compositeur pour la seconde fois&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/58078&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le même jour, un concert d’œuvres de musique de chambre de Ravel est organisé en son honneur à l’ambassade de France, au cours duquel il joue la partie de piano de ses &#039;&#039;Chansons madécasses&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/118223&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le Quatuor Galimir y joue le &#039;&#039;Quatuor à cordes&#039;&#039; et l’enregistre deux ans plus tard à Paris en présence du compositeur&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 2716&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le séjour de Ravel a mal commencé : le 30 janvier 1932, lors d’un concert privé chez Paul Wittgenstein, Ravel est scandalisé par l’interprétation trop infidèle de son &#039;&#039;Concerto pour la main gauche&#039;&#039;, dans la version pour deux pianos, par Wittgenstein et Walter Bricht&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/118224&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Long 1984, 86–87 ; Waugh 2008, 174–178&amp;lt;/ref&amp;gt;. La version orchestrale du concerto a été créée le 5 janvier 1932 au Musikverein par le Wiener Symphoniker dirigé par Robert Heger, avec Wittgenstein pour soliste, en l’absence de Ravel&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/68716&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Paul Wittgenstein à Paris==&lt;br /&gt;
L’incident de Vienne conduit Ravel à exiger de Wittgenstein, par lettre recommandée du 7 mars 1932, qu’il respecte scrupuleusement la partition du &#039;&#039;Concerto pour la main gauche&#039;&#039;. Face au refus catégorique du pianiste, le 17 mars 1932&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 1915–1918&amp;lt;/ref&amp;gt;, la première audition parisienne par l’Orchestre symphonique de Paris (OSP) et Wittgenstein sous la direction de Ravel prévue le 25 mars 1932 est annulée&amp;lt;ref&amp;gt;Cornejo 2024&amp;lt;/ref&amp;gt;. En outre, Ravel écrit à Paul Bechert l’été 1932 pour rappeler son opposition formelle à toute modification volontaire de sa partition par Wittgenstein et pour dénoncer l’existence d’une partition imprimée illicite de son œuvre à Vienne&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 1926–1927&amp;lt;/ref&amp;gt;. Malgré sa contrariété, Ravel consent à diriger son concerto, à la tête de l’OSP, avec Wittgenstein comme soliste, le 17 janvier 1933 à la Salle Pleyel&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/58004&amp;lt;/ref&amp;gt;. Trois mois plus tard, le 12 avril 1933, Ravel, qui prend part à un festival de ses œuvres à Monte-Carlo et y dirige entre autres &#039;&#039;La Valse&#039;&#039; et &#039;&#039;Bolero&#039;&#039;, peut entendre de nouveau Wittgenstein interpréter le &#039;&#039;Concerto pour la main gauche&#039;&#039; dirigé par Paul Paray&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/58020&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il faut attendre la fin de l’exclusivité de cinq ans accordée par contrat à Wittgenstein pour voir d’autres interprètes jouer l’œuvre, à commencer par Jacques Février&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/individus/id/18557&amp;lt;/ref&amp;gt;, spécialement choisi par Ravel et Marguerite Long, le 19 mars 1937&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/61119&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Hommages posthumes==&lt;br /&gt;
Lors du décès de Ravel à Paris, le 28 décembre 1937, le Wiener Philharmoniker adresse une lettre de condoléances au ministre français des Beaux-arts, Jean Zay&amp;lt;ref&amp;gt;https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb120968704&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Cornejo 2025, 2027&amp;lt;/ref&amp;gt;, et un Festival Ravel est organisé par le Musica Viva Orchester le 18 janvier 1938&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/58125&amp;lt;/ref&amp;gt;, quelques mois avant l’Anschluss qui conduit de nombreuses connaissances viennoises de Ravel à l’exil, dont Paul Bechert, Alma Mahler, Arnold Schönberg, [[Paul Stefan]] et Jella Braun-Fernwald&amp;lt;ref&amp;gt;https://explore.gnd.network/gnd/134336097&amp;lt;/ref&amp;gt;, Paul Wittgenstein et Berta Zuckerkandl.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Références et liens externes==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Bibliographie==&lt;br /&gt;
===Littérature primaire===&lt;br /&gt;
*Casella, Alfredo : « Lettre de Vienne. Rome, novembre 1920 », Le Monde musical 21–22 (novembre 1920), p. 322.&amp;lt;br&amp;gt;URL : https://dezede.org/sources/id/131787&amp;lt;/br&amp;gt;&lt;br /&gt;
*Long, Marguerite : Au piano avec Maurice Ravel, Paris : G. Billaudot éditeur 1984.&lt;br /&gt;
*Mahler, Alma : Ma vie, Paris : Hachette 1985.&lt;br /&gt;
*Ravel, Maurice : Correspondance, écrits et entretiens, édition établie, présentée et annotée par Manuel Cornejo, Paris : Gallimard 2025.&lt;br /&gt;
*Stefan, Paul : « Un Festival Ravel à Vienne », La Revue musicale (février 1938), p. 151–152.&amp;lt;br&amp;gt;URL : https://dezede.org/sources/id/63238&amp;lt;/br&amp;gt;&lt;br /&gt;
*Szmolyan, Walter : « Maurice Ravel in Wien », Österreichische Musikzeitschrift 30/3 (mars 1975), p. 89–104.&lt;br /&gt;
*Szmolyan, Walter : « Noch einmal : Maurice Ravel in Wien », Österreichische Musikzeitschrift 30 (mai–juin 1975), p. 305.&lt;br /&gt;
*Zuckerkandl-Szeps Berthe : Souvenirs d’un monde disparu, Autriche 1878–1938, Paris : Calmann-Lévy 1939, p. 231–233.&amp;lt;br&amp;gt;URL : https://dezede.org/sources/id/131789&amp;lt;/br&amp;gt;&lt;br /&gt;
*Zuckerkandl-Szeps Bertha : « Souvenirs sur Maurice Ravel », Revue d’Alger 2/6 (1945), p. 47–53.&amp;lt;br&amp;gt;URL : https://dezede.org/sources/id/131788&amp;lt;/br&amp;gt;&lt;br /&gt;
===Littérature secondaire===&lt;br /&gt;
*Chimènes, Myriam : Mécènes et musiciens. Du salon au concert à Paris sous la IIIe République, Paris : Fayard 2004.&lt;br /&gt;
*Cornejo, Manuel : « Le Concerto pour la main gauche de Ravel (1932–1937) », Dezède [en ligne], 7 février 2024.&amp;lt;br&amp;gt;URL : https://dezede.org/dossiers/id/778&amp;lt;/br&amp;gt;&lt;br /&gt;
*Cornejo, Manuel : « Les concerts de Maurice Ravel en Autriche (1920, 1929 et 1932) », Dezède [en ligne], 15 avril 2026.&amp;lt;br&amp;gt;URL : https://dezede.org/dossiers/id/988&amp;lt;/br&amp;gt;&lt;br /&gt;
*Jourdan-Morhange, Hélène : Ravel et nous. L’homme. L’ami. Le musicien, Genève : Éditions du Milieu du Monde 1945.&lt;br /&gt;
*Kerdiles, Dimitri : « 1927. Schönberg à Paris ». In : Nouvelle histoire de la musique en France (1870–1950), sous la direction de l’équipe « Musique en France aux XIXe et XXe siècles : discours et idéologies », 9 mars 2022.&amp;lt;br&amp;gt;URL : https://emf.regroupement-rcms.org/nhmf-1927&amp;lt;/br&amp;gt;&lt;br /&gt;
*Meysels, Lucian O. : La femme de Vienne. De la splendeur viennoise au Troisième Reich. La vie de Berta Zuckerkandl, écrivain, journaliste, messagère entre Vienne et Paris, Paris : Chemin vert 1986, p. 228–229, 259–260.&lt;br /&gt;
*Waugh, Alexander : The House of Wittgenstein. A Family at War, Londres : Bloomsbury, 2008.&lt;br /&gt;
*Weirich Armelle : Berta Zuckerkandl. De Klimt à Rodin, une salonnière et critique d’art entre Vienne et Paris, Rennes : PUR 2023.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Auteur==&lt;br /&gt;
Manuel Cornejo&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mise en ligne : 28/05/2026&lt;br /&gt;
{{otherWiki|Maurice_Ravel}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Hannah</name></author>
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		<title>Maurice Ravel</title>
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		<updated>2026-06-01T09:39:41Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Hannah : /* Arnold Schönberg */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[File:1920px-Maurice Ravel 1925.jpg|thumb|Maurice Ravel, 1925]]Maurice Ravel (* 7 mars 1875 à Ciboure, † 28 décembre 1937 à Paris) est l’un des compositeurs français majeurs de la première moitié du XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle avec Claude Debussy&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.musicologie.org/Biographies/d/debussy_c.html &amp;lt;/ref&amp;gt;, Gabriel Fauré&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.musicologie.org/Biographies/f/faure_gabriel.html &amp;lt;/ref&amp;gt;, [[Darius Milhaud]], [[Francis Poulenc]], Albert Roussel&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.musicologie.org/Biographies/r/roussel_albert.html &amp;lt;/ref&amp;gt; et Florent Schmitt&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.academiedesbeauxarts.fr/florent-schmitt&amp;lt;/ref&amp;gt;. Vouant une admiration profonde à [[Mozart]], lié d’amitié avec deux mélomanes autrichiennes, les sœurs Sophie Clemenceau-Szeps et [[Berta Zuckerkandl-Szeps]], très curieux de la musique d’[[Arnold Schönberg]], Ravel s’est senti naturellement attiré par l’Autriche. &#039;&#039;La Valse&#039;&#039; (1920) de Ravel rend hommage aux valses viennoises de Johann Strauss. Après avoir protesté pendant la Grande Guerre contre l’interdiction d’exécution d’œuvres de compositeurs autrichiens en France, il est ravi de donner des concerts à Vienne en 1920, 1929 et 1932. Sa rencontre avec le pianiste autrichien manchot Paul Wittgenstein en 1929 a favorisé la commande d’un de ses derniers chefs-d’œuvre, le &#039;&#039;Concerto pour la main gauche&#039;&#039; (1929–1931).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Mozart, compositeur de prédilection==&lt;br /&gt;
Maurice Ravel, né d’une mère française basque et d’un père né en Suisse d’ascendance savoyarde, se découvre précocement une vocation de musicien, encouragée par ses parents. Après des cours de piano privés auprès de divers maîtres, il se perfectionne sur cet instrument au Conservatoire national de Paris, où il étudie l’harmonie et la composition auprès d’Émile Pessard&amp;lt;ref&amp;gt;https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb14817131j&amp;lt;/ref&amp;gt;, et surtout d’André Gedalge&amp;lt;ref&amp;gt;https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb148003107&amp;lt;/ref&amp;gt; et Gabriel Fauré. Très tôt, il voit en Mozart un modèle, « le musicien le plus génial de tous les temps »&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 2228&amp;lt;/ref&amp;gt;, s’enthousiasmant pour le 3e acte de l’opéra &#039;&#039;Idomeneo, re di Creta&#039;&#039; (1781)&amp;lt;ref&amp;gt;&#039;&#039;ibid&#039;&#039;., 2259&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ravel rêve de se rendre en Autriche, d’y marcher sur les pas du maître de Salzbourg et d’en entendre un opéra au Staatsoper de Vienne&amp;lt;ref&amp;gt;&#039;&#039;ibid&#039;&#039;., 2220&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Sophie Clemenceau-Szeps et Berta Zuckerkandl-Szeps==&lt;br /&gt;
Les années précédant la Première Guerre mondiale, Ravel se lie d’amitié avec une mélomane autrichienne fixée à Paris, Sophie Clemenceau-Szeps (1864–1937), fille de Moritz Szeps&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Moritz_Szeps&amp;lt;/ref&amp;gt; (1835–1902), rédacteur en chef du journal &#039;&#039;Neues Wiener Tagblatt&#039;&#039;, et belle-sœur de Georges Clemenceau&amp;lt;ref&amp;gt;https://d-nb.info/gnd/118676407&amp;lt;/ref&amp;gt;, qui avait marié les parents du compositeur à la mairie de Montmartre en 1873&amp;lt;ref&amp;gt;&#039;&#039;ibid&#039;&#039;., 2639–2640&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ravel fréquente le salon musical de Sophie Clemenceau, 84, rue de Longchamp puis 12, avenue d’Eylau&amp;lt;ref&amp;gt;Chimènes 2004, 263–266&amp;lt;/ref&amp;gt;, ainsi que le Cercle Carré créé en 1913 par Paul Clemenceau&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/86917&amp;lt;/ref&amp;gt; : il peut y entendre de la musique de compositeurs autrichiens, notamment des œuvres de [[Gustav Mahler]], Arnold Schönberg, d’« admirables mélodies de Schubert »&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 2143&amp;lt;/ref&amp;gt;, interprétées par la chanteuse polonaise [[Marya Freund]]. Il y fait connaissance en 1912 de Berta Zuckerkandl et leur amitié est grandissante, les sœurs Szeps surnommant le musicien affectueusement Ariel&amp;lt;ref&amp;gt;Zuckerkandl-Szeps 1945&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ravel passe le réveillon de Noël traditionnellement chez les Clemenceau&amp;lt;ref&amp;gt;Jourdan-Morhange 1945, 48–49&amp;lt;/ref&amp;gt;, y compris à la fin de sa vie quand il est atteint d’une maladie neurologique&amp;lt;ref&amp;gt;Zuckerkandl-Szeps 1945&amp;lt;/ref&amp;gt;, et il dédie &#039;&#039;Ronde&#039;&#039;, 3&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; des &#039;&#039;Trois Chansons&#039;&#039; pour chœur mixte a cappella (1914–1915), à Sophie Clemenceau.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Johann Strauss, Joseph Haydn et Franz Schubert==&lt;br /&gt;
La musique autrichienne des XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt;–XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle a été une source d’inspiration pour Ravel après son dernier échec au concours du Prix de Rome en 1905. Dès juillet 1906, il songe à un poème symphonique intitulé &#039;&#039;Wien&#039;&#039;, destiné à son amie Misia Edwards&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.musee-orsay.fr/fr/ressources/repertoire-artistes-personnalites/misia-sert-204943&amp;lt;/ref&amp;gt; née Godebska, mécène des Ballets russes de Serge de Diaghilev&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.deutsche-biographie.de/pnd119190907.html&amp;lt;/ref&amp;gt; et égérie de nombreux peintres notamment des Nabis&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 228&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cependant, Ravel doit renoncer provisoirement à son projet d’hommage aux valses viennoises de Johann Strauss en raison de la guerre et de la priorité donnée à l’achèvement de son &#039;&#039;Trio&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;&#039;&#039;ibid&#039;&#039;., 589&amp;lt;/ref&amp;gt;. En septembre 1909, Ravel compose une petite pièce de piano, &#039;&#039;Menuet sur le nom d’Haydn&#039;&#039;, commandée par Jules Écorcheville&amp;lt;ref&amp;gt;https://data.bnf.fr/ark:/12148/cb124431526&amp;lt;/ref&amp;gt; pour un hommage collectif de la &#039;&#039;Revue musicale SIM&#039;&#039; du 15 janvier 1910, à l’occasion du centenaire de la mort de [[Joseph Haydn]]. En 1911, il compose ses &#039;&#039;Valses nobles et sentimentales&#039;&#039;, chaîne de huit valses « dans l’esprit des valses de Schubert, les unes nobles, les autres sentimentales »&amp;lt;ref&amp;gt;&#039;&#039;ibid&#039;&#039;., 2151&amp;lt;/ref&amp;gt;. Elles ont créées par Louis Aubert&amp;lt;ref&amp;gt;https://cths.fr/an/savant.php?id=121695&amp;lt;/ref&amp;gt; au concert sans noms d’auteurs de la SMI du 9 mai 1911&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/65764&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ravel les orchestre peu après pour le ballet &#039;&#039;Adélaïde ou le Langage des fleurs&#039;&#039; créé le 22 avril 1912 au Théâtre du Châtelet aux concerts de danses de Natacha Trouhanowa&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/60808&amp;lt;/ref&amp;gt;. La première de cette orchestration au concert est donnée au Casino de Paris sous la direction de Pierre Monteux&amp;lt;ref&amp;gt;https://data.bnf.fr/ark:/12148/cb138976454&amp;lt;/ref&amp;gt; le 15 février 1914.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Arnold Schönberg==&lt;br /&gt;
En 1909–1910, Ravel est à l’origine de la naissance de la Société musicale indépendante, avec un parti pris d’éclectisme et de promotion de « toutes les tentatives artistiques, sans distinction de genre, de nationalité, de style, ni d’école »&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/dossiers/id/466&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ainsi, avec son ami Alfredo Casella&amp;lt;ref&amp;gt;https://data.bnf.fr/ark:/12148/cb123331357&amp;lt;/ref&amp;gt;, lui aussi familier du salon de Sophie Clemenceau et porté sur la musique de Schönberg, Ravel coorganise un concert d’orchestre hors série de la SMI, en partenariat avec la Société des Grandes Auditions de France de la comtesse Greffuhle&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.musee-orsay.fr/fr/ressources/repertoire-artistes-personnalites/elisabeth-greffulhe-14012&amp;lt;/ref&amp;gt;, société dont Sophie Clemenceau est membre souscripteur. À ce concert du 22 juin 1913, au Théâtre du Châtelet, des extraits des &#039;&#039;Gurre-Lieder&#039;&#039; de Schönberg sont donnés en première audition parisienne par Marya Freund, sous la direction d’orchestre d’Oskar Fried&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/65738&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès novembre 1912, Igor Stravinsky&amp;lt;ref&amp;gt;https://hls-dhs-dss.ch/fr/articles/026975/2013-12-03/&amp;lt;/ref&amp;gt; attire la curiosité de Ravel sur le &#039;&#039;Pierrot lunaire op. 21&#039;&#039; de Schönberg, créé à Berlin le 16 octobre 1912&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 462–463&amp;lt;/ref&amp;gt;. Lors d’un séjour commun de Ravel avec Stravinsky à Clarens en Suisse au printemps 1913, il adresse à l’épouse d’Alfredo Casella, pour le comité de la SMI, un « projet mirifique d’un concert scandaleux » comprenant notamment &#039;&#039;Pierrot lunaire&#039;&#039; et les &#039;&#039;Trois Poèmes de Stéphane Mallarmé&#039;&#039; (1913) de Ravel, dont l’effectif instrumental s’inspire de celui de Schönberg&amp;lt;ref&amp;gt;&#039;&#039;ibid&#039;&#039;., 478–479&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ravel, qui ne parle pas allemand, demande à la SMI d’écrire à Schönberg pour solliciter son concours, mais le concert de la SMI du 14 janvier 1914 ne comporte pas &#039;&#039;Pierrot lunaire&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/71803&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pendant la Grande Guerre, Ravel est indigné par les &#039;&#039;Statuts&#039;&#039; de la Ligue nationale pour la défense de la musique française du 10 mars 1916, qui prône « l’interdiction d’exécuter publiquement en France des œuvres allemandes et autrichiennes &#039;&#039;contemporaines, non tombées dans le domaine public&#039;&#039; »&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 645&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il fait part de son refus d’adhérer à la ligue, dans une longue lettre à valeur de manifeste du 7 juin 1916 à son président-fondateur, Charles Tenroc&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/individus/id/25179&amp;lt;/ref&amp;gt;(1858–1946) : « Il m’importe peu que M. Schönberg, par exemple, soit de nationalité autrichienne. Il n’en est pas moins un musicien de haute valeur, dont les recherches pleines d’intérêt ont eu une influence heureuse sur certains compositeurs alliés, et jusque chez nous »&amp;lt;ref&amp;gt;&#039;&#039;ibid&#039;&#039;., 731&amp;lt;/ref&amp;gt;. En réponse, Ravel se voit menacé de non-programmation de ses œuvres&amp;lt;ref&amp;gt;&#039;&#039;ibid&#039;&#039;., 743&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1920, la SMI accueille Schönberg parmi les membres de son comité où siège Ravel&amp;lt;ref&amp;gt;Kerdiles 2022&amp;lt;/ref&amp;gt;. &#039;&#039;Pierrot lunaire&#039;&#039; est donné pour la première fois à la SMI, le 15 décembre 1927, Salle Pleyel, lors d’un Festival Arnold Schönberg, sous la direction du compositeur, avec Marya Freund au chant&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/72170&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Kerdiles 2022&amp;lt;/ref&amp;gt;. La première parisienne du &#039;&#039;Pierrot lunaire&#039;&#039;, dans la traduction française de Marya Freund, a eu lieu six ans plus tôt, lors de deux séances des Concerts Jean Wiéner avec Marya Freund au chant et sous la direction de Darius Milhaud : audition partielle le 15 décembre 1921, Salle des Agriculteurs&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/111857&amp;lt;/ref&amp;gt;, audition intégrale le 16 janvier 1922, Salle Gaveau&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/111593&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ravel, présent à ces auditions, juge l’« œuvre exceptionnelle »&amp;lt;ref&amp;gt;Jourdan-Morhange 1945, 103&amp;lt;/ref&amp;gt; et il reconnaît que, dans ses &#039;&#039;Trois Poèmes de Stéphane Mallarmé&#039;&#039; et ses trois &#039;&#039;Chansons madécasses&#039;&#039; (1925–1926), « il y a, comme dans le &#039;&#039;Pierrot lunaire&#039;&#039;, un contrepoint très strict », mais il y ajoute « l’élément charme, par lui [Schönberg] évité jusqu’à l’ascétisme, jusqu’au martyre »&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 2343&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Le voyage à Vienne de 1920==&lt;br /&gt;
Au printemps 1920, Sophie Clemenceau et Berta Zuckerkandl s’emploient avec énergie à organiser une série de trois concerts de Maurice Ravel en Autriche à l’automne suivant. L’impresario Hugo Knepler met sur pied deux Festivals Maurice Ravel qui obtiennent le soutien de l’État français et le patronage de l’ambassadeur de France en Autriche, Pierre Lefèvre-Pontalis, après des échanges entre Robert Brussel&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/individus/id/22825&amp;lt;/ref&amp;gt;, de la direction des beaux-arts rue de Valois, et [[Marcel Dunan[[, de la Légation de France en Autriche : le 22 octobre 1920, au Konzerthaus, un concert d’orchestre dirigé par Oskar Fried&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/118197&amp;lt;/ref&amp;gt; ; le 25 octobre 1920, au Musikverein, un concert de musique de chambre avec le concours du compositeur au piano&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/118203&amp;lt;/ref&amp;gt;. Arnold Schönberg, président du &#039;&#039;Verein für musikalische Privataufführungen in Wien&#039;&#039;, organise un troisième concert en l’honneur de Ravel, le 23 octobre 1920 : ce concert de musique de chambre comprend des œuvres des compositeurs autrichiens [[Alban Berg]], Schönberg et [[Anton Webern]], ainsi que deux œuvres de Ravel, dont &#039;&#039;La Valse&#039;&#039; pour deux pianos donnée en création mondiale par Alfredo Casella et Ravel&amp;lt;ref&amp;gt;Casella 1920&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour ce premier séjour viennois, le compositeur loge successivement chez Berta Zuckerkandl et [[Alma Mahler]]. Dès son arrivée, Ravel assiste à deux représentations au Staatsoper : le 20 octobre 1920, &#039;&#039;Il Trittico&#039;&#039; de Puccini&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/118230&amp;lt;/ref&amp;gt; et le 21 octobre 1920, &#039;&#039;Die Frau ohne Schatten&#039;&#039; de Richard Strauss&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/118229&amp;lt;/ref&amp;gt;. Avant de quitter Vienne, ses hôtesses organisent un Heuriger (fête du vin nouveau) en l’honneur de Ravel dans une auberge à Döbling. Lors de cette fête, le compositeur demande à entendre des valses de Johann Strauss. Ravel dîne également chez [[Arthur Schnitzler]] et visite le château de Schönbrunn&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 2228&amp;lt;/ref&amp;gt;. Avant de rentrer en France avec Berta Zuckerkandl, il visite Salzbourg, la ville de Mozart, son compositeur préféré. Le voyage à Vienne enchante Ravel, tout comme l’exécution et la réception de ses œuvres&amp;lt;ref&amp;gt;&#039;&#039;ibid&#039;&#039;., 2225–2226&amp;lt;/ref&amp;gt;, et il est très ému par une anecdote : voulant acheter un article de maroquinerie, la vendeuse, en entendant le nom de Ravel, refuse de le faire payer, lui disant son admiration pour ses pièces de piano &#039;&#039;Jeux d’eau et Ondine&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;Zuckerkandl 1945&amp;lt;/ref&amp;gt;. Après ce voyage, Berta Zuckerkandl propose à Ravel de collaborer à une œuvre lyrique avec [[Hugo von Hofmannsthal]], mais ce projet reste lettre morte&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 1235–1236&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==La soirée franco-autrichienne au Claridge en l’honneur d’Ignaz Seipel==&lt;br /&gt;
Le 3 juin 1926, Ravel assiste à une soirée privée en l’honneur de l’ex-chancelier autrichien Ignaz Seipel&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.biographien.ac.at/oebl/oebl_S/Seipel_Ignaz_1876_1932.xml&amp;lt;/ref&amp;gt;, organisée à l’Hôtel Claridge à Paris par le ministre de la Guerre, Paul Painlevé&amp;lt;ref&amp;gt;https://cths.fr/an/savant.php?id=110961&amp;lt;/ref&amp;gt;, en présence de Sophie Clemenceau et Berta Zuckerkandl. Marya Freund chante des mélodies de Ravel, probablement accompagnées au piano par ce dernier&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/118194&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ravel a d’intéressantes conversations avec les présents et rappelle sa ferme intention que son ballet &#039;&#039;La Valse&#039;&#039;, « paraphrase des valses de Johann Strauss », soit d’abord donné à Vienne : « C’est l’endroit unique où devrait retentir cette musique franco-autrichienne »&amp;lt;ref&amp;gt;Zuckerkandl-Szeps 1939, 231–233&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Le voyage à Vienne de 1929==&lt;br /&gt;
[[File:MauriceRavelVienne1929 - Kopie.jpg|frame|Maurice Ravel lors de la première représentation du &#039;&#039;Bolero&#039;&#039; à Vienne sous sa direction le 22 février 1929, tournée européenne 1928–1929 des Ballets d&#039;Ida Rubinstein, décors d&#039;Alexandre Benois]]Ravel effectue un second voyage à Vienne en février–mars 1929, coupé par un bref aller-retour à Genève. Tout d’abord, Ravel dirige son &#039;&#039;Bolero&#039;&#039; le 22 février 1929&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/57663&amp;lt;/ref&amp;gt; et sa &#039;&#039;Valse&#039;&#039; le 24 février 1929&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/59136&amp;lt;/ref&amp;gt; au Staatsoper de Vienne, dans le cadre de la tournée européenne des Ballets Ida Rubinstein&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/individus/id/23749 &amp;lt;/ref&amp;gt;. En avril 1920, après le refus des Ballets russes de Serge de Diaghilev de monter &#039;&#039;La Valse&#039;&#039;, Ravel désire que son ballet soit représenté à Vienne. Son amie Berta Zuckerkandl tente d’intercéder auprès de Richard Strauss, mais sans succès&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 1248&amp;lt;/ref&amp;gt;. Par conséquent, la joie de Ravel doit être grande de donner enfin sa &#039;&#039;Valse&#039;&#039; à Vienne, neuf ans après sa composition et création en concert à Paris le 12 décembre 1920&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/61046&amp;lt;/ref&amp;gt;, et un mois après la première du ballet par les Ballets Ida Rubinstein à Monte-Carlo le 15 janvier 1929&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/58905&amp;lt;/ref&amp;gt; (une première version de ballet de &#039;&#039;La Valse&#039;&#039; par Sonia Korty fut donnée à Anvers le 2 octobre 1926 en l’absence de Ravel). Ce deuxième séjour viennois de Ravel a aussi pour but d’assister, le 14 mars 1929, à la première de &#039;&#039;Das Zauberwort&#039;&#039; [&#039;&#039;Le mot magique&#039;&#039;], version allemande de &#039;&#039;L’Enfant et les Sortilèges&#039;&#039;, traduit par Egon Bloch, dans des décors et costumes d’Eugen Steinhof&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.deutsche-biographie.de/sfz145716.html&amp;lt;/ref&amp;gt; et une mise en scène de Lothar Wallerstein&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.biographien.ac.at/oebl/oebl_W/Wallerstein_Lothar_1882_1949.xml&amp;lt;/ref&amp;gt;, sous la direction d’orchestre de Robert Heger&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.musiklexikon.ac.at/ml/musik_H/Heger_Robert.xml&amp;lt;/ref&amp;gt;, au Staatsoper de Vienne&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/118206&amp;lt;/ref&amp;gt;. Lors du banquet qui suit la représentation, le bourgmestre de Vienne, Karl Seitz&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Karl_Seitz&amp;lt;/ref&amp;gt;, félicite le compositeur&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 1797&amp;lt;/ref&amp;gt;. Enfin, le 15 mars 1929, Ravel prend part, comme pianiste, à un festival de ses œuvres de musique de chambre, organisé par l’impresario Paul Bechert&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/118209&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il a également l’occasion d’entendre le pianiste manchot autrichien Paul Wittgenstein jouer, le 11 mars 1929&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/71566&amp;lt;/ref&amp;gt;, &#039;&#039;Panathäenzug op. 74&#039;&#039; pour la main gauche de Richard Strauss, sous la direction d’orchestre de Rhené-Baton&amp;lt;ref&amp;gt;https://data.bnf.fr/ark:/12148/cb13927603x&amp;lt;/ref&amp;gt;. Les discussions entre Ravel et le pianiste lors du banquet organisé le même jour par l’ambassadeur de France en Autriche, Bertrand Clauzel&amp;lt;ref&amp;gt;https://www2.assemblee-nationale.fr/sycomore/fiche?num_dept=11368&amp;lt;/ref&amp;gt;, lequel héberge le compositeur, débouchent peu après sur la commande par Wittgenstein à Ravel du &#039;&#039;Concerto pour la main gauche&#039;&#039;. Lors de ce séjour, la section viennoise de la Société internationale de musique contemporaine organise un Heuriger chez la chanteuse Ruzena Herlinger&amp;lt;ref&amp;gt;https://explore.gnd.network/gnd/116737220&amp;lt;/ref&amp;gt;, fête au cours de laquelle Erich Wolfgang Korngold&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Erich_Wolfgang_Korngold&amp;lt;/ref&amp;gt; joue au piano des extraits de son opérette Rosen aus Florida&amp;lt;ref&amp;gt;Szmolyan 1975, 101&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Le voyage à Vienne de 1932==&lt;br /&gt;
Ravel revient une troisième et dernière fois à Vienne en 1932, dans le cadre de sa vaste tournée européenne avec la pianiste Marguerite Long&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/individus/id/17696/&amp;lt;/ref&amp;gt; pour faire découvrir le &#039;&#039;Concerto pour piano et orchestre&#039;&#039; (dit &#039;&#039;en sol&#039;&#039;). Le 2 février 1932, il dirige son concerto au Musikverein, en présence, entre autres, du président fédéral d’Autriche, [[Wilhelm Miklas]], et de l’ambassadeur de France en Autriche, Bertrand Clauzel, qui héberge le compositeur pour la seconde fois&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/58078&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le même jour, un concert d’œuvres de musique de chambre de Ravel est organisé en son honneur à l’ambassade de France, au cours duquel il joue la partie de piano de ses &#039;&#039;Chansons madécasses&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/118223&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le Quatuor Galimir y joue le &#039;&#039;Quatuor à cordes&#039;&#039; et l’enregistre deux ans plus tard à Paris en présence du compositeur&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 2716&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le séjour de Ravel a mal commencé : le 30 janvier 1932, lors d’un concert privé chez Paul Wittgenstein, Ravel est scandalisé par l’interprétation trop infidèle de son &#039;&#039;Concerto pour la main gauche&#039;&#039;, dans la version pour deux pianos, par Wittgenstein et Walter Bricht&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/118224&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Long 1984, 86–87 ; Waugh 2008, 174–178&amp;lt;/ref&amp;gt;. La version orchestrale du concerto a été créée le 5 janvier 1932 au Musikverein par le Wiener Symphoniker dirigé par Robert Heger, avec Wittgenstein pour soliste, en l’absence de Ravel&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/68716&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Paul Wittgenstein à Paris==&lt;br /&gt;
L’incident de Vienne conduit Ravel à exiger de Wittgenstein, par lettre recommandée du 7 mars 1932, qu’il respecte scrupuleusement la partition du &#039;&#039;Concerto pour la main gauche&#039;&#039;. Face au refus catégorique du pianiste, le 17 mars 1932&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 1915–1918&amp;lt;/ref&amp;gt;, la première audition parisienne par l’Orchestre symphonique de Paris (OSP) et Wittgenstein sous la direction de Ravel prévue le 25 mars 1932 est annulée&amp;lt;ref&amp;gt;Cornejo 2024&amp;lt;/ref&amp;gt;. En outre, Ravel écrit à Paul Bechert l’été 1932 pour rappeler son opposition formelle à toute modification volontaire de sa partition par Wittgenstein et pour dénoncer l’existence d’une partition imprimée illicite de son œuvre à Vienne&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 1926–1927&amp;lt;/ref&amp;gt;. Malgré sa contrariété, Ravel consent à diriger son concerto, à la tête de l’OSP, avec Wittgenstein comme soliste, le 17 janvier 1933 à la Salle Pleyel&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/58004&amp;lt;/ref&amp;gt;. Trois mois plus tard, le 12 avril 1933, Ravel, qui prend part à un festival de ses œuvres à Monte-Carlo et y dirige entre autres &#039;&#039;La Valse&#039;&#039; et &#039;&#039;Bolero&#039;&#039;, peut entendre de nouveau Wittgenstein interpréter le &#039;&#039;Concerto pour la main gauche&#039;&#039; dirigé par Paul Paray&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/58020&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il faut attendre la fin de l’exclusivité de cinq ans accordée par contrat à Wittgenstein pour voir d’autres interprètes jouer l’œuvre, à commencer par Jacques Février&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/individus/id/18557&amp;lt;/ref&amp;gt;, spécialement choisi par Ravel et Marguerite Long, le 19 mars 1937&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/61119&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Hommages posthumes==&lt;br /&gt;
Lors du décès de Ravel à Paris, le 28 décembre 1937, le Wiener Philharmoniker adresse une lettre de condoléances au ministre français des Beaux-arts, Jean Zay&amp;lt;ref&amp;gt;https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb120968704&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Cornejo 2025, 2027&amp;lt;/ref&amp;gt;, et un Festival Ravel est organisé par le Musica Viva Orchester le 18 janvier 1938&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/58125&amp;lt;/ref&amp;gt;, quelques mois avant l’Anschluss qui conduit de nombreuses connaissances viennoises de Ravel à l’exil, dont Paul Bechert, Alma Mahler, Arnold Schönberg, [[Paul Stefan]] et Jella Braun-Fernwald&amp;lt;ref&amp;gt;https://explore.gnd.network/gnd/134336097&amp;lt;/ref&amp;gt;, Paul Wittgenstein et Berta Zuckerkandl.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Références et liens externes==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Bibliographie==&lt;br /&gt;
===Littérature primaire===&lt;br /&gt;
*Casella, Alfredo : « Lettre de Vienne. Rome, novembre 1920 », Le Monde musical 21–22 (novembre 1920), p. 322.&amp;lt;br&amp;gt;URL : https://dezede.org/sources/id/131787&amp;lt;/br&amp;gt;&lt;br /&gt;
*Long, Marguerite : Au piano avec Maurice Ravel, Paris : G. Billaudot éditeur 1984.&lt;br /&gt;
*Mahler, Alma : Ma vie, Paris : Hachette 1985.&lt;br /&gt;
*Ravel, Maurice : Correspondance, écrits et entretiens, édition établie, présentée et annotée par Manuel Cornejo, Paris : Gallimard 2025.&lt;br /&gt;
*Stefan, Paul : « Un Festival Ravel à Vienne », La Revue musicale (février 1938), p. 151–152.&amp;lt;br&amp;gt;URL : https://dezede.org/sources/id/63238&amp;lt;/br&amp;gt;&lt;br /&gt;
*Szmolyan, Walter : « Maurice Ravel in Wien », Österreichische Musikzeitschrift 30/3 (mars 1975), p. 89–104.&lt;br /&gt;
*Szmolyan, Walter : « Noch einmal : Maurice Ravel in Wien », Österreichische Musikzeitschrift 30 (mai–juin 1975), p. 305.&lt;br /&gt;
*Zuckerkandl-Szeps Berthe : Souvenirs d’un monde disparu, Autriche 1878–1938, Paris : Calmann-Lévy 1939, p. 231–233.&amp;lt;br&amp;gt;URL : https://dezede.org/sources/id/131789&amp;lt;/br&amp;gt;&lt;br /&gt;
*Zuckerkandl-Szeps Bertha : « Souvenirs sur Maurice Ravel », Revue d’Alger 2/6 (1945), p. 47–53.&amp;lt;br&amp;gt;URL : https://dezede.org/sources/id/131788&amp;lt;/br&amp;gt;&lt;br /&gt;
===Littérature secondaire===&lt;br /&gt;
*Chimènes, Myriam : Mécènes et musiciens. Du salon au concert à Paris sous la IIIe République, Paris : Fayard 2004.&lt;br /&gt;
*Cornejo, Manuel : « Le Concerto pour la main gauche de Ravel (1932–1937) », Dezède [en ligne], 7 février 2024.&amp;lt;br&amp;gt;URL : https://dezede.org/dossiers/id/778&amp;lt;/br&amp;gt;&lt;br /&gt;
*Cornejo, Manuel : « Les concerts de Maurice Ravel en Autriche (1920, 1929 et 1932) », Dezède [en ligne], 15 avril 2026.&amp;lt;br&amp;gt;URL : https://dezede.org/dossiers/id/988&amp;lt;/br&amp;gt;&lt;br /&gt;
*Jourdan-Morhange, Hélène : Ravel et nous. L’homme. L’ami. Le musicien, Genève : Éditions du Milieu du Monde 1945.&lt;br /&gt;
*Kerdiles, Dimitri : « 1927. Schönberg à Paris ». In : Nouvelle histoire de la musique en France (1870–1950), sous la direction de l’équipe « Musique en France aux XIXe et XXe siècles : discours et idéologies », 9 mars 2022.&amp;lt;br&amp;gt;URL : https://emf.regroupement-rcms.org/nhmf-1927&amp;lt;/br&amp;gt;&lt;br /&gt;
*Meysels, Lucian O. : La femme de Vienne. De la splendeur viennoise au Troisième Reich. La vie de Berta Zuckerkandl, écrivain, journaliste, messagère entre Vienne et Paris, Paris : Chemin vert 1986, p. 228–229, 259–260.&lt;br /&gt;
*Waugh, Alexander : The House of Wittgenstein. A Family at War, Londres : Bloomsbury, 2008.&lt;br /&gt;
*Weirich Armelle : Berta Zuckerkandl. De Klimt à Rodin, une salonnière et critique d’art entre Vienne et Paris, Rennes : PUR 2023.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Auteur==&lt;br /&gt;
Manuel Cornejo&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mise en ligne : 28/05/2026&lt;br /&gt;
{{otherWiki|Maurice_Ravel}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Hannah</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://decaf-fr.literaturtirol.at/index.php?title=Maurice_Ravel&amp;diff=1345</id>
		<title>Maurice Ravel</title>
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		<updated>2026-06-01T09:38:59Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Hannah : /* Johann Strauss, Joseph Haydn et Franz Schubert */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[File:1920px-Maurice Ravel 1925.jpg|thumb|Maurice Ravel, 1925]]Maurice Ravel (* 7 mars 1875 à Ciboure, † 28 décembre 1937 à Paris) est l’un des compositeurs français majeurs de la première moitié du XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle avec Claude Debussy&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.musicologie.org/Biographies/d/debussy_c.html &amp;lt;/ref&amp;gt;, Gabriel Fauré&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.musicologie.org/Biographies/f/faure_gabriel.html &amp;lt;/ref&amp;gt;, [[Darius Milhaud]], [[Francis Poulenc]], Albert Roussel&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.musicologie.org/Biographies/r/roussel_albert.html &amp;lt;/ref&amp;gt; et Florent Schmitt&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.academiedesbeauxarts.fr/florent-schmitt&amp;lt;/ref&amp;gt;. Vouant une admiration profonde à [[Mozart]], lié d’amitié avec deux mélomanes autrichiennes, les sœurs Sophie Clemenceau-Szeps et [[Berta Zuckerkandl-Szeps]], très curieux de la musique d’[[Arnold Schönberg]], Ravel s’est senti naturellement attiré par l’Autriche. &#039;&#039;La Valse&#039;&#039; (1920) de Ravel rend hommage aux valses viennoises de Johann Strauss. Après avoir protesté pendant la Grande Guerre contre l’interdiction d’exécution d’œuvres de compositeurs autrichiens en France, il est ravi de donner des concerts à Vienne en 1920, 1929 et 1932. Sa rencontre avec le pianiste autrichien manchot Paul Wittgenstein en 1929 a favorisé la commande d’un de ses derniers chefs-d’œuvre, le &#039;&#039;Concerto pour la main gauche&#039;&#039; (1929–1931).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Mozart, compositeur de prédilection==&lt;br /&gt;
Maurice Ravel, né d’une mère française basque et d’un père né en Suisse d’ascendance savoyarde, se découvre précocement une vocation de musicien, encouragée par ses parents. Après des cours de piano privés auprès de divers maîtres, il se perfectionne sur cet instrument au Conservatoire national de Paris, où il étudie l’harmonie et la composition auprès d’Émile Pessard&amp;lt;ref&amp;gt;https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb14817131j&amp;lt;/ref&amp;gt;, et surtout d’André Gedalge&amp;lt;ref&amp;gt;https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb148003107&amp;lt;/ref&amp;gt; et Gabriel Fauré. Très tôt, il voit en Mozart un modèle, « le musicien le plus génial de tous les temps »&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 2228&amp;lt;/ref&amp;gt;, s’enthousiasmant pour le 3e acte de l’opéra &#039;&#039;Idomeneo, re di Creta&#039;&#039; (1781)&amp;lt;ref&amp;gt;&#039;&#039;ibid&#039;&#039;., 2259&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ravel rêve de se rendre en Autriche, d’y marcher sur les pas du maître de Salzbourg et d’en entendre un opéra au Staatsoper de Vienne&amp;lt;ref&amp;gt;&#039;&#039;ibid&#039;&#039;., 2220&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Sophie Clemenceau-Szeps et Berta Zuckerkandl-Szeps==&lt;br /&gt;
Les années précédant la Première Guerre mondiale, Ravel se lie d’amitié avec une mélomane autrichienne fixée à Paris, Sophie Clemenceau-Szeps (1864–1937), fille de Moritz Szeps&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Moritz_Szeps&amp;lt;/ref&amp;gt; (1835–1902), rédacteur en chef du journal &#039;&#039;Neues Wiener Tagblatt&#039;&#039;, et belle-sœur de Georges Clemenceau&amp;lt;ref&amp;gt;https://d-nb.info/gnd/118676407&amp;lt;/ref&amp;gt;, qui avait marié les parents du compositeur à la mairie de Montmartre en 1873&amp;lt;ref&amp;gt;&#039;&#039;ibid&#039;&#039;., 2639–2640&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ravel fréquente le salon musical de Sophie Clemenceau, 84, rue de Longchamp puis 12, avenue d’Eylau&amp;lt;ref&amp;gt;Chimènes 2004, 263–266&amp;lt;/ref&amp;gt;, ainsi que le Cercle Carré créé en 1913 par Paul Clemenceau&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/86917&amp;lt;/ref&amp;gt; : il peut y entendre de la musique de compositeurs autrichiens, notamment des œuvres de [[Gustav Mahler]], Arnold Schönberg, d’« admirables mélodies de Schubert »&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 2143&amp;lt;/ref&amp;gt;, interprétées par la chanteuse polonaise [[Marya Freund]]. Il y fait connaissance en 1912 de Berta Zuckerkandl et leur amitié est grandissante, les sœurs Szeps surnommant le musicien affectueusement Ariel&amp;lt;ref&amp;gt;Zuckerkandl-Szeps 1945&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ravel passe le réveillon de Noël traditionnellement chez les Clemenceau&amp;lt;ref&amp;gt;Jourdan-Morhange 1945, 48–49&amp;lt;/ref&amp;gt;, y compris à la fin de sa vie quand il est atteint d’une maladie neurologique&amp;lt;ref&amp;gt;Zuckerkandl-Szeps 1945&amp;lt;/ref&amp;gt;, et il dédie &#039;&#039;Ronde&#039;&#039;, 3&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; des &#039;&#039;Trois Chansons&#039;&#039; pour chœur mixte a cappella (1914–1915), à Sophie Clemenceau.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Johann Strauss, Joseph Haydn et Franz Schubert==&lt;br /&gt;
La musique autrichienne des XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt;–XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle a été une source d’inspiration pour Ravel après son dernier échec au concours du Prix de Rome en 1905. Dès juillet 1906, il songe à un poème symphonique intitulé &#039;&#039;Wien&#039;&#039;, destiné à son amie Misia Edwards&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.musee-orsay.fr/fr/ressources/repertoire-artistes-personnalites/misia-sert-204943&amp;lt;/ref&amp;gt; née Godebska, mécène des Ballets russes de Serge de Diaghilev&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.deutsche-biographie.de/pnd119190907.html&amp;lt;/ref&amp;gt; et égérie de nombreux peintres notamment des Nabis&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 228&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cependant, Ravel doit renoncer provisoirement à son projet d’hommage aux valses viennoises de Johann Strauss en raison de la guerre et de la priorité donnée à l’achèvement de son &#039;&#039;Trio&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;&#039;&#039;ibid&#039;&#039;., 589&amp;lt;/ref&amp;gt;. En septembre 1909, Ravel compose une petite pièce de piano, &#039;&#039;Menuet sur le nom d’Haydn&#039;&#039;, commandée par Jules Écorcheville&amp;lt;ref&amp;gt;https://data.bnf.fr/ark:/12148/cb124431526&amp;lt;/ref&amp;gt; pour un hommage collectif de la &#039;&#039;Revue musicale SIM&#039;&#039; du 15 janvier 1910, à l’occasion du centenaire de la mort de [[Joseph Haydn]]. En 1911, il compose ses &#039;&#039;Valses nobles et sentimentales&#039;&#039;, chaîne de huit valses « dans l’esprit des valses de Schubert, les unes nobles, les autres sentimentales »&amp;lt;ref&amp;gt;&#039;&#039;ibid&#039;&#039;., 2151&amp;lt;/ref&amp;gt;. Elles ont créées par Louis Aubert&amp;lt;ref&amp;gt;https://cths.fr/an/savant.php?id=121695&amp;lt;/ref&amp;gt; au concert sans noms d’auteurs de la SMI du 9 mai 1911&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/65764&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ravel les orchestre peu après pour le ballet &#039;&#039;Adélaïde ou le Langage des fleurs&#039;&#039; créé le 22 avril 1912 au Théâtre du Châtelet aux concerts de danses de Natacha Trouhanowa&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/60808&amp;lt;/ref&amp;gt;. La première de cette orchestration au concert est donnée au Casino de Paris sous la direction de Pierre Monteux&amp;lt;ref&amp;gt;https://data.bnf.fr/ark:/12148/cb138976454&amp;lt;/ref&amp;gt; le 15 février 1914.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Arnold Schönberg==&lt;br /&gt;
En 1909–1910, Ravel est à l’origine de la naissance de la Société musicale indépendante, avec un parti pris d’éclectisme et de promotion de « toutes les tentatives artistiques, sans distinction de genre, de nationalité, de style, ni d’école »&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/dossiers/id/466&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ainsi, avec son ami Alfredo Casella&amp;lt;ref&amp;gt;https://data.bnf.fr/ark:/12148/cb123331357&amp;lt;/ref&amp;gt;, lui aussi familier du salon de Sophie Clemenceau et porté sur la musique de Schönberg, Ravel coorganise un concert d’orchestre hors série de la SMI, en partenariat avec la Société des Grandes Auditions de France de la comtesse Greffuhle&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.musee-orsay.fr/fr/ressources/repertoire-artistes-personnalites/elisabeth-greffulhe-14012&amp;lt;/ref&amp;gt;, société dont Sophie Clemenceau est membre souscripteur. À ce concert du 22 juin 1913, au Théâtre du Châtelet, des extraits des &#039;&#039;Gurre-Lieder&#039;&#039; de Schönberg sont donnés en première audition parisienne par Marya Freund, sous la direction d’orchestre d’Oskar Fried&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/65738&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès novembre 1912, Igor Stravinsky&amp;lt;ref&amp;gt;https://hls-dhs-dss.ch/fr/articles/026975/2013-12-03/&amp;lt;/ref&amp;gt; attire la curiosité de Ravel sur le &#039;&#039;Pierrot lunaire op. 21&#039;&#039; de Schönberg, créé à Berlin le 16 octobre 1912&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 462–463&amp;lt;/ref&amp;gt;. Lors d’un séjour commun de Ravel avec Stravinsky à Clarens en Suisse au printemps 1913, il adresse à l’épouse d’Alfredo Casella, pour le comité de la SMI, un « projet mirifique d’un concert scandaleux » comprenant notamment &#039;&#039;Pierrot lunaire&#039;&#039; et les &#039;&#039;Trois Poèmes de Stéphane Mallarmé&#039;&#039; (1913) de Ravel, dont l’effectif instrumental s’inspire de celui de Schönberg&amp;lt;ref&amp;gt;&#039;&#039;ibid&#039;&#039;., 478–479&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ravel, qui ne parle pas allemand, demande à la SMI d’écrire à Schönberg pour solliciter son concours, mais le concert de la SMI du 14 janvier 1914 ne comporte pas &#039;&#039;Pierrot lunaire&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/71803&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pendant la Grande Guerre, Ravel est indigné par les &#039;&#039;Statuts&#039;&#039; de la Ligue nationale pour la défense de la musique française du 10 mars 1916, qui prône « l’interdiction d’exécuter publiquement en France des œuvres allemandes et autrichiennes &#039;&#039;contemporaines, non tombées dans le domaine public&#039;&#039; »&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 645&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il fait part de son refus d’adhérer à la ligue, dans une longue lettre à valeur de manifeste du 7 juin 1916 à son président-fondateur, Charles Tenroc&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/individus/id/25179&amp;lt;/ref&amp;gt;(1858–1946) : « Il m’importe peu que M. Schönberg, par exemple, soit de nationalité autrichienne. Il n’en est pas moins un musicien de haute valeur, dont les recherches pleines d’intérêt ont eu une influence heureuse sur certains compositeurs alliés, et jusque chez nous »&amp;lt;ref&amp;gt;&#039;&#039;ibid&#039;&#039;., 731&amp;lt;/ref&amp;gt;. En réponse, Ravel se voit menacé de non-programmation de ses œuvres&amp;lt;ref&amp;gt;&#039;&#039;ibid&#039;&#039;., 743&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1920, la SMI accueille Schönberg parmi les membres de son comité où siège Ravel&amp;lt;ref&amp;gt;Kerdiles 2022&amp;lt;/ref&amp;gt;. &#039;&#039;Pierrot lunaire&#039;&#039; est donné pour la première fois à la SMI, le 15 décembre 1927, Salle Pleyel, lors d’un Festival Arnold Schönberg, sous la direction du compositeur, avec Marya Freund au chant&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/72170&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Kerdiles 2022&amp;lt;/ref&amp;gt;. La première parisienne du &#039;&#039;Pierrot lunaire&#039;&#039;, dans la traduction française de Marya Freund, a eu lieu six ans plus tôt, lors de deux séances des Concerts Jean Wiéner avec Marya Freund au chant et sous la direction de Darius Milhaud : audition partielle le 15 décembre 1921, Salle des Agriculteurs&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/111857&amp;lt;/ref&amp;gt;, audition intégrale le 16 janvier 1922, Salle Gaveau&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/111593&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ravel, présent à ces auditions, juge l’« œuvre exceptionnelle »&amp;lt;ref&amp;gt;Jourdan-Morhange 1945, 103&amp;lt;/ref&amp;gt; et il reconnaît que, dans ses &#039;&#039;Trois Poèmes de Stéphane Mallarmé&#039;&#039; et ses trois &#039;&#039;Chansons madécasses&#039;&#039; (1925–1926), « il y a, comme dans le Pierrot lunaire, un contrepoint très strict », mais il y ajoute « l’élément charme, par lui [Schönberg] évité jusqu’à l’ascétisme, jusqu’au martyre »&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 2343&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Le voyage à Vienne de 1920==&lt;br /&gt;
Au printemps 1920, Sophie Clemenceau et Berta Zuckerkandl s’emploient avec énergie à organiser une série de trois concerts de Maurice Ravel en Autriche à l’automne suivant. L’impresario Hugo Knepler met sur pied deux Festivals Maurice Ravel qui obtiennent le soutien de l’État français et le patronage de l’ambassadeur de France en Autriche, Pierre Lefèvre-Pontalis, après des échanges entre Robert Brussel&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/individus/id/22825&amp;lt;/ref&amp;gt;, de la direction des beaux-arts rue de Valois, et [[Marcel Dunan[[, de la Légation de France en Autriche : le 22 octobre 1920, au Konzerthaus, un concert d’orchestre dirigé par Oskar Fried&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/118197&amp;lt;/ref&amp;gt; ; le 25 octobre 1920, au Musikverein, un concert de musique de chambre avec le concours du compositeur au piano&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/118203&amp;lt;/ref&amp;gt;. Arnold Schönberg, président du &#039;&#039;Verein für musikalische Privataufführungen in Wien&#039;&#039;, organise un troisième concert en l’honneur de Ravel, le 23 octobre 1920 : ce concert de musique de chambre comprend des œuvres des compositeurs autrichiens [[Alban Berg]], Schönberg et [[Anton Webern]], ainsi que deux œuvres de Ravel, dont &#039;&#039;La Valse&#039;&#039; pour deux pianos donnée en création mondiale par Alfredo Casella et Ravel&amp;lt;ref&amp;gt;Casella 1920&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour ce premier séjour viennois, le compositeur loge successivement chez Berta Zuckerkandl et [[Alma Mahler]]. Dès son arrivée, Ravel assiste à deux représentations au Staatsoper : le 20 octobre 1920, &#039;&#039;Il Trittico&#039;&#039; de Puccini&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/118230&amp;lt;/ref&amp;gt; et le 21 octobre 1920, &#039;&#039;Die Frau ohne Schatten&#039;&#039; de Richard Strauss&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/118229&amp;lt;/ref&amp;gt;. Avant de quitter Vienne, ses hôtesses organisent un Heuriger (fête du vin nouveau) en l’honneur de Ravel dans une auberge à Döbling. Lors de cette fête, le compositeur demande à entendre des valses de Johann Strauss. Ravel dîne également chez [[Arthur Schnitzler]] et visite le château de Schönbrunn&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 2228&amp;lt;/ref&amp;gt;. Avant de rentrer en France avec Berta Zuckerkandl, il visite Salzbourg, la ville de Mozart, son compositeur préféré. Le voyage à Vienne enchante Ravel, tout comme l’exécution et la réception de ses œuvres&amp;lt;ref&amp;gt;&#039;&#039;ibid&#039;&#039;., 2225–2226&amp;lt;/ref&amp;gt;, et il est très ému par une anecdote : voulant acheter un article de maroquinerie, la vendeuse, en entendant le nom de Ravel, refuse de le faire payer, lui disant son admiration pour ses pièces de piano &#039;&#039;Jeux d’eau et Ondine&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;Zuckerkandl 1945&amp;lt;/ref&amp;gt;. Après ce voyage, Berta Zuckerkandl propose à Ravel de collaborer à une œuvre lyrique avec [[Hugo von Hofmannsthal]], mais ce projet reste lettre morte&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 1235–1236&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==La soirée franco-autrichienne au Claridge en l’honneur d’Ignaz Seipel==&lt;br /&gt;
Le 3 juin 1926, Ravel assiste à une soirée privée en l’honneur de l’ex-chancelier autrichien Ignaz Seipel&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.biographien.ac.at/oebl/oebl_S/Seipel_Ignaz_1876_1932.xml&amp;lt;/ref&amp;gt;, organisée à l’Hôtel Claridge à Paris par le ministre de la Guerre, Paul Painlevé&amp;lt;ref&amp;gt;https://cths.fr/an/savant.php?id=110961&amp;lt;/ref&amp;gt;, en présence de Sophie Clemenceau et Berta Zuckerkandl. Marya Freund chante des mélodies de Ravel, probablement accompagnées au piano par ce dernier&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/118194&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ravel a d’intéressantes conversations avec les présents et rappelle sa ferme intention que son ballet &#039;&#039;La Valse&#039;&#039;, « paraphrase des valses de Johann Strauss », soit d’abord donné à Vienne : « C’est l’endroit unique où devrait retentir cette musique franco-autrichienne »&amp;lt;ref&amp;gt;Zuckerkandl-Szeps 1939, 231–233&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Le voyage à Vienne de 1929==&lt;br /&gt;
[[File:MauriceRavelVienne1929 - Kopie.jpg|frame|Maurice Ravel lors de la première représentation du &#039;&#039;Bolero&#039;&#039; à Vienne sous sa direction le 22 février 1929, tournée européenne 1928–1929 des Ballets d&#039;Ida Rubinstein, décors d&#039;Alexandre Benois]]Ravel effectue un second voyage à Vienne en février–mars 1929, coupé par un bref aller-retour à Genève. Tout d’abord, Ravel dirige son &#039;&#039;Bolero&#039;&#039; le 22 février 1929&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/57663&amp;lt;/ref&amp;gt; et sa &#039;&#039;Valse&#039;&#039; le 24 février 1929&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/59136&amp;lt;/ref&amp;gt; au Staatsoper de Vienne, dans le cadre de la tournée européenne des Ballets Ida Rubinstein&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/individus/id/23749 &amp;lt;/ref&amp;gt;. En avril 1920, après le refus des Ballets russes de Serge de Diaghilev de monter &#039;&#039;La Valse&#039;&#039;, Ravel désire que son ballet soit représenté à Vienne. Son amie Berta Zuckerkandl tente d’intercéder auprès de Richard Strauss, mais sans succès&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 1248&amp;lt;/ref&amp;gt;. Par conséquent, la joie de Ravel doit être grande de donner enfin sa &#039;&#039;Valse&#039;&#039; à Vienne, neuf ans après sa composition et création en concert à Paris le 12 décembre 1920&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/61046&amp;lt;/ref&amp;gt;, et un mois après la première du ballet par les Ballets Ida Rubinstein à Monte-Carlo le 15 janvier 1929&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/58905&amp;lt;/ref&amp;gt; (une première version de ballet de &#039;&#039;La Valse&#039;&#039; par Sonia Korty fut donnée à Anvers le 2 octobre 1926 en l’absence de Ravel). Ce deuxième séjour viennois de Ravel a aussi pour but d’assister, le 14 mars 1929, à la première de &#039;&#039;Das Zauberwort&#039;&#039; [&#039;&#039;Le mot magique&#039;&#039;], version allemande de &#039;&#039;L’Enfant et les Sortilèges&#039;&#039;, traduit par Egon Bloch, dans des décors et costumes d’Eugen Steinhof&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.deutsche-biographie.de/sfz145716.html&amp;lt;/ref&amp;gt; et une mise en scène de Lothar Wallerstein&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.biographien.ac.at/oebl/oebl_W/Wallerstein_Lothar_1882_1949.xml&amp;lt;/ref&amp;gt;, sous la direction d’orchestre de Robert Heger&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.musiklexikon.ac.at/ml/musik_H/Heger_Robert.xml&amp;lt;/ref&amp;gt;, au Staatsoper de Vienne&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/118206&amp;lt;/ref&amp;gt;. Lors du banquet qui suit la représentation, le bourgmestre de Vienne, Karl Seitz&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Karl_Seitz&amp;lt;/ref&amp;gt;, félicite le compositeur&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 1797&amp;lt;/ref&amp;gt;. Enfin, le 15 mars 1929, Ravel prend part, comme pianiste, à un festival de ses œuvres de musique de chambre, organisé par l’impresario Paul Bechert&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/118209&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il a également l’occasion d’entendre le pianiste manchot autrichien Paul Wittgenstein jouer, le 11 mars 1929&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/71566&amp;lt;/ref&amp;gt;, &#039;&#039;Panathäenzug op. 74&#039;&#039; pour la main gauche de Richard Strauss, sous la direction d’orchestre de Rhené-Baton&amp;lt;ref&amp;gt;https://data.bnf.fr/ark:/12148/cb13927603x&amp;lt;/ref&amp;gt;. Les discussions entre Ravel et le pianiste lors du banquet organisé le même jour par l’ambassadeur de France en Autriche, Bertrand Clauzel&amp;lt;ref&amp;gt;https://www2.assemblee-nationale.fr/sycomore/fiche?num_dept=11368&amp;lt;/ref&amp;gt;, lequel héberge le compositeur, débouchent peu après sur la commande par Wittgenstein à Ravel du &#039;&#039;Concerto pour la main gauche&#039;&#039;. Lors de ce séjour, la section viennoise de la Société internationale de musique contemporaine organise un Heuriger chez la chanteuse Ruzena Herlinger&amp;lt;ref&amp;gt;https://explore.gnd.network/gnd/116737220&amp;lt;/ref&amp;gt;, fête au cours de laquelle Erich Wolfgang Korngold&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Erich_Wolfgang_Korngold&amp;lt;/ref&amp;gt; joue au piano des extraits de son opérette Rosen aus Florida&amp;lt;ref&amp;gt;Szmolyan 1975, 101&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Le voyage à Vienne de 1932==&lt;br /&gt;
Ravel revient une troisième et dernière fois à Vienne en 1932, dans le cadre de sa vaste tournée européenne avec la pianiste Marguerite Long&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/individus/id/17696/&amp;lt;/ref&amp;gt; pour faire découvrir le &#039;&#039;Concerto pour piano et orchestre&#039;&#039; (dit &#039;&#039;en sol&#039;&#039;). Le 2 février 1932, il dirige son concerto au Musikverein, en présence, entre autres, du président fédéral d’Autriche, [[Wilhelm Miklas]], et de l’ambassadeur de France en Autriche, Bertrand Clauzel, qui héberge le compositeur pour la seconde fois&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/58078&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le même jour, un concert d’œuvres de musique de chambre de Ravel est organisé en son honneur à l’ambassade de France, au cours duquel il joue la partie de piano de ses &#039;&#039;Chansons madécasses&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/118223&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le Quatuor Galimir y joue le &#039;&#039;Quatuor à cordes&#039;&#039; et l’enregistre deux ans plus tard à Paris en présence du compositeur&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 2716&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le séjour de Ravel a mal commencé : le 30 janvier 1932, lors d’un concert privé chez Paul Wittgenstein, Ravel est scandalisé par l’interprétation trop infidèle de son &#039;&#039;Concerto pour la main gauche&#039;&#039;, dans la version pour deux pianos, par Wittgenstein et Walter Bricht&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/118224&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Long 1984, 86–87 ; Waugh 2008, 174–178&amp;lt;/ref&amp;gt;. La version orchestrale du concerto a été créée le 5 janvier 1932 au Musikverein par le Wiener Symphoniker dirigé par Robert Heger, avec Wittgenstein pour soliste, en l’absence de Ravel&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/68716&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Paul Wittgenstein à Paris==&lt;br /&gt;
L’incident de Vienne conduit Ravel à exiger de Wittgenstein, par lettre recommandée du 7 mars 1932, qu’il respecte scrupuleusement la partition du &#039;&#039;Concerto pour la main gauche&#039;&#039;. Face au refus catégorique du pianiste, le 17 mars 1932&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 1915–1918&amp;lt;/ref&amp;gt;, la première audition parisienne par l’Orchestre symphonique de Paris (OSP) et Wittgenstein sous la direction de Ravel prévue le 25 mars 1932 est annulée&amp;lt;ref&amp;gt;Cornejo 2024&amp;lt;/ref&amp;gt;. En outre, Ravel écrit à Paul Bechert l’été 1932 pour rappeler son opposition formelle à toute modification volontaire de sa partition par Wittgenstein et pour dénoncer l’existence d’une partition imprimée illicite de son œuvre à Vienne&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 1926–1927&amp;lt;/ref&amp;gt;. Malgré sa contrariété, Ravel consent à diriger son concerto, à la tête de l’OSP, avec Wittgenstein comme soliste, le 17 janvier 1933 à la Salle Pleyel&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/58004&amp;lt;/ref&amp;gt;. Trois mois plus tard, le 12 avril 1933, Ravel, qui prend part à un festival de ses œuvres à Monte-Carlo et y dirige entre autres &#039;&#039;La Valse&#039;&#039; et &#039;&#039;Bolero&#039;&#039;, peut entendre de nouveau Wittgenstein interpréter le &#039;&#039;Concerto pour la main gauche&#039;&#039; dirigé par Paul Paray&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/58020&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il faut attendre la fin de l’exclusivité de cinq ans accordée par contrat à Wittgenstein pour voir d’autres interprètes jouer l’œuvre, à commencer par Jacques Février&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/individus/id/18557&amp;lt;/ref&amp;gt;, spécialement choisi par Ravel et Marguerite Long, le 19 mars 1937&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/61119&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Hommages posthumes==&lt;br /&gt;
Lors du décès de Ravel à Paris, le 28 décembre 1937, le Wiener Philharmoniker adresse une lettre de condoléances au ministre français des Beaux-arts, Jean Zay&amp;lt;ref&amp;gt;https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb120968704&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Cornejo 2025, 2027&amp;lt;/ref&amp;gt;, et un Festival Ravel est organisé par le Musica Viva Orchester le 18 janvier 1938&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/58125&amp;lt;/ref&amp;gt;, quelques mois avant l’Anschluss qui conduit de nombreuses connaissances viennoises de Ravel à l’exil, dont Paul Bechert, Alma Mahler, Arnold Schönberg, [[Paul Stefan]] et Jella Braun-Fernwald&amp;lt;ref&amp;gt;https://explore.gnd.network/gnd/134336097&amp;lt;/ref&amp;gt;, Paul Wittgenstein et Berta Zuckerkandl.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Références et liens externes==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Bibliographie==&lt;br /&gt;
===Littérature primaire===&lt;br /&gt;
*Casella, Alfredo : « Lettre de Vienne. Rome, novembre 1920 », Le Monde musical 21–22 (novembre 1920), p. 322.&amp;lt;br&amp;gt;URL : https://dezede.org/sources/id/131787&amp;lt;/br&amp;gt;&lt;br /&gt;
*Long, Marguerite : Au piano avec Maurice Ravel, Paris : G. Billaudot éditeur 1984.&lt;br /&gt;
*Mahler, Alma : Ma vie, Paris : Hachette 1985.&lt;br /&gt;
*Ravel, Maurice : Correspondance, écrits et entretiens, édition établie, présentée et annotée par Manuel Cornejo, Paris : Gallimard 2025.&lt;br /&gt;
*Stefan, Paul : « Un Festival Ravel à Vienne », La Revue musicale (février 1938), p. 151–152.&amp;lt;br&amp;gt;URL : https://dezede.org/sources/id/63238&amp;lt;/br&amp;gt;&lt;br /&gt;
*Szmolyan, Walter : « Maurice Ravel in Wien », Österreichische Musikzeitschrift 30/3 (mars 1975), p. 89–104.&lt;br /&gt;
*Szmolyan, Walter : « Noch einmal : Maurice Ravel in Wien », Österreichische Musikzeitschrift 30 (mai–juin 1975), p. 305.&lt;br /&gt;
*Zuckerkandl-Szeps Berthe : Souvenirs d’un monde disparu, Autriche 1878–1938, Paris : Calmann-Lévy 1939, p. 231–233.&amp;lt;br&amp;gt;URL : https://dezede.org/sources/id/131789&amp;lt;/br&amp;gt;&lt;br /&gt;
*Zuckerkandl-Szeps Bertha : « Souvenirs sur Maurice Ravel », Revue d’Alger 2/6 (1945), p. 47–53.&amp;lt;br&amp;gt;URL : https://dezede.org/sources/id/131788&amp;lt;/br&amp;gt;&lt;br /&gt;
===Littérature secondaire===&lt;br /&gt;
*Chimènes, Myriam : Mécènes et musiciens. Du salon au concert à Paris sous la IIIe République, Paris : Fayard 2004.&lt;br /&gt;
*Cornejo, Manuel : « Le Concerto pour la main gauche de Ravel (1932–1937) », Dezède [en ligne], 7 février 2024.&amp;lt;br&amp;gt;URL : https://dezede.org/dossiers/id/778&amp;lt;/br&amp;gt;&lt;br /&gt;
*Cornejo, Manuel : « Les concerts de Maurice Ravel en Autriche (1920, 1929 et 1932) », Dezède [en ligne], 15 avril 2026.&amp;lt;br&amp;gt;URL : https://dezede.org/dossiers/id/988&amp;lt;/br&amp;gt;&lt;br /&gt;
*Jourdan-Morhange, Hélène : Ravel et nous. L’homme. L’ami. Le musicien, Genève : Éditions du Milieu du Monde 1945.&lt;br /&gt;
*Kerdiles, Dimitri : « 1927. Schönberg à Paris ». In : Nouvelle histoire de la musique en France (1870–1950), sous la direction de l’équipe « Musique en France aux XIXe et XXe siècles : discours et idéologies », 9 mars 2022.&amp;lt;br&amp;gt;URL : https://emf.regroupement-rcms.org/nhmf-1927&amp;lt;/br&amp;gt;&lt;br /&gt;
*Meysels, Lucian O. : La femme de Vienne. De la splendeur viennoise au Troisième Reich. La vie de Berta Zuckerkandl, écrivain, journaliste, messagère entre Vienne et Paris, Paris : Chemin vert 1986, p. 228–229, 259–260.&lt;br /&gt;
*Waugh, Alexander : The House of Wittgenstein. A Family at War, Londres : Bloomsbury, 2008.&lt;br /&gt;
*Weirich Armelle : Berta Zuckerkandl. De Klimt à Rodin, une salonnière et critique d’art entre Vienne et Paris, Rennes : PUR 2023.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Auteur==&lt;br /&gt;
Manuel Cornejo&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mise en ligne : 28/05/2026&lt;br /&gt;
{{otherWiki|Maurice_Ravel}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Hannah</name></author>
	</entry>
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		<title>Maurice Ravel</title>
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		<updated>2026-06-01T09:38:04Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Hannah : /* Johann Strauss, Joseph Haydn et Franz Schubert */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[File:1920px-Maurice Ravel 1925.jpg|thumb|Maurice Ravel, 1925]]Maurice Ravel (* 7 mars 1875 à Ciboure, † 28 décembre 1937 à Paris) est l’un des compositeurs français majeurs de la première moitié du XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle avec Claude Debussy&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.musicologie.org/Biographies/d/debussy_c.html &amp;lt;/ref&amp;gt;, Gabriel Fauré&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.musicologie.org/Biographies/f/faure_gabriel.html &amp;lt;/ref&amp;gt;, [[Darius Milhaud]], [[Francis Poulenc]], Albert Roussel&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.musicologie.org/Biographies/r/roussel_albert.html &amp;lt;/ref&amp;gt; et Florent Schmitt&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.academiedesbeauxarts.fr/florent-schmitt&amp;lt;/ref&amp;gt;. Vouant une admiration profonde à [[Mozart]], lié d’amitié avec deux mélomanes autrichiennes, les sœurs Sophie Clemenceau-Szeps et [[Berta Zuckerkandl-Szeps]], très curieux de la musique d’[[Arnold Schönberg]], Ravel s’est senti naturellement attiré par l’Autriche. &#039;&#039;La Valse&#039;&#039; (1920) de Ravel rend hommage aux valses viennoises de Johann Strauss. Après avoir protesté pendant la Grande Guerre contre l’interdiction d’exécution d’œuvres de compositeurs autrichiens en France, il est ravi de donner des concerts à Vienne en 1920, 1929 et 1932. Sa rencontre avec le pianiste autrichien manchot Paul Wittgenstein en 1929 a favorisé la commande d’un de ses derniers chefs-d’œuvre, le &#039;&#039;Concerto pour la main gauche&#039;&#039; (1929–1931).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Mozart, compositeur de prédilection==&lt;br /&gt;
Maurice Ravel, né d’une mère française basque et d’un père né en Suisse d’ascendance savoyarde, se découvre précocement une vocation de musicien, encouragée par ses parents. Après des cours de piano privés auprès de divers maîtres, il se perfectionne sur cet instrument au Conservatoire national de Paris, où il étudie l’harmonie et la composition auprès d’Émile Pessard&amp;lt;ref&amp;gt;https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb14817131j&amp;lt;/ref&amp;gt;, et surtout d’André Gedalge&amp;lt;ref&amp;gt;https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb148003107&amp;lt;/ref&amp;gt; et Gabriel Fauré. Très tôt, il voit en Mozart un modèle, « le musicien le plus génial de tous les temps »&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 2228&amp;lt;/ref&amp;gt;, s’enthousiasmant pour le 3e acte de l’opéra &#039;&#039;Idomeneo, re di Creta&#039;&#039; (1781)&amp;lt;ref&amp;gt;&#039;&#039;ibid&#039;&#039;., 2259&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ravel rêve de se rendre en Autriche, d’y marcher sur les pas du maître de Salzbourg et d’en entendre un opéra au Staatsoper de Vienne&amp;lt;ref&amp;gt;&#039;&#039;ibid&#039;&#039;., 2220&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Sophie Clemenceau-Szeps et Berta Zuckerkandl-Szeps==&lt;br /&gt;
Les années précédant la Première Guerre mondiale, Ravel se lie d’amitié avec une mélomane autrichienne fixée à Paris, Sophie Clemenceau-Szeps (1864–1937), fille de Moritz Szeps&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Moritz_Szeps&amp;lt;/ref&amp;gt; (1835–1902), rédacteur en chef du journal &#039;&#039;Neues Wiener Tagblatt&#039;&#039;, et belle-sœur de Georges Clemenceau&amp;lt;ref&amp;gt;https://d-nb.info/gnd/118676407&amp;lt;/ref&amp;gt;, qui avait marié les parents du compositeur à la mairie de Montmartre en 1873&amp;lt;ref&amp;gt;&#039;&#039;ibid&#039;&#039;., 2639–2640&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ravel fréquente le salon musical de Sophie Clemenceau, 84, rue de Longchamp puis 12, avenue d’Eylau&amp;lt;ref&amp;gt;Chimènes 2004, 263–266&amp;lt;/ref&amp;gt;, ainsi que le Cercle Carré créé en 1913 par Paul Clemenceau&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/86917&amp;lt;/ref&amp;gt; : il peut y entendre de la musique de compositeurs autrichiens, notamment des œuvres de [[Gustav Mahler]], Arnold Schönberg, d’« admirables mélodies de Schubert »&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 2143&amp;lt;/ref&amp;gt;, interprétées par la chanteuse polonaise [[Marya Freund]]. Il y fait connaissance en 1912 de Berta Zuckerkandl et leur amitié est grandissante, les sœurs Szeps surnommant le musicien affectueusement Ariel&amp;lt;ref&amp;gt;Zuckerkandl-Szeps 1945&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ravel passe le réveillon de Noël traditionnellement chez les Clemenceau&amp;lt;ref&amp;gt;Jourdan-Morhange 1945, 48–49&amp;lt;/ref&amp;gt;, y compris à la fin de sa vie quand il est atteint d’une maladie neurologique&amp;lt;ref&amp;gt;Zuckerkandl-Szeps 1945&amp;lt;/ref&amp;gt;, et il dédie &#039;&#039;Ronde&#039;&#039;, 3&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; des &#039;&#039;Trois Chansons&#039;&#039; pour chœur mixte a cappella (1914–1915), à Sophie Clemenceau.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Johann Strauss, Joseph Haydn et Franz Schubert==&lt;br /&gt;
La musique autrichienne des XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt;–XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle a été une source d’inspiration pour Ravel après son dernier échec au concours du Prix de Rome en 1905. Dès juillet 1906, il songe à un poème symphonique intitulé &#039;&#039;Wien&#039;&#039;, destiné à son amie Misia Edwards&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.musee-orsay.fr/fr/ressources/repertoire-artistes-personnalites/misia-sert-204943&amp;lt;/ref&amp;gt; née Godebska, mécène des Ballets russes de Serge de Diaghilev&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.deutsche-biographie.de/pnd119190907.html&amp;lt;/ref&amp;gt; et égérie de nombreux peintres notamment des Nabis&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 228&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cependant, Ravel doit renoncer provisoirement à son projet d’hommage aux valses viennoises de Johann Strauss en raison de la guerre et de la priorité donnée à l’achèvement de son &#039;&#039;Trio&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;&#039;&#039;ibid&#039;&#039;., 589&amp;lt;/ref&amp;gt;. En septembre 1909, Ravel compose une petite pièce de piano, &#039;&#039;Menuet sur le nom d’Haydn&#039;&#039;, commandée par Jules Écorcheville&amp;lt;ref&amp;gt;https://data.bnf.fr/ark:/12148/cb124431526&amp;lt;/ref&amp;gt; pour un hommage collectif de la &#039;&#039;Revue musicale SIM&#039;&#039; du 15 janvier 1910, à l’occasion du centenaire de la mort de [[Joseph Haydn]]. En 1911, il compose ses &#039;&#039;Valses nobles et sentimentales&#039;&#039;, chaîne de huit valses « dans l’esprit des valses de Schubert, les unes nobles, les autres sentimentales »&amp;lt;ref&amp;gt;&#039;&#039;ibid&#039;&#039;., 2151&amp;lt;/ref&amp;gt;. Elles ont créées par Louis Aubert&amp;lt;ref&amp;gt;https://cths.fr/an/savant.php?id=121695&amp;lt;/ref&amp;gt; au concert sans noms d’auteurs de la SMI du 9 mai 1911&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/65764&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ravel les orchestre peu après pour le ballet &#039;&#039;Adélaïde ou le Langage des fleurs&#039;&#039; créé le 22 avril 1912 au Théâtre du Châtelet aux concerts de danses de Natacha Trouhanowa&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/60808&amp;lt;/ref&amp;gt;. La première de cette orchestration au concert donnée au Casino de Paris sous la direction de Pierre Monteux&amp;lt;ref&amp;gt;https://data.bnf.fr/ark:/12148/cb138976454&amp;lt;/ref&amp;gt; le 15 février 1914.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Arnold Schönberg==&lt;br /&gt;
En 1909–1910, Ravel est à l’origine de la naissance de la Société musicale indépendante, avec un parti pris d’éclectisme et de promotion de « toutes les tentatives artistiques, sans distinction de genre, de nationalité, de style, ni d’école »&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/dossiers/id/466&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ainsi, avec son ami Alfredo Casella&amp;lt;ref&amp;gt;https://data.bnf.fr/ark:/12148/cb123331357&amp;lt;/ref&amp;gt;, lui aussi familier du salon de Sophie Clemenceau et porté sur la musique de Schönberg, Ravel coorganise un concert d’orchestre hors série de la SMI, en partenariat avec la Société des Grandes Auditions de France de la comtesse Greffuhle&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.musee-orsay.fr/fr/ressources/repertoire-artistes-personnalites/elisabeth-greffulhe-14012&amp;lt;/ref&amp;gt;, société dont Sophie Clemenceau est membre souscripteur. À ce concert du 22 juin 1913, au Théâtre du Châtelet, des extraits des &#039;&#039;Gurre-Lieder&#039;&#039; de Schönberg sont donnés en première audition parisienne par Marya Freund, sous la direction d’orchestre d’Oskar Fried&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/65738&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès novembre 1912, Igor Stravinsky&amp;lt;ref&amp;gt;https://hls-dhs-dss.ch/fr/articles/026975/2013-12-03/&amp;lt;/ref&amp;gt; attire la curiosité de Ravel sur le &#039;&#039;Pierrot lunaire op. 21&#039;&#039; de Schönberg, créé à Berlin le 16 octobre 1912&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 462–463&amp;lt;/ref&amp;gt;. Lors d’un séjour commun de Ravel avec Stravinsky à Clarens en Suisse au printemps 1913, il adresse à l’épouse d’Alfredo Casella, pour le comité de la SMI, un « projet mirifique d’un concert scandaleux » comprenant notamment &#039;&#039;Pierrot lunaire&#039;&#039; et les &#039;&#039;Trois Poèmes de Stéphane Mallarmé&#039;&#039; (1913) de Ravel, dont l’effectif instrumental s’inspire de celui de Schönberg&amp;lt;ref&amp;gt;&#039;&#039;ibid&#039;&#039;., 478–479&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ravel, qui ne parle pas allemand, demande à la SMI d’écrire à Schönberg pour solliciter son concours, mais le concert de la SMI du 14 janvier 1914 ne comporte pas &#039;&#039;Pierrot lunaire&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/71803&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pendant la Grande Guerre, Ravel est indigné par les &#039;&#039;Statuts&#039;&#039; de la Ligue nationale pour la défense de la musique française du 10 mars 1916, qui prône « l’interdiction d’exécuter publiquement en France des œuvres allemandes et autrichiennes &#039;&#039;contemporaines, non tombées dans le domaine public&#039;&#039; »&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 645&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il fait part de son refus d’adhérer à la ligue, dans une longue lettre à valeur de manifeste du 7 juin 1916 à son président-fondateur, Charles Tenroc&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/individus/id/25179&amp;lt;/ref&amp;gt;(1858–1946) : « Il m’importe peu que M. Schönberg, par exemple, soit de nationalité autrichienne. Il n’en est pas moins un musicien de haute valeur, dont les recherches pleines d’intérêt ont eu une influence heureuse sur certains compositeurs alliés, et jusque chez nous »&amp;lt;ref&amp;gt;&#039;&#039;ibid&#039;&#039;., 731&amp;lt;/ref&amp;gt;. En réponse, Ravel se voit menacé de non-programmation de ses œuvres&amp;lt;ref&amp;gt;&#039;&#039;ibid&#039;&#039;., 743&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1920, la SMI accueille Schönberg parmi les membres de son comité où siège Ravel&amp;lt;ref&amp;gt;Kerdiles 2022&amp;lt;/ref&amp;gt;. &#039;&#039;Pierrot lunaire&#039;&#039; est donné pour la première fois à la SMI, le 15 décembre 1927, Salle Pleyel, lors d’un Festival Arnold Schönberg, sous la direction du compositeur, avec Marya Freund au chant&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/72170&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Kerdiles 2022&amp;lt;/ref&amp;gt;. La première parisienne du &#039;&#039;Pierrot lunaire&#039;&#039;, dans la traduction française de Marya Freund, a eu lieu six ans plus tôt, lors de deux séances des Concerts Jean Wiéner avec Marya Freund au chant et sous la direction de Darius Milhaud : audition partielle le 15 décembre 1921, Salle des Agriculteurs&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/111857&amp;lt;/ref&amp;gt;, audition intégrale le 16 janvier 1922, Salle Gaveau&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/111593&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ravel, présent à ces auditions, juge l’« œuvre exceptionnelle »&amp;lt;ref&amp;gt;Jourdan-Morhange 1945, 103&amp;lt;/ref&amp;gt; et il reconnaît que, dans ses &#039;&#039;Trois Poèmes de Stéphane Mallarmé&#039;&#039; et ses trois &#039;&#039;Chansons madécasses&#039;&#039; (1925–1926), « il y a, comme dans le Pierrot lunaire, un contrepoint très strict », mais il y ajoute « l’élément charme, par lui [Schönberg] évité jusqu’à l’ascétisme, jusqu’au martyre »&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 2343&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Le voyage à Vienne de 1920==&lt;br /&gt;
Au printemps 1920, Sophie Clemenceau et Berta Zuckerkandl s’emploient avec énergie à organiser une série de trois concerts de Maurice Ravel en Autriche à l’automne suivant. L’impresario Hugo Knepler met sur pied deux Festivals Maurice Ravel qui obtiennent le soutien de l’État français et le patronage de l’ambassadeur de France en Autriche, Pierre Lefèvre-Pontalis, après des échanges entre Robert Brussel&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/individus/id/22825&amp;lt;/ref&amp;gt;, de la direction des beaux-arts rue de Valois, et [[Marcel Dunan[[, de la Légation de France en Autriche : le 22 octobre 1920, au Konzerthaus, un concert d’orchestre dirigé par Oskar Fried&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/118197&amp;lt;/ref&amp;gt; ; le 25 octobre 1920, au Musikverein, un concert de musique de chambre avec le concours du compositeur au piano&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/118203&amp;lt;/ref&amp;gt;. Arnold Schönberg, président du &#039;&#039;Verein für musikalische Privataufführungen in Wien&#039;&#039;, organise un troisième concert en l’honneur de Ravel, le 23 octobre 1920 : ce concert de musique de chambre comprend des œuvres des compositeurs autrichiens [[Alban Berg]], Schönberg et [[Anton Webern]], ainsi que deux œuvres de Ravel, dont &#039;&#039;La Valse&#039;&#039; pour deux pianos donnée en création mondiale par Alfredo Casella et Ravel&amp;lt;ref&amp;gt;Casella 1920&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour ce premier séjour viennois, le compositeur loge successivement chez Berta Zuckerkandl et [[Alma Mahler]]. Dès son arrivée, Ravel assiste à deux représentations au Staatsoper : le 20 octobre 1920, &#039;&#039;Il Trittico&#039;&#039; de Puccini&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/118230&amp;lt;/ref&amp;gt; et le 21 octobre 1920, &#039;&#039;Die Frau ohne Schatten&#039;&#039; de Richard Strauss&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/118229&amp;lt;/ref&amp;gt;. Avant de quitter Vienne, ses hôtesses organisent un Heuriger (fête du vin nouveau) en l’honneur de Ravel dans une auberge à Döbling. Lors de cette fête, le compositeur demande à entendre des valses de Johann Strauss. Ravel dîne également chez [[Arthur Schnitzler]] et visite le château de Schönbrunn&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 2228&amp;lt;/ref&amp;gt;. Avant de rentrer en France avec Berta Zuckerkandl, il visite Salzbourg, la ville de Mozart, son compositeur préféré. Le voyage à Vienne enchante Ravel, tout comme l’exécution et la réception de ses œuvres&amp;lt;ref&amp;gt;&#039;&#039;ibid&#039;&#039;., 2225–2226&amp;lt;/ref&amp;gt;, et il est très ému par une anecdote : voulant acheter un article de maroquinerie, la vendeuse, en entendant le nom de Ravel, refuse de le faire payer, lui disant son admiration pour ses pièces de piano &#039;&#039;Jeux d’eau et Ondine&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;Zuckerkandl 1945&amp;lt;/ref&amp;gt;. Après ce voyage, Berta Zuckerkandl propose à Ravel de collaborer à une œuvre lyrique avec [[Hugo von Hofmannsthal]], mais ce projet reste lettre morte&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 1235–1236&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==La soirée franco-autrichienne au Claridge en l’honneur d’Ignaz Seipel==&lt;br /&gt;
Le 3 juin 1926, Ravel assiste à une soirée privée en l’honneur de l’ex-chancelier autrichien Ignaz Seipel&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.biographien.ac.at/oebl/oebl_S/Seipel_Ignaz_1876_1932.xml&amp;lt;/ref&amp;gt;, organisée à l’Hôtel Claridge à Paris par le ministre de la Guerre, Paul Painlevé&amp;lt;ref&amp;gt;https://cths.fr/an/savant.php?id=110961&amp;lt;/ref&amp;gt;, en présence de Sophie Clemenceau et Berta Zuckerkandl. Marya Freund chante des mélodies de Ravel, probablement accompagnées au piano par ce dernier&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/118194&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ravel a d’intéressantes conversations avec les présents et rappelle sa ferme intention que son ballet &#039;&#039;La Valse&#039;&#039;, « paraphrase des valses de Johann Strauss », soit d’abord donné à Vienne : « C’est l’endroit unique où devrait retentir cette musique franco-autrichienne »&amp;lt;ref&amp;gt;Zuckerkandl-Szeps 1939, 231–233&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Le voyage à Vienne de 1929==&lt;br /&gt;
[[File:MauriceRavelVienne1929 - Kopie.jpg|frame|Maurice Ravel lors de la première représentation du &#039;&#039;Bolero&#039;&#039; à Vienne sous sa direction le 22 février 1929, tournée européenne 1928–1929 des Ballets d&#039;Ida Rubinstein, décors d&#039;Alexandre Benois]]Ravel effectue un second voyage à Vienne en février–mars 1929, coupé par un bref aller-retour à Genève. Tout d’abord, Ravel dirige son &#039;&#039;Bolero&#039;&#039; le 22 février 1929&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/57663&amp;lt;/ref&amp;gt; et sa &#039;&#039;Valse&#039;&#039; le 24 février 1929&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/59136&amp;lt;/ref&amp;gt; au Staatsoper de Vienne, dans le cadre de la tournée européenne des Ballets Ida Rubinstein&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/individus/id/23749 &amp;lt;/ref&amp;gt;. En avril 1920, après le refus des Ballets russes de Serge de Diaghilev de monter &#039;&#039;La Valse&#039;&#039;, Ravel désire que son ballet soit représenté à Vienne. Son amie Berta Zuckerkandl tente d’intercéder auprès de Richard Strauss, mais sans succès&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 1248&amp;lt;/ref&amp;gt;. Par conséquent, la joie de Ravel doit être grande de donner enfin sa &#039;&#039;Valse&#039;&#039; à Vienne, neuf ans après sa composition et création en concert à Paris le 12 décembre 1920&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/61046&amp;lt;/ref&amp;gt;, et un mois après la première du ballet par les Ballets Ida Rubinstein à Monte-Carlo le 15 janvier 1929&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/58905&amp;lt;/ref&amp;gt; (une première version de ballet de &#039;&#039;La Valse&#039;&#039; par Sonia Korty fut donnée à Anvers le 2 octobre 1926 en l’absence de Ravel). Ce deuxième séjour viennois de Ravel a aussi pour but d’assister, le 14 mars 1929, à la première de &#039;&#039;Das Zauberwort&#039;&#039; [&#039;&#039;Le mot magique&#039;&#039;], version allemande de &#039;&#039;L’Enfant et les Sortilèges&#039;&#039;, traduit par Egon Bloch, dans des décors et costumes d’Eugen Steinhof&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.deutsche-biographie.de/sfz145716.html&amp;lt;/ref&amp;gt; et une mise en scène de Lothar Wallerstein&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.biographien.ac.at/oebl/oebl_W/Wallerstein_Lothar_1882_1949.xml&amp;lt;/ref&amp;gt;, sous la direction d’orchestre de Robert Heger&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.musiklexikon.ac.at/ml/musik_H/Heger_Robert.xml&amp;lt;/ref&amp;gt;, au Staatsoper de Vienne&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/118206&amp;lt;/ref&amp;gt;. Lors du banquet qui suit la représentation, le bourgmestre de Vienne, Karl Seitz&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Karl_Seitz&amp;lt;/ref&amp;gt;, félicite le compositeur&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 1797&amp;lt;/ref&amp;gt;. Enfin, le 15 mars 1929, Ravel prend part, comme pianiste, à un festival de ses œuvres de musique de chambre, organisé par l’impresario Paul Bechert&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/118209&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il a également l’occasion d’entendre le pianiste manchot autrichien Paul Wittgenstein jouer, le 11 mars 1929&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/71566&amp;lt;/ref&amp;gt;, &#039;&#039;Panathäenzug op. 74&#039;&#039; pour la main gauche de Richard Strauss, sous la direction d’orchestre de Rhené-Baton&amp;lt;ref&amp;gt;https://data.bnf.fr/ark:/12148/cb13927603x&amp;lt;/ref&amp;gt;. Les discussions entre Ravel et le pianiste lors du banquet organisé le même jour par l’ambassadeur de France en Autriche, Bertrand Clauzel&amp;lt;ref&amp;gt;https://www2.assemblee-nationale.fr/sycomore/fiche?num_dept=11368&amp;lt;/ref&amp;gt;, lequel héberge le compositeur, débouchent peu après sur la commande par Wittgenstein à Ravel du &#039;&#039;Concerto pour la main gauche&#039;&#039;. Lors de ce séjour, la section viennoise de la Société internationale de musique contemporaine organise un Heuriger chez la chanteuse Ruzena Herlinger&amp;lt;ref&amp;gt;https://explore.gnd.network/gnd/116737220&amp;lt;/ref&amp;gt;, fête au cours de laquelle Erich Wolfgang Korngold&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Erich_Wolfgang_Korngold&amp;lt;/ref&amp;gt; joue au piano des extraits de son opérette Rosen aus Florida&amp;lt;ref&amp;gt;Szmolyan 1975, 101&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Le voyage à Vienne de 1932==&lt;br /&gt;
Ravel revient une troisième et dernière fois à Vienne en 1932, dans le cadre de sa vaste tournée européenne avec la pianiste Marguerite Long&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/individus/id/17696/&amp;lt;/ref&amp;gt; pour faire découvrir le &#039;&#039;Concerto pour piano et orchestre&#039;&#039; (dit &#039;&#039;en sol&#039;&#039;). Le 2 février 1932, il dirige son concerto au Musikverein, en présence, entre autres, du président fédéral d’Autriche, [[Wilhelm Miklas]], et de l’ambassadeur de France en Autriche, Bertrand Clauzel, qui héberge le compositeur pour la seconde fois&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/58078&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le même jour, un concert d’œuvres de musique de chambre de Ravel est organisé en son honneur à l’ambassade de France, au cours duquel il joue la partie de piano de ses &#039;&#039;Chansons madécasses&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/118223&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le Quatuor Galimir y joue le &#039;&#039;Quatuor à cordes&#039;&#039; et l’enregistre deux ans plus tard à Paris en présence du compositeur&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 2716&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le séjour de Ravel a mal commencé : le 30 janvier 1932, lors d’un concert privé chez Paul Wittgenstein, Ravel est scandalisé par l’interprétation trop infidèle de son &#039;&#039;Concerto pour la main gauche&#039;&#039;, dans la version pour deux pianos, par Wittgenstein et Walter Bricht&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/118224&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Long 1984, 86–87 ; Waugh 2008, 174–178&amp;lt;/ref&amp;gt;. La version orchestrale du concerto a été créée le 5 janvier 1932 au Musikverein par le Wiener Symphoniker dirigé par Robert Heger, avec Wittgenstein pour soliste, en l’absence de Ravel&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/68716&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Paul Wittgenstein à Paris==&lt;br /&gt;
L’incident de Vienne conduit Ravel à exiger de Wittgenstein, par lettre recommandée du 7 mars 1932, qu’il respecte scrupuleusement la partition du &#039;&#039;Concerto pour la main gauche&#039;&#039;. Face au refus catégorique du pianiste, le 17 mars 1932&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 1915–1918&amp;lt;/ref&amp;gt;, la première audition parisienne par l’Orchestre symphonique de Paris (OSP) et Wittgenstein sous la direction de Ravel prévue le 25 mars 1932 est annulée&amp;lt;ref&amp;gt;Cornejo 2024&amp;lt;/ref&amp;gt;. En outre, Ravel écrit à Paul Bechert l’été 1932 pour rappeler son opposition formelle à toute modification volontaire de sa partition par Wittgenstein et pour dénoncer l’existence d’une partition imprimée illicite de son œuvre à Vienne&amp;lt;ref&amp;gt;Ravel 2025, 1926–1927&amp;lt;/ref&amp;gt;. Malgré sa contrariété, Ravel consent à diriger son concerto, à la tête de l’OSP, avec Wittgenstein comme soliste, le 17 janvier 1933 à la Salle Pleyel&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/58004&amp;lt;/ref&amp;gt;. Trois mois plus tard, le 12 avril 1933, Ravel, qui prend part à un festival de ses œuvres à Monte-Carlo et y dirige entre autres &#039;&#039;La Valse&#039;&#039; et &#039;&#039;Bolero&#039;&#039;, peut entendre de nouveau Wittgenstein interpréter le &#039;&#039;Concerto pour la main gauche&#039;&#039; dirigé par Paul Paray&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/58020&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il faut attendre la fin de l’exclusivité de cinq ans accordée par contrat à Wittgenstein pour voir d’autres interprètes jouer l’œuvre, à commencer par Jacques Février&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/individus/id/18557&amp;lt;/ref&amp;gt;, spécialement choisi par Ravel et Marguerite Long, le 19 mars 1937&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/61119&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Hommages posthumes==&lt;br /&gt;
Lors du décès de Ravel à Paris, le 28 décembre 1937, le Wiener Philharmoniker adresse une lettre de condoléances au ministre français des Beaux-arts, Jean Zay&amp;lt;ref&amp;gt;https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb120968704&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Cornejo 2025, 2027&amp;lt;/ref&amp;gt;, et un Festival Ravel est organisé par le Musica Viva Orchester le 18 janvier 1938&amp;lt;ref&amp;gt;https://dezede.org/evenements/id/58125&amp;lt;/ref&amp;gt;, quelques mois avant l’Anschluss qui conduit de nombreuses connaissances viennoises de Ravel à l’exil, dont Paul Bechert, Alma Mahler, Arnold Schönberg, [[Paul Stefan]] et Jella Braun-Fernwald&amp;lt;ref&amp;gt;https://explore.gnd.network/gnd/134336097&amp;lt;/ref&amp;gt;, Paul Wittgenstein et Berta Zuckerkandl.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Références et liens externes==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Bibliographie==&lt;br /&gt;
===Littérature primaire===&lt;br /&gt;
*Casella, Alfredo : « Lettre de Vienne. Rome, novembre 1920 », Le Monde musical 21–22 (novembre 1920), p. 322.&amp;lt;br&amp;gt;URL : https://dezede.org/sources/id/131787&amp;lt;/br&amp;gt;&lt;br /&gt;
*Long, Marguerite : Au piano avec Maurice Ravel, Paris : G. Billaudot éditeur 1984.&lt;br /&gt;
*Mahler, Alma : Ma vie, Paris : Hachette 1985.&lt;br /&gt;
*Ravel, Maurice : Correspondance, écrits et entretiens, édition établie, présentée et annotée par Manuel Cornejo, Paris : Gallimard 2025.&lt;br /&gt;
*Stefan, Paul : « Un Festival Ravel à Vienne », La Revue musicale (février 1938), p. 151–152.&amp;lt;br&amp;gt;URL : https://dezede.org/sources/id/63238&amp;lt;/br&amp;gt;&lt;br /&gt;
*Szmolyan, Walter : « Maurice Ravel in Wien », Österreichische Musikzeitschrift 30/3 (mars 1975), p. 89–104.&lt;br /&gt;
*Szmolyan, Walter : « Noch einmal : Maurice Ravel in Wien », Österreichische Musikzeitschrift 30 (mai–juin 1975), p. 305.&lt;br /&gt;
*Zuckerkandl-Szeps Berthe : Souvenirs d’un monde disparu, Autriche 1878–1938, Paris : Calmann-Lévy 1939, p. 231–233.&amp;lt;br&amp;gt;URL : https://dezede.org/sources/id/131789&amp;lt;/br&amp;gt;&lt;br /&gt;
*Zuckerkandl-Szeps Bertha : « Souvenirs sur Maurice Ravel », Revue d’Alger 2/6 (1945), p. 47–53.&amp;lt;br&amp;gt;URL : https://dezede.org/sources/id/131788&amp;lt;/br&amp;gt;&lt;br /&gt;
===Littérature secondaire===&lt;br /&gt;
*Chimènes, Myriam : Mécènes et musiciens. Du salon au concert à Paris sous la IIIe République, Paris : Fayard 2004.&lt;br /&gt;
*Cornejo, Manuel : « Le Concerto pour la main gauche de Ravel (1932–1937) », Dezède [en ligne], 7 février 2024.&amp;lt;br&amp;gt;URL : https://dezede.org/dossiers/id/778&amp;lt;/br&amp;gt;&lt;br /&gt;
*Cornejo, Manuel : « Les concerts de Maurice Ravel en Autriche (1920, 1929 et 1932) », Dezède [en ligne], 15 avril 2026.&amp;lt;br&amp;gt;URL : https://dezede.org/dossiers/id/988&amp;lt;/br&amp;gt;&lt;br /&gt;
*Jourdan-Morhange, Hélène : Ravel et nous. L’homme. L’ami. Le musicien, Genève : Éditions du Milieu du Monde 1945.&lt;br /&gt;
*Kerdiles, Dimitri : « 1927. Schönberg à Paris ». In : Nouvelle histoire de la musique en France (1870–1950), sous la direction de l’équipe « Musique en France aux XIXe et XXe siècles : discours et idéologies », 9 mars 2022.&amp;lt;br&amp;gt;URL : https://emf.regroupement-rcms.org/nhmf-1927&amp;lt;/br&amp;gt;&lt;br /&gt;
*Meysels, Lucian O. : La femme de Vienne. De la splendeur viennoise au Troisième Reich. La vie de Berta Zuckerkandl, écrivain, journaliste, messagère entre Vienne et Paris, Paris : Chemin vert 1986, p. 228–229, 259–260.&lt;br /&gt;
*Waugh, Alexander : The House of Wittgenstein. A Family at War, Londres : Bloomsbury, 2008.&lt;br /&gt;
*Weirich Armelle : Berta Zuckerkandl. De Klimt à Rodin, une salonnière et critique d’art entre Vienne et Paris, Rennes : PUR 2023.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Auteur==&lt;br /&gt;
Manuel Cornejo&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mise en ligne : 28/05/2026&lt;br /&gt;
{{otherWiki|Maurice_Ravel}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Hannah</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://decaf-fr.literaturtirol.at/index.php?title=Alexander_Lernet-Holenia&amp;diff=1343</id>
		<title>Alexander Lernet-Holenia</title>
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		<updated>2026-06-01T09:23:53Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Hannah : /* Lernet-Holenia conteur et la France */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[File:Alexander Lernet Holenia 300dpi - Kopie.jpg|thumb|Alexander Lernet-Holenia (c. 1926), &amp;lt;br&amp;gt;© A. Dreihann-Holenia&amp;lt;/br&amp;gt;]]Poète, dramaturge, prosateur et essayiste virtuose et prolifique, Alexander Lernet-Holenia (21 octobre 1897–3 juillet 1976) connaît dans l’entre-deux guerres, sous le parrainage de [[Hermann Bahr|Bahr]], [[Rainer Maria Rilke|Rilke]] ou [[Stefan Zweig|Zweig]], la consécration littéraire et les faveurs du public. Dès 1934, deux de ses romans sont traduits en français : &#039;&#039;Aventures d’un jeune homme habillé en femme&#039;&#039; (Flammarion) et &#039;&#039;Jo et le Monsieur à cheval&#039;&#039; (Stock). Le nazisme et la guerre interrompent la diffusion de son œuvre en France, où le titre suivant, &#039;&#039;Le Régiment des Deux-Siciles&#039;&#039; (Calmann-Lévy), ne paraît qu’en 1953. Si Lernet-Holenia demeure en Autriche, après 1945, un personnage public qu’honorent de nombreux prix, ses succès de librairie appartiennent pour l’essentiel au passé. Avec sa mort, son nom s’efface, ponctuellement remis à l’honneur par des rééditions, traductions ou colloques, sans que ce « formidable raconteur »&amp;lt;ref&amp;gt;Zand, &#039;&#039;Le Monde des Livres&#039;&#039;, 4 mars 1988, p. 19&amp;lt;br&amp;gt;https://www.lemonde.fr/archives/article/1988/03/04/lernet-helenia-le-formidable-raconteur_4064181_1819218.html?search-type=classic&amp;amp;ise_click_rank=2, dernière consultation le 19 mai 2026&amp;lt;/br&amp;gt;&amp;lt;/ref&amp;gt;, iconoclaste et inclassable, ne sorte pleinement de l’ombre. Des liens forts, encore largement à explorer, l’unissent à la France dont il parle parfaitement la langue depuis l’enfance – tant personnels, telles la rencontre avec [[K.L. Ammer|Karl Klammer]] ou une généalogie peut-être fantasmée, que culturels, sous la forme d’une prédilection pour l’histoire et la littérature françaises prérévolutionnaires.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Biographie==&lt;br /&gt;
Alexander Maria Norbert Lernet serait d’ascendance paternelle incertaine. Sa mère, Sidonie Holenia, est issue d’une lignée d’exploitants fortunés de mines de plomb carinthiennes. Veuve d’un aristocrate et militaire de haut rang, elle épouse sept ans plus tard, peu avant que Lernet voie le jour, un enseigne de vaisseau, Alexander Lernet, de dix ans son cadet. Cette union étonnante, suivie d’un divorce tumultueux, aurait eu pour but de masquer sa liaison avec l’archiduc Charles-Étienne de Habsbourg. La rumeur, jamais confirmée ni démentie par l’auteur, a divisé famille, amis et interprètes. Mais peu importe son (in)exactitude en regard de sa vérité littéraire : les récits holeniens foisonnent de bâtards, de doubles et d’usurpateurs d’identité. En 1915, Lernet-Holenia s’engage volontaire et, jusqu’en 1918, combat sur le front de l’Est. Promu sous-lieutenant en 1917, décoré pour sa bravoure, il vit en Ukraine l’effondrement habsbourgeois, qui laisse dans son œuvre des marques profondes. Il entre en littérature en 1921 par un lyrisme exigeant et vient ensuite au théâtre, puis au récit. Avec l’appui de Rilke et de Bahr, il publie en 1923 chez Insel le recueil &#039;&#039;Kanzonnair&#039;&#039; et ses débuts au théâtre sont couronnés dès 1926 du prix Kleist. Dans l’entre-deux-guerres, il jouit d’une grande popularité et de l’estime de ses pairs. Il entretient des relations suivies, pour certaines amicales, avec [[Stefan Zweig|Zweig]], [[Leo Perutz|Perutz]], Zuckmayer ou [[Ödön von Horváth|Horváth]]. Zweig tente en 1935, toutefois en vain, de le proposer à [[Richard Strauss]] pour librettiste. Lernet-Holenia collabore avec Perutz pour &#039;&#039;Jo et le Monsieur à cheval&#039;&#039; et salue en lui, dans la postface du &#039;&#039;Judas de Léonard&#039;&#039; dont il supervise l’édition posthume, « un maître tout particulièrement vénéré »&amp;lt;ref&amp;gt;« Nachbemerkung ». In : Perutz 1988, 247&amp;lt;/ref&amp;gt;. Vivre de sa plume l’oblige pourtant à une production intense et inégale : sept recueils de poésie, une trentaine d’œuvres dramatiques, plus de soixante-dix récits longs ou brefs&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.lernet-holenia.com/, dernière consultation le 19 mai 2026. Site très documenté grâce aux efforts des héritiers de Lernet-Holenia.&amp;lt;/ref&amp;gt;, dont environ un tiers relève du fantastique. Le rapport de ce « dernier grand seigneur de la littérature autrichienne »&amp;lt;ref&amp;gt;Torberg 1967, 17&amp;lt;/ref&amp;gt; à l’écriture est complexe : s’y mêlent la pose de l’aristocrate à la vocation militaire contrariée et l’humilité réelle de l’écrivain qui refuse, par respect pour les chefs-d’œuvre du passé, de voir sacraliser les textes récents, dont les siens. Officier de réserve, il est rappelé en 1939 pour la campagne de Pologne, où il est blessé. Les carnets rédigés au front donnent naissance à la fiction fantastique &#039;&#039;Mars en Bélier&#039;&#039;. Le démenti qu’elle inflige à la thèse de l’agression polonaise et l’admiration manifeste de l’écrivain pour l’adversaire slave entraînent son interdiction. Exposé, il accepte des protections que rend vitales l’affirmation têtue de sa singularité : il est nommé en 1941, comme soldat, scénariste en chef de la &#039;&#039;Heeresfilmstelle&#039;&#039; à Berlin. On lui en fera grief comme d’une proximité avec le régime nazi – jugement erroné, ainsi que l’attestent sa correspondance&amp;lt;ref&amp;gt;lettre à G. Benn du 27 mai 1933&amp;lt;/ref&amp;gt;, les documents d’archives et son univers poétique. Les histoires littéraires le rangent, pour l’après 1945, dans le camp du conservatisme culturel, ce qui ne rend pas justice à sa personnalité complexe. L’un des premiers en Autriche, il secoue les consciences en questionnant la passivité qui a permis la terreur brune et dans laquelle l’a enfermé, pour sa part, sa révérence envers le destin, corollaire d’une vision du monde mythique (« Germanien », &#039;&#039;Le Comte de Saint-Germain&#039;&#039;, &#039;&#039;Le Comte Luna&#039;&#039;). Mais ses éclats, telle sa démission en 1972 de la présidence du PEN-Club autrichien&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.penclub.at/&amp;lt;/ref&amp;gt; pour protester contre l’attribution du prix Nobel à Heinrich Böll&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.deutsche-biographie.de/gnd118512676.html#dbocontent&amp;lt;/ref&amp;gt;, deviennent plus célèbres que ses écrits. Lernet-Holenia meurt à Vienne en 1976 d’un cancer du poumon.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Lernet-Holenia traducteur et la France==&lt;br /&gt;
Sa rencontre déterminante avec la littérature française, en 1916, passe par celle de [[K.L. Ammer|Karl Klammer]], son supérieur au 9&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; régiment de dragons de l’archiduc Albert&amp;lt;ref&amp;gt;Roček 1997, 60–62&amp;lt;/ref&amp;gt;. Les longues conversations avec le talentueux traducteur de [[François Villon|Villon]], Rimbaud ou Maeterlinck affermissent son goût des lettres françaises et de l’ancien français, dont il a entamé l’étude dans ses loisirs de lycéen&amp;lt;ref&amp;gt;Roček 1999, 11&amp;lt;/ref&amp;gt;. En 1922 paraissent, dans une édition de luxe, les &#039;&#039;Lieder hoher Minne&#039;&#039;, transposition en allemand de vingt-trois poèmes d’amour médiévaux (XII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt;–XV&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècles), dont sept en langue d’oc ou d’oïl (Jaufré Rudel, Richard de Berbezilh, la Comtesse de Die, Arnaut Daniel, Thibaut Ier de Champagne et de Brie, Charles Ier d’Orléans). Le recueil &#039;&#039;Die Goldene Horde&#039;&#039; contient la traduction d’un poème d’Henri III de Pologne et de France dédié à Marie de Clèves. Bien que la critique salue avant tout le prosateur, Lernet-Holenia a pour enfant chéri sa production lyrique. Son attrait pour une poésie exigeante ne se limite pas aux défis d’une langue ancienne coulée dans des formes savantes, il le mène aussi vers Mallarmé&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.deutsche-biographie.de/pnd118576771.html&amp;lt;/ref&amp;gt;, dont il traduit deux poèmes, extraits de &#039;&#039;Poésies&#039;&#039; (1914) : « Au seul souci de voyager »&amp;lt;ref&amp;gt;« Seefahrten 1 ». [1941] In : &#039;&#039;Das lyrische Gesamtwerk&#039;&#039; 1989, 595&amp;lt;/ref&amp;gt; et « Salut »&amp;lt;ref&amp;gt;« Seefahrten 2 ». [1950] In : &#039;&#039;Das lyrische Gesamtwerk&#039;&#039; 1989, 597&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dans le registre narratif, Lernet-Holenia publie &#039;&#039;Die wahre Manon&#039;&#039;, transposition de l’&#039;&#039;Histoire du chevalier des Grieux et de Manon Lescaut&#039;&#039; (1731) précédée d’un essai sur les sources historiques du roman de l’Abbé Prévost, et &#039;&#039;Die Beschwörung&#039;&#039;. Elle se prétend la ‘traduction’ de la version anglaise du récit &#039;&#039;Nécromancie&#039;&#039;/&#039;&#039;The Spectre&#039;&#039;, rédigé par un Français, G.T. Dampierre. Mais ce nom n’est qu’un pseudonyme renvoyant au plus ancien aïeul paternel dont Lernet Holenia croit avoir trouvé trace (« J’étais Dampierre »). Selon lui, les Lernet, lignée de fonctionnaires et d’officiers, auraient émigré de France et se seraient illustrés lors de la deuxième guerre turque&amp;lt;ref&amp;gt;Autobiographische Notiz. In : &#039;&#039;Die Hexen&#039;&#039; 1969, 189–196&amp;lt;/ref&amp;gt;. Suivant la piste des Lernet, Loernée ou Lerneux rencontrés au fil de ses lectures&amp;lt;ref&amp;gt;&#039;&#039;Prinz Eugen&#039;&#039; 1960, 7–8&amp;lt;/ref&amp;gt;, Lernet-Holenia inscrit de façon cryptée, dans ses textes d’après 1945, la généalogie peut-être toute littéraire de son père officiel. Le berceau de la famille serait la “motte” médiévale de Dampierre aux environs de Saint-Dizier en Champagne et les Lernet descendraient de la Maison royale française d’Anjou par Robert de Namur, bâtard du roi René Ier (1409–1480)&amp;lt;ref&amp;gt;Dubrovic 1985, 126, Dietz 2013, 81&amp;lt;/ref&amp;gt; ! L’enjeu de cette surenchère dynastique, qui va de pair avec une animosité croissante envers les Habsbourg-Lorraine, semble être de se doter d’une ascendance officielle plus illustre que celle, officieuse, dont Lernet-Holenia ne peut se créditer. Le lien avec la France est donc tout autant ‘charnel’ que culturel. Lernet-Holenia s’y est rendu maintes fois par plaisir, pour promouvoir la traduction de ses livres ou sur la trace d’ancêtres réels ou supposés&amp;lt;ref&amp;gt;&#039;&#039;Jahr und Jahrgang 1997&#039;&#039; 1967, 159–161&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Lernet-Holenia conteur et la France==&lt;br /&gt;
Certains textes ont, au moins en partie, la France pour cadre ou des Français pour personnages, tels le roman &#039;&#039;Die Auferstehung des Maltravers&#039;&#039;, le dossier historique &#039;&#039;La Comtesse de la Motte et l’Affaire du collier de la reine&#039;&#039; et les récits brefs &#039;&#039;Mona Lisa&#039;&#039;, &#039;&#039;Das Pendel Léon Foucaults&#039;&#039;, &#039;&#039;Brackenbourg oder der Herr von Paris&#039;&#039;, &#039;&#039;Eine Liebschaft des Condé&#039;&#039;, &#039;&#039;Paris-Wien 1900&#039;&#039;, &#039;&#039;Beaufort&#039;&#039; ou &#039;&#039;La Licorne&#039;&#039;. À deux exceptions près, leur action se déroule dans un passé prérévolutionnaire ou s’y réfère. Les plus aboutis sont &#039;&#039;Mona Lisa&#039;&#039;, où l’amour d’un chevalier français, Philippe de Bougainville, pour une défunte est donné pour clé de l’énigmatique sourire immortalisé par Léonard, et la fiction fantastique &#039;&#039;Brackenbourg&#039;&#039;, qui entretient un débat avec &#039;&#039;Le Diable amoureux&#039;&#039; (1772) de Cazotte. En 1788, Cazotte prédit à chacun des membres d’une brillante assemblée parisienne appelant de ses vœux la Révolution, parmi lesquels Condorcet ou Chamfort, les circonstances précises de sa mort et désigne les deux seuls assistants qu’elle épargnera. La prophétie adopte pour s’accomplir d’étonnants détours narratifs. Outre les textes où la France tient une place manifeste, il en est, parmi les plus accomplis, où elle habite discrètement le récit, cristallisant en quelques vers son sens profond. Ainsi dans la magistrale nouvelle fantastique &#039;&#039;Le Baron Bagge&#039;&#039;, où Bagge rend à Charlotte l’éventail qu’elle a laissé choir et qui porte en lettres d’or le sonnet « Éventail » (1891) dédié par Mallarmé à sa femme. Reproduit en français, le poème est introduit par quelques mots mentionnant l’auteur. L’économie narrative fait ici du battement de l’éventail allumant dans le miroir un éclair aussitôt voilé de cendre l’indice de l’éblouissante fugacité de l’union des deux jeunes gens. Elle se révélera en effet, à la fin, avoir été scellée en un territoire des lisières entre vie et mort (&#039;&#039;Zwischenreich&#039;&#039;), dont Bagge, lieutenant austro-hongrois blessé en 1915 dans une embuscade, parviendra à s’arracher. Dans &#039;&#039;Le Régiment des Deux-Siciles&#039;&#039;, sans doute le plus beau des romans holeniens, la présence de la France, tout aussi signifiante, se fait quasi secrète. La phrase « Vous lui remettrez son uniforme blanc », citée en français sans nom d’auteur, traverse l’esprit de Silverstolpe réajustant la tunique d’Engelshausen, qu’on enterre, en 1925, dans l’uniforme bleu et rouge porté par les dragons austro-hongrois de 1868 à 1914–1915. Le lecteur reconnaît – ou non – le dernier vers, avant l’épilogue, de &#039;&#039;L’Aiglon&#039;&#039; (1900) d’Edmond Rostand. Cet ordre de Metternich, juste après que l’Aiglon a rendu l’âme, dit sa volonté d’effacer le souvenir de Napoléon et de retourner à une Europe prérévolutionnaire : les uniformes blancs étaient ceux de la cavalerie habsbourgeoise depuis 1720 environ. Chez Lernet-Holenia, le souci de préserver ce qui reste de la structure symbolisée par l’uniforme coloré d’Engelshausen – la Double Monarchie – s’avère illégitime et fatal : Silverstolpe en meurt à son tour, ainsi que, un à un, les officiers survivants du régiment. Le fantastique holenien n’entend pas ressusciter l’Autriche-Hongrie, mais parachever son effacement en orchestrant, pour qu’émerge le futur, la disparition complète des entités qui la symbolisent. Car le &#039;&#039;Zwischenreich&#039;&#039; est aussi un &#039;&#039;Zwischen-Reich&#039;&#039;, un entre-deux-mondes. La prédilection de Lernet-Holenia pour les textes français antérieurs à la Révolution s’explique par l’Histoire qui habite les siens : celle de l’Autriche héritière de l’&#039;&#039;imperium romanum&#039;&#039; et du Saint-Empire romain germanique. Européen convaincu, il persiste, tels maints écrivains de sa génération, à dessiner dans ses récits une utopie centre-européenne dont l’Autriche serait le cœur et qui doit tout aux essais politiques de [[Hugo von Hofmannsthal|Hofmannsthal]], rien aux idéologues du &#039;&#039;Reich&#039;&#039; nazi. Elle revêt la forme d’une construction fantastico-mythique originale alliant lucidité et espoir ténu, que le nazisme, qui a selon lui usurpé le rôle du destin, jette à bas. Dans &#039;&#039;Le Comte de Saint-Germain&#039;&#039;, Lernet-Holenia attribue l’un de ses propres poèmes, « Amphion », à Théophile Gautier&amp;lt;ref&amp;gt;Roček 1989, 671–672&amp;lt;/ref&amp;gt;, que Mallarmé admirait lui aussi. Ces vers illustrent la réflexion de Branis, à la veille de l’&#039;&#039;Anschluss&#039;&#039;, sur le rapport de l’écriture à la vie et du surnaturel au réel. Ils annoncent la vanité de ce qu’a entrepris Branis, fin 1918 en acte et en 1938 en mots, pour déjouer le cours de l’Histoire. Lecteur infatigable à la prodigieuse mémoire mais enclin à la mystification, Lernet-Holenia émaille ainsi ses textes de références claires, secrètes ou brouillées à la France. D’autres que ce florilège restreint de celles déjà repérées sont encore à mettre au jour, au sein de fictions à (re)découvrir. Le mouvement de traduction en français n’a repris que dans les années 1980, avec &#039;&#039;Le Baron Bagge&#039;&#039; en 1984, &#039;&#039;Le Dieu aveugle&#039;&#039; et &#039;&#039;J’étais Jack Mortimer&#039;&#039; en 1988 – respectivement traduits par F. Dupuigrenet Desroussilles (Le Sorbier), R. Lewinter (Lebovici) et J.-L. Moreau (La Table Ronde) –, ainsi que la réédition du &#039;&#039;Régiment des Deux-Siciles&#039;&#039; dans l’ancienne traduction de B. Weiss, assortie d’une préface inédite de [[Georges-Arthur Goldschmidt|G.A. Goldschmidt]]. En 1991, s’y ajoutent, dans les &#039;&#039;Chroniques viennoises&#039;&#039;, trois nouvelles traduites par C. Sauvat et J. Amsler. Ces publications ont été encouragées par l’engouement d’alors pour la Vienne des années 1880–1938 et par la réédition chez Zsolnay, de 1975 à 1984, de huit grands textes holeniens, dont quatre sous le label « Die Phantastischen Romane ». La critique française salue avec un enthousiasme unanime « une réalité transcendée par un prestidigitateur du romanesque »&amp;lt;ref&amp;gt;Zand 1988, 19&amp;lt;/ref&amp;gt;, « une mélancolie digne de Rilke, un charme extraordinaire »&amp;lt;ref&amp;gt;Cluny 1988, VIII&amp;lt;/ref&amp;gt;, des « personnages [qui] ont quelque chose de fabuleux »&amp;lt;ref&amp;gt;de Montrémy 1988&amp;lt;/ref&amp;gt; et s’interroge sur l’oubli inexpliqué de l’auteur. Mais au nombre des passeurs attachés à faire connaître Lernet-Holenia en France, une place éminente revient au germaniste J.-J. Pollet qui, après l’avoir débusqué dès la fin des années 1970 dans les bibliothèques viennoises, lui a donné droit de cité au sein des études universitaires et a proposé au public français, de 1990 à 2003, quatre de ses meilleures fictions : &#039;&#039;Mars en bélier&#039;&#039;, &#039;&#039;Le Comte de Saint-Germain&#039;&#039;, &#039;&#039;Le Comte Luna&#039;&#039; (Bourgois) et &#039;&#039;L’Étendard&#039;&#039; (Artois Presses Université). La &#039;&#039;Internationale Lernet-Holenia-Gesellschaft&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.lernet-holenia.com/de/internationale-alexander-lernet-holenia-gesellschaft.html, dernière consultation le 19 mai 2026&amp;lt;/ref&amp;gt;  veille à la poursuite de la diffusion internationale de l’œuvre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le francophile Lernet-Holenia apparaît donc comme un agent original, parfois paradoxal, des circulations culturelles entre l’Autriche et la France, qui mérite d’être jugé sur pièces.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Références et liens externes==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Bibliographie==&lt;br /&gt;
===Textes non traduits cités===&lt;br /&gt;
*Das lyrische Gesamtwerk. Éd. par Roman Roček. Wien/Darmstadt : Zsolnay 1989. Contient les recueils Pastorale [1921], Lieder hoher Minne [1922], Kanzonnair [1923], Das Geheimnis Sankt Michaels [1927], Die Goldene Horde [1935], Die Trophae [1946], Das Feuer [1949], le poème « Germanien » [1946] et des poèmes épars.&lt;br /&gt;
*Lettre à Gottfried Benn du 27 mai 1933, Handschriftensammlung des Deutschen Literaturarchivs Marbach am Neckar, A : Benn n° 86. 9468/1. Reproduite dans : Hübel ,Thomas et Müller , Manfred (éd.): Alexander Lernet-Holenia. Die Lust an der Ungleichzeitigkeit. Wien: Zsolnay 1997, p. 51–59.&lt;br /&gt;
*Die Auferstehung des Maltravers. [1936] Wien/Hamburg : Zsolnay 1984.&lt;br /&gt;
*Brackenbourg oder der Herr von Paris. [1946] Zürich : Arche Verlag 1951 (Die kleinen Bücher der Arche 119).&lt;br /&gt;
*Das Pendel Léon Foucaults. [1946] In : Pendelschläge. Mit zehn Lithographien von Hans Fronius. Wien/Hamburg : Zsolnay 1972, p. 23–26.&lt;br /&gt;
*Eine Liebschaft des Condé. [1946] In : Das Bad an der belgischen Küste. Wien/Hamburg : Zsolnay 1963, p. 203–210.&lt;br /&gt;
*Paris–Wien 1900. [1946] In : Die Wege der Welt. Wien : Verlag Herold 1952, p. 213–234.&lt;br /&gt;
*Beaufort. [1950] In : Die Wege der Welt. Wien : Verlag Herold 1952, p. 305–332.&lt;br /&gt;
*Die wahre Manon. Wien/Hamburg : Zsolnay 1959.&lt;br /&gt;
*Nachbemerkung. [1959] In : Leo Perutz : Le Judas de Léonard. Trad. Martine Keyser. Paris : 10/18 1988, p. 247.&lt;br /&gt;
*Prinz Eugen. [1960] Wien/Hamburg : Zsolnay 1986.&lt;br /&gt;
*Jahr und Jahrgang 1997. Gustav Hillard, Otto Brües, Alexander Lernet-Holenia. Hamburg : Hoffmann und Campe 1967, p. 115–161.&lt;br /&gt;
*Die Hexen. Wien/Hamburg : Zsolnay 1969.&lt;br /&gt;
*G.T. Dampierre : Die Beschwörung. Wien/Hamburg : Zsolnay 1974.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Textes traduits en français===&lt;br /&gt;
*Die Abenteuer eines jungen Herrn in Polen. [1931] Frankfurt a. M. : Fischer 2017. Aventures d’un jeune homme habillé en femme. Roman viennois. Trad. Robert de Mackiels. Paris : Ernest Flammarion 1934 – Cahiers de l’Énergumène 1985, n° 5.&lt;br /&gt;
*Jo und der Herr zu Pferde. [1933] Klagenfurt : Kaiser 1974. Jo et le Monsieur à Cheval. Trad. Eugène Bestaux. Paris : Stock 1934.&lt;br /&gt;
*Ich war Jack Mortimer. [1933] Wien/Hamburg : Zsolnay 1984. J’étais Jack Mortimer. Trad. Roger Lewinter. Paris : G. Lebovici 1988 – 10/18 (2611) 1995.&lt;br /&gt;
*Die Standarte. [1934] Frankfurt a. M. : Fischer 2016. L’Étendard. Trad. et postf. Jean-Jacques Pollet. Arras : Artois Presses Université 2003 – Paris : Les Belles Lettres 2026 (à paraître).&lt;br /&gt;
*Der Baron Bagge. [1936] Frankfurt a. M. : Fischer 2016. Le Baron Bagge. Trad. Francois Dupuigrenet Desroussilles. Paris : Éditions du Sorbier 1984 – Trad. Francois Dupuigrenet Desroussilles et Fabrice van de Kerckhove, lecture de Paul Emond. Arles : Actes Sud (Babel)/Labor/L’aire 1993.&lt;br /&gt;
*Mars im Widder. [1941 éd. interdite et non distribuée] [1947] Frankfurt a. M. : Fischer 2016. Mars en Bélier. Trad. et préf. Jean-Jacques Pollet. Paris : Christian Bourgois 1990 – 10/18 (2612) 1995.&lt;br /&gt;
*Beide Sizilien. [1942] Frankfurt a. M. : Fischer 2016. Le Régiment des Deux-Siciles. Trad. Bruno Weiss. [1953 sans présentation] Présentation de Georges-Arthur Goldschmidt. Paris : Calmann-Lévy 1988 – Sans présentation. Arles : Actes Sud (Babel)/Labor/Leméac 1996. Nouvelle trad. en préparation (Bordeaux : L’Arbre vengeur).&lt;br /&gt;
*Der Graf von Saint-Germain. [1948] Frankfurt a. M. : Fischer 2016. Le Comte de Saint-Germain. Trad. et préf. Jean-Jacques Pollet. Paris : Christian Bourgois 1994.&lt;br /&gt;
*Der Graf Luna. [1955] Wien : Das vergessene Buch 2026 (à paraître). Le Comte Luna. Trad. et postf. Jean-Jacques Pollet. Paris : Christian Bourgois 1999.&lt;br /&gt;
*Mayerling. Erzählungen (Der Baron Bagge, Mona Lisa, Mayerling, Maresi, Der zwanzigste Juli, Der blinde Gott, Das Einhorn). Wien/Hamburg : Zsolnay 1960. Le Dieu aveugle. Nouvelles (Mona Lisa, Mayerling, Maresi, Le Vingt juillet, Le Dieu aveugle, La Licorne). Trad. Jean-Luc Moreau. Paris : La Table Ronde 1988.&lt;br /&gt;
*Das Halsband der Königin. [1962] Wien/Hamburg : Zsolnay 1963. La Comtesse de la Motte et l´Affaire du collier de la reine. Trad. Alain Braibant avec la collab. d’André Mangon. Bruxelles : Elsevier Séquoia 1974.&lt;br /&gt;
*Wiener Chroniken/Chroniques viennoises. Trad., préf. et notes de Catherine Sauvat et Jean Amsler. Paris : Le Livre de Poche (Les Langues Modernes/Bilingue) 1991, p. 113–209 (Wunder der Welt [1952]/Merveilles du monde, Die Baronesse [1946]/La Jeune Baronne, Aglaja [1963]/Aglaë).&lt;br /&gt;
===Littérature critique (aperçu)===&lt;br /&gt;
*Cluny, Claude Michel : Lernet-Holenia : l’art de la substitution. Le Figaro littéraire, 22 février 1988, p. VIII.&lt;br /&gt;
*Barrière, Hélène, Eicher, Thomas et Müller, Manfred (dir.) : Personalbibliographie Alexander Lernet-Holenia. Oberhausen : Athena-Verlag 2001.&lt;br /&gt;
*Barrière, Hélène, Eicher, Thomas et Müller, Manfred (dir.) : Schuld-Komplexe. Das Werk Alexander Lernet-Holenias im Nachkriegskontext. Oberhausen : Athena-Verlag 2004.&lt;br /&gt;
*De Montrémy, Jean-Maurice : Vienne, Berlin, Varsovie : un roman perpétuel. Un certain Lernet-Holenia. La Croix, 17 mars 1988.&lt;br /&gt;
*Dietz, Christopher : Alexander Lernet-Holenia und Maria Charlotte Sweceny. Briefe 1938–1945. Wien/Köln/Weimar : Böhlau 2013.&lt;br /&gt;
*Dubrovic, Milan : Veruntreute Geschichte. Die Wiener Salons und Literatencafés. Wien/Hamburg : Zsolnay 1985.&lt;br /&gt;
*Dassanowsky, Robert : Phantom Empires. The Novels of Alexander Lernet-Holenia and the Question of Postimperial Austrian Identity. Riverside, Calif. : Ariadne Press 1996.&lt;br /&gt;
*Dirscherl, Margit et Jahraus, Oliver (dir.) : Prekäre Identitäten – Historische Umbrüche, ihre politische Erfahrung und literarische Verarbeitung im Werk Alexander Lernet-Holenias. Würzburg : Königshausen &amp;amp; Neumann 2020.&lt;br /&gt;
*Eicher, Thomas et Gruber, Battina (dir.) : Alexander Lernet-Holenia. Poesie auf dem Boulevard. Köln/Weimar/Wien : Böhlau 1999.&lt;br /&gt;
*Hübel, Thomas, Müller, Manfred et Sommer, Gerald (dir.) : Alexander Lernet-Holenia. Resignation und Rebellion. Riverside Calif. : Ariadne Press 2005.&lt;br /&gt;
*Mayer, Franziska : Wunscherfüllungen. Erzählstrategien im Prosawerk Alexander Lernet-Holenias. Köln/Weimar/Wien : Böhlau 2005.&lt;br /&gt;
*Torberg, Friedrich : Ein schwieriger Herr. In : Alexander Lernet-Holenia. Festschrift zum 70. Geburtstag des Dichters. Wien/Hamburg : Zsolnay 1967, p. 15–18.&lt;br /&gt;
*Roček, Roman : Anmerkungen. In : Alexander Lernet-Holenia : Das lyrische Gesamtwerk. Wien/Darmstadt : Zsolnay 1989, p. 623–681.&lt;br /&gt;
*Roček, Roman : Die neun Leben des Alexander Lernet-Holenia. Eine Biographie. Wien/Köln/Weimar : Böhlau 1997.&lt;br /&gt;
*Roček, Roman : Qualitätsarbeit der Wiener Werkstätte. Fascicule accompagnant la rééd. en fac-similé des Lieder hoher Minne [1922]. Wien : Wiener Bibliophilen-Gesellschaft 1999.&lt;br /&gt;
*Zand, Nicole : Lernet-Holenia, le formidable raconteur. Le Monde des Livres, 4 mars 1988, p. 19.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Auteure==&lt;br /&gt;
Hélène Barrière&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mise en ligne : 27/05/2026&lt;br /&gt;
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		<author><name>Hannah</name></author>
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